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Les récits de voyages de Jean et Lucie

Voyage en Turquie avril mai 2007


Mercredi 25 Avril 2007

Les préparatifs de départ sont enfin terminés, nous devons être à Ancône Vendredi 27 à 14 heures, dernier délai, pour embarquer à 16 heures et joindre la Grèce par le port d'Igoumenitsa. Ce retour vers la Turquie aété programmé depuis peu ,revoir les sites que nous connaissons et en voir de nouveaux, tel est notre projet , carte de l'itinéraire.


Pourvu qu'on n'ait rien oublié! C'est chaque fois la m ême inquiétude et les m êmes questions qui reviennent, nous trouverons les réponses au fil des jours.

Partis à 9 heures, nous passons la Languedocienne, puis la Provençale. Que de camions sur cet itinéraire! le seul possible, pour nous qui venons du Sud. Le temps s'est mis au beau , mais le soleil est voilé.

Quelle est donc la f ête commémorée par les Italiens qui emp êche l'entrée des camions dans leur territoire? Pour l'instant on ne sait, mais ça donne une impression de panique indescriptible . Ne pouvant circuler aux abords de la frontière, ils se garent où ils peuvent: le long de la bande d'arr êt d'urgence où c'est formellement interdit, sur les ponts, sous les tunnels. Les aires de repos débordent quant à elles et il nous est impossible d'y trouver la moindre place. On roule donc sans interruption jusqu' à 20 heures passées, au bord d'une fatigue extr ême. Cette aire près de Genova où nous pouvons nous caser est la bienvenue. Nous sommes le Jeudi 26 Avril, un vent fou fait tourbillonner des rafales de pluie La toilette n'a pas eu lieu, on saute cetépisode, mais pas celui du déjeuner, bien reconstituant.

Je me demande ce que sera notre route aujourd'hui avec tous ces camions arr êtés, tout autour de nous, bloqués toute la journée d'hier, pour cause de f ête de l'indépendance et qui ne demandent qu' à bondir hors de leur stationnement imposé.

Tunnels, circulation folle, travaux en cours restreignant la largeur de la route et créant des bouchons, quel trafic! Il y a des dizaines de kilomètres de camions, on fait la queue parmi eux, puis on double quand on le peut avec les voitures, pour s'intercaler à d'autres camions... Un vrai cauchemar que cette traversée du pays. Je crois bien que l'Italie a un besoin urgent de voies ferrées qui allégeraient ses routes complètement saturées.

Pour faire l'arr êt de nuit , c'est mission quasiment impossible, alors on roule jusqu' à la limite de nos forces. Le chemin parcouru aujourd'hui est impressionnant , mais on peut bivouaquer sur une aire à 30 kilomètres d'Ancône, toutétonnés de pouvoir nous glisser entre deux camions. On ne prend plus aucun poste, on n'a ni télé, ni journaux, on se pieute comme les poules.

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Vendredi 27 Avril .

Aire de Senigalia, près d'Ancône.

Le soleil est déj à levé bien qu'il ne soit que 6 h 45, mais la proximité de la mer rafraîchit l'air ambiant. Quelques camping-cars sont arrivés dans la nuit et ce matin les occupants dorment tout rideaux tirés, tandis que nous sommes pr êts à partir à Ancône, un peu tôt peut- être, mais c'est pour essayer d'éviter la grosse cohue des entrées dans les villes.

Erreur de parcours en périphérie, où les panneaux indicateurs «aéroport» et «porto» un moment ensemble se sont séparés alors que la direction est la m ême. Du coup ils nous fontégarer et on en profite pour visiter la banlieue . Les premiers arrivés au port, c'est nous. On va attendre l'heure du départ près d'un bahut frigorifique, en marche et l'on doit fermer toutes les ouies malgré la chaleur intenable, pour supporter ce bruit infernal et continuel.

Peu à peu les passagers arrivent, automobilistes et piétons habitués et occasionnels, tous ensemble, sur l'aire d'attente.. Le spectacle est à quai, on ne s'ennuie pas une seconde. La ville d'Ancôneétagée sur la montagne, avec ses clochers de bronze et ses arcades blanches fait un magnifique tableau que l'on regarde distraitement occupés à faire les dernières formalités.

Il y a maintenant un monde fou sur le quai et les autocars arrivés les derniers vont occuper les meilleures places dans le ferry... C'est bien ça le voyage en «open deck»économique,épatant si on arrive à se placer devant un vasistas, sinon!... Nous sommes installés à côté d'une remorque pleine de motos Japonaises multicolores et numérotées pour la participation à un rallye, devant nous il y a un camping-car avec un bébé que le jeune père fait téter assis sur le marchepieds . Un peu partout se promènent en laisse des chiens gardiens de camping-cars. On ne moisit pas dans cet environnement et partons visiter le bateau que nous connaissons déj à puisque c'est le m ême qui fait cette traversée depuis que nous la faisons nous fouette le visage et nous fait regagner l'intérieur plus douillet. Une pièce vide est attribuée aux passagers sans cabine et occupée par des enfants, en balade scolaire, qui commencent à déballer leur sac de couchage pour la nuit. Il y a une ambiance monstre et une pagaille indescriptible.

On traverse le magasin où l'on trouve toutes sortes de produits détaxés, doncéconomiques: alcools, parfums, bijoux, nouveautés, cristaux , mais ils restent quand m ême hors de prix, pour nous qui débutons un voyage. Ce sont souvent les produits français les plus inabordables , mais les marques sont prestigieuses, alors!...

On rejoint nos pénates au garage après avoir sillonné les couloirs et les salons, essayé quelques fauteuils et bu de la bière. Le disque solaire orange va se noyer dans l'eau de la mer Adriatique quelques terresémergées dressent leur profil à peine visible et on a cessé depuis un bout de temps d'apercevoir des navigateurs solitaires. La mer est calme, on mange un peu , la radio est toujours Italienne donc il faut vivre en cercle fermé. La jolie voix de notre hôtesse polyglotte nous conseille d'avancer d'une heure nos montres pour être à l'unisson de la Grèce, ce qu'on se garde bien de faire. On jette un coup d'œil à la carte, afin de se tracer l'itinéraire pour demain et on va dormir.

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amedi 28 Avril 2OO7

BON ANNIVERSAIRE DANIEL 16 ans aujourd'hui Quel parcours!

Il est 7 heures 05 à ma montre, 8 heures O5 en Grèce puisque à cause des fuseaux, il faut avancer nos pendules d'une heure. Ce qu'on ne fait pas . On va accoster à Igoumenitsa d'un moment à l'autre. Le temps est gris comme on l'a laissé de l'autre côté, on n'est encore qu'en Avril.
Nous voici en Grèce, sur la route vers Ioanina. Beaucoup de tronçons en travaux, financés par l'Europe se succèdent et ralentissent la circulation peu importante dans cet axe qui traverse le pays pour joindre la Turquie.

Les vieilles routes se m êlant parfois aux nouvelles ainsi que les panneaux indicateurs compliquent le parcours et nous font redoubler d'attention.

Après Ioanina, un trajet enchanteur s'élève au dessus du lac et offre de magnifiques paysages. Ce lac, semble dévoré par les algues qui s'étendent en îlots verts piquetés d'arbustes. Une île et quelques maisons occupent le milieu du lac, elle est reliée au continent par un bac qui fait la navette toutes les heures. Les difficultés pour s'arr êter prendre une photo ou simplement regarder, commencent à se manifester. Les rares accotements sont occupés par des vendeurs de légumes et fruits, ou par des kantinas donc on passe notre chemin .turquie 5

Le paysage d'abord banal, devient montagneux et superbe vers le col de Katara où les sommets enneigés font une belle toile de fond au massif vert tendre qui vallonne au premier plan.

Il est une heure, l'estomac crie famine et il est toujours impossible de s'arr êter. On finit par trouver un petit terre plein grand comme un mouchoir de poche et qui peut- être sert de décharge. Ce n'est pas le moment de faire les difficiles, on y stationne. Dans l'appartement, misères en nombre. renversement de divers objets dans le réfrigérateur, lait et jus d'orange celui-ci a formé sur le sol de larges flaques brillantes qui résistent à tous mes nettoyages.

Viennent se garer près de nous 2 voitures et caravanes ,l'une Belge l'autre Néerlandaise qui s'installent toutes portières ouvertes. On est vraiment coincés et m ême si on le décide, on ne peut pas partir .Après le repas Jeannot commence les manœuvres pour se sortir de l à en marche arrière. On espère un mouvement de leur part, mais rien ...On finit par atteindre la route à force de persévérance, on peut enfin partir. Mais les voil à qui commencent à dégager sous notre nez et nous bloquer encore quel culot phénoménal!

On les a retrouvés l'après midi, accidentés au bord de la voie d'urgence. La première caravane ayant crevé un pneu, la voiture arrière lui est rentrée dedans, enfonçant le train arrière ,jonchant le sol de feux rouges et autres objets pulvérisés. Mauvais début de vacances.

Lorsque survient la fin du jour, il faut bien chercher un endroit où dormir. A vrai dire on ne cherche pas encore tant la difficulté sera insurmontable, peut être la Providence viendra-t-elle a notre secours. Alors qu'il pleut des trombes, on est abordés par un camping-car du Cantal désirant se joindre à nous pour un bivouac nuit. Une plage en aménagement au bord de la mer Egée fait notre affaire. Bon sommeil, bien tranquilles.

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Dimanche 29 Avril

Plage de la mer Egée avant Kavala.

Dès 7 heures on serait pr êts à partir, mais il faut mettre un peu d'huile moteur. Jeannot a du mal à dévisser un bouchon qu'il a serré comme une brute. On fait nos adieux à nos voisins d'une nuit qui vont vers Izmir et la Cappadoce, tandis qu'on a décidé de joindre Istanbul par Tekirdag puis les côtes de la mer Noire.

On est toujours en Grèce, les routes longeant la mer ont notre préférence pour l'instant, on trouve plus facilement un repli de terrain pour une halte et puis la mer forme une belle toile de fond. On décide de faire escale à Lagos tout petit port placé dans une rade à l'abri des vents, on pourrait y faire la pause déjeuner.

C'est Dimanche, les fidèles sortent de l'église orthodoxe ,tandis que le marché bat son plein. On s'arr ête au port jeter un coup d'œil au chargement des bateaux de sable, puis on va manger près des p êcheurs.

Ensuite, on reprend la route vers la frontière Turque, passée à 15 heures, sans formalités d'aucune sorte. On aurait bien voulu changer un peu d'argent mais la banque frontalière est fermée, ce qui n'est pas un problème, d'après nos guides qui prétendent que la carte visa est partout acceptée, on va donc poursuivre notre route. «Sös Genscil iin Turquey» nous dit la banderole qui surplombe la route de part en part ,ce qui veut dire «soyez les bienvenusen Turquie» Sous titrée par «Welcome», on pense avec amertume au temps où le Françaisétait la seconde langue, traduisant les passeports et les papiers administratifs. Donc, sans rancune, nous disons à notre tour comme au temps passé«Maraba» à ce gentil pays de nos premières vacances lointaines.turquie 7

On passe Ipsala première ville Turque rencontrée, notre marche de manœuvre est bloquée pour cause de «Dimanche». Pas de banque, pas de lires Turques, ce qui veut dire: pas de pain, pas de camping, pas de petits achats impossibles avec une carte visa ou autre.

Pour dormir on jette notre dévolu sur une station service toute neuve, les pompes sont vides, ce qui tombe bien car on n'a pas le moindre sou. Le gérant nous désigne une place, d'où l'on assiste aux préparatifs d'un office à la mosquée trônant juste à côté du restaurant. Le lavage des pieds à la fontaine aux ablutions qui jouxte unénorme tas d'ordures est exclusivement masculin, puis ils vont au café, pendant que les femmes attendent l'office assises sur les marches, rev êtues de leurs atours noirs qui les recouvrent de pieds en cap. Je me demande comment serait fréquentée chez nous une station serviceéquipée d'unéglise? Des autocars entiers déversent les fidèles qui viennent prier en chantant des sourates qui n'en finissent pas. Qu'est-ce qu'on est venus faire ici?

On change d'endroit de stationnement, on a l'impression d'avoir quitté La Mecque. On n'entend plus les prières de la mosquée, le bruit de la route est plus sourd. On s'endort comme des anges.

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Lundi 3O Avril

Station service avant Tekirdag

Départ tôt ce matin, il est seulement 6 heures à notre montre. La station s'est vidée et on s'aperçoit que l'onétait seuls à dormir ici cette nuit, heureusement sans le savoir. En ouvrant la portière, il y a un gentil chien qui monte la garde assis sur son derrière. On est attendri par son regard humide, il ne nous veut aucun mal, pourtant il ne nous connaît pas, mais le courant passe entre nous. Il faudra partir sans se retourner, sachant qu'on laisse un ami.

Deux charrettes à chevaux passent avec un chargement de gens qui vont aux travaux des champs. On cherche une banque à Tekirdag, puis une place de stationnement. On se gare le long des quais de la mer de Marmara, sorte de promenade des Anglais Turque toute fleurie et plantée de beaux eucalyptus. On part en perpendiculaire dans la vieille ville au milieu des marchés que , bordent les maisons de bois toutes de guingois. Une cour d'école, pleine d'enfants en récréation nous retient mais je n'ai pas pris mon appareil photo, c'est bien ma veine! Ils sont tous rev êtus d'un uniforme bleu à col blanc et on estémerveillés par l'ordre qui semble régner ici.

Tout à coup un refrain musical marque la rentrée en classe, ils se regroupent tous et en rang, regagnent leurs cours sagement..

La banque est ouverte à 9 heures, mais devant l'entrée s'étire une longue queue en attente .On avait oublié la date: 30 Avril aujourd'hui.

Tous les salariés sont l à avec leur bulletin de salaire en attente de paiement. Nous renonçons à grossir les rangs et redescendons au port. Je manque tomber 4ou 5 fois en trébuchant sur des marches très hautes et inégales, ou bien de m ême couleur que le sol environnant de sorte qu'on ne les voit pas et si l'on regarde ailleurs qu' à ses pieds la chute est inévitable! Nous rejoignons le camion et reprenons la route pour recommencer plus loin l'épisode banque .Nous apprenons ainsi que l'euro valant deux lires turques ne vaut en réalité que 1,8O YTLce sigle signifiant Yeni turc liras ou bien nouvelles lires Turques.

Nous achetons aussitôt un gros pain ( ekmek ) et des tomates bien rouges, puis on va manger devant un restau autoroutier. Je cuis notre dernier steack et on se délecte du dernier petit fois gras MM!turquie 8

Traverséeépique d'Istanbul, m ême si l'itinéraire pris est un périphérique, il passe par le pont de Karakoy à péage. Il y a les abonnés qui passent assez rapidement et les autres dont nous sommes, qui créent de longues files d'attente de voitures et de camions. Beaucoup d'impatience, se manifeste par des klaxons assourdissants et quelques tampons ravageurs On met deux bonnes heures pour effectuer cette traversée, puis on bifurque vers les routes de la mer noire dont les paysages pour l'instant ne nous enchantent guère. Plein de villages nouvellement construits et aux maisons toutes pareilles, paraissent être des jeux de construction. Heureusement les couleurs pastel qui les agrémentent, à prédominance de vert et de rose donnent une note gaie à l'ensemble.

Les petites fermes intercalées à toits plats et pans de bois sont environnées de pagaille et de tas de fumier. On arrive en fin de journée vers Kandira et Kefken, pensant trouver une petite plage pour la nuit. A partir de Kefken, il n'y à plus d'itinéraire, la route devient sentier de terre battue, la mer est visible, mais inaccessible, il n'y a pas de camping dans ce coin non fréquenté et l'arr êt nuit devient pressant. On cherche encore une fois notre route qui existe pourtant sur notre carte, mais en vain, elle s'arr ête ici., dans ce bout du monde. Drôle d'impression!

On campe donc sur un « oto parc» plein de jeux d'enfants, à quelques pas de la mer Noire. On a bien fini par trouver, au hasard, ce coin qui nous semble presque idéal, malgré la solitude où nous sommes plongés. Autour de nous s'étirent des rues bordées de maisons de vacances, colorées de teintes vives, mais vides en ce moment.
Soucis et fatigue accumulés sont autant de berceuses, on s'endort comme des bienheureux.

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Mardi 1er Mai

Kefken,au bord de la Mer Noire, au bout de la route.

7 heures30 Départ. On a eu droit à unépisode «pétards» hier au soir et du coup alerte et inquiétude sommeil interrompu, puis difficile à rattraper. Ensuite c'est le repos total, seuls dans le lointain, les moteurs d'un ou deux bateaux de p êche meublent le silence et ce matin la promenade des chiens, que les maîtres appellent.

Itinéraire sans grand intér êt, au milieu des noisetiers en for êts gigantesques et des villages aux maisons décrépites et aux toits fatigués. Pagaille innommable dans les cours et les jardins, noyés sous les ronces emp êtrées d'ordures de tous ordres, c'est assez pitoyable. On double sur la routeétroite quelques vaches efflanquées, gardées par de petites bergères que la mode du pays déguise en vieilles bien avant l'âge .

On traverse aussi plusieurs hameaux faits de maisons de bois, sans peinture donc grises. Je ne peux photographier à cause de l'étroitesse de la rue ,il y a toujours un animal ou un enfant qui veut passer d'urgence.

En joignant la route principale un peu plus importante, de vraies villes se sontédifiées le long de la Mer Noire, avec de vrais buildingsétagés sur les hauteurs. Peints de couleurs claires, vert ou rose, tendre à l'œil c'est gai , sinon certaines agglomérations ont des maisons toutes pareilles, orientées dans la m ême direction, ce qui crée un paysage uniforme, sans originalité, un peu désolant .

Au milieu de ces villages tout neufs, des monceaux d'ordures, jetées à côté de poubelles vides....C'est habituel, on dirait. Ainsi, nous avons l'air d'extra terrestres de soulever le TURQUIE 10couvercle et de jeter dedans notre sac bien serré.

On se croirait en Libye, car on semble rouler beaucoup ,mais en réalité seulement quelques centaines de kilomètres. Nous perdons du temps en recherches de routes non indiquées, les gens du pays interrogés ignorent souvent, mais tiennent à nous renseigner à tort et à travers.

M ême le flic à Zönguldag nous indique une direction bien que la ville soit du côté opposé. Malgré son nom tout fleuri Zonguldag ( montagne des roses) ne correspond pas à son patronyme, bien que la rue principale soit bordée de roses thé.

Nous passons sur des flaques de boue qui gicle sous les roues malgré notre petite vitesse .et venons de circuler sur une route en réfection sur des dizaines de kilomètres. Nous avons ensuite une longue série de tunnels et un défilé magnifique ressemblant aux Gorges de l'Aude. La pluie s'est mise à tomber alors on s'arr ête sur une pompe «Solar» toute neuve. J'espère que l'on va bien se reposer car demain on visitera Zafranbolu.turquie 11

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Mercredi 2 Mai

Pompe bleue «Solar» 10 km avant Karabuk,

Le charmant pompiste nous donne deux chiffons doux avec publicité, pour lustrer les vitres, plus une boite de mouchoirs en papier et deux trucs parfumés à suspendre .Je lui remplis la poche de bonbons et nous partons sous la pluie qui n'a cessé de tomber toute cette nuit.

Zafranbolu à 8 heures du matin. Les rues sont dégagées, il nous est possible de nous garer dans une rue face à l'oto-park fermé à cette heure matinale. Nous allons donc déambuler dans le vieux quartier «Carsi» absolument magnifique. Bravo à l'UNESCO d'avoir permis de réhabiliter un pareil domaine .

Nous marchons le nez en l'air dans les ruelles bordées de maisons à pans de bois où les marchands sortent leur pacotille. Les treilles partent en lacis au dessus et l'été font de l'ombrage On trouve ici plein d'objets insolites et inutiles tels les cendriers décorés du nom de la ville.
De longs colliers d'amandes enfilées sont suspendus et décorent joliment le pas des portes .Il y a aussi des samovars, des cuivres et des bronzes, des nappes en polyester et des colliers en verre de toutes couleurs Nous avons juste acheté un pain, est-il possible d' être plus raisonnable?

Nous montons sur la colline qui fait une sorte de cirque autour de la ville. De l à le panorama est sans pareil. Nous disons adieu à la ville du safran et partons vers Yörük Köyrü que l'UNESCO a prise en mains tout comme Safranbolu.

On entre dans ce petit village par la rue principale qui passe au milieu du cimetière, les tombes bordent le chemin et l'on pourrait cueillir des fleurs sur chacune d'elles. Iris bleus et autres fleurs jaunes prolifèrent et donnent à ce lieu un petit air de jardin d'agrément .turquie 12

Sur les façades des maisons à colombages de bois, les compteurs d'électricité sont bien à l'abri dans les boites à lettres inutiles et les grosses ferrures des portes sont fermées à l'aide de ficelles. La mosquée est toute en bois, comme le minaret.

Les rues sont pavées de gros cailloux sûrement d'époque et au coin de la rue , une fontaine coule avec un gobelet au bout d'un lien. Quelqu'un a planté des fleurs dans des croquenots dont la semelle baye aux corneilles. Il y a une âme dans ce patelin inhabité, que nous trouvons très beau, mais que l'on doit quitter.

Continuant notre route vers Kastamonu, nous longeons les belles gorges du fleuve Arak Cay et superbe ville de Arak bâtie juste au bord de la falaise rocheuse.

Maintenant on va sur Sinop, mais une bifurcation est possible sur Encore une route en réfection , mais elle est très belle avec de petits villages dans le creux des vallées ou bien sur les sommets, avec le crayon blanc des minarets sur fond de verdure. La chaîne de montagnes ( Chaîne Pontique) à peine noyée au départ devient finalement invisible, tout comme notre route que le brouillard efface complètement .

Il faut se guider avec les lignes blanches souvent absentes à cause des rafistolages, on fait du pas à pas. Impossible de s'arr êter de mon côté à cause deséboulements de pierres, ou bien le ravin qui affleure au ras de la route. De l'autre côté on risque de rencontrer les véhicules venant en sens inverse et comme nous n'y voyant goutte, la situation est inextricable.

On finit par suivre un camion qu'on laisse nous doubler, ses feux arrières nous guident et on retrouve une zone un peu moins brumeuse, puis plus du tout. L'embranchement de Sinop Samsun arrive, c'est celui-ci que l'on prend . La nuit est complètement tombée, il fait un froid de canard. La seule pompe du coin est surchargée, on se gare à côté, sur l'aire de pesée des camions ( la bascule ). C'est noyé de boue, mais on espère quand m ême bien dormir. Le responsable vient nous dire, en gestes que nous ne dérangions pas et qu'on peut rester l à . A demain, c'est un autre ,jour!

Près de Tasköprü on manque le site de Pompeiopolis, signalé une seule fois, puis plus du tout, Nous regrettons bien. Mais les autochtones connaissent ils cet endroit, eux qui plantent des haricots au milieu des pierres?....

Venant tout droit d'un âge révolu, plein de maisons à croisillons de bois ,longent la route . Architecture originale mais mauvaisétat hélas! Puis on rencontre une quantité invraisemblable de briqueteries dans des montagnes rouges formées de toutes pièces par les débris de briques empilées. C'est curieux! Mais on n'a pas su ce qu'étaient ces carrés remplis d'eau où les travailleurs s'activent; Peut- être le ramassage d'une terre spéciale pour la fabrication de céramique, peut- être! Ou bien des rizières peut- être aussi!

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Jeudi 3 Mai

Aire de la Bascule, après l'embranchement de Sinop Samsun, près de Gerse

Nous avons bien dormi après l'épisode du brouillard en montagne. Un camion est venu stationner près de nous dans la nuit. Pluie incessante et vent fou qui a fait claquer les petits drapeaux de la station juste derrière nous. Bien qu'on soit dans la boue, ce matin le soleil nous fait une f ête, histoire de nous encourager.

Ce départ de Gerse pour Bafra est une merveille de courte durée. La route longe la mer et l'on peut stationner assez facilement .

turquie 13A côté, la plage de galets et le soleil par dessus inciteraient à faire une halte, alors à Uniye , on décide un arr êt photo de ce coin de Mer Noire. Le soleiléclatant par dessus la mer bleue, un ou deux bateaux se balançant dessus et la plage de galets blancs, nous semblent faire une si belle image!.

Tout le long, une allée de palmiers digne de la croisette font un tableau exotique, m ême si les palmiers sont synthétiques...Rien d'autre sur cette route, que quelques images de vallons et collines à la végétation d'un vert tendre. Les villes bâties en hauteur sont très colorées et les mosquées flambant neuves à la coiffure d'argent sont édifiées jusqu'au ras de la route . On roule des centaines de kilomètres sans jamais pouvoir atteindre la moindre plage pour s'y reposer un peu ni m ême le moindre accotement. A midi on peut quand m ême accéder à un parking.... plein d'eau et de boue, des ornières géantes qu'on a pu laisser de côté en slalomant.

Zut! on traverse Ordu sans voir la petiteéglise Arménienne pourtant située au bord de notre route. Déception.! Il est v rai que ce village est devenu uneénorme ville où l'on ne peut voir que des immeubles géants, alors vous pensez, la petiteéglise!....Mais on va voir la forteresse byzantine de Tirebolu, malgré le froid qui sévit en fin de journée. L'heure n'est pas favorable, le soleiléclaire un seul côté de la forteresse et ce n'est pas le bon, complètement à contre jour.

On filme malgré tout les remparts et les tours qui ont encore fière allure.
La fin de la journée est toujours un problème insoluble dans cette région sans camping, sans aire de quelque sorte, sans possibilité aucune, ce souci l à nous gâche une partie de la journée et la nuit ne se déroule pas sans inquiétude. On découvre une aire de service sur la route de Trabzon où quelques camions turquie 14sont déj à installés, on va grossir les rangs. On ignore l'environnement fangeux pour ne voir que le coucher de soleil sur la mer. Le disque orange descend vite et lorsqu'il se noie, la nuit est arrivée.

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Vendredi 4 Mai

Aire de service sur la Mer Noire vers Trabzon.

Lever à 5 heures du mat, Car il y a eu du bruit toute la nuit. Des gens arrivent par bus entiers et piaillent pendant qu'un mégaphone les harangue à tue t ête. A plusieurs reprises le muezzin s'est mis de la partie et a récité de longs extraits du Coran . Les deux chiens de la station nous ont fait ami ami, je n'en dirais pas autant du gérant de la station qui est venu nous enjoindre de quitter les lieux sous le prétexte que l'on g êne.

Où partir dans la nuit? On rejoint donc un peu plus loin les 2 camions rouillés, le tas d'ordures et les mares noires qui couvrent le sol. Bel endroit en vérité! seule, la mer où se perd le regard peut nous réconcilier avec cette région hostile. On en trouvera quelques unes au cours de ce voyage, nous les oublions pour ne nous souvenir que des braves gens, ils sont nombreux, c'est grâce à eux que l'on aime tant la Turquie.

turquie 15Aujourd'hui donc départ matinal, sans achat, ni plein de gazole choses que nous faisons habituellement et qui sont appréciées par les gérants, puisqu'ils nous octroient souvent un souvenir de notre passage chez eux. Chiffons pour pare brise, désodorisants à suspendre, mouchoirs en papier etc....Rien de tout cela ici, on sera mal vus jusqu'au bout .Ce voyage ne commence pas si bien que ça!

Routes dégagées ce matin à cause de l'heure hâtive. Les nuages blancs sont descendus dans les villages et font des images irréelles que je photographie en roulant, tout comme les belles mosquées coiffées de papier chocolat parfois. enluminées de couleurs pétard.

A Trabzon comme à Ordu on a bien failli ne pas retrouver l'église Arménienne, tant la ville s'est développée. Heureusement les gens nous indiquent le chemin avec empressement. . Voil à donc devant nous Aya Sofia...un enchantement. Le jardin aété soigné, des fleurs plantées, mais le croissant sur le dôme a remplacé la croix.. Aya Sofia, Sainte Sophie est devenue un musée payant.

Elle est très ancienne Sainte Sophie, construite probablement vers 1200, Les peintures qui la décorent du sol au plafond datent aussi du XIIIe siècle. Plein de scènes de la bible sont représentées et les détailler nous absorbe un long moment .Beaucoup de fresques ont hélas subi l'épreuve du temps et l'incurie des hommes, presque aucun visage n'est intact, mais les scènes sont explicitesturquie 16 et terriblementémouvantes. La traversée du jardin parsemé de chapiteaux et de marbres décorés ,nous permet de contempler la mer à l'infini.

Nous reprenons le camion et le chemin qui mène au monastère de Sumela situé à 47 kilomètres de Trabzon. Nous prenons place au pied du site près du bureau postal de Meryemana qui est devenu le nom du monastère. Autrement dit Monastère de la Mère Marie. On aperçoit le monument depuis ici grâce aux arbres dépourvus de feuilles et l'on entreprend la montée .Un sentier grossièrement pavé grimpe à pic dans les rochers où s'insèrent des milliers de plantes fleuries.

Peu de monde dans cette ascension assezéprouvante, mais les gens qui descendent sont si heureux qu'ils nous cèdent leur canne faite d'une branche d'arbre trouvé en chemin. Efficacité garantie pour l'aide que ce bâton apporte, j' apprécie! On aperçoit en levant la t ête, le monastère, serti dans la montagne, durant tout le trajet sous un angle différent.

On abuse de la photo, en s'extasiant sur la beauté de l'ouvrage et les difficultés qui ont dû surgir à sa construction . En cours de route histoire de se reposer un peu je relis mon guide qui annonce 40 minutes de montée. Je le trouve bien modeste, il me semble qu' un temps plus long nous aété nécessaire.

Et voil à devant nous le monastère, plaqué contre la paroi vertigineuse, aperçue depuis en bas. A cela s'ajoute l'extraordinaire beauté des montagne de la Chaîne Pontique qui nous entoure et le rugissement de la Rivière d'Or , ce formidable torrent qui roule ses eaux au pied du site, jusque dans la vallée.

turquie 17L 'intérieur des bâtiments est orné de nombreuses peintures rupestres illustrant des scènes de la Génèse, desépisodes du jugement dernier ou de la vie de la Vierge et quantité de fragments très abîmés, t êtes et yeux grattés comme l'exige la loi coranique n'admettant pas de représentation humaine.

Quelques images ontéchappé au massacre, celles qui son hors de portée, les voûtes par exemple. C'est ainsi qu'on peut voir unétonnant Pantocrator qui nous regarde de ses yeux noirs, cheveux crépus, oriental comme on ne pouvait l'imaginer auparavant. Au milieu de tous ces chefs d'œuvres byzantins, nous rencontrons le collège de fillettes Saint Joseph venant d'Istanbul section Français et très fières, de leurétude. Nous ne manquons pas de les féliciter pour leur choix. . Elles viennent disputer un match de danse rythmique et sont dégourdies comme tout. Quelle belle rencontre! Merci Anaïs et Zula ainsi qu'aux autres dont je ne connais pas l le nom et à leur gentille maîtresse.

Après ce charmantépisode, la descente est dure, cruelle, malgré les cannes cédées par les voyageurs précédents. . On est très fatigués et on s'écroule à l ‘arrivée. On se fait un grand café et l'on part sans savoir où. En chemin un garçon nous arr ête pour nous inviter à camper chez lui. Et voil à! c'est chose faite. On accepte le repas proposé: pommes de terre pirzolas avec de la Maden Suyu. . Il est 18 heures à peine, le temps est frisquet, la nuit tombe déj à, que faire d'autre, on va se coucher pour récupérer.
On est pr êts à dormir, un coup de fil de Fanou nous réveille. Je la rappellerai demain.

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Samedi 5 Mai

Champ sur la route de Sumela

Belle matinée ensoleillée, un pic neigeux d'un côté, de l'autre les vallons verts piquetés de maisons blanches, à côté de nous la jolie maison jaune du propriétaire du kamp, avec les fen êtres ouvragées de pierres grises, de l'autre côté nos voisins du cimetière....On va photographier le ruisseau , dire au revoir et partir vers Erzurum

«Güle güle» ils nous ont dit et en cherchant dans notre mémoire on a pu répondre «Allaha ismarladick» ce qui veut dire «bon voyage» pour eux « au revoir» pour nous.
A Gümûshane on prend du gazole qu'on appelle motorin ici. Impossible d'avoir de l'eau. Nous nous approvisionnons à la fontaine aux ablutions de la!mosquée où ils nous font une place parmi les pieds lavés. L'eau est good nous disent ils, mais on vaéviter d'en boire en mettant uneétiquette bleue sur le bidon , pour la différencier..

Très belle route, tracée dans la montagne ocre qui cerne de petits villages dominés par le crayon blanc des minarets. Il y a quelques arbres fleuris de blanc, des amandiers sans doute.. Il est difficile de s'arr êter car les cailloux dévalent au dessus de nous et...en parlant de caillou, on en a pris un dans le pare brise, lancé par un camion roulant dans l'autre sens. Deux petitesétoiles dans notre fen être avant., ne g ênant pas pour l'instant si elles ne grandissent pas.

On continue vers Erzurum, avec pause repas en chemin, car il nous reste une centaine de kilomètres à peu près .

A 16 heures on est à 2007 mètres d'altitude, il y a du blanc autour de nous. Très belle route de bout en bout, depuis Macka après Sumela jusque Askale.

Neige sur les sommets lointains et jusqu'au ras de la route où le soleil réchauffe l'air malgré tout.. Paysages magnifiques de vallées piquetées de maisons avec des vaches qui broutent, maigres comme tout .On traverse d'abord, des villes importantes où dominent les buildings colorés:Baynurt, Gumushane et bien d'autres de moindre importance.

Ce soir on ne veut pas atteindre Erzurum où il serait sans doute difficile de se garer pour la nuit on s'arr ête donc à la sortie de Askale dans une grande et belle station Opet .Du côté de notre stationnement on aperçoit une colline où apparaît le croissant islamique tracé avec des galets blancs et des mots de nous incompris. J'ai remarqué que le mont «Vatan» apparaît souvent, il veut dire sans doute «Patrie».

turquie 19C'est calme comme tout, mais je ne peux fermer l'œil victime de l'altitude, migraine eténervement m'accompagnent jusqu'au matin.

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Dimanche 6 Maiturquie 20

Zut Ségolène! Je te dis ça pour te porter bonheur. J'espère que les femmes vont se réveiller et te faire une ovation...mais!...

Aire station Eopet en sortant de Askale

Il est 7 heures 20, on part sous un beau soleil, ce qui est une rareté. Nous filmons le croissant Turkiyen qu'on voit de notre campement «Allah Korusun» disent le dos des minibus, on en déduit que ce doit être le nom d'une compagnie comme chez nous la Semvat, mais moins laïqueévidemment!

C'est sur cette portion de route que nous revoyons le beau pont à dix arches qui fut construit vers le 13e siècle, c'est le pont Cobendede. Il permettait à Erzurum d' être sur le parcours de la route de la soie, qui d'ici rejoignait le port de Trabzon. Il enjambe l'Asa Nehri affluent du Tigre. Un jeune p êcheur nous offre un gros poisson qu'il vient d'attraper à la main . On ne peut accepter bien sûr et il a l'air désolé.

Nous voici à Erzurum,étape sur la route de la soie et ville Géorgienne jadis. Erzurum pourtant ensoleillée aujourd'hui nous semble noire et austère, c'est la plus grande ville de l'Anatolie Orientale, dont la terre cache les sources du Tigre et de l'Euphrate.

Comment vais-je faire pour visiter les mosquées, alors que j'ai oublié de prendre un foulard., dans mes bagages? Le problème est vite résolu, on entre dans un magasin de nouveautés, je demande et me vois offrir un foulard que j'étrenne sur le champ., c'est ça la Turquie, tout au moins l'ancienne, dommage que le tourisme dénature tout, m ême les sentiments.

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On va donc commencer nos visites qui seront nombreuses si j'en crois mes souvenirs. On arpente la grande rue qui traverse la ville d'est en ouest et notre premier regard est pour lla pasa Cami édifiée au XVIe siècle de style ottoman classique, avec ses coupoles décorées d'arabesques polychromes. Une magnifique suspension de cristal aux mille lumières guide nos regards et au sol, une mosaïque de tapis bariolés laissent s'enfoncer nos pieds nus.

Nous traversons une place occupée par un marché où le pantalon jean est roi, ainsi que la verroterie colorée pour les touristes. Yakutiye Medresi est uneécole coranique qu'un gouverneur Mongol fitériger vers 1308 . Un superbe minaret bleu finement sculpté à la manière de l'Asie Centrale, nous rappelle la proximité de ces pays.

Ainsi, la journée durant, nous visitons les somptueux monuments de cette ville un peu mystique . Cifte Minare Medresi est une ancienneécole de théologieérigée en 1253. Bâtiments sobres ornés de sculptures incroyablement fouillées, qui abritent une bibliothèque où l'on découvre deux livres traduits du Turc en Français chose rarissime tant les voyageurs Français existent peu. Les murs sont décorés de tableaux impressionnistes: Monet, Corot, Renoir ...

Pourquoi les manifestants politiques ont ils choisi une ville de moyenne importance comme Erzurum pour réclamer leurs droits? J'apprends que c'est dans cette rue m ême qu'Ataturk réunit ses proches en congrès, en 1919 pour proclamer l'unité de la Turquie et sa laïcité. Le défilé est impressionnant, voitures aux klaxons hurlants, tambours, haut parleurs et chants révolutionnaires, drapeaux déployés, mains aux portières en un geste incompris: Majeur replié vers le pouce , index et annulaire pointés en geste d'accusation, semble t'il. turquie 22

Où donc est la police? Elle est avec les manifestants. Le jeune homme qui nous accompagne nous dit que ce sont les nationalistes contre les fascistes. Ils craignent que l'islamisme revendiquant le pouvoir, leur fasse perdre, la liberté de penser ...la liberté, tout court en somme!...

turquie 23 Avec notre ami guide, nous cherchons la place où sontérigés trois turbes Seldjoukides sortes de mausolées des XII et XIIIme siècle. Autour de nous , s'étend un quartier de maisons typiques de la région, construites en pierre avec colombages de bois, menacées d'effondrement..

Impossible d'acheter le moindre tapis de soie ou de laine pour rétribuer notre jeune guide, les prixétant dissuasifs et la place dans notre camping car restreinte. J'achète donc des cartes postales et bois le thé proposé. Il semble ravi de notre visite et du peu de conversation que nous avons pu avoir ensemble.

En prenant la route de Kars, nous passons devant le cimetière desservi par des bus qui passent dans les allées et déposent les visiteurs comme devant une maison. C'est surprenant mais compréhensible, les femmes, seules visiteuses, n'ayant pas d'auto, il leur reste ce moyen de déplacement qui en vaut bien un autre, après tout.

Peu avant la ville de Kars, nous arr êtons nos pérégrinations à la station de Pétrol Ofisi. Qui affiche un prix de 2,26 YTL, le litre de gazole mais de 2,35 au compteur de la pompe. Zut! on s'est fait avoir.. ...Mais on est bien installés, dans un environnement bien vert, sur une station toute neuve.

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turquie 24 Lundi 7 Mai

Nous traversons la ville nouvelle de Kars, sans la reconnaître tant elle s'est développée, mais peu à peu on redécouvre les sites turquie 25conformes à nos souvenirs.

Nous retrouvons le «Tas Koprü» ou Pont de Pierre, du XIIme siècle je crois, avec ses 3 arches sous lesquelles passe un torrent impétueux qui roule ses eaux beiges. C'est toujours le m ême pont, sans l'animation d'avant, avec les femmes transportant les seaux d'eau à l'aide de balanciers, à la mode Asiatique, mais aussi les gosses qui nous lançaient de pierres.

Aujourd'hui, on peut circuler sans aucun problème, les gens viennent vers nous, sur le pont nous dire «Cok Guzel» ce qui veut dire ,très joli, et nous parler en Allemand chose que nous ne savons faire.

D'ici nous avons une vue imprenable sur les pauvres quartiers toujours existants, sur la citadelle qui fut fondée par les Arméniens au XIIme siècle et sur le dôme pointu de l'église Arménienne des Saints Apôtres, consacrée en 930.

turquie 26 Nous nous garons sur le parvis, où nous rejoignent des galopins. Plus d'église des Saints Apôtres, elle est superficiellement restaurée et s'appelle désormais la Kumbet Camii et ne sert plus à rien. Nous lui faisons une longue visite tout en filmant ses sculptures de saints , d'animaux et de croix. Le porche aux arcs romans s'ouvre sur une porte cadenassée....

Des minarets, il y en a partout, crayons qui fusent de toutes parts et coupoles brillantes, aucun quartier n'est oublié.

Depuis ce parvis abandonné le contraste est saisissant.

La direction d'Ani est difficile à trouver, car elle dessert une région désertique, sans habitation, ni circulation. La route asphaltée est pleine de nids de poules que l'on ne peutéviter.

Alors on saute dedans à grand bruit, pendant 44 kilomètres. Puis on arrive au village d'Ocakli, aux maisons de boue et aux toits plats faits en bouse de vache.

Misère de misère, on a le cœur serré de voir les enfants en guenilles et nombreux avec ça. De quoi peuvent vivre les parents? et y a t'il seulement uneécole?
On prend notre ticket d'entrée dans les remparts et commence la visite qui va durer jusqu' à ce qu'on n'ait plus de forces.

turquie 27Emerveillement! On erre d'uneéglise à l'autre , d'une cathédrale à demi démolie à une autreéglise dont la moitié s'est effondrée et qui laisse voir l'intérieur en coupe. A terre d'énormes blocs sculptés, sur les murs fragments de peintures, scènes du Nouveau Testament et scènes de la vie des Saints à qui l'église fut consacrée.

La ville morte d'Ani qui fut la capitale du royaume d'Arménie dégage un charme inoubliable, il y a une atmosphère ici. On marche dans le circuit bordé de cailloux blancs qui aété tracé pour faciliter la visite et ne rien oublier.

De l'autre côté de la frontière formée par le fleuve Arp Cayi, il reste un mirador témoin de l'époque Russe, maintenant on voit les Arméniens vaquer aux travaux des champs. On doit franchir un escalier aux nombreuses et très hautes marches pour atteindre l'église St Grégoire de Tigrant où les peintures abîmées sont encore lisibles pour quelque temps seulement, car le toit troué s'effondre. On emprunte ensuite le sentier qui revient au point de départ, on franchit la route de la Soie, qui passait par l à pour rejoindre Trabzon.

On longe la falaise trouée de troglodytes, entrecoupée de ruines de remparts et de tours. Un dernier regard à Ani, qu'on ne pourra plus jamais oublier et qu'on quitte la gorge serrée.

En route maintenant pour Dogubayazit, la nuit va nous tomber dessus et il n'y a rien sur cet itinéraire. Mais heureusement la pompe de Tuzluca nous sauve. On yélit domicile.

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Mardi 8 Mai

Pompe à l'entrée de Tuzluca vers Dogubayazit.turquie 28

Beau soleil ce matin du 8 Mai ( Férié en France )

Très belle route vers Igdir, qui longe la frontière d'Arménie. En toile de fond, on découvre l'Agri Dagi, le mont Ararat pour nous, il est magnifique.

On sort du camion pour le photographier, les gens sont fiers de cet arr êt photo de leur région que nous trouvons si belle « cok güzel! » leur disons nous en montrant les pics enneigés , ils s'empressent alors de nous indiquer un endroit plus favorable.;.

On passe en effet près de son pied entre Kavaktepe et Bartasdi d'où l'on voit les deux sommets du grand et du petit Ararat , qui brillent sous le soleil. C' est rare, car ils sont presque toujours encapuchonnés de nuages. L'environnement est vert, vertémeraude tout inondé par les fleuves recevant la fonte des neiges, ils coulent, débordent et ,s'éparpillent partout en dizaines de rivières.

On retrouve par endroits de petits villages posés sur la boue, petites chaumières au toit en bouses de vache, avec la réserve en meule devant la maison. Quelques nouvelles maisons carrées ontété construites, avec des toits de tôles brillantes, mais la boue et l'eau cernent tout.

Dans les champs en hauteur, des troupeaux immenses, de moutons et de chèvres sont gardés par de jeunes enfants assis au bord de la route et faisant des signes aux voyageurs. La route serpente au gré des pics enneigés qui nous entourent, cetteépaisseur du manteau blanc à cetteépoque printanière nous impressionne.

turquie 29En haut d'un col se dresse un monument surmonté d'une énorme statue de Kémal Ataturk levant les bras comme s'il rappelait aux hommes je ne sais quelle victoire. Ca n'est pas si rassurant que ça! il y a des champs de lave sur des kilomètres quiémergent de la neige partout présente ici, car l'altitude 2600 mètres est l à. Il fait frisquet par ici, on va vers Dogubayazit

La ville est noire et austère comme partout dans cette région coincée près de la frontière Iranienne, le trafic de toutes sortes est intense avec ce pays. Mais on va visiter à quelques kilomètres de la ville, un palais de contes de fées, celui d'Ishacpasa Saray.

C'est un gouverneur Kurde qui avait faitédifier cette petite merveille au XVIIme siècle pour en faire sa résidence d'été. On entre par un beau portail Seldjoukide, sur une cour sculptée de niches où s'ouvrent des fen êtres de harem, celles de la bibliothèque et de la salle palais de justice.. Face à l'entrée s'élève un turbe de pierre blonde tout sculpté de fleurs et en levant la t ête on remarque un beau minaret fait de pierres noires et blanches alternées.

La visite estétrange et superbe, on va la compléter en montant sur un éperon rocheux où il faudrait grimper si l'onétait plus agiles, il soutient des fortifications et des vestiges de tours du XIIme siècle remaniées plus tard.

Plus haut, dans le chemin tracé, s'élève une mosquée, d'où l'on a une vue splendide sur le château et la plaine environnante . Ne regrettons pas trop le site sauvage que l'on avait trouvé en 1980, pourtant nous pensons qu'il est bien dommage que des commerces bars ,hôtels, marchands de souvenirs, routes qui s'en vont je ne sais où et m ême discothèque, se soient installés dans ce site unique en lui volant son mystère...

turquie 30Il faut prendre maintenant la direction de Muradiye, notre route suit la frontière d ‘Iran et les passeports sont souvent de sortie. De jeunes militaires montent une garde bon enfant, quand ils voient notre nationalité et peut être notre âge.

L'un d'eux nous apprend que sa femme vit en France, à Strasbourg , sans doute ira t'il la rejoindre. Parfois l'identité n'est m ême pas regardée. Après tout leur pays est partiellement en Europe, on pourrait bien se trouver un jour dans la m ême galère....La route s'éloigne de l'Iran vers Caldiran, les champs sont plus que jamais inondés et les hameaux deviennent des villages lacustres.

Du coup, le soleil à seize heures se fait déj à la malle et la nuit commence à tomber sur nous. Les stations service sont rares, il n'est pas question de choisir, la première venue fera l'affaire m ême si un camion frigorifique stationne devant . Mais toutes les difficultés nous attendent..

La carte visa n'étant pas acceptée je ramasse mes sous et règle mon dû. C'est au moment de sortir que le fait s'est corsé. Passer dans un espace trop petit c'est impossible, mais le gérant de la station veut à tout prix nous y faire passer. Inutile de discuter...Jeannot sort le grand registre, celui de la logique, puis celui des imprécations rien n'y fait. C'est quand on manque accrocher le rétroviseur d'un côté et la portière de l'autre qu'ils conviennent de l'impossibilité.

Où est donc le chauffeur de ce bahut si g ênant? Il faut reculer millimètre par millimètre et se sortir de ce mauvais pas. Jeannot ne décolère pas et la trouille m'habite.. Maintenant, on est garés sur le chemin de l'entrée dans un grand espace, on ne gène personne, espérons que c'est la bonne option.

Mais pas le moins du monde, vers 10 heures30, alors qu'on dort du sommeil du juste, une pompe à moteur continu est mise en action juste derrière nous.

turquie 31On pourrait tolérer ce bruit s'ilétait de courte durée mais il n'y a pas d'arr êt, alors on prend la clé des champs dans le. noir de la nuit, pour on ne sait quel stationnement possible. Jeannot a mis son pantalon sur le pyjama, moi je suis en chemise.

On doit scruter le bord des routes où la ligne blanche est souvent absente, craindre les trous et bosses, le sable où l'on enlise au bord, les camions fous qui ,viennent dans l'autre sens dans une nuit d'une noirceur sanségale. On voit juste un carrefour et prenons à l'aveuglette la route de Van. Nous roulons dans l'inquiétude la plus totale, sans espoir de trouver le moindre accotement, la plus petite possibilité de s'arr êter.

Quand tout à coup, on devine un tout petit repli de terrain, on s'y installe en sachant que peut être demain matin on sera enlisés .Les camions roulant sur la route juste à côté de nous tombent dans des trous avec un fracas d'enfer On est seuls, l'œil aux aguets, mais le sommeil finira par vaincre un petit laps de temps inquiétude et rancœur.

Voil à!...Au matin...surprise! on est bel et bien garés sur les bords du Lac de Van. La Providence a guidé nos pas si hésitants. Cetépisode est magnifique, mais il faut continuer notre chemin , si long à parcourir et si difficile parfois.

On quitte vers 4 heures du mat notre refuge pour en chercher un plus confortable et installer plus calmement notre bivouac pour quelques heures. Les abords du lac sont impossibles, marécages et sable, accotements non stabilisés, mais on finit par en trouver un, on s'y installe.

Zut! c'est une locanta. Le jeune patron vient bavarder avec Jeannot et l'invite à prendre le çay. Sans être sauvage, on voudrait bien dormir et avoir un peu de paix. Il nous reste plein de choses à faire: Déjeuner, lecture des guides, et des cartes, rédaction du carnet de bord et réparation du désordre de la nuit. Je n'oublie pas de noter l'endroit de la station service litigieuse...il n'y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas!....

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turquie 32Mercredi 9 Mai

Maintenant, attaquons vraiment cette journée qui s'annonce belle. Soleiléclatant, rivages du Lac on doit aller à Van pour changer un peu d'argent, la carte Visa n'étant pas partout acceptée, malgré les dires de nos guides.

IL faut avoir des espèces partout préférables. On salue à l'entrée de la ville, la statue gigantesque du chat de Van .Il rappelle la presque fin de cette race si pourchassée pour sa valeur qu'il n'en reste plus que quelques dizaines d'exemplaires. Le chat de Van à fourrure blanche et yeux vairons, est devenu si rare qu'il vit protégé dans un musée exclusivement.

On cherche ensuite notre route longeant le Lac de Van et l'on dîne sur un accotement dominant la ville et le Lac .Nous trouvons cet endroit magnifique, sans savoir que des problèmes ont surgi entre la population Kurde et des touristes l'été dernier à ce m ême endroit. Une voiture de police vient justement nous demander si tout va bien, ce qui est le cas. Puis c'est au tour des gérants de campings qui se succèdent pour nous inviter à aller chez eux, où le confort est roi, disent ils sans exception..

Nous optons pour celui d'Akdhamar, dont le patron parle Français, on trouve tout chez lui et nous y sommes déj à venus en 1986.

En réalité, rien ne marche dans ce camping un rien dépenaillé, mais tant pis, on va se reposer et faire le plein d'eau. Potable? Non potable? ça, on ne sait pas trop. En tout cas Jeannot met une pastille de Javel dans le réservoir, car m ême pour laver la vaisselle, c'est plus prudent.

Le camping d'Akthamar est situé juste en face de l'embarcadère, d'où l'on prend la navette qui rejoint l'île, en traversant le Lac de Van. Le« commandant» de bord, attend qu'elle soit pleine pour larguer les amarres, pour nous ce sera demain matin.

Mais ce soir à 16 heures 30 on assiste au retour des visiteurs qui vaut son pesant de pittoresque. En fait, il n'y a que des dames en beaux atours, jupes longues bien colorées, ainsi que les foulards. Elles sont toutes munies d'une théière qu'elles tiennent en guise de sac à main. De l'autre main un panier à provision les occupe entièrement. Il y a aussi les porteuses de couscoussier et celles qui portent les sacs où le pain est entreposé. Tout ça piaille et rit bien fort, elles ont eu un joyeux pique-nique.

On visite le petit bazar où personne ne s'arr ête, sauf les tours opérateurs. Le patron me guide vers les livres dont aucun ne parle Français ,je lui dis mon regret et n'achète rien. Il y a aussi de grandes photos du fameux chat de Van aux yeux vairons, j'en achète deux..

On décide de se coucher tôt, vers 18 heures 30 on dort à poings fermés, jusqu'au petit matin. Quatre heures à peine, le jour est déj à levé, on se lève aussi.

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Jeudi 10 Mai

Camping d'Agthamar 6 heures 45

Je suis déj à allée voir depuis notre terrain l'île plongée dans l'ombre pour l'instant .J'aimerais bien qu'elle soitéclairée par le soleil pour nos photos. On avait rendez-vous à l'embarcadère à 9 heures mais à cette heure précise, il n'y a personne, je pense que les gens gardent leur excursion pour l'après midi.

turquie 34On attend un peu, puis je rentre, Jeannot piège encore. J'ai juste le temps de préparer quelques crudités pour le dîner, lorsqu'il m'appelle. Des minibus ont largué plein de passagers, c'est le moment de s'y rendre aussi. Le bateau navette se remplit vite d'une quinzaine de jeunes filles joyeuses de leur sortie.

Habillées à l'Européenne, Jean, tee shirts à commentaire « I need you» par exemple ou bien tout autre, longs cheveux au vent etc...seules 2 ou 3 résistantes ont leurs robes noires aux chevilles et leurs cheveux enserrés dans des foulards blancs. Toutes sont adeptes de la musique syncopée et savent se déhancher en tortillant le derrière.

Elles nous font bien rire. Pour leur consommation elles amènent unénorme couscoussier, un sac entier de petits pains au sésame faits maison, plus uneénorme boîte de gâteaux au miel. On ne voulait pas accepter, mais elles nous mettent dans la main un joli petit pain et un gâteau le tout délicieux. Elles reviennent à 16 heures après leur festin. Peut être on ne les attendra pas.

Enchanteur parcours et arrivéeéblouissante, Je ne me souvenais pas d'une telle splendeur. On filme à qui mieux mieux les sculptures de cetteémouvanteégliseélevée sur cette île inhabitée.

Voil à! Rien ne manque pour la beauté du site: Les flots bleus du lac, les montagnes neigeuses du Taurus, les amandiers en fleurs, les monuments Arméniens, sculptures, peintures, stèles etc. .Elle fut construite au Xme siècle , n'a rien perdu de sa splendeur et les scènes représentées sur les murs nous font réviser la bible .

turquie 35Pour ma part je suis impressionnée par l'expression des visages et des yeux. On traverse l'île jusqu'au drapeau planté au bout,. tout est magnifique de quel côté que l'on se tourne, les montagnes le bleu du lac, les fleurs des arbres, la couleur de la pierre et l'église quiémerge de sonécrin de fleurs d'amandiers. On aura sûrement des photos en double.
On entre voir les peintures, qui viennent d' être restaurées, finement il faut le dire, mais restaurées quand m ême et visiblement, sans doute est-ce dommage....

On embarque à nouveau pour le retour vers 12 heures 30 avec un groupe d'Anglais et ce parcours n'est pas aussi drôle. Ils s'arr êtent au restaurant du camping tandis que l'on prend la clef des champs.

La route est encore très belle, longeant le Lac, on a quelques arr êts policiers et nouséchangeons des E mails et des mots amicaux, avec ces contrôleurs de la route. On ne s'étonne pas que cette région soit si surveillée, y aurait t'il des troubles ou desémeutes comme il y en a quelquefois avec les Kurdes, qui veulent attirer l'attention du monde sur leurs problèmes, sans pour autant les résoudre.?

On achète du pain et divers légumes à Tatvan, où une vache broute l'herbe verte qui pousse entre les deux murets du milieu séparant les deux côtés de la route.
Le vieux commerçant n'a pas encore assimilé les YTL les nouvelles lires, en cours depuis deux ans et m'annonce les prix en millions, en riant je lui dis ne pouvoir payer des sommes pareilles. Il me montre, alors sa note où les chiffres placés n'importe où ne peuvent s'additionner correctement. Grâce à la calculette on arrive au bon compte. Je pars en lui serrant la main et il nous accompagne tout content.

La ville de Tatvan est très longue, une station Pétrol ofisi se trouve à la sortie . Le gérant nous installe à côté de l'oto lastic qui a cessé son travail en fin de journée. On pourra se détendre, ici à l'écart des camions.

Que de poussière à ce carrefour et combien de camions! Il y a devant l'atelier des pneus, un réservoir avec un robinet qui coule constamment. Le réservoir déborde et l'eau se répand sur l'aire de la station où les flaques frisent l'inondation., avec la poussière ambiante c'est de la boue. Puis il se met à pleuvoir, à grosses gouttes qui tambourinent sur le toit de notre turquie 36véhicule....Chic! la poussière s'en va! et on a des nouvelles de Françoise. Bon repas, bon sommeil!

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Vendredi 11 Mai

Station de Pétrol Ofisi à Tatvan.

Ce matin je suis pr ête à partir, c'est long un homme qui se rase!...Alors je pars faire des photos. A côté de notre véhicule un minibus s'est installé et la devise « Allah korusun» décore son pare brise. Le notre porte simplement Detleff du nom de son constructeur. Je trouve marrant de les photographier côte à côte, histoire de mettre enévidence nos différences, mais aussi la possibilité de vivre côte à côte, paisiblement.

Nous prenons la route vers Biltis, qui va nous permettre de faire un crochet sur Batman et les petites ville du sud, vers la Syrie. Je crois bien qu'on n'est pas pr êts d'oublier Biltis ville très ancienne qui eut son heure de gloire à l'époque byzantine.

La ville est lovée dans une gorge profonde, cernée par une rivière qui hélas! sert de dépotoir .On déambule à pieds dans des turquie 37ruelles, où passe une circulation pourtant impossible. Une animation folle, nous oblige à marcher sur les trottoirs où sont installés les hommes sur de petits tabourets en train de siroter leur thé, dans une ambiance indescriptible. On joint le château à peu près démoli d'où la vue sur la ville est très panoramique.

Tout est marron foncé ici,évocateur des toilettes qui se déversent dans la rue, répandant une odeurépouvantable. Il y a un joli pont où les ordures s'amoncellent. Mais reste une cerise sur ce gâteau pourri, la cour de récréation de l'école où lesélèves jouent, tous v êtus d'une blouse bleue à col blanc. Des petites filles viennent prendre la pose en souriant et la maîtresse d'école nous fait des signes d'amitié. Bon! il reste un peu d'espoir dans cet univers décourageant. .

Après Bitlis les routes se dégradent, les trous se multiplient, mais les paysages sont très beaux.. On passe Batman, ville moderne et filons sur Hasankeyf, délicieuse petite cité sur le Tigre,. habitée depuis la haute Antiquité, il y aurait 4000 ou 6000 ans au moins.

Deux galopins nous attendent près du Turbe de l'entrée, tout décoré de faïences bleues. Son dôme en forme d'oignon serait unique turquie 38en Turquie.Les gosses utilisent une technique imparable, ils nous offrent des fleurs des champs ,en baragouinant je ne sais quoi. Je leur donne une sucette à chacun, du coup ils ne veulent plus nous quitter.

De l'autre côté du Tigre la vieille ville abrite l'endroit où la falaise tombe à pic dans le fleuve mythique. De l à partent des escaliers taillés dans le roc d'où l'on peut joindre la citadelle des XII et XIIIme siècle où l'on trouve les ruines d'un village troglodytique, d'un château et d'un cimetière rupestre.

Un pont métallique enjambe le Tigre, il remplace le vieux pont du XIIme siècle dont seuls les piliers et deux arches subsistent . De cet endroit, la vue sur la falaise trouée, sur le vieux village et les sites est incomparable. Au bord du Tigre, d'énormes troupeaux de moutons viennent se faire tondre et les bergères lavent leur laine. .

Mais le revers de la médaille existe: Hasankeyf n'a plus que quelques années à vivre, car les eaux d'un barrage qui doit être construit avant 2010 vont noyer ce site incroyable. Nous ne pouvons pas croire à un pareil désastre pourtant réel. J'espère que leséconomistes vont réfléchir à deux fois avant de provoquer un pareil désastre.

Pourtant, nous sommes pessimistes car, le matériel, les montagnes de gravier et ciment qui doivent servir à l'édification du barrage d'Illisu sont en place, envers et contre tous et surtout les 5000 habitants d'Hazankeyf .Dommage! Mille fois dommage!

Après de longues heures de visite, nous prenons nos quartiers à la station service , juste à la sortie de la ville. Ainsi se termine cette journée du 11 Mai. Repos bien mérité.

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turquie 39Samedi 12 Mai;

Aire de service sortie de Hasankeyf

Il a plu toute la nuit et ce matin tout est en boue et flaques d'eau, je fais des photos de l'énorme falaise au pied de laquelle la ville s'abrite. 0n y voit une multitude de trous destinés à de nombreux usages. Granges bergeries au rez de chaussée, quelques habitations et un cimetière . ..

Quittons Hasankief pour Mydiat par une route où des travailleurs restaurent le goudron sur des dizaines de kilomètres. De vieux souvenirs de tôle ondulée reviennent à notre mémoire. Nous cherchons la direction du Monastère de Mar Gabriel à 18 kilomètres de Mydiat ,trouvé après de nombreuses interventions de gens qui nous renseignent de bonne grâce.

Il est vraiment perdu au milieu d'une plaine aride et aurait subi de nombreuses restaurations depuis sa première construction au IVme siècle. On l'aborde par un grand portail coupant un grand mur bâti pour protéger les communautés chrétiennes, jusqu' à une très récente période .Les sculptures de caractères islamique voisinent avec des croix., orientées vers tous les horizons et, malgré le style incertain l'ensemble est de toute beauté.

turquie 40Un jeune diacre Néerlandais nous aborde, il nous dit être de religion chrétienne syriaque, être venu ici chercher la paix, mais vouloir rentrer chez lui en Hollande dès que possible. On assiste à un office sans y comprendre goutte, on fait le tour du cloître minutieusement restauré, puis on quitte les lieux saints.

Près du mur extérieur, un jeune moine laboure un champ avec une araire tirée par un âne, on se croirait retournés au moyen âge On retourne à Midyat où la visite se révèle être pénible pour nos jambes de plus de vingt ans.. Cette ville si vieille dut être très belle mais pour atteindre les rues haut perchées on doit prendre des escaliers aux marches hautes et inégales..

Les maisons y sont décrépites mais on y voit des restes de sculptures et des arches qui s'effondrent, témoins d'un passé plus prestigieux . On visite deuxéglises cadenassées où les enfants jouent en réclamant«monnaie» à cor et à cris. Personne ici , sauf la désolation dans ce quartier Arménien, tandis que la mosquée est pleine à craquer de gens que les bus déversent jusque devant la porte. Je vide mes poches des derniers bonbons, pour les enfants insatisfaits et nous rejoignons le camion pour ailleurs.

Mardin est aussi une ville superbe bien conservée malgré son grand âge et bâtie toute en hauteur.On grimpe par des rues à pic et devrons renoncer bientôt à cette promenade trop sportive. On a le temps de voir quelques belles façades et de filmer par dessus les toits le joli clocher de cette autreéglise fermée elle aussi.

Le macaron bleu aux douzeétoiles annonce qu'elle aété restaurée par la communauté Européenne, en plusieurs langues dont le Français. Le souffle coupé par cette montée si raide, la descente est vertigineuse. On est tout heureux de retrouver nos appartements presque douillets. Puis on s'en va vers Diyarbakir.

On s'arr ête sur une station à 30 kilomètres de Mardin environ.

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turquie 41Dimanche 13 Mai

Station après Mardin

7 heures, on est pr êts à partir sur cette route en mauvaisétat et on rejoint Diyarbakir dans la matinée.

On installe le camping car près de la citadelle d'où l'on peut rayonner d'après notre plan. Les remparts de basalte noir, seraient les plus longs du monde après la muraille de Chine, désormais bordés de jardins d'enfants ils offrent une halte reposante.

On part à la découverte de la ville, mais le manque de panneaux indicateurs, la hauteur des trottoirs, les trous , les marches de m ême couleur que l'on ne voit que lorsqu'on s'est cassé la figure, les klaxons des voitures lancées à fond la caisse, le harcèlement des enfants, les « what your name»et les «where do you from»répétés à l'infini, nous usent les nerfs jusqu' à la corde.

On tente de voir Meryemanaéglise Syriaque cadenassée, on court alors vers l'Ullu Camii, vue il y a 20 ans et mal restituée par nos souvenirs. Evidemment comparée aux Omeyades de Damas elle ne soutient pas la comparaison, mais on s'y attarde. Entrons puisque c'est permis!.

Je mets le foulard d'Erzurum et quitte mes chaussures, puis on marche sur une mosaïque de tapis moelleux tissés de colonnes, toutes différentes. Dans la cour aux ablutions j'évite de justesse un crachat qui m'étais destiné...Pourquoi?

On traverse de part en part le souk et admirons les mats sur lesquels sont présentées les chaussures du sol au plafond, on respire l'odeur enivrante desépices colorés et admirons les tissus bariolés incrustés de fils d'argent. Dans le brouhaha de la rue un homme dort sur une charrette calée à l'arr êt par un gros caillou, des hordes d'enfants envahissent les magasins, car c'est Dimanche et que turquie 42faire d'autre! .... Au jardin près des remparts on dirait une fourmilière tant ils sont nombreux.

On sort de la ville par la porte Mardin pour voir un joli pont du XIme siècle qui enjambe le Tigre, construit en gros bloc de basalte, il comporte dix arches de portées inégales. C'est sur cette image de ce grandiose monument que nous quitterons Diyarbakir pour d'autres petites aventures.

Nous cherchons la route de Silverek que personne ne connaît avant de nous apercevoir que c'est aussi celle de Urfa destination plus connue.Nous venons de projeter l'ascension du Nemrut Dag et la traversée de l'Euphrate, si celle ci est possible. Bien que le«feribot» soit marqué sur la carte , on voudrait savoir s'il transborde aussi les voitures. Nous souvenant d'une traverséeépique sur une barque pourrie en 1986 on voudraitéviter une autre aventure de ce genre.

On cherche la gendarmerie de Silverek pour se renseigner, la caserne est enémoi, nous posons une question à laquelle ils ne peuvent répondre et d'ailleurs la comprennent ils vraiment.? Et me suis je bien exprimée dans mon Anglais de pacotille.? Tout marche dans cette gendarmerie de tout jeunes gendarmes: le téléphone, Internet ,le téléphone arabe, aussi, chacun donne ce qu'il sait, il y a de l'ambiance ici.

On n'a pas le temps de prendre le thé préparé pour nous, puis...On a l'information et m ême les horaires du «feribot» . On doit se rendre à Bucak, le plan du trajet est dessiné sur mon cahier par un gendarme qui, nous accompagne, mais nous apprenons qu'il y a 30 kilomètres, comment va t'il revenir? On réussit à le dissuader de venir plus loin et nous nous quittons après qu'il nous ait fait des recommandations. Je lui donne des bonbons et lui fait une bise en disant«maman» Voil à!

On roule donc vers Bucak notre lieu d'embarquement, il pleut comme jamais et Jeannot a perdu ses lunettes.

Quelle journée!

On arrive à l'embarcadère, par une belle route d'où on aperçoit entre les montagnes de velours vert le bel Euphrate. On filme les derniers ferries de la journée, demain matin c'est notre tour. Sans problème nous dit le capitaine; A demain donc!

Et on dort à l'embarcadère. Mais pas tout de suite, il faut faire visiter notre house que chacun trouve «çok güzel» . Des passagers venant du Nemrut Dag nous informent, tout en gestes, du climat l à haut. Il semble qu'il pleuve à torrents. Ici, ce n'est guère mieux, on campe dans la boue et la pluie ne cesse pas de la nuit. Au matin on a une petite accalmie, puis rebelote.

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Lundi 14 Mai

Embarcadère de Buçak pour...en principe le Nemrut Dag.

Eveillée depuis 3 heures ce matin, j'évoque ce qu'on va pouvoir faire, si le temps ne s'améliore pas. Pourris, les nuages pleurent toutes les larmes du ciel bas et gris. On est déçus et désolés. J'enrage! Peu après 6 heures sont arrivés des p êcheurs qui ont embarqué sur un canot amarré derrière la locanta bleue. Assez tôt des véhicules ont déchargé leur plein de femmes et d'enfants. Nous sommes pr êts mais ne partirons qu' à 9 heures 30. Il pleut toujours, l'avenir s'annonce...mouillé. Peut être devrions nous modifier notre itinéraire, sous peine de perdre notre temps, à ne rien voir et à se tremper.

turquie 43Le bateau arrive à l'heure dite, les bus, les dolmüs se placent, puis c'est à notre tour, on ignore le prix de notre traversée .Les passagers montent à l'étage, nous restons sur place pour régler les 15 LT ce qui n'est pas exagéré. Photos et vidéo de l'embarcadère, du ferry et du fleuve traversé il y a 20 ans dans des conditionsépiques et inoubliables à bord d'une barque pourrie.

Le trajet est somptueux, confortable et...court. La route sur laquelle on débarque l'est moins, on ne peutéviter les trous rafistolés avec du sable et du goudron, à la manière turque, sur lesquels on saute à grand fracas. Les petits villages Kurdes traversés ont bien changé depuis notre dernière visite.

Le nombre d'ötels et de pansyions est incalculable, ainsi que les arr êts invitation à demeurer chez eux, ainsi que les campings où il est impossible d'accéder. Il y a peu de tourisme en ce moment de l'année , peut être est ce la m ême chose le reste du temps, compte tenu du prix des carburants et des prix en général qui, réajustés sont moins attractifs. Les tours opérateurs sont quand m ême fidèles , mais ceux l à choisissent plutôt les hôtels àétoiles multiples.

La route empierrée est bruyante mais possible, m ême à la traversée des barres de ralentissement . L'arrivée est à pic, on se gare avec les dolmüs, en serrant les freins, mettant les vitesses et les cailloux, devant et derrière les roues, car le dévers est de tous cotés.

Bon! on est comme des mouches sur un mur et pour se tenir debout il faut se cramponner d'une main. De l'autre je prépare deux tartines au pâté et une pomme, car on ne peut faire l'ascension le ventre vide. Belle situation! Je n'avais jamais connu la pareille. Et nous voil à partis voir les dieux Grecs.

Les gens descendent la montagne complètement harassés et bien que l'on sache à quoi on s'expose, on n'est pas rassurés du tout, nous grimpons imperturbables. Le sentier dans les cailloux qui rejoignait le site auparavant est devenu, escalier de rocs pointus et inégaux qu'il ne faut pas quitter des yeux pouréviter des chutes. Bien à propos des bancs de bois sont l à, que l'on emprunte pour admirer le paysage et souffler un peu, sans en avoir l'air.

La grimpette est longue, plus personne ne monte après nous, on ferme la marche de la matinée en quelque sorte .Ce sera bien pour la visite du site.

turquie 44L'escalier nous mène à la terrasse ouest, où on accède à l'arrière des statues et ce point de vue inhabituel est très original.

On est chaque fois impressionnés par le gigantisme de ces t êtes tombées on ne sait d'où, la perfection de leurs traits et l'expression immuable de ces visages plantés l à depuis combien de temps? Le site est protégé maintenant par une chaîne. « not climb» est il signalé, mais on climbe quand m ême pour les approcher.

La disposition aété changée because « Nemrut, historic monument» et les explorateurs ont remanié l'histoire pour qu'elle soit plus plausible, faut il le regretter? On contourne le tumulus, tombeau de Antiochos 1er qui fut roi de la province de Commagène vers l'an 30 ou 60 avant JC. pour accéder à la terrasse Est.

Lesénormes t êtes tombées à terre lors de séismes ontété redressées et mises face aux personnages gigantesques assis. Lions et aigles qui devaient garder l'entrée d'un temple, occupent un autre espace eux aussi, pendant qu'un autre lion au profil redoutable garde l'autel à incinération.

Tout en bas, dans le lointain s'étendent les vallées verdoyantes de la Commagène fertilisées par l'Euphrate dont on voit un méandre. La descente est presque aussi dure et aboutit directement dans les bazars où j'achète un livre d'images du Nemrut Dag et deux t êtes en pierre de Zeus et d'Apollon.. On retire les pierres cales, les freins et les vitesses , puis c'est le départ vers Khata, pour une prochaine destination non connue pour l'instant.

On dort sur une station Opet toute neuve avant Adiyaman .

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turquie 45Mardi 15 Mai

Pompe Opet a vant Adiyaman

Beau soleil ce main à 6 heures, le thermomètre affiche 20 °. Un moment indécis, on décide d'aller vers Urfa distant de 100 kilomètres à peine.

Chemin faisant, paysages champ êtres, troupeaux de chèvres et de moutons, travaux des champs que les gens retournent à la b êche, autant de choses non vues depuis longtemps.

Sur la route, des cavaliers à ânes, balançant leurs pieds et portant des ballots d'herbe verte, des side cars en grand nombre ,camions et dolmüs à foison. Et partout des trous d'autruches, dans lesquels on saute à grand bruit .

L'Euphrate nous accompagne durant notre trajet, des villages tout neufs sontérigés sur ses berges. Pour l'instant nous recherchons le point précis d'où nous apercevrons le barrage Ataturk, mais les informations sont rares.

Nous le trouvons un peu au hasard, au bout d'une « aile de pic nic Alani» où déj à des gens installés autour d'une tableécoutent de la musique orientale . Un monument occupe le site: Deux ailes grises levées et des dates et noms sur des plaques au sol , une stèle commémorative sans doute.

turquie 46Du haut de notre falaise, on aperçoit les 8 turbines, en amont des méandres du fleuve et un pont suspendu. En somme on ne voit que l'arrière du barrage, ce qui explique la liberté d'accès, à ce point de vue, exceptionnel, quand m ême.

Au fil de la descente vers Urfa, la chaleur devient infernale .On finit par trouver une ombre maigrelette à l'orée d'un bois de pins clôturé de barbelés. Le repas est reconstituant , bien que pris à 10 heures 30, Mais on a déjeuné si tôt, et puis il ne faut pas arriver à Urfa le ventre creux, car la visite risque d' êtreépuisante.

La première impression confirme nos craintes. On tombe au milieu d'une circulation du diable . On n'a m ême pas le temps de s'apercevoir qu'il fait 36 ° tout à coup, température difficile à supporter, après la pluie et le vent des jours précédents.

On trouve une place de parking près du cimetière et on déambule à la recherche d'une banque: Attention aux trottoirs et aux marches démesurément hauts l'un et l'autre, aux autos, aux gens inconnus qui crient hello! et ne savent dire rien d'autre, aux panneaux indicateurs à ne pas manquer sinon on se perd.

Demander sans arr êt ce que l'on veut trouver. Abdullah un jeuneétudiant se propose de nous accompagner à la citadelle ,c'est l à que se trouve le quartier pittoresque de la ville de Urfa rebaptisée Sanli urfa, ce qui signifie Courageuse Urfa.

Urfa, c'était aussi Edesse que les cruciverbistes connaissent bien et quiétait uneétape importante sur la route du croissant fertile. Mais d'abord allons voir la Citadelle, le Kale comme ils disent en Turc: c'est une forteresse qui fut construite par les croisés, sur les contreforts d'une colline rocheuse .turquie 47

Il reste seulement quelques vestiges antiques et deux colonnes corinthiennes . Mais quel paysage sur la ville! Mille minarets fusent de toutes parts et s'arrondissent les dômes. Les arches blanches bordent les rues aux maisons de toutes couleurs . De l'autre côté du canyon, la vieille ville s'est adossée, avec ses toits pittoresques où s'installent les lits métalliques et le linge bien blanc qui sèche sur des fagots.

On redescend les trois cents marches et allons au jardin de thé que l'on appelle maintenant Golbasi. On boit une Maden Suyu ( eau minérale gazeuse) et un Pepsi Cola à défaut d'autre chose, onévince les guides qui nous collent aux basques , on s'exclame devant le nombre incroyable de carpes dites sacrées qui s'ébattent dans le bassin empli par les eaux de la source de Callirrhoé .

La tradition affirme qu'Abraham se serait arr êté en cet endroit, lors de sa migration qui le conduisit d'Our en pays de Canaan.. Mais laissons la Bible et les terres de la Genèse et jetons un dernier regard aux rues environnantes bordées de mosquées, de médersa, d'arches de minarets et de dômes

N'oublions pas de parler du spectacle de la rue, sillonnée par des dizaines de bus Iraniens, chargés d'une clientèle féminine exclusivement. Ils se rangent tous au bout de l'avenue qui mène à la Citadelle, déversent leur cargaison de «veuves noires», qui se rendent en groupe à la mosquée, prier Abraham né ici dans une grotte.

Elles vont ensuite cuire les merguez dans un jardin réservé à leur clientèle et manger le couscous transporté dans d'énormes marmites . On les retrouve en fin de journée assises par terre dans la poussière, en rang d'oignons, le long des bus qui leur font de l'ombre .L' image est extraordinaire, mais hélas! la photo impossible, on ne la tente m ême pas.

Harcelés par les guides, on est bien contents de nous retrouver un peu seuls, tiraillés encore par des gamins voulant connaître notre nationalité.: Anglais,? Deutsch? Quand on leur dit: Français ils semblent condescendants à notreégard, alors que leur langue est vraiment issue de la nôtre et a conservé quantité de mots de notre langue...Je ne perds pas mon temps à le leur expliquer....

Avant de partir on fait notre marché installé sur l'avenue qui jouxte les sites que l'on vient de visiter. Juste quelques légumes, que le marchand nous livre l'air malin. Evidemment, notre qualité (!) de touristes nous vaut une majoration de prix, et qu'est-ce qu'il est content de nous berner!. Rien de grave cher monsieur, pour nous qui divisons tes prix excessifs par deux...mais on n'apprécie guère cette tactique, mise en pratique dans les régions touristiques, seulement.

Nous allons quitter Urfa, capitale de la Djezireh, dont le nom signifie, la terre entre deux fleuves, ceux-ciétant , Le Tigre et L'Euphrate. Urfa, Edesse et maintenant Sanli Urfa « La Courageuse» autant de noms que l'antique cité a mérités, elle qui ouvre le chemin de la Bible et de la Mésopotamie.

On cherche la route de Gaziantep, car Harran que nous voudrions bien revoir, il vaut mieux y renoncer compte tenu de la chaleur qui nous tombe dessus comme une chape de plomb et de la fatigue qui s'ensuit.

Une pompe Akpet nous accueille quelques kilomètres après Urfa

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Mercredi 16 Mai

Pompe Akpet après Urfa.

6 heures 45 on est pr êts à partir vers Gaziantep par un itinéraire zen qui nous permettra de souffler un peu, après on prendra la direction Cappadoce.

Pour l'instant on roule sur une route , bordée de champs de pistachiers, c'est bucolique et assez reposant. On fait une pause à Bireçik ,petite ville pittoresque située sur un piton rocheux dominant l'Euphrate. Le vieux bourg est composé de quartiers alignés en hauteur sur la falaise, de ruellesétroites et de marchands poussant leurétal d'ail , d'oignons ou de tomates.

C'est aussi la capitale des ibisélevés en volières géantes. On fait une dernière photo de l'Euphrate qui roule ses eaux sous le pont de Bireçik, avant d'aller en Syrie alimenter le barrage d'Al Taoura et d'arroser la plaine de Mésopotamie.

La fatigue me terrasse, on passe outre Gaziantep capitale de la pistache, où il y a peu de choses à visiter, hormis le musée, mais on va faire l'impasse. On prend la route de Karaman, stoppons sous un pistachier magnifique mais en bord de route, pour dormir un peu et récupérer un semblant de forme. Les voitures et camions passant au ras, il est impossible de trouver le moindre repos.

Dans les champs, les femmes ramassent de l'ail qu'elles mettent en bottes le long du sillon. Il y en a des champsénormes, bien travaillés à la main, tâche dont elles s'occupent efficacement, semble t'il.

Les pistachiers occupent toutes les pentes aux alentour de Gaziantep, puis cessent peu à peu. Des canyons vertigineux bordent la route, qui dans le lointain rejoint des montagnes enneigées.

Dès 16 heures 30 on cherche notre « hôtel de la pompe» habituel . On espère une station moderne qui accepte la carte visa, ce qui est très important compte tenu de la valeur des pleins quotidiens qui vident notre réserve d'espèces. Voulant conserver notre clientèle, le pompiste fait souvent semblant d'accepter ce paiement par carte, celle-ci glissée dans la machine, refuse toute opération et on est marrons. Ce manège se répète fréquemment et nous attribuons un gros zéro au guide du Routard qui ne prévient pas le voyageur de ce stratagème g ênant.

Sommeil réparateur.

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Jeudi 17 Mai

Pompe Akpet sur la route de Kayseri

turquie 49Lever à 5 heures et soleil déj à en place, la station est calme. Il fait seulement 10 ° dans nos appartements, hier 36, cette différencecontinuelle au fil des régions est trèséprouvante.
Jeannot a la chique des deux côtés, provoquées sans doute par le courant d'air pour une meilleure atmosphère.

Résultat? Soucis dentaires pour la deuxième fois du parcours....Tiens! le tableau des prix affiche 2, 18 TL pour le motorin, bien qu'on l'ait payé 2,25 TL . Les prix sont ainsi fluctuants selon les régions, la marque du pétrole et....le pompiste.

Départ à 6 heures, sur une route en travaux d'élargissement qui serpente au bord de canyons vertigineux où croissent des peupliers. A l'horizon c'est la première vision du volcan Erciyes Dagi, coiffé de nuages blancs.

Il y a plein de caravansérails sur cet itinéraire route de la soie oblige, à Elbasi c'est le Karatag Hani bien indiqué sur notre carte. Il possède quelques sculptures intéressantes, un beau portail à muquarnas, des murs de pierre brune, où les tas de fumier s'amoncellent.

Il y a un projet de restauration pour ce monument et beaucoup de travail en perspective...

turquie 50Ensuite à Kayseri , on cherche la route circuit qui fait le tour du volcan, on la trouve grâce à un autochtone qui nous accompagne jusqu'au carrefour y conduisant. « Road mountain?» nous dit-il. C'est tout à fait ça! ainsi deux ou trois mots peuvent suffire à la compréhension avec de la bonne volonté. .Au fur et à mesure de son approche on filme le volcan, sous différents angles, de plus en plus magnifiques.

Son sommet à 3916 mètres est couvert de neige qui dégringole en coulées le long de ses flancs. C'est lui, le responsable des paysages de la Cappadoce, qu'il a façonnés au cours de ses terribleséruptions. On trouve un lac assez joli, on va dîner à son bord, les pneus dans les ordures...C'est ainsi , dans ce pays, on ne peut s'habituer à cette dégradation ambiante qui salit tout ce qui n'est pas surveillé...

On aperçoit un petit animal roux qui ressemble à un rat, il se met debout sur ses pattes de derrière. Il me semble qu'on avait déj à vu cette bestiole lors de notre précédent voyage , on en trouvait alors des quantités le long des chemins. Ce pourrait être un chien de prairie.

On va maintenant rejoindre la Cappadoce et Urgüp notre première courteétape. Les campings que nous connaissions n'existent plus, on cherche donc le bureau d'information qui nous aiguille sur Görëme et le camping Kaya. Bonne réception dans ce camping où il n'y a pas un seul Français, mais seulement des Néerlandais et des Allemands, ainsi les conversations seront vite faites.

Ils sont très bienéquipés nos voisins, rien ne manque à leur confort, ni les grandes bassines à vaisselle remplies ras bord, ni les engins subsidiaires, pour circuler plus commodément qu'avec un camion, scooter par exemple ,l'un d'eux est m êmeéquipé d'un séchoir à linge parapluie, c'est dire!...

Autour de nous c'est le royaume des rochers pointus, ou arrondis, de toutes formes, avec des vignes aux ceps torturés qui poussent entre la rocaille. Les fruitiers, abricotiers, figuiers se glissent aussi dans les moindres mouchoirs de poche de terre, constituant des vergers hors du commun.

Cette journée de répit, nous l'avons bien gagnée, La douche chaude est super bonne et que dire de la boite de cuisses de canard confites, que j'ai mises à dorer à la po êle sur le bleuet posé sur le mur de clôture du camping Kaya. ....Délice!...
Il en reste trois pour demain, chic!...

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Vendredi 18 Mai

Camping Kaya à Görëme

On n'est pas si bien placés que ça, dans ce camping de r êve, la porte d'entrée de notre cabine est face à l'allée centrale du camp, ce qui veut dire que chacun se rince l'œil en passant. Mais on est in différents, la fatigue qui nous envahit est la seule impression qui reste. Tous ces kilomètres avalés, tous ces soucis, toutes ces recherches parfois vaines...

turquie 51on en est saturés. Reste à regarder la carte en se situant aujourd'hui et décider du chemin à faire en «come back». On s'aperçoit qu'il y a un paquet de kilomètres encore et, combien de pompes où s'installer dans le coin où on ne g êne pas, auprès de camions qui nous g ênent , et qui roulent jusqu' à minuit sur des route bruyantes, pleines de trous, faisant fi du sommeil des braves gens .

Ce qui précède est un moment d'intense dépression à oublier m ême s'il y a du vrai.

On part visiter Görëme, que l'on revoit avec la m êmeémotion qu'autrefois. On ne sait où regarder, que photographier, c'est une merveille de la nature. On entre dans l'église Tokali aux peintures magnifiques et pourtant dégradées. On ne peut photographier avec le flash, mais le mien se déclenche tout seul, donc je range mon appareil et Jeannot filme.

Le musée de plein air de Görëme , on le visitera demain et l'on va vers Ushisar et son célèbre rocher de tuf criblé d'une centaine de cavités qui abritent des chapelles, monastères et habitations. Le vieux bourg s'étage sur les flancs du piton et crée une image irréelle.

Il est bien dommage que ce féerique paysage et cesétonnants cônes de tuf soient cernés de marchands qui vendent leur camelote, parfois très belle.. J'y ai acheté un petitéléphant en onyx.. On flâne encore longuement dans la vallée d'Avcilar au relief tourmenté, puis on doit rentrer car l'orage menace et la pluie se met à tomber drue.

Il fait froid, Jeannot pense s' être enrhumé, il passe la soirée à chauffer notre appartement, à mettre sur son dos le seul pull qu'il ait porté, du coup extinction des feux à 8 heures .

Avant de partir en visite, nous avions réservé notre emplacement avec des chaises et des cales. Mais tout ce matériel aété déplacé par de nouveaux arrivants NL pas g ênés pour un sou., ils se sont installés à notre place. Nous nous sommes glissés dans le petit espace restant, en pestant quand m ême contre eux.

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Samedi 19 Mai

Camping Kaya à Görëme.

Beau soleil dès le réveil. On règle notre camping et l'on va visiter la Church Aymali dont le chemin est situé face à la porte principale du camp. Elle est jolie, décorée de dessins naïfs et géométriques tracés en rouge ocre comme au Sahara. Les escaliers sont très hauts et usés, il faut faire gaffe aux faux pas et aux glissades.

En repartant, on doit gravir la côte sableuse et très à pic descendue tout à l'heure, sans problème. Le camion se plante: «ce n'est pas le Toy!» me dit Jeannot en recommençant l'opération et la ratant plusieurs fois .

A force d'insistance il finit par remonter la pente. Ouf! On visite après toutes les merveilles au fur et à mesure de leur apparition, sans jamais nous lasser. Je ne me souviens plus du nom des sites, ou des villes, ou deséglises. Il faut que je révise mais quelle splendeur!.

En fin de journée, il reste encore plein de choses à visiter. On va donc rester au parking de Görëme au pied du muséum de plein air. Il y a deux camping- cars de Français, nous serons les troisièmes. Quand stupidement ils s'en vont, nous restons seuls, un peu inquiets tout de m ême.

Les lumières s'éteignent une à une, panique à bord. Mais la lune allume sa veilleuse et un chien inconnu monte la garde sur notre porte. L'œil aux aguets on dort comme des sourds.

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turquie 52Dimanche 20 Mai

Aire Parking à Görëme

Dès 7 heures on est à pieds d'œuvre, pour visiter le muséum deséglises peintes . Nous sommes les premiers à entrer. Vient après nous un groupe de Coréens que l'on sème durant nos premières visites.

Leséglises Elmali, Karanlik et Sainte Barbara couvertes de fresques du sol au plafond nous retiennent longuement. Puis on grimpe le petit escalier raide pour aller voir la Dark Kilise ouéglise sombre. Un gardien nous en interdit l'accès, à moins que nous prenions un autre ticket d'entrée.

Compte tenu du prix payé à l'entrée principale nous refusons tout net. Les Coréens nous emboîtent le pas refusant tout comme nous ce tarif abusif et imprévu. Aujourd'hui je pense n'avoir pas eu raison, mais on peut comprendre notre résistance logique et notre refus d'alimenter le presse- citron de la Turquie touristique. turquie 53

Le musée de plein air est visité, le chamelier dresse sonéchelle près du chameau pour l'escalade des férus de photos insolites, qui ne craignent pas le ridicule et, la montgolfière Balloon Anatolian est de sortie. On aurait bien aimé faire cette balade dans les airs au dessus des sites, mais le prix prohibitif nous fait y renoncer.

La visite qui semble terminée nous réserve encore plein de curiosités à commencer par la vallée du Devrent vers Avanos, où se réunit la plus grande concentration de cheminées de fées. On se balade au milieu de ces formations semblant venir d'une autre planète,étranges colonnes coiffées d'un chapeau de pierre, au milieu desquelles poussent vignes et fruitiers.

La route vers Ortahisar conduit à Mustaphapacha, ancienne ville Grecque qui s'appelait Sinassos, jusqu'en 1924, année d'échange de la population entre la Grèce et la Turquie . Les belles maisons du village furent désormais habitées par les Turcs. Eglises couvents et monastères témoignent d'un passé où les byzantins laissèrent des traces indélébiles, monuments sculptures et peintures..

Trois jours passés au milieu des villes de la Cappadoce ne nous ont pas permis de tout voir, tant la région est riche de splendeurs naturelles dont la beauté dépasse l'imagination.. Nous reviendrons...peut- être!....

Nous entamons aujourd'hui le chemin du retour, à faire par les routes buissonnières. Voulant joindre l'ouest du pays, on part vers Konya par Nevséhir puis Aksaray. L ‘ Erciyes Dagi a aussi fait des siennes dans ces régions, où l'on aperçoit en roulant des falaises de tuf blanc trouées de pigeonniers et d'habitations troglodytes, par centaines, créant un paysage insolite..

Des caravansérails parsèment les itinéraires de la soie, beaucoup sont effondrés , ou en passe d' être restaurés.

En voici un: Le Tepsidelek Han , gisant par terre. Il a pourtant de beaux restes, colonnes soutenant des arcades, avec quelques amorces de dômes , Il a encore fière allure depuis la route et on pense que les monuments historiques Turcs ont du pain sur la planche...

Dans les champs environnants des femmes binent à la b êche et semblent ramasser des pommes de terre, qu'elles recueillent dans leur tablier puis dans des sacs de jute. Elles nous font de grands signes afin qu'on aille les voir, mais que leur dire pour qu'on se comprenne... Cette barrière de la langue est décidément infranchissable! On se contente de leur faire de grands signes, auxquels elles répondent en poussant des cris aigus.

Dans un village, on a dû faire des courses, acheter du pain et du sucre ma provisionétantépuisée. Comment faire comprendre ce mot de sucre à mon marchand. Sugar! connais pas. Mes recherches dans les rayons n'ayant rien donné, je dessine une tasse avec cuillère et morceau de sucre , le tout bien ressemblant. Rien n'y fait, seul mon lexique du Routard nous sauve , j'ai eu mon kilo de seské, je n'oublierai pas ce mot, promis!

La route devient impitoyable, pas d'arbre pour tempérer l'atmosphère irrespirable, les champs sont tout secs on dirait le Sahara. Dans cette désolation des tentes jalonnent les espaces . Réfugiés ou Tziganes? on ne sait . Les enfants nous encerclent pour jouer et nous font quitter l'endroit où l'on s'était arr êtés pour dîner. Plusieurs fois on doit changer de place, dans cette région inhospitalière

Cherchant une banque à Aksehir, des policiers nous amènent dans leur voiture au centre ville, ainsi bien accompagnés, faisant fi du nombre de gens qui attendent, on prend la t ête de la queue, sans la moindre remarque des clients. On boit ensuite le thé avec toute la brigade, c'est inattendu et assez marrant!.

turquie 54On continue la route d'Aksehir , puis on décide de contourner le lac D'Egirdir au lieu d'aller sur Afyon, que l'on appelle aussi le château noir ( à cause de la culture de la drogue ). Donc, on bifurque sur ce merveilleux lac aux eaux d'un bleu turquoise à cause d'une qualité de plancton qui le colore joliment. On prend notre repas sur un accotement qui le surplombe., au milieu des coquelicots et des fleurs bleues intense ressemblant à de la bourrache. C'est très beau!

La route maintenant coupe tout droit vers l'ouest jusqu'aux côtes de la mer Egée, mais pour l'instant elle contourne la ville d'Egirdir , s'enroule, monte et on a un superbe panorama sur l'eau, les montagnes et la presqu'île qui s'avance dans le lac. Plusieurs petits hameaux s'y sont installés, dominés par des minarets. Il y aurait deux autres villages noyés dans le lac, les plongeurs y retrouvent encore des amphores et des théières.

On cherche un long moment le Caravansérail d'Ertokus, signalé sur la carte. Les autochtones nous l'indiquent en riant: Ce n'est qu'un tas de pierres envahi par les ronces et les arbres .Les cartographes devront réviser leur copie .

La ville d'Isparta, capitale des roses est aussi celle du béton, avec ses immenses tours qui montent dans le ciel. La rue principale est bordée de roses oranges superbementépanouies. Comment peuvent elles résister à la poussière ambiante qui pique aux yeux et faitéternuer?

En fin de journée on prend place à notre hôtel de la pompe, sur la route de Denizli. On aurait besoin d'un bon sommeil pour nous remettre sur pieds, tant la fatigue est grande, mais c'est raté, le passage incessant de camions et de voitures nous tientéveillés jusqu'au matin . Cette petite route qui me semblait minime est des plus importantes, car transversale.

Pompe Turquoise ( Turcuaz ) Denizli.

6 heures 30, on est les derniers ce matin sur la pompe, on a affreusement mal dormi et ce matin il faut décamper pour libérer l'espace des camions . On espère tous les jours trouver un endroit calme afin de faire un arr êt repos, dans le milieu de la journée, mais c'est toujours impossible et déprimant..

On suit les panneaux pour visiter Pamukkale et Hiéropolis. Les deux sites sont désormais jumelés afin de visiter les vestiges de la cité antique de Hiérapolis et les ruines modernes de Pamukkale. Oh Pamukkale!! Quelle déception est la nôtre en voyant ce que tu es devenue en 20 ans .

Je demande naïvement comment faire pour voir les belles vasques à eau bleue et stalactites. Le préposé à l'information ne comprend pas ma question ou fait semblant de ne pas la comprendre. Donc ce site fabuleux non protégé par le passé, avait laissé des hôtels se développer au milieu du site avec leur piscine qui recueillait l'eau des sources chaudes.

Résultat, les vasques naturelles qui s'étageaient sur la falaise se sont asséchées, la magie avait disparu. Un plan de sauvegarde de l'UNESCO a fait démolir les hôtels, seuls subsistent quelques bâtiments à vocation balnéaire. Aujourd'hui, la falaise majestueuse etéclatante de blancheur du temps passé, garde les stigmates d'un tourisme non respectueux d'une aussi fabuleuse nature.,

Les fondations des hôtels démolis sont toujours visibles, le site a perdu sa féerie. Un mince filet d'eau coule vers les piscines des hôtels rescapés, au détriment des quelques vasques restantes du château de coton de Pamukkale. Nous les visitons sur le haut du massif qui bien que terriblement mutilé a , encore, fière allure. On se promène de bout en bout en chassant les images qui se superposent, ce qui reste est quand m ême magique et l‘on peut comprendre l'admiration des gens qui le découvrent, seulement aujourd'hui.

turquie 55Un sentier qui serpente à travers des ruines nous conduit au site de Hiérapolis, qui daterait du IIme siècle avant JC. On y voit une basilique chrétienne, plus tardive, un temple d'Apollon, un théâtre antique bien conservé. On va de l'un à l'autre, au hasard de l'inspiration et nous perdons notre chemin de retour, que nous mettrons longtemps à retrouver.

Une aire de « pic nic» en plein soleil tombe à pic, pour nous permettre de nous restaurer un brin . Le point de vue sur la vallée est superbe. En quittant notre coin repos nous félicitons un jeune Turc qui nous dit avoirétudié le Français à l'Ecole et qu'il avait trouvé cette langue très belle. Trop rarement nous recevons de pareilles affirmations, qui nous enchantent en remarquant la sélection qui s'opère d'elle m ême par le choix de cette langue.

Nous partons vers Ephèse, c'est à dire Selçuk pour la direction. La pluie se remet à tomber comme chaque jour à cette heure-ci, c'est vraiment un printemps pourri, pas favorable pour nos pérégrinations, ni m ême pour nos nuits à la belleétoile.

Depuis peu nous rencontrons quelques rares camping- caristes, dont un couple de Français et sa famille composée de deux enfants. Partis depuis le premier Janvier ils projettent de faire le tour du bassin Méditerranéen, mais assez maladroitement il nous semble.

Comment font les enfants 10 et 9 ans pour leur programme scolaire? Mais par Internet voyons! Apparemment sans problème, nous sommes admiratifs. Nous cherchons un camping pendant qu'ils vont dormir n'importe où dans la nature environnante , que dispense la côte de la merégée avec parcimonie. Ils sont encore plus nomades que nous, ce qui n'est pas peu dire...

Le camping Garden est à deux pas des monuments de Selçuk, on y va, par une si petite route qu'on croit s' être trompés. Le patron nous rejoint à vélo et nous guide dans son parc tout verdoyant où séjourne une seule caravane.

La réception se fait dans un bureau installé dans une sorte de rotonde. Le prix annoncé est en euros, ce qui change tout, mais cette pratique est habituelle paraît-il, le tout est de penser euro alors qu'on vit depuis un mois en Lires Turques. Bah! c'est très abordable de toutes façons.
Il y a donc une seule caravane d'Allemands dans ce grand champ, le placeur nous installe à côté d'eux,avant de nous faire déplacer, ce qui met Jeannot en rage. Vexé, il menace d'aller ailleurs si l'on g êne

Mince ce n'est pas une chose à dire et d'abord s'en aller où?
Une bonne nuit de repos, remet d'aplomb le caractère ...A demain.!

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turquie 56Mercredi 23 Mai

Camping Garden à Selçuk.

Tôt ce matin, je fais le tour du parc et découvre au bout du camping, une sorte de hammam à coupoles munies de trous, une espèce de monument antique et désaffecté, à demi caché sous les arbres et des fils de clôture.

Je vais chercher mon appareil photo, tandis que Jeannot m'emboîte le pas et me conseille de monter sur l'échelle du toboggan placé à proximité afin de dominer grillages et arbres. Ce que je fais, en rajoutant unéchelon pour avoir une photo parfaite.

turquie 57Mais du haut de l'échelle à barreaux ronds, bonjour la glissade. Mon pied gauche ripe et me voil à pliée je ne sais comment dans les barreaux, en descente, cramponnée des deux mains, la t ête en bas, quelle situation! je ne peux me redresser. Jeannot qui avait commencé une séquence de film jette sa vidéo et vient à mon secours.

Ouf! je suis sauvée!
Je m'en sors avec des ecchymoses sur le tibia et sur le pied. Je bénis le ciel de m'en tirer à si bon compte et en claudiquant je vais quand m ême faire ma photo à partir du plancher des vaches.

Je pourrais dire que j'ai eu un accident de.... toboggan, ce qui à mon âge paraît farfelu sinon sportif...

Dès 7 heures commence notre visite de Selçuk. La mosquée Isa bey d'abord', puis au pied de la forteresse byzantine où flotte le drapeau rouge de la Turquie , on va admirer la basilique Saint Jean récemment restaurée. 0n sait que l'Apôtre vint mourir ici vers la fin du premier siècle et qu'il y rédigea l'évangile. Les colonnes par dizaines relevées, donnent une idée des impressionnantes proportions de cette basilique.

Depuis la terrasse la vue sur la vallée est splendide et, sur les pylônes environnants les cigognes ont bâti leur nursery , enéquilibre elles préparent leur envol. Au creux de la vallée l'unique colonne de l'Artémision fait piètre figure, elle qui faisait partie du temple qui fut une des 7 merveilles du monde antique.

On part ensuite visiter Ephèse , que nous revoyons chaque fois avec la m êmeémotion, mais ce matin la vieille cité d'Ephèse est saturée. Combien de groupes? Combien de visiteurs dans cette tour de Babel du tourisme?

On n'a aucun goût pour les jolies photos que l'on pourrait faire si l'envahissement n'était pas si important. Je crois bien q'une heure nous suffit pour traverser la rue de Marbre et l'Arcadiane, le théâtre est en restauration, la bibliothèque de Celsius est une foire à l'ail invraisemblable et on ne peut s'approcher de la fontaine d'Hadrien. Les pierres grises se colorent des v êtements des femmes de tous pays, surtout Asiatiques. Bon, ici non plus la magie n'est plus ce quelleétait.

Ensuite on magasine, marchande le sac de Fanou après l'avoir choisi, on cherche une jolieépée a Titou que papi trouve au fond d'une boutique. C'est plutôt un sabre, je crois, car il est recourbé et le fourreau est serti de pierres«semi précieuses». Je le trouve beau, tandis que Jeannot pense s' être fait avoir. Je le dissuade et après s' être restaurés nous partons vers Pergame.

Nous longeons de près la mer Egée, alors pourquoi ne pas dormir à son bord? Connaissant les difficultés on commence tôt les recherches et on finit par découvrir un terrain abandonné, large, assez propre,éloigné de toute habitation., possible bien qu'on ne soit pas si tranquilles que ça.

La solitude dans ces conditions, en paysétranger, il vaut mieux l'éviter, ce qu'on a fait jusqu' à ce jour. Autour de nous, rien... des monts, sans aucune trace de vie, de l'autre côté la mer qui roule des eaux grises, calme pour l'instant. Dormir dans le silence, quel luxe!....Tiens une jeep de militaires qui vient par ici, c'est drôle, ils viennent vers nous!

Le terrain que nous occupons est militaire, on doit le libérer. Les deux jeunes soldats ont l'air bien emb êtés de nous expulser, mais c'est le règlement , il faut partir. Ils ont l'air de s'excuser...

Partir? Mais où donc? La nuit est tombée, et il a fallu reprendre la route et le chemin parcouru nous a semblé long à n'en plus finir. Et nous avons réintégré l'hôtel de la Pompe. Celle turquie 58ci installée au milieu de nulle part va être tranquille il nous semble et pourtant la musique disco va nous accompagner jusqu'au matin.

De guerre lasse, on finit par s'endormir.
A côté de nous, stationnent des camions qui ont l'air au rebut, notre pause nuit s'est effectuée dans les flaques de boue noire.

Il est impossible de mettre le pied dehors tant le sol est dégoûtant. C'est chouette la vie de plein air!...

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turquie 59Jeudi 24 Mai

Station près de Seferihisar.

6 heures 50, le soleil est déj à debout, on lève l'ancre et allons poursuivre notre route jusqu' à Izmir où l'on manque l'embranchement pour Canakkale. Résultat, il faut traverser toute la ville, en suivant la mer, pour ne pas s'égarer dans cette grande ville. On finit ainsi par rattraper l'autoroute à la sortie.

En chemin, petit crochet sympa sur Candarli, qui s'appelait Pitane au moyen âge. Ce joli village possède une belle forteresse Vénitienne du XIVme siècle, remarquablement conservée. Dans une rue j'engage la conversation avec deux chatons , ils me comprennent et me regardent de leurs yeux ronds. J'emporte leur photo . Plus loin un groupe de femmes s'est formé devant une habitation.

Tranquillement assises elles regardent le temps passer, pendant que le vent fait virevolter autour d'elles des feuilles de journaux qui après vont tapisser le sol de la rue. Aucune d'elles ne fait le moindre geste pour les ramasser et elles continuent leur travail: Ne rien faire....

Puis c'est l'épisode de Pergame. Grimper à l'Acropole avec notre gabarit, c'est de la tarte si on ne rencontre pas un bus ou un autre gros gabarit. Au fil de la montée, la route tourne autour du vide et nous réserve un beau panorama sur la ville et la vallée, mais aussi une amorce de vertige de ma part, car le vide est de mon côté....

Pas d'incident pour l'instant. A l'arrivée les prix excessifs du parking et du site nous incitent à faire de la résistance, donc on repart sans visiter la vieille cité Grecque, d'autres visiteurs auront la m ême attitude

Les petites rues de la vieille cité ne manquent pas de pittoresque, avec leur stationnement anarchique. Tranquillement, les gens sont assis sur leur trottoir pieds dépassant dangereusement sur l'espaceétroit où passent en trombe les véhicules.

Il y a des kilomètres de tapis exposés sur toutes les façades et les invitations pleuvent, pour visiter les ateliers et les magasins. Ce qu'on ne peut faire n'étant pas acheteurs, défaut majeur qu'il est toujours difficile de faire admettre.

turquie 60Nous quittons Pergame, pour Ayvalik, sur la route du port de Canakkale. Arr êt sur notre Hôtel de la Pompe où le pompiste nous place sur un terrain herbu face à sa maison. Il faut bien que parfois la chance soit avec nous

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Vendredi 25 Mai

Au matin rencontre avec un camping- car en stationnement nuit. Conversation sympa prise d'adresses et E Mail. Les occupants un peu moins âgés que nous commencent leur voyage à peine et nous disent être désemparés par les difficultés rencontrées. Nous leur cédons quelques tuyaux et les dissuadons de se décourager.

Départ sur Assos par une petite route qui rejoint le bord de mer, le paysage est somptueux et il est assez grisant de se trouver dans cette petite cité antique où Aristote vécut pendant 3 ans. Les quelques vestiges laissent deviner le temple d'Athéna et surtout le merveilleux petit théâtre adossé a la falaise comme tous les théâtres Grecs .

Depuis les gradins, le point de vue est magnifique sur l'île de Lesbos et les remparts sont impressionnants avec leurs 14 mètres de hauteur et leurs 24 siècles d'existence.

Dans cette région désertique il ne devrait pas être difficile de trouver un endroit où se poser pour nous restaurer et nous reposer un brin. Un chemin dans la lande fait notre affaire, tout piqueté d'arbustes, parsemé d'herbes sèches et de rochers noirs. On cuit et mange de bon appétit les tranches d'agneau achetées au magasin Migros. C'est un régal! Un turquie 61tracteur passe, l'occupant nous fait de grands signes, les pique-nique ici ne doivent pas être si courants que ça...

Repos, puis départ à travers de petits villages perdus, on joint la route d'Ezine puis celle de Troie, ville que nous n'avons jamais visitée. Nous nous rendons à l'entrée du site voir les horaires et c'est l à qu'un rabatteur de camping vient nous cueillir.

Nous sommes si las que nous nous laissons faire et on rejoint ainsi le camping de la « Pansiyon Troïa» où nous sommes les seuls occupants,avec deux jeunes Allemands vivant sous une petite tente et voyageant à vélo. La notion de camping n'est pas du tout la m ême qu'en France, ici on loue le rectangle de terrain pour stationner, c'est tout, il peut y avoir des «Tuvalet» et un robinet d'eau potable ou non .Simplement on cherche un endroit où dormir tranquille, c'est la cas ici, mis à part les moustiques qui nous ont dévorés.

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Samedi 26 Mai

Visite de Troie, ce matin. Déj à malgré l'heure matinale, des autobus et des dolmüs livrent leur cargaison de visiteurs, venus faire leur photo grimpés dans le fameux cheval , censéévoquer le poétique chant de l'Iliade.

turquie 62Nous les laissons à leur loisir et partons voir les restes supposés de la ville de Troie. Il faut reconnaître que nous sommes bien déçus, ou bien faudrait il avoir une imagination hors du commun pour trouver le moindre intér êt à des tas de rocailles dont l'explication donnée en Anglais est à peine effleurée.

Longeant les tronçons de rempart et de divers vestiges il faut laisser libre cours aux r êves et aux mythes si on veut trouver quelque intér êt au site. Nous sommes tout seuls parmi les tas de pierres, les chemins d'origine que l'on foule à nos pieds, nous mènent au théâtre, au Sénat .

A t'elle bien eu lieu cette guerre de Troie? Et ce buste de femme joliment sculpté peut être représente t'il Hélène! Où donc est l'immense palais du roi Ménélas et cette si grande ville est elle enfouie sous les décombres , encore non fouillés? Autant de questions sans réponse et qui laissent le doute planer, faisant cohabiter fiction et réalité. turquie 63

La visite de Troie aura eu le mérite d'enrichir nos r êves et de nous plonger dans l'histoire de l'antiquité, c'est toute la valeur que nous lui attribuons.

On ne peut quitter le site sans photographier le gigantesque cheval de bois ce qu'on fait, puis on s'en va vers Canakkale prendre le bateau, pour rejoindre la Grèce.
On ne reconnaît pas Canakkale... on ne trouve pas le port, au chemin mal indiqué que des policiers en voiture nous indiquent, en nous précédant. Il est 9 heures 30 seulement, on prend place dans le ferry boat qui nous fait traverser la mer de Marmara par le détroit le plusétroit, celui des Dardanelles.

Bientôt ce sera Gelibolu, puis Eceabat et la Turquie encore quelques heures, puis .....

A la frontière Grecque nous mettons les pneus dans le pédiluve, pendant qu'une douche lave le toit et la carrosserie du véhicule, pour que la terre de la Turquie ne pollue pas le sol Grec. Je me souviens de la colère qui m'avait habitée lors de la découverte de cette discrimination, elle est intacte aujourd'hui et je m'insurge contre la condescendance de la Grèce qui n'a d'égale que l'indifférence feinte de la Turquie, euégard à cet affront permanent qui lui est fait.

Nous voici en Grèce et cherchons le camping d'Alexandroupolis.

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Dimanche 27 Mai

Camping d'Alexandroupolis- Grèce-

Le soleil très chaud nouséveille ce matin au camp d'Alexandoupolis, je dis à Jeannot d'avancer le véhicule dans notre carré pour avoir de l'ombre. Nous sommes sous des paillotes que l'on appelle les emplacements Beach qui, deux par deux, s'échelonnent jusqu' à la mer, tandis qu' un espace assez profond les sépare... Donc Jeannot avance le véhicule, alors que je viens de servir le café au lait, il tombe dans la saignée qu'il n'a pas vue.

Le choc est violent et mon café au lait s'est partout répandu: sur mon chemisier que je viens juste de changer, sur la nappe qui nage, ainsi que le sol et les coussins. Les tapis protège sièges sont aussi tout trempés et ont laissé se tacher ce qu'ilsétaient censés protéger.

Colère de ma part, lessive à tout rompre, mise au séchoir où l'on peut.
Donc, il y a du café au lait partout sauf dans les bols, le déjeuner est à refaire et le départ est ...de mauvais poil...Il y en a pour la journée.

Nous roulons jusqu' à Lagos, notre halte de l'aller, nous nous installons entre le lac et la mer et allons visiter le marché aux légumes au milieu duquel s'est installé un marchand de tapis de sisal . Je les regarde car les motifs sobres me plaisent bien. Du coup, le marchand veut tout me vendre et m ême me poursuit dans la rue, pour m'en faire acheter un. A l'avenir je ne regarderai plus les tapis....turquie 64

Après le repas, on prend la route vers Kavala, Thessalonique et le soir, c'est l'opération habituelle du plein d'essence et d'installation pour la nuit. Mais on a à côté de nous un camion frigorifique qui menace de nous faire passer une nuit blanche.

On décampe sur un terrain proche qui a l'air d' être public, il y a des jeux d'enfants, un terrain de foot et au fond une maison pour handicapés. Nous nous installons sur le bord d'un chemin et les gens qui passent nous saluent. Nous sommes dans un patelin qui s'appelle Vassiloudi , d'après ma carte, je contrôlerai demain.

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turquie 65Lundi 28 Mai

Place publique, face à la pompe bleue ENIV à Vassiloudi

Aujourd'hui c'est le Lundi de Pentecôte, nous nous réveillons sous unérable plusieurs fois centenaire. Bruits de fond cette nuit , crapauds, chiens, bruits d'eau qui m'ont fait croire que le ruisseau voisin débordait, c'était la pluie tout simplement, au petit matin les cloches de l'angélus ont remplacé la voix du muezzin qui nous est devenue familière depuis plus d'un mois.

La circulation routière commence d' être importante, nous allons grossir les rangs et rouler sur l'autoroute Egnatia Odos.

Entre Grevena et Kipoureio se construit un viaduc, il est très haut. Le placement du tablier en le poussant nous fait penser à celui de Millau, moins important quand m ême. Il a l'air de passer d'une vallée à l'autre et semble bien s' être inspiré du premier cité.

Il fait un temps de chien, pluie , froid, vent, si l'on sort on se trempe ou bien le parapluie se retourne. On se croirait en Novembre. On aperçoit dans un vieux village haut perché un joli clocher qui fait l'objet d'un panneau marron, celui des monuments historiques signalés aux visiteurs. Nous faisons un crochet et découvrons l'Agios Pareskevi, une Sainte dont je n'ai trouvé aucune information nulle part.

L'église est fermée, mais non le cloître, abrité sous un auvent de bois, il est tout décoré de peintures très anciennes, d'une icône de la Sainte et d'un présentoir à bougies allumées bien fourni. Une vieille dame vient porter des fleurs et faire la poussière, mais il est inutile de rien lui demander, comment peut on se comprendre?

Sur notre parcours mouillé, on trouve encore un merveilleux petit pont à arches, tout neuf mais bâti « façon vieux».....Tout encadré de verdure, je fais une belle image de ce pont, je les adore tous.

turquie 66On laisse la pluie battante pour le brouillard du col de Katara qui culmine vers 1407mètres Donc, il ne fait pas chaud et on va se restaurer à la cafétéria. Frites et slouvakis avec un demi de bière composent notre menu, dont on ne laisse pas une miette.

On va s'installer sur l'immense parking à camions à côté de la cafétéria, un camping car d'Italiens, s'intercale entre le paysage et nous, nous cachant tout point de vue. Zut alors quel toupet! Lorsqu'un frigorifique en marche stationne de l'autre côté, on sait qu'il faut déménager à tout prix...

Ce que l'on fait. Maintenant on n'aperçoit plus les contours majestueux des montagnes enneigées le brouillard a tout mis dans son sac de coton.

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Mardi 29 Mai

Parking du col de Katara

Ce matin, pluie en rafales et sur les sommets des nuages gris etépais emp êchent le soleil de passer. J'ai mis un peu d'ordre dans mes placards et récupéré des objets perdus depuis longtemps. Nous allons rejoindre Ioanina et Igoumenitsa lentement car on n'est pas pressés de rentrer, mais d'autre part que faire dans un pareil climat?
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Peu à peu les nuages s'estompent et quelques timides rayons de soleil font leur apparition . C'est souvent ainsi en montagne. On fait nos courses dans un Champion à Ioanina, puis mangeons sur une route désaffectée dans le bruit infernal de la circulation qui roule à côté de nous.

On vient de décider d'aller voir le monastère d'Ayia Pareskevi que nous avons manqué lors de notre dernier voyage. Il faut faire montre d'une belle perspicacité pour trouver l'itinéraire dans ce vieux village , aux panneaux rédigés en Grec. Monodendri fait figure de capitale de cette région qu'on appelle les Zagorias, de l à partent des itinéraires pédestres qui font frémir: 5, 10, ou m ême 15 kilomètres sont monnaie courante, il faut donc être jeunes et entraînés pour entreprendre des parcours aussi sportifs.

Notre monastère situé à 15 minutes de marche nous suffit. A l'heure du départ, il se met à pleuvoir des cordes, il est impératif d'attendre le beau temps.

La promenade faite sur des pavés luisants d'usure nous conduit au monastère que l'on retrouve tel qu'en notre mémoire. Toujours accroché aux rochers de la falaise, avec le ruisseau du Vikos qui coule en bas dans un canyon de 1000 mètres de profondeur. L'icône de Sainte Pareskevi est l à ,éclairée par deux ou trois cierges. C'est la m ême image que celle de l'église visitée dans le vieux village natal de la Sainte. C'est assezémouvant de marcher dans les pas de ces ermites et de voir la survivance de la vénération qu'ils ont inspirée, si longtemps après leur passage.

Le retour sur les pavés glissants se fait dans la douleur et, comme d'habitude on se met à chercher notre refuge nuit. A la sortie de Monodendri il y a une pompe EKO, nous l'adoptons .Sans nous rendre compte que c'est notre dernière nuit en terre Grecque.

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Mercredi 30 Mai

Station EK0 route de Monodendri vers Ioanina

Il est 6 heures 25, beau soleil aujourd'hui, histoire de nous faire regretter notre retour!Allez en route pour Igoumenitsa! . Voyage court, sans problèmes ni arr êt, sauf à LIDL où nous nous approvisionnons, recherchant les produits que nous connaissons et qui nous font reprendre pied dans notre quotidien. turquie 68

Il s'agit maintenant d'aller à la compagnie maritime ANEK pour rectifier la date de notre retour préalablement fixée au 27 Juin.

Ensuite on ne fait rien d'autre que nous installer sur le parking d'embarquement. De l à je cherche mes journaux et trouve le monde d'hier, je prends de jolies cartes postales et vues de la Grèce offertes par la mairie d'Igoumenista.

On sait que l'on part à 22 heures 30, mais il fait être pr êts 2 heures plus tôt. On rencontre d'autres voyageurs , de l'Isle en Jourdain et de Gordes. Ces derniers retour d'Arménie viennent de parcourir 10 000 kilomètres ( et nous donc! ).

Je lis de fond en comble «Le Monde» d'hier tout en attendant Héllénic Spirit d'un moment à l'autre. Il y a peu de monde sur le quai de départ, on a devant nous un camion TIR «Hein» apparemment Deutsch.

Des compatriotes de Gordes rentrent d'Arménie où ils ont voyagé pendant un mois, sans aucun problème, ..

L'Open deck que je croyais guère occupé à cause du peu de camions et de camping turquie 69cars en attente, se révèle à l'usage plein

comme un œuf, car les passagers de Patras sont déj à installés et, bien sûr, aux meilleures places. On se serre donc entre les filesde véhicules, on ne risque pas d'avoir froid...
On ne souffre pas de claustrophobie, non plus, heureusement et on a une pensée pour les passagers de L'Isle en Jourdain, qui ont fait la traversée au milieu de deux bétaillères de vaches, puis on est si fatigués que l'on s'endort.

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Jeudi 31 Mai

A bord de l'Héllénic Spirit.

L'arrivée est prévue pour 12 heures30 à Ancône. Jusque l à on teste tous les fauteuils du bateau de bâbord à tribord , au soleil ou à l'ombre ils sont tous très confortables. Jeannot lit le Monde acheté hier et y découvre des titres que je n'avais pas vus On appelle ça se compléter , je crois. Moi je prends le carnet de bord que je mets à jour ensuite, je vais lire un peu du livre acheté à la médersa d'Erzurum: Intitulé «l'Escroc»,il futécrit par un Turc et traduit par un Français.

La lecture se révèle ardue, j'accroche difficilement, peut être suis je trop distraite par l'environnement.

On navigue maintenant, entre les deux pays, l'Italie et la Yougoslavie et on aperçoit dans le lointain des terresémergées, sans doute les îles de l'Adriatique.
Le débarquement aura lieu à 12 heures 30, nous dit l'hôtesse, en Français dans le texte, mais de quelle heure? «chi lo sa».

Sans doute allons nous récupérer lanôtre, une heure de moins que la Grèce et la Turquie, mais d'autre part le ferry est un bâtiment Grec...alors, nous verrons bien.
Nous arrivons à Ancône à 1 heure 30, donc c'est l'heure Grecque qui est prise en compte. Mais un retard à la sortie du bateau pour je ne sais quelle raison technique, oblige tous les véhicules à sortir par l'entrée du ferry et donc faire un demi tour périlleux , difficile et....spectaculaire , dans une cale pleine comme un œuf.

Les chauffeurs et les guides ont droit à un grand bravo, pour leur habileté , puis nous saluons nos compatriotes de Gordes qui veulent ce soir aller dormir au Mont Cenis soit à 650 kilomètres!

Nous roulons maintenant d'est en ouest de la botte Italienne. Ici aussi, il y a plein de camions et une pluie incessante. Il y a eu un rayon de soleil cet après midi et maintenant quelle grisaille!

On décide de dormir sur une aire après Modène sur l'autoroute qui joint Parma et Piacenza.. Bonne nuit à nous...
Bonne nuit! c'est vite dit...Alors qu'on dort à poings fermés deux hommes se mettent à discuter près de notre camion. A haute voix d'abord, puis à très haute voix . Ils ont garé leur voiture à 10 centimètres à peine de nous. Ils ont l'air de préparer un mauvais coup.

L'un des deux part, l'autre garde le véhicule et fume comme un pompier une matière contenue dans un papier alu sous lequel il promène un briquet...Mince! il sniffe et s'il met le feu on est aux premières loges...Le deuxième revient Sniffe un coup et repart.

Ce manège dure un long moment ils sont toujours l à . Jeannot retire les chaînes anti-vol du volant, s'empare de celui-ci et nous partons, en tenue de nuit. Mais où? Les camions occupent toutes les places et m ême les autres.... Jeannot prospecte et dans le noir, je ne vois que ses jambes et ses cheveux d'une blancheur ...éblouissante.

On se met n'importe où, à contre sens, puis près d'un camion frigorifique, dont on a une sainte horreur. C'est ainsi que se passe notre nuit, l'œil aux aguets puis, finalement, vaincus par la fatigue et lesémotions, sommeil quand m ême...

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Vendredi 1er Juin

Aujourd'hui, on roule vers Genova et notre frontière chérie. Mais rien de nouveau sous le soleil, alors sous la pluie, vous pensez!.....

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Samedi 2 Juin.

D'après notre GPS, nous sommes à 420 kilomètres de Balma, à vol d'oiseau bien sûr! Départ matinal à 7 heures. Où sommes nous ce matin? Entre Fréjus et Brignoles, ça s'appelle Cavalaire je crois.

Le soleil brille d'abord, puis un vent violent se lève qui manque nous arracher le lanterneau pourtant fermé. On avise le chemin réservé à la patrouille routière, on s'y engage pour fixer le volet avec une grosse ficelle. Un employé vient pour nous faire dégager et sur le vu de notre incident nous laisse terminer notre réparation.

Arr êt repas à la cafétéria de Béziers Montblanc , où un monde fou se presse déj à. Il est vrai que les vacances de Juin ontcommencé, ainsi que la fin de semaine. Les vacanciers sont en shorts et tee shirts mais ils grelottent, moi j'ai ma polaire sur le dos et ne me sens pas ridicule, car il fait froid.
.
Approvisionnement en essence, c'est le dernier saut avant Toulouse. Un coup de fil de Françoise nous invite Dimanche à Foumezous. On réalise tout à coup que c'est demain. Chic! On remet la restauration de nos appartements à Lundi. Cette journée sera l'épilogue de nos vacances.

Pouréviter de terminer cet exposé d'une manière trop terre à terre, j'ajoute cette phrase découverte au cours d'une lecture .
Elle reflète parfaitement notreétat d'esprit et me permet de faire une jolie conclusion à ce récit de notre expédition en Turquie.

Pour moi, n'existent que les voyages sur les chemins qui ont un cœur, c'est l à que je voyage et le seul défi qui compte , c'est d'aller jusqu'au bout. Et j'avance, en regardant à perdre haleine.

Carlos Castaneda.

PS ... Le soleil nous a souvent manqué durant notre longueéchappée, mais le voil à tout à coup qui nous sourit, depuis l'arrière de ce camion bleu qui nous double sur une route Italienne, puis disparaît. Lorsque, arrivant à Toulouse, le camion soleil est l à devant nous , c'est comme un ami retrouvé, dont l'image clôt mon récit.

turquie 70

Balma Juillet 2007

Récit de Lucie , Mise en page de Jean. icone email

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