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Les récits de voyages de Jean et Lucie

Voyage en Syrie Jordanie 1994


Plusieurs incursions en Syrie nous ont fait apprécier la beauté de ce pays, alors nous décidons d'y revenir et si possible de joindre la Jordanie jusqu' à la mystérieuse Pétra..

Nous savons que ce voyage sera difficile mais non pas impossible, alors nous allons le tenter.
Nous sommes le

S
amedi 7 Mai 1994,

notre Toyota marque un nombre impressionnant de kilomètres: 97857 devant lequel on peut ajouter un 1 ou bien un 2, .....

C'est un pari un peu téméraire que ceténorme voyage dans le moyen orient via l'Italie, la Grèce, la Syrie et enfin la Jordanie, ce dernier pays à découvrir car c'est notre première expédition au royaume Hachémite du roi Hussein.

Saint Christophe du haut de notre tableau de bord nous protège....c'est fou le travail qu'on lui donne.....On a confiance, on y va!...

On n'est pas peu fiers d'avoir réussi à caser dans notre espace à vivre, toutes ces choses qui ont transformé notre maison en marché aux puces, pendant des semaines. Un bric à brac indescriptible.

C'est qu'il en faut des provisions pour une autonomie presque complète de cinq ou six semaines: Nourriture et boissons, v êtements pour la chaleur et le froid, pharmacie, droguerie, trousses à couture, à courrier, à crayons, à monnaie à outils de toutes sortes, pour le rechange, la réparation, ferrailles et pelles pour le désenlisementéventuel....pneus, huiles, liquides à refroidir et des tas d'autres choses encore .

Chaque objet a trouvé sa place, minuscule il est vrai et il règne dans l'habitacle un ordre parfait mais provisoire hélas!...

Il est 10 heures 30, nous partons par l'autoroute des Deux Mers, puis la Languedocienne et enfin celle du Soleil . Un premier arr êt à l'aire de Bréguières Sud au milieu de camionsétrangers, nous fait inaugurer notre vie de nomades.

A côté de ces mastodontes on se sent rassurés et comme il est déj à 19 heures 30, on va se restaurer et passer ici notre première nuit. Au petit matin, départ dans une circulation fluide et plus tard arr êt carburant à l'aire de Beausoleil, la dernière en France, d'où l'on a un paysage somptueux sur Monaco, la mer, les montagnes .

La frontière Italienne, n'est plus pour nous une frontière, mais on doit marquer l'arr êt pour l'épisode «change». Les guichetiers distribuent des wagons de lires, contre nos modestes deniers qui atteignent des sommets....1000francs français = 275000 lires italiennes.

Ajoutées aux 49600 lires de l'an passé , on peut se croire à l'aise, mais on a bien tort.
Le gazole est à 1240 LI le litre et un plein vaut la bagatelle de 61000LI ...je ne parle pas des péages qui, eux aussi atteignent des prix exorbitants.

Avec nos bottes de sept lieues, on traverse la botte Italienne en un jour seulement. Juste quelques arr êts repos, repas, shopping dans ces aires du sud où trône l'image de Jean Alési grandeur nature. Il nous accueille, tout souriant, œil bleu et cheveu noir et cette bouffée de chez nous nous enchante.

Les billets pour la traversée de Bari à Igoumenitsa: Italie- Grèce sont pris à 18 heures pour un départ à 21 heures. On est à quai. J'ai soigneusement remisé pour une autre fois, les phrases d'anglais que j'avais préparées, car l'agence est parfaitement francophone et ça j'ai bien aimé!...

Escale à Corfou vers cinq heures du matin ce 9 Mai . A 7 heures, on débarque et faisons une escale à la banque de Grèce. Rangement des devises pour s'y reconnaître un peu, car déj à au début du parcours, on doit gérer 3 monnaies différentes, que j'entrepose dans des enveloppes. J'y puiserai pour le retour.


Ici en Grèce, dès 7 heures du matin il fait déj à 22 °, on avance les montres d'une heure et au fil du parcours à force de changements, on ne saura plus où on en est.
On retrouve la route de Ioaninnaétroite comme tout et si bombée que l'on manque à tout moment d'aller dans le fossé. Il n'y a plus d'aires de repos, plus de parkings, plus de ces petits conforts routiers qui font aimer le voyage. De temps en temps une «kantina» haillon atéral relevé, offre sa palette de couleurs exotiques au passant .

On trouve un peu de tout à manger, dans ces camions nomades, mais surtout de longs chapelets d'oranges, d'énormes régimes de bananes, des fioles de sodas jaunes ou verts ou bien des bouteilles d'eau de source mises au frais dans des seaux d'eau. Le nom des villesécrit sur les panneaux en caractères cyrilliques est bien vite retranscrit en caractères latins. C'est rassurant!...

La prochaine grandeétape est la Syrie, que nous ne savons comment atteindre. Toutes les relations entre la Grèce et ce pays sont suspendues, il n'est donc pas question d'envisager une traversée inexistante. D'autre part , on doit à tout prixéviter la Turquie actuellement en proie à des désordres politiques, ayant des répercussions sur le tourisme. Prudence avant tout!...

Mais que faire? A l'embranchement de la route qui mène au Pirée, un panneau signale: Volos, port d'embarquement pour le Moyen Orient et la Syrie. Serions nous sauvés?
Direction Volos , les panneaux se succèdent tous les 10 kilomètres et nous confirment que cette voie est bien celle que nous cherchons. On se croit tirés d'affaire et traversons la Grèce d'est en ouest distance assez impressionnante.

Voici Volos au seuil de la mer Egée, face à la côte ouest de la Turquie. Dans ce port, on trouve un nombre incalculable d'agences de voyages, aux enseignes gigantesques, signalant les traversées vers Chypre, Israël et la Syrie. Mais il n'en est rien, ces destinations n'ont plus lieu depuis 4 ans «political problems» nous est il dit ...Seule subsiste la traversée vers les Sporades. Un policier Belge nous confirme tous ces aléas:Volos embarque seulement pour les Sporades. On se donne la nuit pour réfléchir.

On finit par trouver le camping de Nera au diable vert . Fort ressac, au large deux bateaux amarrés se livrent à la p êche au lamparo. Maintenant, il s'agit de rejoindre Athènes et le port du Pirée, tout au sud de la presqu'île.

On cherche et trouve la rue Filellinon, où crèche l'agence maritime avec qui nous avionséchangé une correspondance avant notre départ. Monsieur C. nous reçoit et gentiment, en français nous donne un rendez vous ultérieur pour convenir de ce qu'on pourrait faire pour réussir notre expédition qu'on pourrait bien appeler «quand m ême». Il va falloir casser la tirelire.

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syrie 1syrie 2Jeudi 12 Mai

Nous avonsélu domicile au camping Glifada, qu'on nous a signalé pour son calme. Mais on est près de l'aéroport et il décolle des avions toutes les trois minutes. La batterie d'une discothèque accompagne notre insomnie jusqu'au matin.

Et ce matin point de bac à vaisselle, mais un tuyau d'arrosage à tout faire, dans ce camping de luxe, où séjournent des familles dans un bazar ambiant.

Dîner sur la plage de galets vers le cap Sounion, qui serait la terre la plus à l'est de l'Europe. Dans la transparence de la mer Egée, on trouve des poissons anémones qui sans doute sont des méduses et sous les rochers qui bordent la crique plein d'oursins et autres petits animaux marins.

De magnifiques anses au bas de calanques bordant la route vers le cap Sounion, nous attirent et l'on se ménage de longs arr êts.

Soudain, au détour de la route, apparaît le temple de Poséidon, dressé l à, en haut d'une falaise . On s'arr ête mille fois pour l'admirer sous tous ses angles, puis on approche et l'on grimpe sur le site.

Quel monde ici, pauvre de nous!... Grecs, Anglais, Italiens et Français se rencontrent parmi les pierres. On dirait bien la foire à l'ail, ou la sortie d'un supermarché!....Tous les sites Grecs sont ainsi , visités par des hordes incessantes, c'est la rançon de la gloire, il faut s'en accommoder, ou bien partir ailleurs.

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Vendredi 13 Mai

On doit aujourd'hui se rendre à l'agence, pour retenir nos places et mettre au point les dernières précisions.

Notre route traverse plein de petits villages avec feux tricolores qu'il faut griller s'ils sont rouges, selon le rite habituel auquel nous souscrivons prudemment.

M ême réception chaleureuse qu' à notre arrivée par monsieur C. qui nous informe des diverses formalités que nous devons faire avec son aide.Nous voyagerons donc avec un bateau Russe venant d'Odessa: Yvan Franko.

Le Toyota sera le seul véhicule à embarquer et nous les seuls Français. Quelle aventure! Quelle expédition! J'espère que tout se passera bien . Monsieur C. doit revenir Dimanche pour notre embarquement et celui du Toyota. Je suis morte d'inquiétude.

On est venu se reposer au cap Sounion, dans ce camping du bout de l'Europe où l'on campe parmi les poules.

Jean démonte et remonte le poste radio depuis une demi heure, il bricole...C'est pour mon bien qu'il dit!...Pour ma part que faire d'autre, qu'écrire au jour le jour mes impressions , ce que je fais sur mon cahier à spirales, ainsi peut être mes soucis mis noir sur blanc seront allégés.

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syrie 5Dimanche 14 Mai

On se prépare à partir. Notre sac de voyage estéquipé, car nous, serons séparés du Toy dans le bateau. Il pèse un âne mort ce sac, ne contenant pourtant que le strict necessaire . On trouve une place de stationnement sur le parvis de l'église orthodoxe où se déroule la cérémonie d'un bapt ême à laquelle on assiste en partie.

A 13 heures 30 on retrouve monsieur C. sur le port où Victor Franko fait escale. Le Toy est avancé près du treuil , encadré dans une sorte de grue qui le soulève dans les airs, le fait tournoyer lentement jusqu' à trouver une place idéale, sur le pont...Episode inoubliable!

Monsieur C. nous présente Wladimir, sorte de steward en chef qui parle un Français parfaitétudié nous dit-il à l'université d'Odessa. Il viendra prendre de nos nouvelles plusieurs fois au cours de notre traversée.

Une cabine de classe supérieure nous est octroyée « pour des Français on ne peut faire moins nous dit il» On a donc la clim, la musique , la radio qui débite je ne sais quoi....
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C'est très bien! Excellent dîner à la table 12 dans plein de petites assiettes changées à chaque plat: Salades variées, pommes frites, viandes en sauce, petit gâteau fait maison et un morceau de pain caché sous une serviette pour qu'il ne sèche pas. Sourires, gentillesses pallient aux lacunes de la conversation...on aime bien!

Au petit dej ça se gâte un peu. Piments et fromages, millas et raisins secs noyés de gras, notre estomac se révolte. Heureusement il y a aussi une brioche avec de la confiture de prunes et un café, sorte d'eau salie....Bon on n'a plus faim.

Au large, à quelques dizaines de mètres du bateau, un banc de dauphins amuse toute la galerie. Les voil à qui sautent, plongent et font les malins. Mince! La caméra est dans la cabine, on ne peut capter cette image inoubliable, on râle!

Puis on visite de fond en comble le bateau, les salons, la piscine...au large on aperçoit des îles, mais lesquelles? Mystère!

Jean inspecte les coursives, les ponts où cuisent les viandes . Il reluque les strings des dames qui se dorent au soleil, toutes beautés mises à nu, pendant que je r êve accoudée au bastingage.

Le dîner est très bon, à base de salades et de sauces. Seule, la boisson nous laisse sur notre soif...Très fade, la carafe de jus de fruits , dans lequel nagent des morceaux de citron ou d'orange sans goût. Nous nous désaltérons à l'eau pure.

Puis, on sieste un peu et on va cuire au soleil juste quelques minutes. Je lis de fond en comble « le monde» de samedi et visite avec Jean tout le bateau jusqu'au gaillard d'avant , parmi les cordages et les cabestans. On revoit un bac de dauphins qu'on peut filmer en partie, cette fois ci.

On a eu à notre table un «Egyptien Canadien». Curieux non? Ce doit être unémigré dont le Canada a fait l'essentiel de sa population. Il parle peu, sans doute par manque d'arguments linguistiques, que l'on comprend très bien. Il ressemble à Omar Sharif.

Dans la nuit, le bateau en retard prend de la vitesse . Tout grince l à dedans et on essaie de coincer portes et placards mais rien n'y fait et on ne peut dormir. On se console en se disant que ce pourrait être bien pire, si on avait le mal de mer, par exemple....

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Mardi 17 Mai

A bord de l'Ivan Franko.

On accoste, en principe à 12 heures, au port de Lattaquié, au nord ouest de la Syrie.

L'épisode Toyota dans les airs s'est très bien passé. On ne s'est m ême pas aperçus de son transfert sur la terre ferme. C'est la suite qui estépique!....

Happés à notre sortie de la passerelle et sous protection de la police, on aété transbahutés de bureaux en bureaux et quels bureaux!...Situés dans un invraisemblable bidonville. Les employés nous regardent passer par dessus les montagnes de dossiers empilés et pèle m êle jetés par terre en vrac. Les rats doivent bien se régaler dans cette orgie de paperasses. Chacun regarde passer les extra terrestres que nous sommes ... Comment va t'on s'en sortir?...

En payant bien sûr!...L'assurance, les timbres, le service, le bakchich, ceci, cela, la taxe de port, le change obligatoire...en dollars et celui non moins obligatoire en livres Syriennes. Les douaniers font main basse sur nos meilleurs v êtements, mais l à, on ne se laisse pas faire. Du coup, on doit aligner un bakchich que l'on doit négocier à perdre haleine, mais comme on n'a pas de petites coupures, on est marrons encore une fois . On est atterrés ...

Mais ce n'est pas tout...nos passeports rédigés en caractères latins sont difficilement lisibles pour ces fans de la langue arabe et le «T» de tourisme est compris comme «T» de transit, qui porte notre séjour en Syrie à trois jours seulement. Malgré nos discussions rien n‘y fait et du coup il ne nous reste plus qu' à aller à Damas pour se faire préciser au consulat le temps réel qui nous est accordé.

Pas question de flâner, on roule sans arr êt jusqu' à la capitale que l'on atteint à la nuit tombée. On a failli manquer le camping que l'on connaît bien pourtant, situé à l'entrée de la ville.

On rencontre des campeurs Français en Iveco et un jeune couple d'Allemands en wolswagen avec leurs trois enfants de 2, 3, et 5 ans. Courageux ceux-l à!...Ils partent visiter la ville, les mouflets sur le dos, le plus grand marchand à leurs côtés sans rechigner.....
Les Français ont eu les m êmes problèmes que nous à la frontière et m ême pire. Ils nous remontent le moral et, courageusement entament unénorme périple dans le moyen orient vers les Liban et Israël.

Grâce au taxi , on trouve à grand' peine l'ambassade de France, en Syrien «Sépharé Francillais» rue Ata Ayoubi. Heureusement, le patron du camping nous avait rédigé un billet en caractères arabiques pour nous faciliter les contacts. L'ambassade, en plein travaux de ravalement a remisé le drapeau au placard, mais on est bien reçus et l'on sait maintenant que notre séjour dans ce pays ne doit pas excéder sept jours que l'on peur renouveler une fois .

On change 1000 francs dans une banque pittoresque, où les employées disparaissent sous d'invraisemblables foulards blancs, malgré une chaleur intenable. Je n'oublie pas de les saluer en partant, ce qu'elles semblent apprécier.

De retour au camping, les travaux domestiques nous attendent: Lessive, repas , sieste, courrier nous occupent un grand laps de temps. Puis on a la visite de Souad, l'épouse du gérant. Elle nous fait du thé et du café que l'on boit ensemble, en parlant avec les mains. Je lui donne quelques produits de beauté et des lunettes de soleil, en cachette de sonépoux Abdallah. Elle est folle de joie . Quand on a su son âge, on est restés médusés...Arbatach , nous dit elle, c'est à dire 14 ans, elle en paraît le double, mais qu'est ce qu'elle est jolie!...

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syrie 7Vendredi 2O Mai.

Camping de Damas.

Puisqu'on dispose de sept jours, on va revoir la Syrie, dont plein de sites nous sont déj à connus, mais il y en a d'autres que nous aimerions bien connaître...On va s'y appliquer.
Incontournable, la revisite du Krak des Chevaliers, suscite toujours la m êmeémotion.

Dressé tout en haut d'un piton rocheux situé au sommet de la montagne des Chrétiens. Pour les Arabes c'est «Qalaat Al Hosn» et malgré le temps passé, les guerres qui l'ont endommagé, chacun lui trouve encore fière allure.

Quelleémotion! On se prend à r êver à ces courageux chevaliers de la table ronde, dont nos livres d'histoire ont embelli les exploits. Ils furent inattaquables durant de nombreuses années et pourtant, un jour vaincus....

Une petite auberge a ouvert ses portes à 200 mètres du Krak. On y prend le repas du soir et l'on signe le livre d'or.

A la table voisine, un petit groupe de Français en goguette ne daignent pas nous saluer. Ce coup de mépris nous rend tristes. Mais en rejoignant nos pénates près du Toy, le chef de ce groupe nous rend visite et nous parlons de voyages à n'en plus finir...syrie 8

Il nous félicite et nous encourage à continuer notre formule qui est la plus dure, mais la plus enrichissante. Quelqueséchanges d'impressions et de conseils nous seront très utiles par la suite.

C'est alors que le reste du groupe nous rejoint et fait assaut de questions et de gentillesses à notreégard. Bon Dieu! Quel revirement! Snobs, orgueilleux et antipathiques, ainsi peuvent être les Français... enfin quelques uns, rencontrés sur nos chemins.

On a fort bien dormi sous notre tente sur le toit du Toy, malgré les rires et les jactances des voyageurs d'hier au soir jusqu' à une heure avancée de la nuit. Puisécrasés de chaleur, dévorés par les moustiques, ils n'ont pu dormir. Tandis que nous, protégés par la moustiquaire c'était parfait.

Ce matin , on revoit le Krak au lever du soleil. C'est la troisième fois que nous prenons des photos de cet endroit prestigieuxérigé au XI eme siècle, pour permettre aux souverains latins d'Orient de protéger leursétats de leurs voisins musulmans.

Ils devaient aussi assistance aux pèlerins de la croix qui allaient à Jérusalem. Ce vaste mouvement, nous vaut d'admirer encore aujourd'hui ces magnifiques forteresses bâties au moyen âge, le long de la côte, jusqu'au golfe d'Aqaba. Le Krak est la plus bel exemple, car après sept siècles d'abandon il est resté tel que l'édifièrent les croisés, aux noms glorieux et qui sont devenus depuis mythes ou légendes. syrie 9

Revenons à la réalité de ce jour. On va saluer l'équipe hôtelière, qui nous offre un café, signature à nouveau du livre d'or déj à signé hier au soir,échanges d'adresses....Peut-on se dire «au revoir?»

L'étape suivante sur la route qui mène à Damas est une autre forteresse de croisés, celle de Qalaat Al Marqab qui correspondait avec le Krak à l'aide de signaux optiques. D'énormes pans de murs en gros blocs de basalte subsistent, ainsi que d'énormes tours.

Une jolie chapelle gothique a défié le temps et abrite plein d'oiseaux. On y rencontre un groupe de jeunes libanais, qui nous encouragent à visiter leur pays, où il y a de jolis sites et où l'on parle Français. On fait des promesses pour l'avenir.

Au bas de la montagne s'étire la ville de Banyas, avec ses coupoles blanches de marabouts et ses minarets où les imams s'interpellent. On est Vendredi, jour de prière, celles-ci n'en finissent pas et semblent des réprimandes que l'écho répète à l'infini.

La route des citadelles croisées nous mène plus tard à Safita et sa tour carrée reste d'une autre forteresse. On l'appelle la Tour Blanche , elle sert de belvédère, pendant que l'église consacrée à Saint Michel abrite quelques fidèles chrétiens, Maronites, ou Arméniens.

Au sommet de la tour, on a dansé en se tenant par la main au son des rythmes orientaux chantés «a capella». Moment unique! On fait du film, onéchange des calendriers Arabes dont le dernier jour est le premier pour nous, des adresses, quelques mots d'anglais, puis on se sépare
On rejoint la route de Damas et faisons la halte repas et repos nuit sur l'allée d'une usine agricole.

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Dimanche 22 Mai.

On part au petit matin pour rejoindre Dera, dernière ville Syrienne avant la Jordanie. La circulation est fluide et l'indication «Jordan» sur plein de panneaux nous montre le chemin.
Entre Dera et Ramtha première ville jordanienne c'est le «no man's land».

Je range le reste de mes livres syriennes dans une autre enveloppe qui rejoint mes autres devises. Ainsi, mon vide poche devient une vraie banque.

Que de formalités à effectuer, dans cet autre pays! Timbres, tampons, signatures, dollars à donner qu'on n'a pas et qu'il faut se procurer...Où ça? Et à quel taux? Va savoir? On va à un guichet, repasse au précédent, retourne à l'autre, on fait la queue partout et quelle chaleur!...

syrie 11Un bonhomme passe frontière nous aide et moyennant un bakchich, nous oriente sur la route d'Amman et...fouette cocher! A nous la Jordanie!

Un policier nous arr ête, il va comme nous à Gérasa, on le prend à bord. Il est bien incapable de nous indiquer le chemin de la vieille cité., pourtant universellement connue.

Il paraît intéressé par nos passeports, mais paraît ne pas savoir lire les caractères latins, il nous annonce une validité de sept jours. Nous pensons qu'il a tort, mais durant tout notre séjour on ne saura jamais exactement le temps qui nous est imparti, variable à l'infini suivant les interprétations. Et ce n'est pas si rassurant que ça!

Donc, nous faisons l'impasse sur Gérasa, que nous verrons à notre retour. La première ville visitée est Mâdabâ, composée d'une importante communauté de rite chrétien . L'église Saint Georges possède des fragments de mosaïques de la carte de la Palestine datant du VI me siècle. On reconnaît le Jourdain, la Mer Morte, Jérusalem., Béthléem.

Nous nous joignons à des groupes et lorsque ceux ci repartent , le sacristainéteint la lumière, sans souci de notre présence.

Il n'a rien perdu pour attendre. On refuse catégoriquement les cartes postales qu'il nous propose à la sortie, en expliquant le pourquoi de notre refus. Les excuses embarrassées ne changeront rien à notre décision. syrie 12

Et voici le Mont Nebo, celui où Yavé commanda à Moïse de monter pour regarder la Terre Promise et y mourir. C'est donc ici, d'après les textes que Josué prit la suite et conduisit le peuple d'Israël.

Uneéglise est bâtie sur l'emplacement d'un ancien couvent. Elle abrite des mosaïques superbes représentant des animaux, des travaux des champs et des motifs floraux.

Sur le parvis une gigantesque croix d'art moderne fut placée par des pèlerins. Depuis ce belvédère la vue s'étend «tras los montes» sur la Mer Morte, le Jourdain, l'oasis de Jéricho et dans le lointain la ville de Jérusalem. Autour de nous et à perte de vue les Monts de Judée font une merveilleuse toile de fond à ce tableau biblique.

Au bout de l'émotion, on voit le soleil se coucher sur le «Lac Immobile» la Mer Morte, la Death Sea comme on l'appelle ici. On doit chercher un refuge pour la nuit, qu'on n'a pas vue arriver à si grands pas. Un garde côte nous invite à l'accompagner près de sa caserne pour être tranquilles.

Car il ne faut pas oublier la proximité de la Cisjordanie et ses nombreux problèmes qu‘il vaut mieux contourner. On s'installe donc syrie 13en haut du djebel à une centaine de mètres de leur baraquement de planches.

Nous faisons l'honneur de notre home, tout en distribuant quelques menus cadeaux: fromages, cigarettes, briquet, aspirine, sucre. Celui -ci présenté en morceaux, lesémerveille, habitués qu'ils sont de le consommer en poudre. Ils nous en réclament sans arr êt et l'on doit freiner leur consommation, nos réserves n'étant pas inépuisables.

Ils sont quatre soldats, garde-côtes à surveiller la frontière et d'éventuels débordements. Au dessus du mirador de feuilles de palmier, une longue antenne, les relie peut être à quelque poste de police, à Mâdabâ sans doute.

Au milieu de quatre pierres dressées, s'édifie un beau feu pour la préparation du thé, boisson de bienvenue par excellence. A tour de rôle, ils nous montrent les sites que nous dominons de notre belvédère, auquel normalement nous n'aurions pas eu accès. Juste à nos pieds la Death Sea, et le Jourdain qui s'y jette dedans, Jéricho , les tours de Jérusalem, le Mont Nebo que l'on vient de visiter sur l'autre cr ête.

Tout autour de nous le vallonnement des Monts de Judée. Il faut discuter beaucoup pour se comprendre un peu, ainsi on apprend leur admiration sans bornes pour Sadam Hussein contre lequel l'occident est en guerre. On se tient tranquilles et ne donnons aucune opinion . Il ne faut pas oublier notre isolement près de ces types armés jusqu'aux dents. On ne dort que d'un œil et m ême celui l à est aux aguets.

Pourtant tout se passe bien . Ce matin à six heures, on est debout, pr êts à partir. On remercie la sentinelle et tout doucement on lève l'ancre.
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On revoit le Mont Nébo, aux premiers rayons du soleil, pour le fixer dans notre mémoire, puis on retourne à Mâdabâ faire des emplettes pour à peine quelques fils ceux ciétant la millième partie du dinar Jordanien.

A midi on dresse notre couvert, face à la Mer Morte, dans un silence total. Quel paysage! Quelle solitude! Pas un oiseau autour de nous, pas un bateau sur cette immenseétendue d'huile d'un bleu intense.

Mais il nous est impossible d'approcher davantage le mer que l'on croyait à notre portée, en réalité une grande distance nous sépare de son rivage et pour l'instant on se contente de l'apercevoir.

Deux routes principales traversent ce petit pays du nord au sud: celle du Roi est celle que nous empruntons, elle fut aussi celles des croisés et celle que prit Moïse au cours de l'Exode. Nous roulons au milieu de:montagnes ocres, pelées, toutébahis de lire l'histoire des religions.

Puis on rencontre le fabuleux canyon du Wadi Araba, profond de 400 mètres. Cette vallée perpendiculaire au Jourdain coupe profondément les plateaux de Transjordanie. On Découvre les versants abrupts et le fond de la vallée où l'eau ne coule qu'au printemps.

Quelques terrasses aménagées permettent aux semi nomades de pratiquer un peu d'agriculture. Juste quelques petits mouchoirs de poche de verdure coupent l'aridité de la roche. La route descend au fond du canyon parmi les lauriers roses puis remonte sur l'autre versant.

Nous sommes toujours sur la route du Roi, qu'empruntèrent aussi les croisés semant sur leur chemin de formidables citadelles . Kérak est l'une d'elles.
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Cet incroyable château du désert auxénormes murailles abritait la seigneurie du royaume Français de Jérusalem, s'étendant de Amman jusqu' à la Mer Rouge. Les colons Français cultivèrent cette terre de rocailles pour semer des céréales, cultiver de la vigne et des oliviers et faire de l'élevage.

Ainsi ilétait possible de résister à de longs sièges. Mais Saladin en vint à bout et anéantit le royaume Français d'Outre Jourdain.

Il reste à Kérak une minorité Arabe de confession chrétienne, parlant l'Araméen, langue du Christ et parfois m ême Français.

Bâtie autour du château fort, la ville de Kérak grouille de monde. Piétons et cyclistes circulant au milieu de la rue, pendant que les autos se frayent un passage en mordant sur les trottoirs à grand renfort de klaxons. Il s'agit de ne pas se tromper de chemin sinon le retour sur nos pas est impossible.

Salut la Bible! Nous sommes en plein pays de Moab et mettons les pieds dans ceux de Moïse et de son incroyable armada. Un peu plus près de nous les croisés aussi ont foulé ce sol. Et nous, que cherchons nous au juste?...

En ce moment très prosaïquement, un endroit pour dormir. Inutile de chercher un camping inexistant, dans ce pays où les bédouins ont fini par se sédentariser, de sorte que le fait de coucher à la belleétoile n'est pas si bien vu que ça.
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Sans domicile est synonyme de pauvreté et suscite pas mal de condescendance. Aucune importance on s'en accommode très bien et d'ailleurs toutes lesétoiles sont pour nous et les levers de soleil nous offrent l'or de leurs rayons.

Dans le Djebel au dessus de Kérak, on s'arr ête au milieu de la steppe qui s'étend dans le col. On devrait être tranquilles ici. Mais tout le village nous rend visite et quelques phrases d'Anglais ont vite fait le tour de la conversation. Une question revient insidieusement posée, mais sans aucune malice: Quel âge avons nous? Je réponds «too much» ce qui les fait bien rire....

Au matin, la Deat Seaétale son eau bleue au pied de notre djebel. Pouvait-on imaginer plus magnifique balcon, sur plus insolite paysage?

On reprend notre route vers le sud, après avoir salué un berger en longue robe blanche venu on ne sait d'où, nous souhaiter la bienvenue. Tôt le matin on bénéficie de quelques courts moments de fraîcheur fugitive car le soleil vite au zénith met au maximum le thermostat.
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La route du Roi est taillée aux flancs de monts arides, sans vie. On trouve parfois un peu d'eau dans des wadis qui sont le plus souvent à sec. C'est alors le royaume des lauriers roses qui prolifèrent à la moindre goutte d'humidité.

Des motos pompes irriguent des champs de poupées et les laveuses de linge s'en donnent à cœur joie. Tout cela dans de minuscules filets d'eau, qui poursuivent leur route mollement.

Pour aborder la Mer Morte, il y a seulement une possibilité: une plage de deux kilomètres où peuvent se donner rendez vous tous les non nageurs de la création.

On peut se baigner dans ce lac tranquille sans aucun risque de couler, tant la densité de l'eau est importante, on flotte sans peine. Mais il faut se protéger les yeux et se doucher à la sortie de la baignade, pouréliminer les substances salées et huileuses dans lesquelles on s'est plongés.

En retrait de la route du Roi, surgit le nid d'aigle de Shobak, appelé aussi château de Montréale. Il est le dernier fief croisé de l'Orient du sud. Les ruines qui restent ont fière allure, plantées l à sur ce promontoire dominant le Wadi Araba. syrie 18

Un bédouin nous fait visiter ces pans de mur encore debout, décorés maintenant de sourates du Coran , ainsi que le passage secret conduisant à une source qui permettait aux croisés de résister à de longs sièges.

Plus qu'une petiteétape et nous sommes à Pétra que nous atteignons à 14 heures, au plus fort de la chaleur. Rien n'est prévu pour nous voyageurs individuels, pas la moindre ombre, seulement le parking des autocars d'où le sol renvoie des incendies.

Que vont devenir nos provisions, remèdes et liquides que notre petit Electrolux n'arrive pas à contenir. On n'avait pas imaginé un seul instant une pareille arrivée à Pétra, alors on est allés chercher un coin tranquille et un peu de fraîcheur vers Small Pétra, le long du Wadi Araba.

On déniche un bel arbre sous lequel on se glisse en contournant des rochers. Belle ombre, bon repas, repos bien mérité.

Des bédouins à dos de chameaux nous saluent, puis viennent nous inviter à boire le thé avec eux. Quelques uns vivent encore sous la tente, car la tradition est bien ancrée chez eux. D'autres occupent les maisons en dur, du petit village de Pétra, tout exprès bâti pour eux .

Demain matin, dès les premières heures, on commencera la visite de Pétra et, en attendant on se promène dans le village de Wadi Moussa «la rivière de Moïse»d'où partent les excursions. Small Pétra, le long du Wadi, nous accueille pour dormir.

Un jeune bédouin campé sur son âne nous fait signe qu'il n'y a pas de problèmes, donc on s'est installés en haut de la butte, dans un paysage grandiose de pierres emm êlées. C'est fou ce qu'on est bien dans cette nature qui a l'air si paisible,. .

On s'endort comme des bienheureux. C'est alors que le vent se met à souffler en temp ête et s'engouffre sous le tente de toit qui menace de s'écraser. Jean et moi tenons le mat de toutes nos forces, mais ça dure à n'en plus finir.

Il y a deux ou trois accalmies, puis encore des rafales d'une rare violence, on se succède au poste , morts de peur, ivres de sommeil et d'inquiétude. A cinq heures tout se calme d'un coup, c'est alors qu'il faut se lever envers et contre tout.
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On rejoint Pétra, et on se gare devant l'hôtel Forum et son allée de vieux pins à l'ombre maigrelette. L'ouverture du site a lieu à 6 heures 30, on est donc les premiers ce qui nous plaît bien. Les chevaux, chameaux, chariots, attendent les touristes qui ne veulent pas trop se fatiguer.

Mais nous partons à pieds, sans trop savoir si nous serons à la hauteur de l'effort. En tout cas on va essayer. On entre dans le défilé du Siq ce chaos de roches de toutes couleurs où se jouent les quelques rayons de soleil qui s'aventurent dans ces profondeurs.

La balayeuse passe, pour ramasser le crottin , arroser un peu pour avaler la poussière. Nous sommes pour l'instant les deux seuls visiteurs de ce site fabuleux du Siq long de deux kilomètres, profond d'une centaine de mètres et large par endroits d' à peine deux mètres.

On retrouve toute la palette de couleurs qui se m êlent, s'enroulent, se fondent en d'incroyables dessins. On marche à petits pas, la t ête levée au mépris des aspérités du terrain qui nous jouent des tours. Jean filme et je fais des photos, pour replacer les souvenirs, plus tard s'ils s'effacent.

On oublie le drame de 1969, où le Wadi Moussa en crue avait noyé une vingtaine de touristes. Aujourd'hui tout danger estécarté, car ce cours d'eau aété canalisé et détourné.

Le merveilleux couloir de grès rose, jaune, rouge ou bleu, mauve blanc ou noir se termine en apothéose, par le temple du Kasneh sculpté à m ême la paroi rocheuse. Ce monument est une merveille de la nature et...des hommes.

Des colonnes gréco romaines, frises florales, figureséquestres ornent la façade gigantesque. Des frontons triangulaires, sont ornés de statues et l'un d'eux soutient l'urne qui contiendrait un trésor, comme le croient encore les bédouins.
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Devant ce temple s'arr êtent les tours opérateurs, redoutant le reste du parcours aux multiples difficultés. Le long du chemin qui mène au théâtre, les jeunes vendeurs installent leurs petits chef d'œuvre: fioles de sable décorées du nom de Pétra, ainsi que de menus objets qu'ils ont fabriqués eux m êmes.

En allant vers la ville basse romaine, la batterie de la caméra s'essouffle, puis s'arr ête. Mince! On n'a pas pris de recharge, il faut donc retourner sur nos pas et revenir demain. Le retour est moins glorieux, le soleil brûlant cuit la peau, dessèche le gosier et il n'y a plus une goutte d'eau dans la thermos .

Le défilé, désert ce matin canalise maintenant des hordes de visiteurs, à dos de chameau, ou bien installés dans des carrioles,équipées de parasols. Morts de fatigue, nous reprenons notre souffle assis par terre....Demain on avisera.

Nous rejoignons l'hôtel Al Ambat indiqué par un bureau de tourisme. Il est situé au village de Wadi Moussa et l'on campe dans un cour, avec les Allemands du Rother Tours aperçus à Damas.

Ils nous rendent visite à tour de rôle et nous sympathisons avec Lili, une dame de notre âge qui fut mariée à un Français. Elle adore notre langue et râle de la prolifération de l'anglais, elle n'est pas la seule dans ce cas.

On a dû refaire le parcours d'hier avec la caméra dûment rechargée. J'ai pris le sac à dos des chercheurs d'or qui contient la thermos remplie de café pour doper nosénergies défaillantes.
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Et revoici Petra, Al Batra comme disent les Arabes, un des sites qu'il est impossible d'imaginer à l'avance, un lieu magique comme il en existe peu dans le monde. Longtemps perdus, sous leséboulements de roches, puis retrouvée, elle est l à, dans le chaos de ses montagnes.

On retrouve le Siq, interminable défilé creusé par les eaux tumultueuses du Wadi Moussa., le Kasneh, puis on entre de plain pieds dans la vieille cité Nabatéenne cernée de hautes murailles creusées de grottes, de temples et de tombeaux. Il y en aurait 500 à Pétra, ainsi que des monuments sculptés que l'érosion ronge peu à peu.

Bien avant notre ère Pétra fut la capitale de ce pays méconnu: la Nabatène, peuplée de nomades venus de l'Arabie et du Yémen. Commerçants et artistes, ils ciselèrent le grès, sculptant la cité troglodytique la plus spectaculaire du monde.

Ils guidèrent les caravanes de chameliers et accaparèrent tout le marché de l'orient .en créant la route desépices, des parfums, de l'or, du cuivre et du bitume venant de la Mer Morte

Tout autour de nous sont creusés dans le roc des grottes d'habitation et des tombeaux de soie ainsi nommés à cause de la couleur moirée de la roche qui les abrite.

On se prend à r êver au spectacle que les Nabatéens venaient applaudir au théâtre en hémicycle.

La conqu ête pacifique de Trajan n'a pas changé les habitudes de la vieille cité et les boutiques du souk oriental longeaient toujours la voie romaine sur laquelle nous marchons.

Pourtant cetteépoque marque la fin de l'indépendance de Pétra qui devient Province Romaine d'Arabie. Elle perdit ses privilèges de cité marchande, fut ruinée au profit de Palmyre, puis oubliée.
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On marche sur cette voie romaine, bordée de portiques, de colonnes encore debout et de vestiges de temples, précédés d'une porte monumentale donnant accès à une aire sacrée.

Après la traversée de la voie romaine, c'est la traversée du Wadi Moussa et la montée vers le monastère du Déir. Il faut pour l'atteindre, gravir 875 marches, longer des précipices, escalader des rochers en s'aidant des mains et longer des sentiers en corniche taillés aux sommets de ravins vertigineux.

De toutes parts et à perte de vue , c'est un invraisemblable chaos de rocs et notre sentier passe sur deséboulis qui roulent sous nos pas mal assurés.

Il y a de nombreuses pauses café et un départ immédiat pour ne pas laisser s'installer le renoncement. Le parcours n'en finit pas, mais on s'arr ête souvent pour admirer un fronton de temple à demi englouti, avec des restes de pans de murs sculptés de méduses et de lions.

Les sculptures naturelles des roches, où les couleurs s'emm êlent dessinent des merveilles, sans parler de la roche elle m ême que les intempéries délitent et tissent en dentelles.

Arr êts fréquents pour filmer, souffler admirer en sirotant du café versé dans le bouchon de la thermos.

Tout à coup à l'heure de la fatigue extr ême, on aperçoit par dessus la montagne, l'urne qui surplombe le monastère d'El Deir. Il nous revient des ressorts dans le jambes et l'on termine en presque bonne forme physique le parcours jusqu' à l'aire parvis du gigantesque monument .

Temple Nabatéen? Edifice chrétien? Quelle importance! C'est magnifique et si imprévisible dans ce coin perdu, sur les bords de ravins profonds creusés par le Wadi et les séismes des siècles passés.
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On fait une pause café plus importante que les précédentes et je rentre avec un troupeau de chèvres dans la pièce aujourd'hui profane et qui fut sacrée. En contournant la montagne et en grimpant encore on peut atteindre l'énorme vasque de dix mètres de haut qui contenait Dieu sait quoi!

Peut être les cendres de quelque roi mégalo? on ne sait pas ....

Au sommet d'une montagne, dans le lointain,éblouissant de blancheur, se dresse comme un marabout le tombeau d'Aaron frère de Moïse, mort pendant l'Exode.

On aimerait bien passer le reste le la journée à roder parmi les pierres magiques, mais on est seulement à mi-chemin pour retourner à notre point de départ. Je recommence à avoir des kilos sous mes semelles. ...

Le descente s'annonce plus facile, seules quelques roches facétieuse roulent sous nos pas et l'on se retrouve par terre. Pouréviter les glissades on essaie de placer les pieds en biais, ça marche quelquefois....

Je suis incapable d'évaluer le temps mis pour la descente. On revoit la ville romaine, le théâtre, les temples, le Kasneh et le siq que des touristes parcourent à dos de chameau, ou dans des charrettes tirées par de fringantes montures....

Nous sommes à pieds...Nous avons voulu une visite ainsi faite, dans la douleur comme un pèlerinage!....Mince! c'est réussi, on est à plat, complètement fourbus et affamés...

On place le Toy sous les pins du Forum hôtel où des gens pique niquent déj à, dans une ombre approximative. On dresse la table et sortons nos provisions. Des Jordaniens nous offrent du poulet rôti parfumé et délicieux. Remerciements et du coup on fait part de notre menu avec des bonbons et des biscuits pour les enfants.

On rejoint le Al Ambad hôtel, avec deux jeunes Anglais dont la jeune fille parle Français sans...

que l'on s'en aperçoive. Le souper est délicieux et comprend du potage aux pois cassés et plein de petites coupelles de hors d'œuvres, les mezzes assaisonnés à l'ail, au fromage, ainsi que d'autres parfums subtils que l'on ne reconnaît pas mais que l'on aime bien.

En soirée, on visionne la cassette du film «Indiana Jones et la montagne rouge»dont l'action se déroule à Pétra. Puis repos bien mérité dans notre chambre dominant l'oued et le village de Wadi Moussa.

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Vendredi 27 Maisyrie 24

Avant de quitter Wadi Moussa , il nous reste une formalité à accomplir. Comme en Syrie et dans tout les paysétrangers, il est indispensable de renouveler notre visa, au bout de 7 jours passés dans ce pays....Mais on n'est sûrs de rien!...

C'est Vendredi, la police est partiellement absente, car en prières. L'employé qui nous reçoit ne peut nous renseigner...mieux, il lit nos passeports à l'envers et ce sont les photos qui le mettent dans le droit chemin de la lecture.

Mais on n'est jamais à bout d'arguments ici, il nous conduit en prison...et par la petite ouverture à barreaux de la porte, nous met en rapport avec un prisonnier. Celui ci nous confirme l' obligation de faire prolonger notre visa dans la prochaine grande ville et, en l'occurrence à Aqaba.

Quel fou rire alors! ces pays sont imprévisibles...Le prisonnierérudit a droit à un paquet de cigarettes et nous repartons sur Pétra, faire notre courrier. J'expédie à nos amis des kyrielles de cartes postales, dont pas une n'arrivera à destination?

Depuis on a appris que les timbres soigneusement décollés sont revendus, tandis que le courrier reste en cale sèche....Farceur de postier va!....

Mais reprenons la route vers le sud pour rejoindre Aqaba, point ultime de notre voyage. Après le chaos de montagnes qui cernent Pétra, sur une cinquantaine de kilomètres, on retrouve le sable, les pics noirs comme au Tassili in Ajjers ( Algérie) avec la route qui passe au milieu, ce qui est une belle différence.!

Nous circulons toujours sur la route du Roi, où il passe plus de camions que de carrosses, et qu'est ce qu'il y a comme tôle ondulée!
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Sur un bas-côté , on avise un tahla arbre du désert, sous lequel on se glisse pour trouver un peu d'ombre. Le thermomètre s'élève dans des sphères incroyablementélevées, mais on n'oublie pas de se nourrir et les salades forment l'essentiel de nos menus, avec des pains ronds, délicieux, que l'on achète pour...une bouchée de pain.

Au fil de nos visites, on trouve aussi des abricots et des oranges que l'on conserve au réfrigérateur ou dans des torchons à l'abri de la poussière ambiante.

Donc, nous arrivons à Aqaba. La porte du four est restés grande ouverte, il fait une température insoutenable.

La police station fermée aujourd'hui ne nous recevra que demain Samedi pour régulariser notre visa périmé.

On va visiter la ville, le port qui est le seul de Jordanie où transitent les phosphates extraits à Amman par une compagnie Française. Dans l'antiquité c'est ici que débarqua la reine de Sabah, pour rencontrer le roi Salomon , célèbre pour sa grande sagesse.

Les flamboyants, ces arbres bien nommés tout en fleurs rouges bordent la rue principale parallèle à la côte. Je ne connais pas de plante à la floraison aussi expansive, un vrai feu d'artifice. On se promène la t ête en l'air, remplis d'admiration. Peut être, après tout, ferait il bon vivre ici parmi l'eau et les fleurs, si le climat n'était pas aussi infernal?

Pour le moment, on s'installe sur un terre plein qui surplombe la plage pour notre repas de midi. Devant nos yeux, la Mer Rouge, dans le lointain la côte Isra êlienne et le port d'Eilat. La police accoste près de nous, pour nous demander si nous avons besoin d'aide, puis elle est repartie.syrie 26

C'est vrai qu'il y a des frontières pas commodes dans les environs . L'Arabie Saoudite est à 17 kilomètres et ce pays est fermé à double tour pour nous, mais grand ouvert aux musulmans allant à la Mecque.

Nous allons camper dans la palmeraie de l'Aqaba hôtel, situé au centre de la ville. Il nous permet de pittoresques balades à pieds, dans les rues où le tourisme fait défaut. Pourtant, grâce aux tours opérateurs il y a quelques Français pensionnaires de l'Aquamarina où les prestations sont meilleures.

A la tombée du jour le climat s'adoucit et l'on part explorer la ville. Devant chaque demeure, les hommes groupés fument le narguilé, nous invitant à boire le thé et fumer le calumet avec eux. Ce n'est pas bon du tout et qu'est ce que ça fait tousser!...Ils passent leur temps ainsi, sans rien dire, enégrenant à toute volée le chapelet d'ambre.

Ils veulent qu'on reste près d'eux et mettent tout leur matériel de cuisine à notre disposition. Mais il n'y a pas la moindre ombre dans leur jardin, alors on renonce, leur annonçant notre départ prochain pour ne pas les froisser.

syrie 27Ce matin Samedi, on se rend à la police, rallonger ce fichu visa sans lequel nous sommes en infraction. Cette démarche individuelle ne semble pas courante, car l'employé après avoir tourné nos passeports dans tous les sens nous envoie dans un autre centre de police, près de l'hôpital nous dit il en Anglais.

Soudain, en plein centre ville, une enseigne clignotante porte le mot «Police», on s'y précipite et l'on est...chez un opticien...Police est bien sûr une marque de lunettes et vraiment nous sommes les champions pour avoir de pareilles aventures.!...

Mais cet opticien l à nous est d'un grand secours. Il délaisse ses clients, dépiaute la page du visa de la frontière rédigé en Arabe et nous apprend que notre droit de séjour est de 14 jours au lieu de 7 que l'on nous octroie depuis notre départ. De retour en France je lui enverrai une carte postale, car je crois bien qu'il se souviendra de nous.

L'esprit tranquille, on visite le golfe à notre guise. C'est très beau! La couleur bleue de la Mer Rouge, les montagnes au pied desquelles se love le port d'Eilat côté Israël. Les fonds sous marins restent transparents malgré la pollution provoquée par le phosphate, par endroits déversé.
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Amarrés au rivage les glasboat, ces bateaux à fond de verre attendent le client . Dieu sait pourquoi on n'a pas fait cette balade exceptionnelle, influencés par la dissuasion idiote de notre guide, nous informant que les mariniers se bornent à longer la côte, alors que c'est au large que vivent les plus belles espèces...Tant pis pour nous!

Deux jours à Aqaba, qui est le point le plus lointain de notre voyage, c'est notre bout du monde en somme, mais sur le chemin du retour, on va continuer à Globe trotter. On remonte la route du Roi et bifurquons vers le désert du Wadi Ram, peuplé encore de tentes de bédouins et d'immenses troupeaux de moutons et de chèvres.

Les barriques bleues contenant l'eau potable sont approvisionnées par des camions citernes et la Camionnette Toyota attend le bédouin qui a su s'adapter à la modernité.

J'ai sorti mon appareil photo et fait quelques images, il a fait de m ême à notre encontre, avec son Nikon . La riposte est rapide et sans rancune et s'est terminée par une poignée de main.
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Chemin faisant, on rencontre le petit train du Hedjab, pittoresque comme tout. Il possède un nombre impressionnant de wagons et relie Amman à Aqaba pour le transport de marchandises. Au temps passé, il conduisait aussi les passagers à la Mecque pour le Hadj annuel , mais des problèmes politiques surgis entre les deux pays ont verrouillé leurs frontières.

Peu à peu , apparaissent les montagnes du Wadi Ram.: pics noirs et sable orange, une pâle copie du Sahara, pour l'instant. Mais attendons un peu pour voir!...

L'entrée de ce site sauvage est sanctionnée par un octroi: une taxe à payer pour avoir le droit d'aller plus loin. Bon Dieu qu'est ce que c'est décevant! Mais un café jus de chaussettes nous attend et on s'est enfoncés dans le désert.

La piste de sable zigzague au milieu de pics formidables de couleur noire ou brune tout saupoudrés de sable orange, pendant combien de kilomètres? On n'a pas assez d'yeux pour voir le désert de Laurence, Orence disent ils avec vénération. C'est ici qu'ont eu lieu les sanglants combats contre les Turcs, pour gagner l'indépendance des pays Arabes. Le sable aurait il gardé la couleur du sang versé?

La fin du jour arrive et on est loin...Dans ces régions dès que le soleil se couche c'est la nuit sans transition. Il faut donc bivouaquer au plus vite , ce qui est facile dans cette solitude. On s'installe au pied d'uneénorme falaise. En explorant le coin on découvre un cimetière de pierres levées.

Tant pis pour ce voisinage pas du tout dérangeant, mais en levant la t ête, que voit on?....Une montagne de gruyère et dans chaque trou, des bédouins qui vivent l à et qui nous observent.

Décidément le désert n'est plus ce qu'ilétait!...On remballe tout notre matériel et on décampe . Nous retournons au village de Ram qui possède un camping, où l'on s'installe. On discute avec Antoine un jeune Egyptien copte qui fait fonction de tout, il est utilisé comme un esclave malgré une réelle culture

On dort affreusement mal, à cause du moteur du transfo qui vrille les oreilles et des moustiques voraces qui nous dévorent, malgré l'insecticide vaporisé.

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Dimanche 29 Mai

On a bu le café matinal avec un jeune touriste qui nous attend pour aller au village bédouin. On est pr êts à partir lorsque je m'aperçois avoir perdu la poche qui contient notre argent et la carte visa. Grand branle bas de combat, il faut défaire la tente que l'on vient de ranger, fouille intensive des sacs poches, sans résultat. Inquiétude, puis panique...Soudain, rangement insolite, je retrouve tous ces objets précieux dans ma sacoche photo...Soulagement, joie!...
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Avec notre ami Michel Rethi, photographe de magazine, on va filmer le poste fortifié du «Désert Africa Corps» quiétait jadis la compagnie méhariste du Désert, dont les folkloriques policiers, acceptent de bonne grâce de prendre la pose. Michel s'arr ête au camp bédouin, pour un reportage ou peut- être pour son plaisir personnel. Nous le reprendrons ce soir au retour et nous partons retrouver le sable, la montagne, la solitude...

Il faut partir plein est si l'on ne veut pas rencontrer le désert d'Arabie qui rode dans les parages. Si loin que l'on soit, on n'est jamais seuls dans ces régions inhospitalières. On aperçoit d'immenses troupeaux gardés par des fillettes v êtues de noir de pied en cap et des gamins tout bruns aux cheveux de laine. Personne ne fuit à notre approche, personne ne nous parle non plus, m ême pas pour nous taper d'un quelconque cadeau. Quelle fierté!...

On a bien un peu honte de déranger l'ordreétabli, alors on se fait tout petits et on s'éloigne doucement...
On dîne au diable vert, sous un soleil de plomb....Il fait 40 ° dans l'habitacle, le petit Electrolux n'en peut plus de refroidir!...On rentre avec les troupeaux allant s'abreuver, précédés d'un immense nuage de poussière.

On va chercher Michel sous la tente bédouine et nous installons en tailleur. Onécoute la musique du luth que joue admirablement notre hôte. Il chante aussi des chants typiques dont on souligne le rythme en tapant dans nos mains. Il est très beau ce bédouin l à et l'on peut comprendre la jeune Australienne qui est à ses côtés. Venue ici , il y a deux ans, séduite par le site....elle n'est jamais repartie.

On quitte le Wadi Ram et Michel à 16 heures, il descend vers le sud, tandis que nous remontons le pays jusqu' à Amman.
Et l'on va recommencer de dormir n'importe où, dans cette région où il n'y a pas d'habitation ni de tente de bédouin, alors un chantier routier fait notre affaire. Reposant, calme et tout...des troupeaux qui rentrent à la bergerie viennent nous voir et nous leur donnons nos restes de pain sec.

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Lundi 30 Mai

On retrouve avec joie les paysages arides du Wadi Mujib, véritable canyon de western, qui délimitait au temps jadis le pays de Moab.

Ce soir on sera à Amman, il nous faudra trouver le National Park où l'on peut camper. Mais on ne le trouve pas et personne ne peut nous renseigner.

De guerre lasse, on dort sur un parking de camions, avec les bruits incessants de la route, puis c'est un chien qui aboie, les camions reprennent et jean se met à ronfler. Se lever sans avoir fermé l'œil, c'est décidément inhumain! Je n'en reviens pas de notre endurance.
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En revenant sur Amman, on trouve le Park National tant cherché hier au soir, signalé du mauvais côté de la route ilétait impossible de voir le panneau indicateur. On reviendra ce soir se reposer parmi les pins.

A Amman, comme partout, il faut s'informer de vive voix des directions car les panneaux en Arabe ne nous sont d'aucun secours. Heureusement on peut compter sur l'empressement des gens qui rivalisent de zèle pour nous renseigner.

L'un préconise « Alatoul» pour tout droit, l'autre «left» en montrant la droite avec sa main. C'est comme ça! Il faut faire avec, bien que ce ne soit pas tellement commode.

Nous cherchons la citadelle d'où l'on a une vue d'ensemble sur la ville, mais une déviation nous fait perdre la direction et l'on atterrit à la mosquée Muhamad alors que c'est celle d'Al Hussein que l'on cherche.

Moderne, cetédifice est très beau. Le dôme couvert de mosaïques bleues où courent les guirlandes des sourates du Coran en impose par sa majesté.
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De l'autre côté de la rue c'est l'église qui fait face, bien cadenassée il est vrai...Des gens nous parlent en Français en nous montrant les deuxédifices qui cohabitent semble t il dans la plus parfaite harmonie.

La down town , ou ville basse est tellement populeuse, qu'il est impossible de stationner. Il semble que tout le monde soit dans la rue à marcher, courir, se bousculer, vociférer, on n'en peut plus. On reviendra peut être, Inch Allah!...

Pour s'aérer un peu on prend la route des châteaux du désert , qui bifurque vers l'est, sur la route de Bagdad. Une armada de camions se dirige vers l'Irak, pourtant sous embargo depuis la guerre du Golfe. Remplis de marchandises de toutes sortes, ils reviennent après avoir vidé leur cargaison et rempli les citernes de pétrole.

Nous cherchons le château de Qasf Al Arzac, où Laurence d'Arabie avait installé son quartier général pendant la révolte Arabe contre les Turcs.
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Le gardien nous montre avec fierté des photos de son héros collées dans un cahier d'écolier, tandis qu' à l'entrée trône Peter O Toole, dans le film retraçant l'épopée de Laurence.

Qasf Al Arzac est une sombre forteresse d'origine romaine,construite en gros blocs de basalte. La première porte que l'on pousse pèse trois tonnes, mais fonctionne parfaitement. Un peu lourde tout de m ême! Le père de notre guide a bien connu Orense et le grand père a combattu à ses côtés.

Ils lui vouent une vénération sans bornes et l'on est très impressionnés.

Nous reprenons la route qui mène à l'Irak à peine pacifié, au travers de déserts qui forment un paysage hostile où les militaires sont légion. La frontière est toute proche et l'on fait une halte dans le dernier village où se restaurent les routiers.

Nous nous m êlons à eux et goûtons aux petites spécialités cuites devant nous sur la braise.

Le cuisinier nous apporte deux pains ronds et plats fourrés de légumes et viandes parfumés et nous indique m ême la façon de les manger en repliant le tout comme unéventail.
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Un théénergique, nous incite à repartir visiter ce patelin perdu entre deux frontières, avant de reprendre la route des châteaux semés un peu partout dans la solitude du désert.

En nous trompant de chemin, nous nous sommes dirigés vers une caserne et les soldats ont pointé leurs armes sur nous. Bon Dieu! il ne faut pas plaisanter dans ce pays. J'avoue que c'est en tremblant que l'on rattrape l'autre itinéraire.

Qasr Amra futédifié au VIIIme siècle à l'époque des Omeyades. Tout en nefs arrondies, ce petit château fut peut- être un lieu de repos ou de...plaisir, où les califes aimaient se retrouver.
Il est célèbre pour ses peintures inhabituelles, représentant des êtres humains ( interdit par le Coran). On y voit avec surprise des femmes dénudées, des symbolismes plus ou moins explicites, des scènes de chasse ou de....charme...étonnant!...

Qasr Karanah est celui que je préfère. Tout en pierres savamment agencées, il ne manque pas d'allure. Imposant ramassé sur lui-m ême, il comporte de nombreuses salles autour d'une cour à la manière d'un beau caravansérail.

Il reste que l'on est un peu déçus par ce désert l à, cerné de terrains barbelisés, de militaires, d'interdictions formelles de photographier, de stationner ne fut-ce qu'un instant. L'Irak est à deux pas d'ici, la paix est fragile, alors!....

On fait un arr êt nuit sur un parking de camions dans une station service à Al Muchatt a, le groupeélectrogène nous sert de berceuse, c'est réussi!...Au matin des milliers de mouches se sont agglutinées sur le capot du Toy.

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Mercredi 1er Juin

On retrouve Amman National Park et l'on discute avec Rachid le gardien, puis le patron. On utilise un mélange charabiesque de plusieurs langues, de dessins, de jeux de mains...On s'est tous bien compris.

Vers les 5 heures, les familles d'Amman viennent pique-niquer et faire jouer les enfants. Le jeune gardien Rachid nous rend souvent visite et nous tape de tout ce qu'il peut: lames de rasoir, gouttes pour les yeux, aspirine, sachets de soupe etc.... Enéchange il nous prépare du thé et je lui rend la tasse remplie de bonbons. Il aime bien... Il nous rejoint le soir à l'heure du dîner, mais l à on fait la sourde oreille.

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Jeudi 2 Juin.

Le gérant du park, nous dessine un itinéraire pour atteindre la Mer Morte et le pont Al Hussein pour aller en Cisjordanie, Jéricho et Jérusalem. Mais on ne peut faire ce parcours qui nous oblige à laisser le Toy, pour partir en autocar. On renonce à cette expédition, car d'autre part le trajet de retour est suffisamment long et plein de sites à visiter.
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La Mer Morte nous a un peu déçus. On atteint le site vers 10 heures dans une chaleur d'enfer et quel n'est pas notreétonnement d'enliser nos pieds dans une boue gluante et noire... C'est plein d'ordures ici, la mer plus qu'ailleurs est une vraie poubelle.

On décide de contourner par la route pour mieux la voir. C'est ainsi que nous arrivons aux sources chaudes qui marquent la frontière avec la Cisjordanie. Pléthore de soldats ici aussi?

Finalement quelle difficulté pour atteindre la Mer Morte que l'on voit , à nos pieds. En se retirant les eaux ontélargi et approfondi les berges, infranchissables. Il ne reste qu'un point d'accès, il ne faut pas le manquer.

On rejoint le Rest House et sa plage de galetset on trempe nos pieds dans cette eau huileuse, plate, dormante. Pas un oiseau, ni un poisson, juste quelques baigneurs qui flottent sans nager tant la densité de l'eau est importante. Après , une douche vigoureuse est indispensable pouréliminer le sel et les autreséléments qui se déposent sur la peau en abondance.

On boit un Coca à la terrasse, où un jardinier talentueux a réussi à faire vivre des fleurs. Avant d'aller ailleurs, je remplis une grande bouteille d'eau , pour en glisser un petit flacon dans mon petit musée extraordinaire.

M ême aspect, m ême couleur que l'eau de source que nous buvons, mais le goût est....terrible. Il n'est pasétonnant que les poissons arrivant du Jourdain rebroussent chemin à toute vitesse...On en fait autant!

On passe devant le pont Al Hussein qui enjambe le Jourdain et rejoint Jérusalem, à une portée de fusil. Que de militaires dans ce secteur remuant! L'un d'eux s'amuse à fouiller le véhicule de fond en comble et, de guerre lasse veut nous rafler la caméra. Jean entre dans une rage inouïe et du coup, ayant peut- être conscience d'avoir outrepassé ses droits le soldat nous laisse partir.

On planque la caméra dans les plusépaisses profondeurs, pour la sauver et nous avec....

La nuit nous surprend en route, puis on arrive à Gérasa que les Arabes appellent Jarash . On dort sur le parking du «Visitors Centers», juste devant le site. A demain .

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Vendredi 3 Juin.

On dort plutôt bien, avec 2 ou 3 autreséquipages qui se sont groupés près de nous. La police dont le PC est juste derrière nous a joué au gendarme et au voleur une partie de la nuit, toutes sirènes hurlantes.

Entre temps le sommeil nous a terrassés. On part tôt le matin visiter la vieille cité qui faisait partie de la décapole etétait chrétienne avant d' être ce qu'elle est aujourd'hui:
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Un vaste champ de belles ruines que l'on vient voir du monde entier. Jamais on n'avait vu un tel foisonnement de colonnes, autour du forum ovale et le long du Cardo Maximus où sontérigés tous les monuments de la création.

Les voies dallées de grosses pierres gardent encore l'empreinte des roues que les chars ont creusées. On visite jusqu' à midi passé, la fatigue et la soif ont raison de notre résistance, Jean vient de faire au moins2 kilomètres de film et moi 200 photos, pour nous souvenir de détails aperçus un instant et qu'on ne veut pas oublier.

Mais on n'a pas fini, on retourne après le dîner voir l'Arc de Triomphe qui ouvre la ville, le temple de Zeus, le Théâtre, l'Hippodrome, le Nymphée, la Cathédrale, le Tétrapyle...etc....

La saturation finit par s'installer, on est ainsi faits....Alors on s'en va vers Ailun, puis vers qalaat Er Rabat, forteresse Saladine, perchée sur un piton rocheux. Cette citadelleérigée par les Arabes pour contrecarrer les desseins des croisés, servit aussi pour mater d'autres tribus accapareuses...

.L'architecture des châteaux croisés se retrouve ici à l'identique et du haut de notre nid d'aigle, on est suspendus entre ciel et terre. On salue les gens du cru venus ici pique niquer, puis on va vers le camion garé dans un chemin impasse pour le retourner vers le retour.

Autour de nous des à pics impressionnants et très peu d'espace pour manœuvrer.

A force de multiples manœuvres on finit par se trouver dans le sens du départ. Nous avons droit à une salve d'applaudissements des pique niqueurs qui se sont arr êtés, de faire les fous dans les ruines.

Retour à Gérasa, où l'onépuise les dinars restant, il y en a si peu! On garde juste quelques pièces pour la collection..

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Samedi 4 Juin.

Nous revoici à Ramtha, ville frontière pour le retour. On s'attend à plein de difficultés mais il y a surtout du temps à passer, de la patience à déployer, ça, on est prévenus!
Arrivés à 7 heures, on a terminé à 9 heures 30, c'est un record.

On est passés avec un bus Russe de Hadj tout de blanc v êtus. Venant de la Mecque, expansifs comme tout, ils sont heureux d'avoir une âme sans péchés et transportent sans remords des tonnes de contrebande, sous forme d'appareils audio visuels, télévisions et autres. Ils viennent visiter notre Toyota et s'extasient sur la propreté du moteur, qui les sidère.


On quitte la frontière qui, du côté arrivée reçoit les visiteurs par ce panneau «Bon voyage en Jordanie» ce qui est très méritoire pour un pays anglophone. Ceci pour honorer la Syrie qui fut un instant francophone. Mais la Syrie a tiré un trait sur son passé...On peut lire ici «Happy Journey to Syrie»! On va essayer, chers amis.....

Donc, la frontière Syrienne ce n'est pas de la tarte...On va d'un guichet à l'autre, on erre, on achète un timbre visa, on va le faire apposer au guichet précédent et signer le papier à l'autre bout du pays, enfin on revient au premier....Tout cela, en sachant que le moindre papierégaré, bloque le voyageur à la frontière, sans rémission.

Enfin, à 11 heures 30, c'est la fin des tractations. Un employé nous souhaite« Bonne Route» en français et tous nos soucis s'envolent d'un coup

On respire à pleins poumons, tout heureux d'avoir pu passer ces deux frontières sans trop de difficultés. On repasse Deraa, qui est la première ville Syrienne et on s'installe à l'ombre d'un eucalyptus pour préparer notre repas, le manger, ranger notre vaisselle.

Vient à passer un beau troupeau de moutons dans un halo de poussière, Jean sort la caméra et filme. C'est alors que passe une jeep de l'armée qui se range près de nous. Cinq types en sortent , fusils braqués sur nous....

Trouille impossible à maîtriser! On ne sait pas ce qu'ils veulent, car ils parlent seulement « arabic». Ils prennent nos passeports très en règle pourtant. Un policier monte près de nous, les autres nous escortent, on ne sait où l'on va, ni pour quelle raison...

Malgré toutes les tentatives de tranquillisation de Jean, j'ai la colique, mais je suppose qu'il n'en mène pas large non plus....Mon palpitant se déchaîne....

Sans savoir où l'on est, on atterrit dans une minable caserne de police, il y a l à dedans 5 lits beige sale et ils nous invitent à nous asseoir dessus. Jean fait de la résistance et stoïque reste debout . Je m'assied car la situation risque de durer. Aux murs de couleur indéfinissable, des photos d'Afez El Assad et de son fils récemment décédé dans un accident d'auto. Un cr êpe noir, met le cadre en berne.

Il n'y a rien d'autre, pas le moindre paysage de Syrie qui, pourtant en possède de magnifiques. Une télé neigeuse, déroule son film Américain sous titré en arabe. On attend toujours, sans explication. Deux types à la mine patibulaire ne nous quittent pas des yeux...C'est bon! on est gardés à vue et ce n'est pas drôle de ne pas savoir pourquoi!....

Jean voudrait bien ses lunettes qui sont dans le Toy, un policier l'accompagne fusil braqué. Je me ronge les sangs. Cette attente qui n'en finit pas est insoutenable.
Ca dure 3 heures peut être, puis ils nous font sortir et sous bonne escorte, on rejoint le Toyota. On peut comprendre que l'on retourne à Deraa ville frontière que l'on a quittée ce matin.

Mince alors! ils veulent tous monter avec nous. Nous n'avons que 3 places, mais ils se seraient bien mis sur nos genoux, ou au pire me vider pour occuper mon fauteuil. Jean met de l'ordre en criant bien fort et garde un seul policier qui se met à fureter partout:

Dans la boite à chaussures où sont mes documents touristiques, dans les livres guides qu'il lit à l'envers, l'air entendu. Il est subjugué par la carte routière que j'ai annotée avec le stabilo. C'est fou! il n'y comprend rien. Peut- être croit il que l'on vient d'Isra êl! est-ce la raison de notre problème? ...On se perd en conjectures.

On arrive à Deraa, mais on ne va pas à la frontière...On atterrit au bureau central de la sûreté de l'état....Rien que ça , on nous prend pour des espions!......Pauvres de nous
Une longue attente encore dans un bureau rempli de téléphones au repos. Le lit, partout présent jouxte le bureau sur lequel trône un gros bouquet de fleurs artificielles violemment colorées. Au mur les m êmes photos d'Afez El Asad et de son fils cerné de cr êpe noir.

Les téléphones se mettent à ringuer de partout, nous attendons toujours. Je supplie ma colique de se tenir tranquille devant les deux minables qui nous gardent sans le moindre sourire, tout imbus de leur importance. Je balise au plus haut point.

Soudain, on doit passer dans la pièce à côté où nous attend le chef supr ême, nanti de son interprète, on va peut- être enfin se comprendre.
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Tout se déroule à merveille, nous disons l'objet de notre visite en Syrie et aussi que c'est la troisième. Nous parlons avec enthousiasme des sites que nous connaissons et que nous espérons revoir. Comme par magie, la politique est amenée sur le tapis. Mais on a appris la prudence et on en use avec usure....L'interprète professeur de Français nous aide de son mieux. On parle du passé qui nous a liés envers et contre tout et malgré les erreurs commises, la Syrie est très fière de ce passé.

Maastricht est aussi de la f ête et on peut déduire de notre conversation que la Syrie est assez admirative de la création Européenne et qu'elle serait flattée d'en faire partie....
Nous nous sommes arrangés pour trouver des arguments pacifiques en privilégiant les arts et les belles lettres, tout en avançant sur des coquilles d'œufs.

Enfin voil à! on s'est un peuégarés, on a pris le thé avec des douceurs et c'est notre policier cerbère qui nous a porté le plateau. Il me semble qu'il a l'air emb êté. syrie 40
Echange de cartes, adresses et téléphones qu'on devra utiliser, pour être protégés le reste de notre séjour. Poignée de main chaleureuse à notre départ, mais on ne sait toujours pas le motif de notre arrestation...On ne la saura jamais!...

On ramène chez lui, notre interprète, professeur de Français et buvons du thé accroupis en tailleur sur des tapis bariolés. On fait des tas de photos de cette jolie famille et de ses six enfants. Tous les voisins défilent et on apprend ainsi à connaître tout le quartier.

Le professeur Y. A; nous montre sa bibliothèque dont il est très fier. Il possède toutes sortes de livres classiques: Zola et Germinal, Bovary, Balzac, Molière...Trèséclectiques les lectures dans ce fin fond de Moyen Orient....Mais tous ses enfants se sont mis àétudier l'Anglais...on n'échappe pas à sonépoque...

Y. Pose près de sa délicieuseépouse et nous autorise à les photographier. Il nous fait ensuite les honneurs de son jardin cultivé pour compléter son traitement de professeur. Il fabrique aussi des parpaings de torchis qu'il vend à des entreprises. Ainsi nous avons rencontré une jolie famille qui nous a manifesté de la sympathie à un moment où nous en avions tant besoin.

En partant le petit Ahmed me remet un bouquet de roses blanches et la maman des biscuits au miel de sa fabrication, j'ai le cœur gros, mais il faut se quitter, en se promettant de s'écrire.

On retrouve à la nuit tombante le camping de Damas, bondé de camions de Roller Tours Exodus.Ils ont planté plein de petites tentes et jouent le bolero de Ravel à tue t ête. Mais on est si fatigués qu'on dort sans r êves ni cauchemars. Demain relâche! Après demain sans doute Palmyre, il nous reste 15 jours à passer en Syrie avant de reprendre l'Ivan Franko. On est sûrs de ce délai grâce à notre opticien de Aqaba qui nous a aidés à voir clair dans nos paperasses.

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syrie 41Dimanche 5 Juin.

Nous avons repris notre place sous le grenadier en fleurs, puis fait couler des hectolitres d'eau pour douches et lessives. Migraine pour moi, rage de dents pour Jean qui incrimine les ventilateurs de la police .

Abdallah vient nous saluer. Il a fière allure avec sa longue galabié grise devant son magnifique triporteur tout décoré de fleurs en papier, de perles et de plumes. Il a soigneusement collé la pin up aux longues jambes sur son pare brise, je ne sais si Souad apprécie.

En quittant le camping de Damas, tout le monde nous embrasse, la main sur le cœur, de ce geste que je trouve si joli et vogue vers Palmyre, cette ville mythique où ils ne sont jamais allés...
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La route est désertique, on avait oublié....La chaleur est pire qu'au Sahara, car il n'y a pas un souffle d'air. Il n'y a pas de végétation non plus, dans ce désert de Syrie et à midi on doit faire du jumping pour se glisser sous un arbre maigrichon en haut d'une butte.

Ce n'est pas le Ritz, mais on a un peu d'ombre et on souffle un peu. C'est alors qu'un jeune syrien en tracteur vient tomber en panne juste à côté de nous. Jean sort sa boîte à outils et aide à réparer les défaillances....

Arriver à Palmyre en début d'après midi est inimaginable. Après la fatigue emmagasinée pourra t'on tenir le coup encore un peu? On reprend la place que nous avons occupée par deux fois sur le parking de l'hôtel Zénoubia, prévu pour les véhicules de camping.

A l'ombre du vieil eucalyptus, on boit deux Pepsi Cola sur un chapiteau corinthienérigé en table de jardin. On revoit pour la troisième fois les ruines de la très vieille cité de Tadmor bâtie au premier siècle de notre ère, envahie par les romains, qui l'ont appelée Palmyre à cause de son oasis de palmiers.
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L'arc de triomphe, la longue colonnade, le tétrapyle, , où trônaient les statues de notables et peut- être celle de la reine Zénoubia. On revoit aussi le joli théâtre, les temples dédiés à des dieux païens, les somptueux chapiteaux décorés d'acanthes et les pierres dorées brûlées de soleil.

Oui vraiment! Palmyre, c'est quelque chose! On arpente les avenues fréquentées par les moutons et les ânes et non plus par les carrosses de la richissime antiquité.

On rejoint notre «suite» à côté du Zénoubia où notre guide des années précédentes vient nous saluer. On bavarde aussi avec un jeune accompagnateur de Nantes qui mène un groupe de six Français. Il nous donne plein de tuyaux pour l'île de Chypre, devant clôturer notre programme.

L'hôtel Cham habilité à faire le change nous refuse un billet de 500 francs, sous prétexte qu'il est piqué...( la trace de l'épingle de la liasse) Alors ça c'est le comble. Jean en choisit un tout vierge dans son coffre...Et nous avons notre change de 3600 pounds Syriens.

Dîner dans la steppe sur l'itinéraire de Deir ez Zor. Repas vite expédie, dans notre salle à manger où le mercure affiche 45 °. On se hâte d'apprécier le poulet rôti, joliment enfermé dans une galette de pain toute ronde.

A Deir ez Zor on cherche le pont suspendu bâti par les Français en 1920, lors de leur mandat. On le trouve rétro, bien sûr, mais joli comme tout. C'est une passerelle en somme empruntée par les cyclistes et les piétons. Sur les rives de l'Euphrate qui coulent dessous, il y a plein de guinguettes et de la musique syncopée. C'est mignon, un peu abîmé, un peu sale, mais après tout il a 74 ans ce pont, je trouve qu'il a bien vieilli....

On décide de faire la pause nuit, sur les bords du fleuve, sous les eucalyptus au moins centenaires. C'est alors le ballet incessant des curieux qui, en moto viennent nous observer. Plus tard c'est la musique des pompes qui se déchaîne, à l'heure de l'irrigation des jardins. Stoïques on reste l à...Où aller d'ailleurs? Ce coin l à est le dernier salon où l'on cause et l'on y cause fort, S'endormir ici est un exploit , que l'on finit par réussir.

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Mercredi 8 Juin.

Ce matin, bonjour les dégâts sur les berges de l'Euphrate!....Toutes sortes d'ordures se sont données rendez-vous ici. Dare-dare, nous vidons les lieux en laissant, nous, place nette.
Maintenant, il nous faut longer le fleuve qui délimite le côté est de la Djeziré c'est à dire la région entre deux fleuves, ceux-ciétant le Tigre et l'Euphrate, qui délimite aussi la Mésopotamie.

Nous devons trouver le village de Tibni, d'où part une piste, qui va vers un site à visiter. Il s'agit d'Halabiyé que la reine Zénobie avait faitédifier en haut d'une colline pour surveiller la navigation sur le fleuve et leséventuelles invasions., ainsi que pour percevoir les droits de passage.

Après une piste, mal signalée on découvre Halabiyé. Quelle récompense! ce site merveilleux et inattendu est d'une rare beauté. A l'entrée des vestiges de la ville, une plaque en décrit l'historique en Français. Merci nos archéologues!

Halabiyé n'est rien d'autre qu'une petite ville ruinée du début de notre ère, mais encore debout sur sesénormes blocs de pierres. Au sommet, une citadelle démantelée qui devait faire tour de guet voisine avec uneéglise byzantine. Au bas de la colline coule l'Euphrate a mi course de son parcours.

Il n'y a pas à dire Madame Zenoubia savait choisir ses places fortes....Ilétait impossible de passer outre cette cité sans signaler son passage et payer ses droits de douane.

A l'heure du repas, il fait 42 ° dans l'habitacle et trouver une ombre relève de l'exploit. On est perdus sur cette fichue piste et ma carte Bartholomew archi fausse nous laisse dans l'embarras le plus complet. A force d'insistance on finit par trouver la route de Raqqa et l'on cherche toujours à s'abriter d'un soleil implacable.

L'ombre de deux arbres au bout d'une aire de battage nous accueille dans une semi fraîcheur. Au bout de l'allée il y a une ferme et juste à côté de nous une tente de bédouins. On bénéficie d'une paix totale , on sieste un peu et on repart.

Voici Raqqa, le pont sur l'Euphrate, le bâtiment rond tout incliné comme la tour de Pise, le coucher de soleil sur le fleuve doré. Pieds dans l'eau enfin!
Mais il faut dormir! on avise une station service où l'on peut prendre place pour la nuit, au milieu du matériel agricole. On va être tranquilles!...

C'est alors qu'un autochtone vient nous dénicher , nous fait porter du thé, baragouine avec nous qui ne comprenons rien. Pourtant si! Il s'appelle Mahmoud, il a 40 ans, 15 enfants et 2 femmes!...Bravo!
On décline avec plein de précautions toute autre invitation et dormons à poings fermés jusqu' à 6 heures.

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Jeudi 9 Juin.

A Raqqa, on a déj à un petit commerçant attitré, on lui achète de petites choses ,de l'eau et du sel. L'eau est moins chère qu'hier et le sel est discount...Normal on est des clients fidèles. syrie 45

Au milieu du rond point flottent côte à côte deux drapeaux, celui de la Syrie et celui de la Palestine. C'est ici qu'un jeune homme vient nous parler dans un Français parfait.

Il nous fait visiter la ville: la Porte de Bagdad, la mosquée au minaret rond, ainsi que les vieux quartiers envahis d'enfants. On prend ensuite un jus d'orange dans un bistrot dont le patron se fait appeler «docteur « car il aurait un doctorat de physique.

Onéchange nos adresses puis on se sépare. En consultant mon agenda, je m'aperçois que ce garçon nous avait déj à accostés il y a trois ans...curieuse coïncidence!...

Recherche ombre désespérément, car il y a toujours un soleil d'enfer. Il n'y a pas d'arbre dans ce pays, ou bien s'il y en a un il est enclavé dans des fils barbelés, pouréviter le broutage des animaux.
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On roule donc pour ne pas cuire complètement jusqu'au site de Resafa qui, à l'époque byzantine s'appelait Sergiopolis...La ville de Saint Serge.

On est sidérés devant ce site fabuleux! On a devant nous les vestiges d'une grande et belle ville cernée de murailles de gypse blanc et ocre que le soleil fait briller. La basilique sans toit est toujours debout, tout comme la tour de guet etc....

La centaine de petits cratères sur lesquels on marche ne sont autres que des maisons effondrées. Rien n'est fouillé! Que de recherches archéologiques à faire! si loin des circuits touristiques habituels....syrie 47

Nous quittons Resafa , impressionnés par la rencontre avec cette ville d'un autre âgeédifiée en plein désert.

On rejoint Alep, dans un tohu-bohu indescriptible. Quel tintouin dans cette ville aux dix millions de klaxons! On avance dans cette fourmilière en cornant, nous aussi à tout rompre. Les freins sont inutiles, le voisin qui gène n'a qu' à se pousser...

Et les feux dans tout ça? Les feux? Quels feux? Si tu en as vu un tu passes outre, tu te fais un passage où tu peux...Bonjour les froissements d'ailes, mais performance sans pareille si tu sors indemne de ce chaos.

Nous remontons le pays, pour joindre Lattaquié et retrouvons le camping Chalabi, à la sortie de la ville vers la frontière.

C'est le seul que nous connaissions et bien qu'il n'y ait ni eau, niélectricité nous nous en accommodons , pour une nuit. Je fais une partie de Trappe Trappe avec de grandes filles enfoulardées jusqu'aux yeux et je ne suis pas la meilleure joueuse.
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A l'heure de la photo aucune n'accepte de poser, le père l'ayant interdit. Jean les filme quand m ême, mine de rien.

On revisite Alep, Aleppo pour les Syriens. Nous rendons visite à la grande mosquée qui mérite bien mieux que ce rapide coup d'œil, au caravansérail, dans lequel foisonnent les marchands du temple, à la citadelle qui nousépoustoufle encore à chaque visite.

Traversée des souks aux tissus chatoyants et aux immenses ballots de laine blanche.

Le dépaysement est total et les senteurs d'épices, de cannelle et de cardamome complètent la note visuelle de ce moyen orient si différent de notre environnement habituel.


Dans la rue principale nous rencontrons les Russes de retour de la Kaaba. Ils tentent de réparer une panne qui a l'air sérieuse.syrie 49

Quelle pagaille l à dedans! quels bus fatigués! Les pauvres, sont tout de m ême contents surtout quand Jean leur parle de Spoutnik en montrant le camion en pièces sur le trottoir.....Accolades!

On quitte Alep et continuons vers le n ord. On traverse le fleuve Oronte, celui qui irrigue les jardins pleins de roses. Mais ici, il est pollué par toutes sortes d'ordures et aussi par la stagnation. Le vent àécorner le diable propage des odeurs qu'on ne peut imaginer.

Mais il y a de bien beaux triporteurs dans la ville. Tout peinturlurés et décorés de plumes et de perles. Ils transportent de tout, y compris des gens qui s'y tiennent debout enéquilibre, fiers comme Artaban.

Le nom de cette ville est Jisr Esh Shugür imprononçable pour nous, du coup je l'ai noté en capitales pour ne pas l'oublier.

Passé l'Oronte, on attaque le nord du pays composé des montagnes du djebel Ansaryé. Le climat est plus frais, le cadre reposant. Sans doute allons nous bien dormir!
On lève l'ancre tôt ce matin Dimanche.

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syrie 50Dimanche 12 Juin.

On doit visiter aujourd'hui le château de Saladin, juste avant Lattaquiié. Sa première appellationétait Qalaat al Sayoun , c'est à dire château de Saône, du nom de Roger de Saône qui l'avait conquis lors d'une croisade.

Saladin s'était bien vengé en envahissant ce Krak réputé imprenable. Depuis il a gardé le nom du vainqueur.

Un dédale de chemins pris au hasard nous mène en haut d'un piton, sur lequel subsistent des vestiges fabuleux. Quel courage il a fallu pour guerroyer des années durant, dans des endroits aussi inhospitaliers! et pour quelle cause au juste?

Comme tous les châteaux de croisés, celui-ci est identique en bien des points à tous ceux que nous avons visités mais en plus le site est vraiment exceptionnel. Le canyon qui entoure la forteresse fut entièrement taillé et creusé à mains d'hommes.

Et la couleur ocre de la pierre, tout concourt à la magie du lieu....Subsiste encore le pilier monolithe soutenant le pont levis , qui nous force au passage, à admirer les exploits techniques de cette main d'œuvre hors du commun.
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On joint Lattaquié en soirée, sans autre but précis que celui d'attendre le bateau ...Mais seulement Lundi prochain. Il faut aussi nous loger.

Le seul hôtel Européen de la ville est le Méridien, y entrer n'est pas une très bonne idée...Le prix déj à prohibitif de la nuitée est à multiplier par 7 ( 7 jours ) et ce tarif l à est tout à fait intenable, nous devons trouver un autre moyen.

Dans la foulée, un jeune autochtone nous propose un bungalow. L'idée est bonne, on s'entend sur le prix journalier de 1000PS soit 135 de nos francs. OK ça marche.

Le bungalow n'est autre qu'un villa inachevée au bord de la mer. Un peu crade, mais confortable, malgré tout.

Clim, réfrigérateur, ventilateurs rien n'y manque, sauf la propreté. Onétale nos torchons et des chiffons blancs pour pouvoir poser notre vaisselle quotidienne, c'est fou comme tout change d'aspect.

Mais tout ça est sans importance! d'ailleurs l'eau de Javel fait des miracles et j'en utilise des flots.

Depuis notre terrasse, la vue sur la mer est imprenable...Au fait, c'est la Méditerranée cette mer-l à!

La plage s'appelle « La Côte d'Azur» et bien que ça soit un peu pompeux, ça nous plaît bien. On s'aperçoit que peu de garçons savent nager, les chambres à air d'auto servent de bouées....

Quand aux dames qui l'osent, elles se trempent tout entières avec leurs v êtements, foulard bien serré sur leur t ête, Jean filme depuis notre balcon, merveilleux point stratégique.

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Mardi 14 Juin.

Agitation la nuit dernière, pannes de courant, donc plus de lumière, plus de clim.
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Chaleurétouffante, moustiques dévoreurs, malgré l'insecticide et ce matin, bonjour les cloques et la truffe fleurie. Après dîner, visite du site d'Ugarit fouillé par uneéquipe d'archéologues français.

Ontété découvertes ici des tablettes recouvertes d'écriture où seules les consonnes sont indiquées, le lecteur devant restituer les voyelles. Nos alphabets occidentaux se sont inspirés par la suite de cette découverte.

Seule, une magnifique poterne ouvrant sur les ruines de la vieille cité parle à notre imagination, mais des hectares de terrain restent à fouiller et les générations futures d'archéologues ont un avenir plein de promesses....


En flânant sur notre balcon , on est à nouveau dévorés, malgré l'insecticide habituel à peu près inopérant. On asperge quand m ême la chambre , dont on ferme la porte qu'on aura toutes les peines du monde à rouvrir....

Juste au-dessus de nous l'hélice du ventilateur de plafond tourne à toute vitesse et il est impossible de la régler. Jean dit que si elle se détache, à cette allure, on sera décapités...C'est fou comme ça aide à s'endormir dans la sérénité.....

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syrie 54Mercredi 15 Juin.

Ce matin , la clim coule à flots contre le mur et dans la valise de Jean . Il faut donc relaver tous les v êtements. Zut et zut!

On va donc signaler chez le propriétaire la panne de clim et celle du gaz qui vient de déclarer forfait.

Il y a chez lui plein de monde à prendre le thé en r êvassant, on se joint à eux. Un convive trèsélégant arbore un polo vert pomme décoré du crocodile et sous- titré Lacouste....les contrefaçons sont de sortie!...

On est allés lancer notre courrier et le postier nous interpelle pour nous serrer la main, idem pour le flic du carrefour qui nous arr ête pour s'enquérir de nos nouvelles. C'est qu'on commence à faire partie des meubles .

Depuis notre balcon, toutes les imperfections de la plage disparaissent, on y revient donc dare dare. Tiens «Cerise» est amarré juste devant chez nous! Il est bien tentant ce joli bateau de promenade, mais la peur du naufrage nous retient par la manche.....

Demain à 12 heures Yvan Franko arrive d'Alexandrie via Beyrouth. Courte escale à Lattaquié où nous embarquons pour l'île de Chypre....Car l'aventure continue!....

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Jeudi 16 Juin.

Toujours à Lattaquié, pour le dernier jour. Ce matin temp ête sur la mer devenue bleue marine, vagues impressionnantes et malgré ça les enfants jouent . Quand est-ce qu'ils dorment ceux-l à,? Il est à peine 5 heures du mat ils sont frais comme des gardons...

En se réveillant on a la surprise de voir un grand feu de joie avec les ordures entreposées à deux pas du Toyota, juste devant notre villa. On aurait pu avoir un magnifique boum avec le carburant et le butane entreposé dedans . Ils sont complètement inconscients! Jeanéloigne le camion.

Malgré mes annotations journalières, on n'est plus du tout sûrs de la date, c'est notre ami postier qui nous la précise enéclatant de rire. Au port, surprise!....Yvan Franko, qui doit faire escale n'est pas l à, personne ne peut nous dire pourquoi....C'est le flou le plus complet. Les bureaux sont vides car on est Vendredi , jour de prière et de repos. On avisera demain, ne nousénervons pas encore!...

On rentre au bungalow, la mer est toujours en temp ête, espérons du calme pour demain....

Jean doit inverser les commandes des ventilateurs des deux chambres, la meilleure des deuxétantéquipée du plus mauvais, maintenant aucun des deux ne marche, heureusement le climat s'est adouci.

Jean ré inverse les systèmes. Par ci par l à il raccorde des fils qui se baladaient n'importe où, maintenant tout marche à merveille, mais il faut changer de chambre car le notre s'est mis à grincer. Quelle mécanique, alors!....

La temp ête s'est calmée d'un coup.. Le bateau «Cerise» s'est à nouveau amarré au pied de la maison., j'aime son balancement et la belle image qu'il dessine sous nos yeux.

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Samedi 18 Juin.

Ca va être notre f ête aujourd'hui!....La «shipping and co» que nous contactons pour avoir confirmation de l'arrivée de l'Yvan Franko, nous confirme justement son annulation ....Sans autre forme de procès « is cancelled, sorry for inconvinience» . On est en plein pastis nous ici!...Il n'y a pas d'autre traversée prévue, de plus on a payé notre voyage de retour et on ne veut pas passer par la Turquie à cause de l'insécurité qui y règne en ce moment....

Eh bien! si on veut rentrer on est bien obligés de la traverser de part en part.
La frontière à Kassab est rejointe en deux temps trois mouvements. Il paraît que nous avons dépassé de deux jours le temps qui nousétait imparti, nous qui n'avons cessé de surveiller ce laps de temps. On n'est pas pénalisés, c'est encore heureux!...

Finalement cette petite frontière est bon enfant, il y a peu de trafic et du coup les douaniers prennent le temps de plaisanter avec nous. Ils nouséchangent à un taux d'usuriers les livres Syriennes contre les Turques. Heureusement il nous en reste très peu.

On roule vers Ankara, il y a plein de kilomètres et l'on a le temps de ressasser notre rancœur, sans qu'il y ait la moindre place pour l'inquiétude.
Le week-end en Turquie se situe le samedi et le dimanche, en Syrie le jeudi et le vendredi, donc, pas de banque, on rationne au max. C'est fou ces violons mal accordés entre deux pays voisins. Et comment faire pour le carburant alors que la carte visa, n'est pas toujours acceptée?

Après l'extr ême chaleur de la Syrie, nous longeons la route de l'anti - Taurus couvert de neige. Le climat change radicalement et les polaires sont à nouveau de sortie.
On roule sur des tronçons d'autoroute entrecoupés d'aires Alany sur lesquelles il n'y a rien. Les péages atteignent des sommets: 110 000 LT à Istanbul, le lire de carburant est à 11 200 LT et le plein à 600 000LT. On a chaque fois l'impression de ne pouvoir payer, ce qui amuse nos interlocuteurs. L'inflation déj àénorme grandit de jour en jour et l'on change le minimum pour en bénéficier.

Il est 18 heures 15 ce Lundi 20 Juin, On passe la frontière à Ipsala....bonjour la Grèce!

Nous avons maintenant la traversée de ce pays, celle de la mer Adriatique, celle de l'Italie et celle du sud de la France, avant de tourner la clé de notre maison.
Que de choses à faire! On apprend qu'aucune de nos cartes postales lancées à Pétra le 25 Mai n'est arrivée à destination, mais alors aucune... Je me souviens de la pagaille sur la table de tri du postier avec le courrier pr êt à dégringoler entre le bureau et le mur. C'est ce qui est arrivé aux miennes, sans doute...Farceur de postier!...

Peu à peu, onémerge, il faut penser à récupérer le montant de notre billet de retour: Lattaquié le Pirée en passant par Chypre. C'est incroyable! Mais c'est en le réclamant que j'ai froissé Monsieur C. que nous considérions comme un ami...Quel malentendu!....On récupérera ce montant, mais on aura perdu cet ami lointain et dévoué. N'en parlons plus. Le voyage fut beau.

Jean et Lucie. icone mail

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campingcar sympa , bricolage , loisirs créé le 31/01/2002 par rémy , revisité 20/08/15 , hébergé par celeonet statistiques awstats règles de confidentialité