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Les récits de voyages de Jean et Lucie

Voyage en Lybie 1998

carte de l'itinéraire lybie 1998

Vendredi 1er mai 1998

Ca y est ! C'est reparti pour un deuxième tour !!!

Départ a 15 heures 30 de Balma pour Marseille
On embarque demain Samedi à 11 heures, mais il faut être sur le port à 9 heures, pour faire les formalités d'embarquement, puis se caser dans le garage du ferry.

Premier arr êt sur l'aire de Lançon pour souper : Poulet froid tomates croque sel, un peu de frugalité déj à !...

Papi essaie le frigo, le GPS !... ça promet !...

Parmi le foutral de marchandises entreposées dans une caisse en carton au milieu de l'étroit passage , il dresse la table que je vais garnir des mets sus indiqués .
On va se tasser pour y contenir car les tables extérieures de pique nique sont fraîches et mouillées , il n'est pas question de les utiliser .

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lybie 1Samedi 2 Mai

Aire de Lançon de Provence

Chouette ! le soleil s'est levé ! .... Après la grisaille des jours précédents on apprécie cette douceur .

Les camionneurs Italiens qui nous entourent ontété assez calmes , la route par contre a débité toute la nuit des flots de circulation .

Dormi légèrement , lever matinal , copieux petit dej, puis à nouveau, la route vers d'autres horizons .
On est sur le port à 8 heures 45 . Formalités réduites, puis on rejoint la cale du bateau pour ranger le Toyota et prendre possession de notre cabine.

Pléthore de jeunes ouvreurs qui nous dirigent , bien que nous ne soyons pas dépaysés , je pense qu'on, a la cabine voisine de celle que nous avions l'an passé .
Pour le déjeuner on a la table 37 , mais les 2 convives qui nous ont précédés ne sont pas bavards du tout . C'est très pesant . On s'apercevra plus tard , qu'ils parlent très peu le Français bien qu'étant Tunisiens , mais ils vivent aux Pays Bas ... Alors !

C'est toujours un bonheur de commencer cette petite traversée en forme de croisière . On discute par ci , par l à . Il y a beaucoup de sportifs ou soi disant tels, groupés sous diverses appellations. Ils font des raids dans le sable et préfèrent les circuits les plus difficiles ; road book à l'appui GPS et compagnie . Ils ont l'air d'avoir pris le carnet de chèques à 1OO pages .

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lybie 2Dimanche 3 Mai

Arrivée à La Goulette à 11 heures 15 ,

Formalités d'usage , assez vite remplies , car il y a peu de monde . Change aussi et, nouveauté: paiement du timbre fiscal de 1 DTU qu'il faut coller sur l'autorisation de circuler . La valeur du dinar est sensiblement la m ême que l'an passé .

En attente , les nombreuses motos et 4X4 rutilants des raiders dont j'ai parlé plus haut . On double tout ce monde et on va s'installer sur la placette qui jouxte la plage de La Goulette , pour notre repas de la mi- journée .

Déj à installés et en train de réparer, un couple d'Espagnols avec un Unimog Mercédès. Ils ont une panne qu'ils qualifient de " petite " .Alors , on se met en devoir de casse-croûter . Les aliments sont restés frais dans le réfrigérateur , pourtant arr êté sur le bateau .

Salade de tomates , jambon , camembert , orange , café . Tout est englouti en un temps record . Les Espagnols réparent toujours ...Papi revient leur porter secours , car c'est bien plus grave que ce qu'ils ont dit . Ce serait une histoire de freins ....
Ils déploient , papi compris leurs caisses à outils . Celle des boulons et vis est une boite de Nesquik , elle-m ême rangée dans une lybie 3jambe de pantalon désaffecté . ! ... Mon vieux quel boulot ! ...

Evidemment il y a trois cent mille pièces , mais la seule qu'il faudrait manque inexorablement ! Calculs , plans , technologie déployée , ils font aussi de la métallurgie pour obtenir la bonne dimension de leur pièce trop grande et finissent bien par y arriver , après je ne sais combien d'heures passées sous un soleil de plomb .

Pendant ce temps , on a tous révisé à tour de rôle l' Espagnol, l'Anglais ; le Français plus le langage des signes . Papi est le champion , il jongle avec adresse avec chacun d'eux et s'en sort à merveille . On fait des " pictures " souvenir et on apprend qu'il s'appelle Julio et elle Julia ? ilsétaient donc faits pour se rencontrer .

Mais à la lecture de leur carte de visite , on , prend un fou rire de première , car il s'appelle aussi Iglésias . J'ai soigneusement collé cette carte de visite hors du commun à la fin de mon récit , car sinon personne ne m'aurait crue .

Ensuite on s'est séparés , chacun sa route ....

On a pris le bac pouréviter Tunis , joindre Radès et la route vers le sud .

Chemin faisant on a pu admirer les ruines de l' aqueduc romain long de 1OO kilomètres qui dans l'antiquité reliait les sources de Zaghouan à la ville de Carthage . Il reste encore quelques kilomètres d 'arches plus ou mois debout , malgré leur âge canonique d'une vingtaine de siècles . ... au moins !

Tard dans l'après midi , on joint Thuburbo Majus et ses ruines Romaines grandioses , que l'on parcourt en flânant jusqu'en haut de la colline . Un vent violent et froid nous faitécourter la visite , mais comme on passe la nuit sur le parking avec l'accord du gardien , on profite encore du merveilleux décor . lybie 4

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Lundi 4 Mai

Parking de Thuburbo Majus

Ce matin le vent est toujours aussi violent , mais le soleil apparaît un peu timide ... nuages gris , printemps incertain !

On décide d'aller vers El Fhas puis vers le sud , encore bien lointain . Mais la lecture des guides en décide autrement . On crochète donc vers Dougga , autre site archéologique , le premier de Tunisie .

Cette visite nous enchante . .. Temples encore debout escaladant une colline de 6OO mètres , vieilles pierresémergeant d'un foisonnement de fleurs jaunes , mauves , bleues et roses ... Superbe ! Beaucoup d 'inscriptions latines , intraduisibles pour nous , sculptures , colonnes et chapiteaux .

L à aussi il y a Le Capitole , le forum , les thermes , l' arc de triomphe d'Alexandre Sévère ... Tiens qui c'est celui- l à ?

Sans s'en rendre compte , on marche une bonne heure à travers les cailloux, les marches usées qu'ils ont empruntées aussi , il y a combien de temps ?...

On rejoint Sbeitla vers 7 heures ( 6 heures ici ). On se trouve un hôtel dans la ville , on dîne copieusement et ....dodo !

Je ne sais pas si l'on dormira très bien , car la mosquée au " minaret octogonal " dixit notre guide est juste en face et les prières ne se font jamais discrètement ... On verra bien !

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Mardi 5 Mai

Hôtel Bakiri à Sbeitla

Il est 8 heures à peine , on entre pour la visite de la cité en ruines , superbe au soleil levant , mais hélas trop visiblement restaurées !

A cette heure , il n'y a qu'un autre couple et on y contient bien . Il y a aussi beaucoup de travailleurs qui raclent l'herbe entre les pavés en opus incertum , d'autres préparent les mosaïques et les placent en reformant les motifs de l'antiquité .

Il aurait mieux valu ne pas voir tout ça , car maintenant on n'a pas fini d' être sceptiques sur tout ce qui touche aux chefs d'œuvres anciens . Mais il y a un autre désagrément , on n'arr ête pas d' être harcelés par tout le monde : vendeurs de statuettes antiques et de monnaies Phéniciennes , ou bien quémandeurs de stylos de dinars , de maquillage , de tout . Il y a aussi les changeurs de monnaie Française .

Après ces critiques , on ne peut qu'admirer, les nombreux monuments relevés de cette cité , la couleur des pierres que le soleil matinal dore , l'Arc de Triomphe et les 3églises chrétiennes , les temples Capitolins et les 3 piliers de l'église de Servius qui ressemblent à des totems .

Nous nous sommes laissés enchanter par le site et nous y sommes attardés jusque près de midi . C'est alors la déferlante des tours opérateurs , qui emplissent tout bruyamment . Quelle veine de leséviter ! ...

lybie 5Visite au musée ,écriture des cartes , puis départ vers Gafsa . En route , notre salle à manger se dresse sous les eucalyptus près d'un champ clôturé de figuiers de barbarie . Autour de nous et à perte de vue c ' est déj à un paysage désertique piqueté de petits bouquets d'herbe grise couleur de poussière . Ici et l à quelques arpents d'alpha ou de céréales maigres .

Notre but aujourd'hui est de joindre Metlaoui afin de prendre demain le petit train rouge qui surplombe les gorges de l'oued Selja . Le vieux lézard rouge comme on l'appelle ici , cadeau de la France , servait de transport aux beys du Bardo à leur résidence d'été à La Marsa .

Mais voil à ! Notre malchance aidant , le train qui roule toute la semaine fait relâche demain Mercredi et les gorges ne sont pas approchables autrement . On doit donc occulter cette visite que nous ferons plus tard ... peut- être .

Et on prend la route vers Midès , oasis tout à l'ouest , qui nous est chaudement recommandée par tous les guides que nous possédons .
L'itinéraire coupe un plateau de calcaire et se faufile à travers de gigantesques montagnes blanches , qui donnent le phosphate , première ressource de la région et m ême du pays .
Tout ici est saupoudré de cette poudre blanche et des kilomètres de wagonnets font la chaîne pour transporter ce précieux minerai .

Il faut faire attention de ne pas prendre la piste des forages et les panneaux indicateurs sont rarissimes . Les ouvriers nous orientent , heureusement . Après des kilomètres poudrés , on traverse un plateau où la route va droit devant elle à l'infini , avec plein de dos d'ânes que l'on aperçoit trop tard , pour n' être pas projeté au plafond . Il est presque 8 heures lorsqu'on arrive à Midés . La guerre fait rage entre les 3 terrains de camping alignés le long du canyon .

Tiens ! ils sont tous empilés au premier , car le jeune propriétaire est particulièrement convaincant . Mince ! il veut nous entasser aussi , mais il n 'y réussira pas . Le camping de l'oasis semblant ne plus fonctionner on opte pour celui du Canyon de Midès où nous sommes seuls .

Une formalité imprévue : Il faut déclarer notre passage à Tamerza située à 1O kilomètres . La nuit tombe , on aimerait bien se reposer ., mais il faut partir faire les papiers impérativement .

lybie 6lybie 7On est déprimés ! Le patron nous accompagne à travers des pistes sableuses qui font gagner du temps paraît il ! Retour au camp à la nuit . Préparation du souper à tâtons ainsi que de la tente de toit . Il fait nuit noirs , pas la moindre lumière , autour de nous et l'Algérie est à quelques centaines de mètres ... Je ne dis pas que je suis folle de joie et pourtant , calme total , sous le bruissement des palmes , le sommeil est réparateur .

Au matin , tranquillité totale pour la toilette et ... l ' hygiène dans la palmeraie . un dé à coudre d'eau suffit à nos ablutions .

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Mercredi 6 Mai

Camping du Canyon de Midès

A 8 heures le patron arrive en mobylette Peugeot . Il est vraiment typique avec son anorak qui fut rouge , la t ête empaquetée par la serviette à carreaux de Yasser Arafat . Il nous fait visiter sa cabane aux pierres qui est aussi son atelier .

Des tonnes de pierres sont entreposées l à , rondes et blanches il les travaille avec son marteau tout autour avec une certaine habileté , le miracle est à l'intérieur ... Géodes de quartz et de calcédoine , brillantes comme des diamants , il y en a une fortune !

Il possède unétal au ras des gorges et nous indique le chemin , pour descendre au fond du canyon que nous pensions impossible à atteindre sans varapper . Merveille de la nature ! Quelle récompense d'avoir osé crapahuter ! ..

Tout au fond de cette gigantesque faille court un ruisseletépuisé qui va se perdre dans les sables , après avoir abreuvé 3 palmiers . Au dessus de nos t êtes , des falaises ravinées, ocres , qui s'enchev êtrent et , posé dessus le vieux village de Midès aux maisons effondrées .

lybie 8On a bien failli recevoir des pierres que des touristes inconscients ont lancées du haut des rochers . On a crié de toutes nos forces et on a entendu des rires ... les gens sont fous !

On rentre en rebroussant chemin , cette après midi , on visitera le vieux village et le canyon vu d'en haut .

Des groupes viennent en Land Rover et repartent aussitôt , juste un petit coup d'œil en somme . Nous avons mis deux jours , ça valait vraiment le coup de s'attarder .
Papi dresse la table sur des parpaings à l'ombre des palmiers .lybie 9

On a une salle à manger " dromadairement " belle comme dit Hedy notre patron de camp . Il nous explique que " vachement " ici ça ne peut exister , car il n'y a pas de vaches ...Il nous guide après dîner vers les cascades de Tamerza .

Autres paysages à couper le souffle et toute cette eau qui gicle de nulle part et dévale à travers des rochers ocres aux formes tarabiscotées ; Ce que c'est beau ! Les paillotes aux souvenirs gâtent un peu le décor , mais c'est la seule ressource du coin , alors ...

indulgence ! On y trouve des tapis colorés , cailloux , flûtes en roseaux , serpents ,lézards et scorpions dans de petites boites transparentes , boissons de toutes couleurs , thés verts , rouge , jaunes ou noirs , au citron à la menthe etc....

La vie est dure , il n'y a rien d'autre pour vivre ici , alors ! ... Nous dit Hedy

Après on est allés à la grande cascade et l'on a consommé une grande bouteille d'eau minérale à nous trois . N' emp êche que j' ai dû accepter un verre de thé , moi qui n'aime pas ça juste devant le site . Je crois que je vais le payer cher . ! ...

Heddy nous a utilisés pour porter une parabole à sa sœur dans la montagne . Allez ! la coupe du monde de football se prépare dare-dare .

Retour au camping du canyon parmi les palmiers . Les ânes braient , les land Rover continuent leur va et vient ., incessant et rapide .

Papi bricole le gaz qui n'a pas marché ce matin . Est- ce la bouteille qui s 'est déj à vidée ? Après contrôle , c'est le détendeur qui est fichu , donc il faut se passer de chauffer les aliments . Par contre le réfrigérateur continue de bien marcher , c'est l'essentiel !...

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Jeudi 7 Mai

Canyon de Midès

Il est 9heures 5O , le soleil est déj à bien chaud . Nuitépouvantable , pour moi : Aboiements des chiens et surtout mal aux intestins .... La tourista quoi !
Alors l à , je ne connais pas grand ' chose de pluséprouvant que ça ... Avoir la diarrhée sans water , sans eau et être malade comme un chien . Les remèdes ingurgités en toute hâte calment un moment , puis tout repart .
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On quitte Midès dans un tristeétat et à Tamerza cherchons un taxiphone . Je vomis le café en pleine rue devant les enfants médusés qui vont à l'école . Mais j'ai des nouvelles de qui tu sais et c'est bien le meilleurs moment de la journée .

Traversée des deux chotts au paysage désertique , puis arrivée a Tozeur tôt dans la soirée et recherche du camping " Les beaux r êves " où l'on s'installe sous les palmiers . Moi je continue à me soigner assidûment mais les résultats sont maigres pour l'instant . Je ne garde aucune nourriture et ne sais pas ce que nous allons devenir !...

Vendredi 8 Mai

Camping " Les beaux r êves " à Tozeur

Je n'ai de souvenir que le riz que j'avale à tous les repas pour enrayer ma " tourista " récalcitrante et le Coca Cola qui fait merveille paraît - il ... 48 heures sont nécessaires pour que tout rentre dans l'ordre , alors je m'efforce d' être patiente .....

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Samedi 9 Mai

Toujours camping " Les beaux r êves " à Tozeur

Ma santé s'améliore , je peux désormais envisager une petite excursion ... en calèche .

C'est ce que l'on fait dans la fraîcheur matinale . avec le jeune guide Fathi et son cheval Ali Baba . La palmeraie dont on nous rebat les oreilles ... Bof !
Le belvédère gratifié de 3étoiles dans le guide .... Bof ! ... Serions nous blasés ?

Le centre de la ville nous a quand m ême bien plu . Tout construit en brique crue beige clair , avec des reliefs ou des retraits qui forment des décors géométriques , il offre un ensemble vraiment original . Belles grilles de fer forgé , mosaïques d'inspiration byzantine , complètent un ensemble architectural des plus harmonieux .. Animation sans fin dans les rues où passent des touristes de tous âges , sacs au dos et bob vissé sur le crâne , nombreuses calèches tirées par des chevaux en attente de clients près du camping , Tozeur est une ville extr êmement fréquentée .
Les tours opérateurs s'y succèdent à une cadence effrénée , tout comme les charters déversant leur cargaison de voyageurs qui s'installent dans les beaux hôtels des quartiers tout neufs , construits exprès pour eux .
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Comme j'ai dit plus haut la palmeraie nous a déçus . pas soignée du tout , avec des palmes sèches qui pendouillent sous les arbres et dessous une broussaille inextricable . On a aperçu quelques figuiers , bananiers et un jujubier , le tout cerné par des détritus de tous ordre , dans une atmosphère nauséabonde d'eaux croupissantes ...

Fathi nous a laissés en ville où nous nous sommes baladés parmi les autochtones , puis on est rentrés doucement aux beaux r êves .

Parlons en de ce camping , propre net , petite oasis dans la grande où l'on campe sous les figuiers les treilles et les bougainvillées . Bref ! Il y a aussi un bar , un patron Italo Tunisien qui parle super bien le Français , hélas ! la nuit tout se gâte ! Des meutes de chiens se mettent à aboyer , à se répondre , à s'apostropher , à gueuler à tue-t ête , à emb êter tout le monde et ça jusqu'au petit matin ; puis enfin ils s'arr êtent , ils n'en peuvent plus les sales b êtes , nous de m ême et on s'endort .

Mais alors pigeons et tourterelles prennent le relais et roucoulent le m ême refrain des heures durant . On ne fait pas long feu au lit dans ces régions . Faire la sieste permet de résister .
Résister aussi à ma dysenterie qui s'estompe peu à peu en me laissant des muscles en macaroni et un moral dont je ne parlerai pas .

On est revenus en ville et stationnons devant les Trésor public . On part à la petite aventure dans les rues de la vieille ville . Les boutiquiers ont sorti leursétals et les trottoirs sont réduits à leur strict minimum . Je n'ose pas marcher de peur de tomber dans la porcelaine qui sévit en maîtresse et ne laisse au milieu qu'un mince ruban qu'on poursuit en mettant précautionneusement un pied juste devant l'autre à la manière des mannequins de couture .

Puis on s'est mis à chercher une brosse à ongles , car j'ai oublié la mienne et dans ce climat m'en passe difficilement . Ca m'a rappelé l'épisode " clé de 13 " d'il y a quelques années ... On a visité plusieurs boutiques , chou blanc mon vieux ! ....
On décide alors de prendre une brosse quelconque : brosse à chaussures , à water , en chiendent , on est revenus bredouilles . Le pharmacien me demande pour quel usage , on n'en revient pas . J'ai pris une brosse à dents pour mes ongles .....

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Dimanche 10 Mai

Encore " les beaux r êves "

9 heures . On n'a pas fermé l'œil de la nuit , mais alors pas une seconde ....Bal musette jusqu' à 4 heures ce matin , avec des sonorités tonitruantes , puis les chiens ont scandé leur harmonie habituelle et en ont m ême rajouté jusqu' à ce matin 6 heures .
Le muezzin s'est mis de la partie et a chanté ses plus longs couplets , ça n'en finissait pas . Seules les tourterelles se le sont tenu pour dit et ont rengainé leurs roucoulades Papi entre temps a bien trouvé le moyen de s'endormir et de ronfler comme un sapeur . Aussi ce matin à l'aube tout le monde est debout .
Déjeuner , toilette, rangement des valises ,sacs , poches et compagnie , récupération du guide de la Libye emprunté par notre hôte , puis " au revoir " aux " beaux r êves" à la prochaine .

lybie 12Nefta est l'étape suivante , que tous les guides louent à grand renfort de qualificatifs . Mais que se passe t' il ? Le charme n'opère pas ! Que dire de cette Corbeille d'or autour de laquelle la ville est bâtie et qui abrite la palmeraie à la manière de Tozeur ?

Cette corbeille n'est autre qu'une montagne ocre , une sorte de cirque raviné où convergeaient des sources aujourd'hui taries . Il n'y a plus d'eau dans ce site si ce n'est l'eau croupie de la ville à laquelle s'ajoutent les ordures , alors on a bien vite déguerpi vers ailleurs ....

Ailleurs , ce sera l'oasis de Douz , gardienne du Grand Erg . Le nom du village viendrait du douzième bataillon Français qui a séjourné ici à la fin du siècle dernier . A moins que ce ne soit une légende ....Pour atteindre cette oasis il faut prendre la route entre les deux chotts : Le chott El Jerid et le chott El Rharsa .

Route- piste vraiment superbe , qui de faufile entre les canaux de sel et d'eaux vertes , ou rouges ,ou oranges, ou bleues , bordées de cristaux blancs . Toutes les baraques à souvenirs de la planète se sont donné rendez-vous ici , on y trouve des tonnes de roses des sables , des tapis , de la burnouserie etc....Pendant plusieurs dizaines de kilomètres ce paysage différent des autres nous a beaucoup plu

Pour dîner on a stoppé après Kebili à l'ombre d'un palmier , mais au pied d'une dune . Enlisement garanti !... Rires goguenards des gamins du coin que papi avait chassés en leur disant , je ne sais en quelle langue " Raspa ! " Heureusement le crabotage a joliment vaincu l'obstacle " sable " .... Pourvu qu'il en soit toujours ainsi ! ....

A 15 heures on est au camping du Désert à Douz . On rafle la seule place à l'ombre . On va attendre une heure plus favorable pour sortir .
On pousse alors jusqu' à Zafrane où baraquent sur la dune brûlante les pauvres méharis en mal de touristes . Ils ont rev êtu leurs beaux atours , selles d'apparat et pompons bariolés et attendent patiemment .

En rentrant au camping , d'autres habitants se sont installés , en majorité Allemands , avec leur confort habituel : Barbecue , larges tapis d'entrée , parasols, nappes à franges . Ils trimballent de gigantesques bassines remplies de vaisselle et d'appareils ménagers . Pourtant je n'ai pas honte , bien au contraire , de partir laver nos 2 assiettes, 2 couverts , 2 gobelets , ça fait bien un peu pauvre , mais rien ne nous manque , alors !....

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Lundi 11 Mai

Camping du Désert à Douz

On fait nos courses à Douz avant de prendre la route vers Matmata .Comme tous les marchés sahariens celui-ci est cerné des 4 côtés par des arcades irrégulières sous lesquelles les marchands ontétalé leur camelote .

Des tonnes de roses des sables , objets en cuir de chameau ou de chèvre , textiles colorés et brillants , tatanes faites par les nomades etc ...
Mais on fréquente aujourd'hui le coin de l'alimentation .

La route vers Matmata s'interrompt par instant pour devenir piste ingrate . On circule alors dans le sable de la déviation pendant des dizaines de kilomètres et on finit par atteindre Matmata et ses maisons dans les trous .

Piste encore vers Toujane et ses maisons de pisé qui se confondent avec la montagne . On s'arr ête longuement a mi- pente pour admirer la beauté de ce site sauvage , puis on prend de l'eau à la source et sachant qu'elle est pure , on fait le plein de tous les réservoirs et bidons , car ça ne se renouvellera pas de sitôt .... A l'ouest c'est la frontière !....

Surprise! Sur la route de Ben Guerdane , à l'ombre des eucalyptus ,l' Unimog de Julio et Julia est en attente . Sur le bas côté , elle fait de grands gestes pour nous faire stopper dès qu'elle nous a reconnus .

On se revoir , onéchange des souvenirs ( Déj à ) de voyage . On sirote du café et on passe la soirée ensemble , c'est chouette !... Demain , la frontière ... ça l'est moins !...

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Mardi 12 Mai

lybie 14Sous les eucalyptus de la route vers Ben Guerdane

7 heures , le soleil , levé depuis un bon bout de temps menace d' être très chaud , et la journée pénible .

Change avec les banquiers de la route qui brandissent leur liasse de billets à chaque passage de voiture . Pour 1OOO francs français on a 5OO dinars libyens ;
Bien des formalités à la frontière et des pas commodes . Comment répondre sans me tromper à un questionnaire précis rédigé seulement en caractères arabes ? Et saisir au vol les questions orales posées en Anglais ?

Après plusieurs courses aux différents guichets situés aux antipodes les uns des autres , il a fallu faire de la métallurgie pour fixer les plaques minéralogiques arabes qui ne comportent pas de trous pour placer les vis ...

A midi passé tout est terminé , on se restaure , on boit le café dans la salle à manger de Julia , puis on part chercher la route de Nalut . Problèmes de lecture et d'orientation , on avance à pas de fourmi dans un enchev êtrement de routes où les gens nous guident avec plein de gentillesse .Julio change l'huile de son moteur , papi a rempli de Naphta (gasoil ) son réservoir et ses 2 jerrycans pour la modique somme de 9 dinars soit 0, 11O fcs le litre , ce qui est pour nous un prix dérisoire .

Ils doivent bricoler encore sous les a arbres d'une pl ace publique . Grand cric à la main , mallette de technologie grande ouverte au sol , Julio a l'air d'un grand spécialiste . Il paraît que le moyeu est brûlant , il doit y avoir quelque chose de pas très catholique l à dessous . Il pense qu'il y a trop d'huile , il en déverse dans le sable , remonte sa roue et l'on s'en va lentement . .. à 6O km à l'heure .

Ainsi en fin de journée , on se croit à Nalut , mais un indigène nous détrompe , il y a encore 7O km pour y arriver . On décide alors de camper dans une palmeraie , en retrait de la route
L'endroit est très reposant . Dans la nuit une camionnette pleine de jeunes gens passe près de nous . Grands cris et chants à tue- t ête , mais ils nous laissent en paix .

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lybie 15Mercredi 13 Mai

Petite palmeraie avant Nalut

Bon anniversaire marraine pour tes 95 printemps !...

Ce matin Julio remet de l'huile , celle versée hier a l'air de manquer , ils sont l à encore à bricoler . Julia , elle, recoud un pantalon dont la couture a craché , moi j'écris, chacun son boulot ! ....

Tout à l'heure on va essayer de joindre Nalut et de prendre la route vers Derdj . Une floppée de km encore avec la chaleur et la lenteur .... Arriverons nous à bon port ?
A 1OO km de Derdj on s'est arr êtés à l'ombre approximative de deux ethels poussiéreux et on a mangé nos provisions . On a failli charger un Algérienémigré , mais on l'a gentiment découragé .

lybie 16D'après le GPS on est à 92 km de Derdj où l'on doit s'informer de l'état de la piste qui coupe vers Edri ... Je commence a stresser ferme ...

Derdj est une petite oasis , où l'on ne trouve rien du tout . Petites maisons cubiques brûlées de soleil , où pas un seul arbre ne survit . Pléthore d'enfants surgissant de partout , surpris de notre visite et qui réclament des cadeaux à cors et à cris . Pas le moindre quignon de pain dans ce fichu patelin , ni la moindre information concernant notre piste sur Edri , pourtant indiquée en pointillé sur nos cartes . Bon ! On sait à quoi s'attendre !... Et ce n'est pas si rassurant que ça ....

Papi et Julio font le point , chacun de son côté , pourétablir des points sur le parcours et surtout trouver le point de départ de cet itinéraire . Julio débute avec le GPS , donc il faut surtout compter sur papi qui se dépense sans compter . Il me tarde d' être à Edri , c'est à dire d'avoir terminé ce parcours au milieu de rien .

D'abord imprécise, la piste se trace net ; large d'au moins 5OO mètres à certains endroits , elle s'éparpille à d'autres . Le sable est dur, ça roule bien dessus , c'est souple , pour l'instant . ... Il y a juste quelques passages de rocs ou de ravines qu'il faut contourner , ça ne se passe pas trop mal . Mais est-ce que ça va durer ?...

Partis vers 18 heures dans la piste on stoppe vers 19 au milieu de rien dans le no mans land . Il y a seulement quelques traces de végétation malingre . Instinctivement on cherche du relief ,en pure perte , le reg est tout plat , il faut bien s'en contenter .

Au dîner , dessert de pinas y de naranjas , suivi d'un peu de conversation , puis coucher . Réveil prématuré par vent de sable .

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Jeudi 14 mai

Bivouac entre Derdj et Edri

On est en pleine hamada al Homra , il va être 8 heures , le vent de sable a sévi de minuit jusqu'au matin . Papi s'est levé plusieurs fois pour amarrer les courroies et les diverses toiles qui claquent au vent . Impossible de fermer l'œil et descendre au rez- de-chaussée relève de la pure acrobatie avec ces bourrasques d'une force inimaginable .

Ce qu'on est pourtant obligés de faire au petit matin lors d'une courte accalmie . Si peu de temps pour dormir ... et quelle cruauté d' être obligés de se lever au petit jour avant la chaleur , alors qu'on commence à peine la nuit de repos .

Tout l'habitacle est saupoudré de sable , il s'est partout infiltré , j'en ai plein le nez et la bouche , le ciel est tout jaune et les mouches nous dévorent . De quoi se nourrissent-elles celles -l à lorsqu'on n'est pas l à ?...

"Voulez-vous cleaner ? " me dit Julio armé d'un beau balai tout neuf ; tandis que Julia cherche à se débarrasser de la " bassoura " qui s'appelle " poubelle " en français .
Départ rapide ..... Plaies et bosses , rien n'y fait , on roule , on saute ça oui , on saute dans des trous profonds et inattendus , que l'on voit lorsqu'on y est dedans ...Alors ,tout à coup , par l à derrière , tout s'estéparpillé .

lybie 17La porte du placard s'est grande ouverte et tout est descendu à l'étage sans crier gare . La boîte de Neskiq ouverte en tombant a tout saupoudré : Chaises ,sol, v êtements , tout est chocolaté désormais ... Sauf notre petit déjeuner !...On récupère leséléments de ce décor de catastrophe : couverts , gobelets , nouilleséchappées de paquetséventrés que l'on ramasse une à une ... On remet tout en place enépoussetant , c'est indescriptible !....

Mais tout cela n'est rien , car j'aperçois ,soudain de l'eau sous le Toyota , des cascades d'eau , celle de nos 2 réservoirs qui se sont percés . Il n'y a rien à faire d'autre que les laisser se vider en contemplant la catastrophe .

Il nous reste , seulement deux petits jerrycans et Julio ne nous laissera pas en peine .

Le GPS nous conduit tout droit au " Bir Gazeil " " le puits de la gazelle " , quiétait une piste d'atterrissage pour les avions Italiens , lors de la dernière guerre .Le site est signalé par une stèle en pierre ,devant laquelle on fait un arr êt photo . Et la course repart . O n change de cap souvent , au gré des décisions du GPS que l'on suit à la lettre , sans réfléchir qu'il donne la direction à vol d'oiseau , tandis que la piste est tracée dans le parcours le plus raisonnable . Julio est le champion du hors piste ... pendant la première partie du parcours , ensuite, il s'assagira .

A l'arr êt, dîner de 13 heures . Julia contemple son désastre à elle . Tout a sauté et l'armoire placard s'est arrachée de la paroi où elleétait fixée , pourtant solidement . Tout les aliments sont p êle-m êle au milieu de l'espace cuisine . Un déballage fou . Ce que Julia a fait , tout d'abord ? Personne ne peut s'imaginer !.... Armée de son superbe Pentax elle s'est mise a photographier . Puis , sourire aux lèvres elle s'est assise devant , sans un mot d'impatience . Décidément , ces Ibères ont l'optimisme bien ancré ...

En ce moment , tout le monde bricole pour essayer de tout remettre en place , m ême provisoirement , ... et ce n'est pas une mince affaire .

Papi essaie de changer la bouteille de Butane déj à vide . On ne fait rien chauffer pourtant , mais elle alimente le réfrigérateur et c'est si agréable de boire frais avec ce climat .
On a traversé plusieurs types de paysages qui ont un trait commun: la platitude à l'infini . Sols caillouteux où l'on brinquebale avec des creux qui ne préviennent pas et dans lesquels on tombe à grands fracas , sols sablonneux parsemés de petits cailloux noirs sur lesquels on roule .bien . Parfois , on trouve des ornières profondes où le sable mou s'est entassé et où l'on s'enlise . Il faut craboter .

A 19 heures arr êt au bord du néant . On crève de chaleur et le frigo sans Butane ne marche pas .Julia m'a préparé un bon jus d'orange " Es para las mujeres " me dit - elle puisque les hommes boivent le pastis .

Mais le pastis versé dans le gobelet de plastique transparent se retrouve par terre . Il a troué le fond du verre qui a littéralement fondu . Est-ce que ça ne pourrait pas donner à réfléchir aux amateurs habituels de cet apéritif ??? ...

La nuit tome d'un coup , dès que le soleil s'en va . On grimpe par l'échelle double dans la salle à manger de Julia et comme tous les soirs : réunion , " para parlamentare " . Il n'y a plus de mouches , le ciel est jaune des vents de sable en suspens .

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Vendredi 15 Mai

Point 4 Hamada al Hamra

Il est 6heures 3O réveil en douceur . Je n'ai pas voulu dormir sous la tente de toit à cause du vent qui soufflait fort hier au soir , mais j'ai eu tort , car il s'est calmé assez vite . J'étais donc seule au rez de chaussée : sommeil de plomb quand m ême

Ce matin le ciel est tout beige , ça ne laisse rien présager de bon .

Le point 4 près duquel nous sommes , c'est Aouinet Ouenine . Il y aura un point d'eau et un contrôle de police obligatoire .

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< On a un moment longé des falaises gigantesques avec en bas un paysage maritime de sable et de cratèreséteints que les autochtones appellent des " garas " . C'est magnifique !... Quel incroyable ruissellement a pu dessiner un jour cette merveille ? " On dirait " la mare " me dit Julia et c'est vrai , on dirait bien la mer .
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Julio s'assied sur le promontoire , admire et r êve , lui qui est plutôt terre à terre . " Esta meditante " me dit Julia qui arme son Panoramic et se tricote des souvenirs .....
Ce qui est moins drôle c'est que le point que l'on doit rejoindre se situe de l'autre côté de l'abîme et la piste semblerait passer au beau milieu ., et ça n'est pas possible .

On a donc contourné le site pendant des kilomètres et le GPS nous signale qu'on a dépassé le point , depuis un bon bout de temps . On est pr êts à retourner sur nos pas , lorsqu'on aperçoit une trouée dans la falaise , c'est l à que nous devons passer .

On n'a pas le temps d'admirer le paysage dans lequel nous descendons pas à pas , précautionneusement pour ne pas tout casser . Parfois le Toy s'incline , comme s'il allait se renverser , puis il se redresse pour cahoter de l'autre côté . C'est encore plus impressionnant pour Julio dont l'Unimog est bien plus haut ... On croise les doigts pour que noséquipages arrivent à bon port .

On dévale donc , à travers les rocs pointus qui pavent le chemin vers le point 4 qui marquera la moitié de notre parcours , dans la Hamada Al Hamra .

Aouinet Ouenine , nous devons signaler notre passage ici , dans ce désert des déserts . D'une cabane carrée sortent 4 escogriffes chargés de vérifier nos passeports , contrôlés cent fois sur la route . Ils trouvent plein d'irrégularités , histoire de nous garder un peu plus , et ce n'est pas si rassurant que ça . C'est ici que l'on a commencé à parler de la coupe du monde de football , promotion sans pareille pour la France . Du couplybie 20 ils veulent qu'on parte ," seulement " afternoon " .

Mais on est pressés , on donne des gouttes pour soigner les yeux , de l'eau fraîche et le bidon de 5 litres de Julia . Puis on fait le plein d'eau à la source . Et l'on s'en va .
Chemin faisant à travers les misères de la piste on trouve la marabout signalé dans le guide de monsieur Gandini et aussi les premiers passages de sable où il faut craboter pouréviter l'enlisement . Je recommence à stresser .

Arr êt furtif , pour dîner à l'ombre d'un tahla et reprise de cette partie du parcours qui n'est sans doute pas la meilleure .
La piste est pourtant bien tracée , bordée de " redjems " jusque sur les sommets des montagnes qui la bordent . .Pierres noires comme calcinées , saupoudrées de sable clair , puis vraiment sable enépaisseur qu'on passe avec difficulté .

Après le sable, les rocs sortent du, sol et font des obstacles redoutables tout le long du parcours . Branle bas de combat dans les véhicules : ça saute , c'est bruyant et ça casse .... Parfois !...

Incontournable pourtant , il y a une passe et pas deux , elle se faufile à travers les montagnes du djebel Hasawinah , qui occupe la partie sud de la Hamada Al Hamra .
Soudain , on perd Julio , trop occupés que nous sommes à notre propre navigation, on a cessé de scruter le rétroviseur . On revient donc sur nos pas et retrouvons Julio en fin de bricolage . Il a dû réparer le collier attache du deuxième réservoir de gazole qui s'était brisé .

Julia , elle , pendant ce temps fait photo sur photo " del serpiento que coriendo " sans le souci de risquer de se faire piquer ... Loin de tout soin possible , c'est ça qui auraitété drôle ! on reprend notre circuit a deux véhicules , mais peut-on être jamais tranquilles dans ces contrées ?...
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Dans un cahot , le jerrycan gauche de gasole de notre Toyota s'est percé et le liquide s'écoule inexorablement . On transvide ce qui reste dans le réservoir principal et vogue la galère ! Désormais , on ne peut plus compter que sur vingt litres de réserve .

A raison de .1OO à 17O km par journée complète de conduite , on avance peu à peu , sans rencontrer âme qui vive . Mais les incidents mécaniques ou autres nous occupent complètement , de sorte qu'il est impossible de s'ennuyer dans cet aventureux parcours .

Les redjems se multiplient et nous emp êchent de nous perdre . On les voit de loin , en particulier ceux placés en haut des montagnes , par l'armée Française , dans les années 4O à 5O , alors que le Fezzanétait géré administrativement par notre pays .

Mais voil à autre chose , dans une montée à pic , le moteur de l'Unimog de Julio s'est arr êté . C'est bien le bon endroit , pour nous qui sommes juste derrière , il nous reste à faire une montée en côte des plus abruptes . On cale tout et on va au secours . Ils se mettent tous les deux à purger l' air de la pompe , car papi pense que c'est le passage d'un réservoir à l'autre qui a provoqué cet essoufflement , puis l'arr êt complet du moteur .

Ils bricolent encore , puis on se range , pour pouvoir approfondir la question et passer la nuit . Mais il faut bien boire le calice jusqu' à la lie : Julio est malade . Je pense au coup de chaleur qui se manifeste après des journées comme celle ci . Je le dissuade de prendre un antibiotique et lui donne de l'Aspégic . On reste médusés devant leur pharmacopée qui emplit une valise entière , la nôtre à côté est un petit jouet d'enfant , pourtant rien ne nous a manqué ,notre sélectionétait bonne .

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Samedi 16 Mai

Piste 29 km avant Edri .

Dernier campement dans la Hamada Al Hamra .

Ce matin Julio semble rétabli , d'ailleurs il bricole déj à ce qui est bon signe ...lybie 22

Pour nous , essai de rangement dans l'habitacle de la panique d'hier . Ma confiture d'abricots s'est répandue dans le placard , couvercle dévissé ,elle a tout collé dedans . Caca ! ... le sable s'est infiltré partout et a tout saupoudré . Les torchons ont toutes les couleurs du pas propre , monévier est dégoûtant et j'ai dû jeter l'éponge . Le peu d'eau que l'on a est àéconomiser goutte à goutte . J'ai les ongles crado , transpiration plus poussière donnent ce résultat peu engageant .

Mes v êtements tiennent debout , ceux de papi aussi , nos cheveux sont de l'étoupe ... Mais j'en ai vraiment ras le bol ! Il prend la mouche pour un rien et m'incrimine de tous les maux ! Je me mets à regretter un autre style de vacances , qui reposeraient le corps et l'esprit Et puis voici Edri , on sort du sable de la piste pour tomber dans les ordures de la ville ,ce n'est rien , les gens sont si sympathiques qu'ils nous accompagnent faire nos courses dans ce petit patelin .

L es gosses achètent le pain sitôt sorti du four , dans de grands sacs qu'ils mettent sur leur dos et nous observent comme si nous venions d'une autre planète . Il n'y a pas de femme dans ce foutu pays , je crois bien n'en avoir pas vu une seule ... Ah si ! La demoiselle du téléphone , c'est tout !

On dîne sous les eucalyptus au sortir de la ville de Brak l à où ça sent les ordures pourries , puis on va vers Sabha , plaque tournantes de tout le pays . Où que l'on aille , la route passe par Sabha capitale du Fezzan . Du coup, tout le monde en profite pour faire ses opérations postales : Timbres, lettres, téléphone , etc .....

On voudrait bien visiter " La Ramda des Daouadas " où se trouvent les merveilleux lacs , région que nous avions ratée l'an passé . On va donc vers Fjiefj où se trouve l'auberge de jeunesse . On convient donc d'une visite aux lacs dès demain matin : rendez vous dès sept heures o' clok . On y sera .

Entre temps j'ai bien trouvé le moyen de faire attraction : La porte du WC s'est refermée sur moi et il n'y a pas de poignée à l'intérieur , impossible de sortir . Entendant mes hurlements le gérant est venu me délivrer . mais un peu plus tard Julia a connu le m ême mésaventure et la poignée remise a de nouveau disparu ... De sorte qu'on va au WC la porte grande ouverte , ça fait diversion .... Sans avoir mauvais esprit , c'est sûrement le but recherché ......

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lybie 23Dimanche 17 Mai

Camping de Fjiefj

Le guide et son 4x4 Toyota blanc et bleu sont l à à l'heure dite . Il est admiratif devant notre Toyota à nous que je qualifie de vieux , mais le sien a 1O ans de plus et je n'en crois pas mes yeux . Bousculés comme ils sont , faut-il que ces moteurs soient solides ?

Départ dans les dunes pour aller aux lacs , c'est super beau !... Dunes pointues que le guide surmonte avec une aisance certaine ; parfois il contourne , pour chercher une passe , sorte de col entre deux montagnes de sable . C'est magnifique !
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Le 4x4 s'incline jusqu' à presque se renverser , alors on crie bien fort la voiture se redresse et on respire un peu . C'est fou ce qu'il y a comme végétation sur les flancs des dunes , mais le plus surprenant ce sont les lacs , frangés de verdure , de roseaux , d'herbes bien vertes et de dattiers .

L'eau vient du sol , par une nappe phréatique très abondante au sortir de l'hiver , un peu tarie aujourd'hui au lac de Mandara . C'est très beau ! Les dunes oranges encadrent ces petits bijoux de la nature qui font des tableaux inoubliables .

Il y aurait dix neuf lacs dans cet univers désertique et le premier rencontré est justement le lac de Mandarah cité plus haut . Il est immense , mais des croûtes de terre séchée ont remplacé l'eau , il faut donc imaginer !

Le deuxième c'est Oum El Ma dont le nom Arabe veut dire " la mère de l'eau " , le troisième c'est Mahfou , dont la couleur de l'eau change suivant les heures de la journée . Après c'est Gabraoun .
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Il y a l à proche du lac , un village , vieux comme le monde où quelques habitants résident encore , mais de quoi vivent-ils ? Ils ont crée sur les bords du lac une petite ville de paillotes dans lesquelles on s'assied pour boire du thé gentiment offert dans de tout petits verres .

On a continué de cerner le lac avec le 4x4 pour mieux apercevoir le site fabuleux et prendre des photos souvenirs . Pour cela il a fallu crapahuter au sommet d'une grande dune et de l à , quelle vision ! Belvédère sans pareil ! d'où l'on peut admirer ce chef d'œuvre de la nature .

Magnifique Gabraoun où les hommes du temps passé se nourrissaient de vers sortis du lac . Il paraît que ça les prémunissait contre toutes sortes de maladies et qu'ils vivaient en bonne forme physique . Cette tradition se perpétue encore aujourd'hui . Ce sont les femmes qui vont à la p êche , font sécher ,puis accommodent cette drôle de friture , en gardant secrète leur recette .

A midi , le soleil est à son comble , on doit rentrer . On retrouve au camping auberge le Toyota en plein soleil et brûlant . On déménage , et nous installons dans le couloir pour trouver un peu d'ombre et un léger courant d'air qui rend la chaleur ambiante plus tolérable . En transportant le plateau de notre dîner , j'ai tout renversé dans l'escalier aux marches de différentes hauteur . En pestant je ramasse ce qui peut l' être et complète par une ouverture de boîte de conserve .

On va boire le café chez Julio et Julia et fait des projets de voyage pour un proche avenir . Ils vont vers le Niger par des pistes prises après Mourzouk et Al Katroun et nous vers Koufra ... peut- être !... Ils vont nous manquer .

Papi a mis le camion à l'ombre qui peu à peu s'est dessinée dans l' après midi et sorti la guerba de toile cadeau de la famille Jay pour avoir de l'eau fraîche . Il faut s'organiser pour demain .

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Lundi 18 Mai

Auberge de jeunesse de Fjiejf

A 8 heures , il fait déj à très chaud et il n'y a plus une seule goutte d'eau . C'est comme ça au Sahara ! Heureusement je me suis douchée tôt ce matin et papi rasé de frais a rempli les réservoirs .
On va vers où , aujourd'hui ? Je ne sais pas et on a besoin de plein de choses indispensables .Du naphta , du pain , des légumes , des fruits et d'une bombe à moustiques , car la nôtre les laisse indifférents .

Julio attend en vain le gérant du camping qui doit lui faire le change : dollars contre dinars libyens . Contre toute attente , le change des dollars pose ici , problème.

Papi et moi faisons les courses et prenons le pain qu'on partage : 6 pains pour O,25 dinars soit 5O de nos centimes ,c'est un prix vraiment dérisoire . Bises à tous , puis on se sépare .
Ils s'en vont donc vers Murzuk et une piste fantôme qui mène à Tumu frontière du Niger .

Normalement il ne faut pas s'aventurer seul , surtout avec des problèmes mécaniques antécédents , mais il en faut bien plus pour décourager nos jeunes coéquipiers . Après tout, la sagesse ne vient qu'avec l'âge ... Si elle vient !

Nous partons vers Sabha faire viser notre passeport , après 7 jours passés dans le pays . Mais a 11 heures 55 tout est déj à " closed " . Il nous faut attendre demain .
Le grand hôtel nous accueille , c'est un des deux hôtels pour les Européens qui affiche troisétoiles , toutes modestes . On prend possession de notre chambre de laquelle on n'aperçoit pas le fort Leclerc , comme les fois précédentes . Dommage !...

La chambre est spacieuse et assez nette , mais la clim est défaillante ... nous aussi sous cette chaleur . Très bon sommeil quand m ême . A demain !

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Mardi 19 Mai

Grand hôtel de Sabha

Il va être 8 heures , on est pr êts à joindre l'agence de tourisme pour le visa et le timbre fiscal réglementaire . A 1O heures tout est encore fermé ... Quel pays quand m ême ! ...
On profite de ce temps disponible pour regarder les cartes et les guides , il semble que l'entrain soitémoussé . On entame la troisième semaine de pérégrinations avec quelques aléas qui vous usent le moral ... et on se prend à r êver à quelque chose de plus calme .

Après 2 heures d'attente survient Mohamed Ahmed , un guide rencontré l'an passé qui nous accompagne pour les formalités d'usage et qui ne veut rien accepter pour le service qu'il nous a rendu . Je lui glisse des bonbons et des " vache qui rit " : Il est tout content .

Aujourd'hui on démarre seuls .

On a eu un mal fou à trouver la route de Hun dans l'écheveau de directions qui s'entrecroisent à la sortie de Sabah . Heureusement un autochtone nous a accompagnés dans le chemin recherché .

A la tombée de la nuit , on s'installe sur une aire de repos pour souper et dormir . Mince ! La police de la route vient nous inviter à nous installer près d'elle , pour veiller à notre sécurité .

Ce serait très bien , si le groupeélectrogène pouvait se calmer , alors qu'il s'en donne à cœur joie .
On entre dans le reg , en s'éloignant de la zone bruyante et le bruit très atténué ne nous a plus dérangés .

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Mercredi 2O Mai

Poste de police 1O2 km avant Hun

On va vers Hun et puis l'est du pays pour descendre jusqu' à Koufra . Que de kilomètres à faire ,, c'est effrayant !...
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On est passé à l'endroit fatidique où nous avions eu la panne l'an passé , sans vraiment le reconnaître , mais c'est toujours le désert intégral . Je donne des bonbons au policier de la route , tout seul dans sa cabane , au milieu de rien et pourtant de bonne humeur . Ma BA de la journée !...

A Hun , ville importante où séjournent les travailleurs de la " Grande Rivière " , on essaie de renouveler nos provisions défaillantes . , mais il n'y a toujours pas de fruits . Que ne donnerais-je pas pour une orange ?....

Dans beaucoup de régions la population est noire , sans type négroïde marqué ,émigrée du Tchad ou du Niger , souvent de langue Française . C'est ainsi que nous avons rencontré un Agadézien qui nous aide à remplir nos jerrycans au ras du sol , alors que l'eau ne coule pas dans sa cuisine .

Puis , c'est la longue succession de kilomètres qu'il faut avaler dans des zones complètement désertiques où l'extr ême chaleur et le vent règnent en maîtres . Pourrons-nous résister demain à cet horrible climat ?
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Sur la route droite , à l'infini , des troupeaux de pneus montent la garde et les mirages se succèdent : Groupes de gens , auprès de lacs géants , camions fantômes qui se diluent quand on approche . les régiments de pylônes marchent au pas en queue leu leu , escaladant des djebels pour apporter cette féeélectricité aux populations du moindre coin de désert .

Le vent souffle comme un fou , on est en nage : Pourrons-nous résister ,

Partis depuis 7 heures ce matin , on a tout juste fait 2OO km alors qu'il en reste tant a faire .....On n'arr ête pas ,ou si peu , juste le temps de boire de l'eau fraîche à flots , avec parfois un peu de café .. ça " déssoiffe " . La route insipide nous réserve pourtant une belle surprise .

Sur des kilomètres , un oued à sec semble avoirérodé quantité de montagnes calcaires toutes blanches au soleil . On dirait des temples , avec des colonnes , des tours , des cheminées de fées ? Superbe ! Ce sont des garas et le lit de l'oued fait de sable parsemé de quartz se m êle au vent qui en soulève des nuages .

On est en arr êt sur le parking de la station service de Maradah et ça dure encore . On espère une accalmie .

On a pu tout de m ême dormir sous la tente de toit , sans moustiques car le vent les chasse . Un peu de bruit cependant ! ... A côté de nous se déverse en cascade fine , l'eau d'une citerne située à 1O mètres du sol , ce qui donne un petit air de ville d'eaux . Les thermes de Maradah en somme ! ...Est-elle consommable ,cette eau ? ça , on ne peut savoir faute de vocabulaire , mais en tout cas elle rafraîchit l'atmosphère et l'on rince tout ce qui devrait être lessivé à grand renfort de savon .

Notre arr êt n'est pas passé inaperçu , malgré notre discrétion . On a eu plein de visites pour la " soura " , photo prise près de son véhicule , mais souvent près du nôtre . Karim le jeune boulanger veut nous amener à toutes forces chez lui prendre le thé et dormir .

On a toutes les peines du monde à refuser, mais en palabrant etéchangeant nos adresses , ça passe !...

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Jeudi 21 Mai

Station service de Maradah

Il est 6 heures 3O , il fait frais pour l'instant , mais tu peux être sûr que ça ne va pas durer . On a un chemin un peu difficile à dépiauter aujourd'hui et long avec ça ! ....
On va vers Jalu qui se prononce Gialo ici , sinon on n'est pas du tout compris . Sur la carte , c'est tout blanc , ce qui signifie qu'il n'y a pas d'arbres ni de végétation . Rien que des montagnes et du sable .

Routeéprouvante , goudron usé, trous , bosses , il est impossible de rouler dessus ... Alors on prend la piste de gauche , puis celle de droite , on fait du 1O à l'heure à tout casser .
Il y a un puits de pétrole dans cet itinéraire , puis un contrôle effectué par les militaires .

Tiens pourquoi l'armée ? Ils nous dirigent sur une piste que nous n'osons pas prendre de prime abord et on a tort car il n'y a pas d'autre chemin possible . On s'y résigne donc , et elle se révèle finalement roulante , balisée de pneus et de bidons .

Deux ou trois ensablements bien négociés par papi , une ou deux indécisions lorsque la piste se sépare , c'est tout !

On roule quand m ême toute la journée sans voir âme qui vive , GPS en mains et soucis en t ête . Puis on atteint Jalu , c'est le début de la piste pour koufra .

Le soleil est toujours de la partie , ô combien ! Mais il est moins brûlant qu'hier , sans doute à cause de la proximité toute relative de la mer .
On doit faire le dernier plein à Jalu avant le départ pour Koufra , puis on reste dormir sur la station service .

Aujourd'hui ,on a dû jeter en chemin la guerba en toile des Jay et ce soir papi essaie de réparer le trou du jerrycan ( celui que l'on avait fait dans les cahots de la " hamada al Hamra ") avec un produit acheté chez Auchan , puis tente de le caler avec un morceau de vieux pneu trouvé dans la station . C'est ainsi, au jour le jour , plein de petites choses meublent notre vie ! Si importantes pourtant !

Car on a 625 kilomètres à parcourir sans pompe à carburant . Il faut donc partir avec le réservoir et les 2 jerrycans full . Pourvu que la réparation tienne le coup ! ...

Je crois que papi est content de sa traversée de piste , n'emp êche qu'a Awjila il a failli nous vider dans le fossé.... " Düsüt banquet " de chaque côté , ce qui signifie en Turc , précipice au ras de la route et les camions rencontrés ne se rangent pas . On a dû se serrer trop au bord et manquer de peu la catastrophe . J'ai hurlé .

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Vendredi 22 Mai

Station service de Jalu Début de route pour Koufra .

Il est 6 heures 4O , on est pr êts ...

Mais la pompe de naphta est cassée , donc il est impossible de remplir le deuxième jerrycan, pourtant indispensable puisqu'il n'y a plus de pompe jusqu' à Koufra ....
Premier problème de la journée ! ... Heureusement que le réservoir et l'autre jerrycans ontété remplis hier au soir ... Il y a donc une possibilité de départ , à condition de s'arranger avec un pétrolier en cas d 'insuffisance .... Incertitude ! Mais départ quand m ême , envers et contre tout !lybie 28

J'ai trouvé une grosse orange au fond de la boîte en carton . On n'a pas mangé de fruits depuis la Tunisie ... Cette orange est comme un cadeau de Noël au mois de Mai !
Quelques gouttes de pluie !... Une dizaine à peine , puis plus rien ! Le temps reste gris , il est vrai qu'il n'est que 8 heures , ça ne va pas durer .

Papi a des problèmes de pudeur . Besoin de poser sa culotte sur le reg tout plat , à l'infini, sans relief , avec des camions pétroliers qui passent en permanence . Il met donc le Toyota sur le bas côté pour se cacher derrière . Enlisement complet ! On verra après a t ' il dit ! Zut alors !

Partout sur cette route , des pneus , en borne, en lanières , debout, couchés , entiers, en franges , en morceaux, en fils , empilés ,ou seuls , ou par deux ... Le festival du pneu c'est ici !
Pourvu que la provision de naphta soit suffisante ? ....

Sur le coup de midi , voil à autre chose ... On entend chanter ... Onécoute , zut c'est le pneu et c'est nous qui déchantons . On est l à sur cette route devenue désertique , sous le feu du ciel il faut sortir le cric , les outils , la patience, la bonne volonté et ... l'optimisme . Une heure d'efforts et la roue de secours a pris la place de la roue malade , celle-ci remplaçant la roue de secours .

On rembarque , puis arr êt repas sur le bas-côté en surveillant le sable mou . La guigne nous poursuit: Le réfrigérateur est en panne , tout est chaud , les provisions se raréfient ... Bon ! ça commence à n' être pas si drôle que ça .. et cette jauge qui descend à vue d'œil et l'horizon toujours aussi lointain et plat .lybie 29

On arrive à la station sur laquelle il ne faut pas compter car " elle n'est pas toujours opérationnelle" dixit " les routards " . En effet , il y a des camions arr êtés , les chauffeurs faisant la sieste dessous . On découvre qu'il n'y a que nous pour circuler à une heure pareille . Le gérant fait la sieste aussi , alors !

Un des braves chauffeurs se détache du groupe et vient nous servir . On le remercie avec une de nos bouteilles d'eau minérale .... Cadeau inestimable ici .

Le policier du contrôle routier nous chourave le bic qui dépassait de la boîte aux documents et néglige nos passeports dont il se fout complètement . Il nous reste 225 km pour Koufra nous confirme t ' il .

On vient de faire le plein et d'acquérir un peu de sérénité .

Mais on atteint bientôt la route dégradée , sur laquelle il faut rouler au pas . Il est totalement impossible de rouler sur le bas côté à cause de l'épaisseur du sable et du risque d'enlisement . On prend donc son mal en patience . L es pétroliers qui ont repris leur route , marchent précautionneusement en file indienne , pour s'encourager mutuellement . Ils n'ont pas intér êt , eux non plus , à casser leur matériel sur un pareil parcours .

A l'heure du bivouac , on cherche longuement une piste sans fech-fech , pour s'éloigner de la route sans s'enliser . On finit par la découvrir , grâce a une signalisation de redjems , ces cailloux empilés en petits cônes par les routiers . Elle a l'air solide et mène derrière les garas où nous pourrons nous reposer pour la nuit .

A 19 heures , tout flambe encore , chaque pierre restitue la chaleur emmagasinée toute la journée et elle est torride .Le climat est tel que l'on ne mange rien , mais la provision d'eau s'amenuise à vue d'œil . A la nuit tombée , il fait presque bon , avec le courant d'air de ...4O degrés qui fait ce qu'il peut dans l'habitacle .

Dans la nuit , réveil en fanfare par le bruit de la bouteille d'eau en plastique , mise de côté hier au soir et qu'un animal fait rouler sur les cailloux . ..Cet intenable boucan dure jusqu'au matin .On a eu aussi, l'intermède des petits moucherons blancs piqueurs qui résistent à nos produits insecticides . donc , sommeil très perturbé , dans ce décor pourtant magnifique .
Lever matinal pour la suite d'un parcours ... aléatoire .

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Samedi 23 Mai

Bivouac ,derrière les garas 8O km avant Koufra

Il va être 7 heures, le soleil se lève , en forme , lui . Sur le sable vierge , traces de lutte entre un mammifère , peut- être un fennec et un serpent . Apparemment celui-ci a eu le dessous , puisqu'après la bagarre , il n'y a plus trace de son passage .

Je viens de jeter la dernière tomate et concombre gâtés , le fromage a coulé au cours du non fonctionnement du réfrigérateur . Tout est chaud à l'intérieur et se désaltérer à l'eau chaude , il n'y a rien de pire .

Comme nousétions prévenus , la route affreuse bouscule la mécanique et ...les passagers . Boursouflée au milieu et entaillée sur les côtés , on ne sait trop où passer . En se projetant sur le bas-côté , le sable nous a entraînés plusieurs fois dans les décors . Je ne crie plus car je me fais engueuler , je couine comme une souris en danger , ça fait rire . Vivement la fin de cette cruelle expédition .lybie 30

Quelle est cette interminable file de voitures ,juste à l'entrée de Koufra ? C'est la station service.

On n'est pas dans le pastis , nous ,ici , si on ne peut avoir du gazole . ! Justement , il y en a , le super qui manque , je ne sais pourquoi , dans ce pays de grande production . Sans doute est-ce le transport le grand coupable : Les routesétant ce qu'elles sont il ne faut pas trop s'enétonner .

Après la visite de la ville , on a plein de choses à faire impérativement à Koufra :
Se loger d'abord donc chercher le fondouk
Réparer le pneu de la roue de secours ,
Refaire les courses : légumes, pain,

En cherchant les mécaniciens marocains , conseillés par monsieur Gandini , dans son guide , on pète le tuyau d'échappement ... En voil à une, tuile , qu'il ne manquait plus que celle-l à!...

Un marocain nous a suivis , c'est dire si l'on est reconnaissables ... peut être est-ce la poussière des grands chemins qui nous recouvre de pieds en cap ?
Il nous sert d'interprète auprès des ouvriers du fer et du feu....

J'écris ces lignes , installée dans le Toyota , alors que celui-ci est tripatouillé par des mécanos qui travaillent avec rien , mais avec quelle débrouillardise et quel talent !...
Il fait 45 degrés , au tableau de bord , le thermomètre ira jusqu' à 5O, température tout à fait intenable .

Vivement la remontée en bord de mer pour retrouver un climat moins infernal , mais que de chemin à refaire à rebrousse-poil et dans quelles conditions .....
Les deux réparations plus le graissage ontété vite et bien faits . Ab De Salam, le marocain nous accompagne partout , c'est reposant , il parle pour nous et m ême s'il opère un petit prélèvement sur notre dépense , celle-ci reste vraiment très abordable .lybie 31

Arrivés aujourd'hui seulement , on est déj à connus et le tout jeuneépicier nous reçoit avec le sourire . Il veut nous donner la photo du footballeur qui orne son magasin et aussi un scorpion qui achève sa vie dans un bocal .
On accepte seulement le Pepsi glacé qu'il nous offre gentiment et du coup on fait toutes nos courses chez lui .
Sinon, Koufra , peu de choses à signaler .... C'est une oasis au bout du monde et au milieu de rien du tout .

Toute en longueur , des floppées de boutiques s'ouvrent sur la rue principale . Epiciers , vente de pièces détachées de voitures, réparateurs de tout poil . Il manque ici aussi et cruellement des fruits et légumes , pourtant , personne ne se plaint , il existe m ême une certaine joie de vivre .

Il y a à l'entrée de la ville , une caserne , bâtie sur l'ancien fort peut- être : Celui où Leclerc avait fait flotter le drapeau Français en jurant de gagner la guerre ,perdue depuis quatre ans .

Evidemment il y a une mosquée ....en construction , une poste et télécom. Peinte en rouge violent , uneénorme parabole au coin d'une rue qui nous sert de repaire , puisqu'on ne sait pas lire les panneaux indicateurs quand il y en a .

Le fondouk est situé dans une petite rue ; c'est propre , on a une salle de bains dans le couloir , où l'eau s'évacue comme elle peut .
On se couche tôt dans des lits sans draps , et malgré le bruit de la clim, on s'endort . C'est alors qu'Ab De Salam vient nous rendre visite , sapé comme un ministre, mais voyant notreétat de fatigue , il repart . On s'habille alors , et le cherchons en vain . Au rez de chaussée la télé bat son plein avec les spectateurs alignés comme au cinéma , tous de m ême couleur : noir de jais et tous v êtus de blanc , attentifs en diable .

De notre chambre , on découvre , alignés contre le mur d'en face , une rangée d'hommes accroupis , t ête levée pour nous voirévoluer dans la chambre ou sur le balcon ...
Les toits sont les réceptacles de tous les objets qui n'ont plus cours , chaises cassées, vieux fourneaux , matelas , ferrailles , ordures de tous ordres . C'est vrai que la poubelle est un vrai monument historique , n'en trouvant pas , on se débarrasse comme on peut de nos déchets ....

Tout semble se recycler tout seul ici , ne restent que les boîtes de conserve que le soleil calcine . Sur des kilomètres l'abord des villes en est jalonné

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Dimanche 24 Mai

Fondouk de Koufra

7 heures , on est enfin pr êts à partir , mais comment faire ? Voiture à l'avant à l'arrière , pare choc contre pare choc .

Ab De Salam vient nous souhaiter bonne route , c'est sympa . Je lui enverrai une carte de foot , ils sont tous fous de foot ici , c'est tout ce qui les intéresse , avec le bisness!...
lybie 32La route défoncée est à refaire dans l'autre sens , mais on sait à quoi s'attendre ...On marche au pas ...

1O km à peine , on s'encourage avec les compteurs du GPS et mes calculs dégressifs , au fur et à mesure de notre avance .

On fait encore le plein à la pompe " non opérationnelle " et dès lors , tout va mieux . On attrape , enfin, la bonne route , toute droite à l' infini , habitée par des mirages liquides .

On projette de faire escale à la base Coréenne de la Grande Rivière où l'eau coulait à flots l'autre jour . Mais aujourd'hui , il n'y a plus d'eau du tout et les vandales ont m ême vidangé leur véhicule juste à côté de la réserve qui formait une petite piscine où les gens s'installaient pour casse-croûter .

Cette noire pollution montre bien à quel point l'éducation des gens de ce pays est à prendre à la base ...ce sans g êne est tout à fait ahurissant et b ête , révoltant pour le mépris qu'il affiche à l'encontre des autres gens .

Quant à nous , nous profitons de cet arr êt sur terrain dur , pour ranger nos appartements en déconfiture . On doit jeter un pack de six litres de lait , il nous reste à peine quatre litres de vin ,pour l'eau on voit ça au jour le jour , c'est la dèche !....

On peut dire que c'est du tonnerre de nettoyer nos placards avec un dé à coudre d 'eau ! c'est un semblant propre , on a tout chamboulé, répertorié . On s'arr ête un peu .

Cette station de la " Grande Rivière" est un lieu de pause, de rendez-vous pour les camionneurs . Ils s'affalent à m ême le sol , sortent leur théière , guignent vers nous , mais nous fichent la paix .

Ils rappliquent absolument tous , car c'est la seule aire au sol solide sur tout cet itinéraire ... Alors ils marquent un temps d'arr êt .
Si on dort tranquilles ici , je vais le dire au pape ! ... On verra bien .

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Lundi 25 Mai

Base Coréenne de " La Grande Rivière "

Il n'est pas 6 heures et on est déj à pr êts à partir . Il faut dire que la nuit ne fut pas très reposante , tant l'animation ne s'est pas démentie un seul instant . Il y a les gens qui recherchent l'eau sans la trouver , les chanteurs du village base de vie , les youyou des femmes ... faits par les hommes , les moustiques , les curieux qui rôdent autour de nous ... En quelques mots ce site s'est révélé à l'usage pas drôle du tout .

Mais pire , au petit matin, les gens s'installent dans les roseaux pour baisser leur culotte , puis se prosternent a deux pas de nous pour faire la prière , la deuxième de la journée , déj à !
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En bouquet final, le déjeuner préparé avec le dernier lait que j'avais cru bon , se révèle gâté ...Zut alors ! ....
Il nous reste 118 kilomètres pour atteindre Jalu Qu'ils prononcent Djialo où l'on essaiera de s'approvisionner . Il fait à peine 2O degrés , température très agréable , on respire ,enfin à pleins poumons .

Mais papi a perdu la loupe qu'il utilise pour scruter les cartes , ce serait moi qui l'aurait perdue , ou mal rangée , je ne te dis pas ce qu'il m'a passé !... C'est ainsi , il faut bien que quelqu'un soit coupable de tous les maux ! ... Je m'efforce d' être calme ....

Curieux village que Jalu , cet autre bout du monde désertique , enserré dans les sables qui gagnent du terrain à chaque instant à la faveur du vent qui déplace des montagnes ...Les maisons cubiques, les jardins qu'ils ont tenté de protéger pas des haies de palmes tressées sont inexorablement envahis . Le moindre souffle en rajoute un peu plus sur la rue et au pied des maigreséthels poussiéreux . Comment la vie est-elle possible dans ce village ? ... Elle est possible c'est sûr ! Il n'y a qu' à voir le nombre d'hommes assis en rang d 'oignons sur les trottoirs, regardant la vie s'écouler , à demi enlisés , sans autre espoir que , l'attente ....

On a fait la queue pour avoir du pain et le boulanger est venu nous servir par le petit tarabustet à côté des autres clients et refuse d' être payé , mais papi glisse le 1/4 de dinar à travers les trous du grillage qui ferme toutes les devantures . On remercie bien fort ces gens tellement sympathiques , qui le sont le plus simplement du monde .
On remonte , ou plutôt on redescend vers la côte , car c'est la dernière phase de notre voyage , mais une phase longue à n'en plus finir !...

On atteint Ajdabya , envahie par les ordures, les mouches et cette odeur de ... vie que l'on retrouve partout .

Des Tchadiens nous ont salués et sont venus nous parler de la coupe de foot , nous qui n'y entendons rien . C'est fou ce qu'ils ontémigré , ceux-l à ! Il n'y a pas de chômage dans ce pays et chacun trouve du travail selon ses aptitudes . Pourquoi n'est-ce pas partout pareil ?...

Plus tard ,on apprendra que leur salaire est misérable , pour un boulot sans limites de temps , mais leur condition d'émigrés les livre pieds et poings liés à leurs employeurs ... Ils sont exploités et acceptent de gré ou de force le sort qui leur est fait .

Sur la place publique , des autocars aux charges monstrueuses , brinquebalent avant de se poser dans l'environnement montagneux des ...boîtes de conserves vides et des détritus de tous ordres .

On atteint Braygah , puis toutes les petites villes du golfe de Syrte où l'on cuit des moutons entiers sur des réchauds devant les portes .
Le soir venu, on ne sait où loger ,alors on part dans la campagne pour bivouaquer parmi les herbes à chameaux . Papi profite de notre solitude pour vidanger le Toyota . Je sais ... ce n'est pas bien !...Mais on recouvre d'uneépaisse couche de sable nos dégâts .

Le tonnerre gronde , au loin , sur la mer toute proche , mais qu'on ne peut apercevoir à cause des dunes qui longent la côte . L'orage s'approche , est-ce que je vais avoir peur ?...
Spleen à tout rompre , ce soir . On est sales , tout a besoin d'un sérieux lessivage . On voulait dormir à l'hôtel , mais il n'y a pas d'hôtel dans cette région , alors c'est encore celui des courants d'air ....

Il n'y a rien avant Syrte , c'est à dire 3OO kilomètres . On verra demain comment s'organiser pour se reposer , laver et dépenser le reste des dinars que , peut- être on n'aurait pas dû changer à Koufra

Il faut téléphoner aussi, le besoin de nouvelles est encore plus indispensable que tout . Ce soir répit ! on a mis la table dehors , c'est alors que l'orage s'est déclenché , on a dû tout rentrer et à l'intérieur , le climat est intenable ... etc

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Mardi 26 Mai

lybie 34Bivouac dans les herbes à chameaux entre Braygah et Syrte

Il est 6heures 15 , on est pr êts à partir tout sales et poisseux . Orageséclairs ,tonnerre , temp ête de vent , rien ne nous futépargné . On en conclut que dormir tranquilles dans ce pays relève de la pure utopie .Il a fallu tenir le mat de la tente de toit au plus fort du séisme , c'était effrayant . Tout claquait au vent : sangles ouïes , le camion tanguait ... Est-ce qu'il n'allait pas se renverser ?

Heureusement, tout se calme au matin , papi s'endort et je me lève ,bien qu'il ne soit que 5 heures . Jour brumeux et blafard pour aujourd'hui . La mer est l à , derrière les dunes de sable blanc , piquetées d'herbes et plein de petites fleurs mauves se sontépanouies partout .

Il y a un camaïeu allant du violet foncé au presque blanc . régal en perspective pour les chameaux . Il fait 25 degrés de moins qu' à Koufra , la douceur du golfe de Syrte y est pour quelque chose ...

On dîne à l'entrée de la ville sous les eucalyptus malingres ,puis on rejoint Syrte accueillis par un grand portrait du président Kadafi en habit de pasteur nomade . Il a fière allure !...
On n'a pas retrouvé Abdelalli aux télécoms ,qu'est-ce qu'il est devenu celui-l à ?
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c'est fou ce que les choses et les gens changent vite dans ces pays incertains . Il nous manque .Ce charmantémigré du Maroc , n'était qu'unémigré ...Sans nul doute son emploi a dû faire des envieux !... nous espérons une bonne réussite à Abdelalli dont le nom signifie "le serviteur de Dieu " .

Cet après-midi, repos ! On descend au Médina , un hôtel Saharien et Arabe comme nous les connaissons . Le réceptionniste nous annonce le prix de la chambre 4O dinars plus 6O dinars de garantie payable d'avance . C'est surprenant et deux fois plus cher que " le grand hôtel de Sabha "

" Bandito " dit papi , mais l' hotelier prend ça en souriant , on est médusés ...

On lave , on douche , on sieste , après on ira voir la ville car on y est en plein milieu .

Troisième ville du pays et capitale administrative Syrte est pourtant vite parcourue . Il n'y a rien de particulièrement beau , si ce n'est la mer que le boulevard longe . On y trouve aussi un palais des sports d'aspect futuriste assezétonnant . L'unique mosquée est lépreuse et les maisons cubiques sans aucun intér êt . Bon ! IL fait frais , on rentre à l'hôtel Médina , chic et superbement oriental .

On mange de bon cœur le menu proposé que le maître d'hôtel noir sert délicatement avec une pince en argent et ... ses doigts : Salade , poisson grillé et riz . On n'en laisse pas une miette et dans la nuit j'aurais quelques difficultés digestives .

La proximité de la mer hydrate l'atmosphère , du coup , on n'a plus soif et la lessive reste mouillée . Les chemises de papi sécheront dans l'habitacle sur des cordes de fortune ,au vent du voyage .

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Mercredi 27 Mai

Hôtel Médina a Syrte

Il va être 8 heures , après le petit dej : Thé au lait plus une tranche de gâteau genre madeleine . On va mettre nos comptes à jour avec l'hôtel .La noteécrite en Arabe est incompréhensible pour nous , mais on comprend que l'on doit 4O dinars pour la chambre plus 24 pour le repas plus 12 pour le petit dèj . soit 76 dinars .

On passe à la caisse pour recevoir 24 dinars de trop-perçu . Quelle curiosité , de faire payer par avance puis de rembourser le non consommé ! C'est l'usage , il n'y a rien à dire , et chaque usage a sa raison d' être, sans doute ....

Vers Tripoli, la circulation devient très dense et la conduite inconsidérée . Papi déploie tout son calme et toute la prudence possible, sinon !....
A 11O km avant Tripoli , on déploie notre salle à manger dans un petit bois de pins . Dans une " pineraie " comme dit papi , sans y penser et c'est vrai que le terme est aussi joli qu'une " pinède " après tout , question d'habitude ! ....

Enfin , on a mangé dessous et, comme d'habitude environnés d'ordures ... C'est ainsi dès que l'on aborde une ville , fut-elle la capitale ...

Papi GPS, il inscrit des points pour la Enième fois , alors moi j'écris pendant ce temps , pour meubler mes loisirs . Ne possédant pas tous ces points dont nous aurions besoin , il se les détermine lui-m ême , à l'aide d'une carte d'état major et d'un compas , comme un vrai navigateur ... j'admire ! ...

Il me reste 27 dinars plus ceux de papi qui garde la cagnotte , qu'est-ce qu'on va bien pouvoir acheter avec cet argent? Nos dépenses courantes de 2 ou 3 dinars prouvent que ça va être difficile à liquider ...

Tripoli ? C'est Tarabulus pour les arabisants , ville que l'on aborde avec une certaine inquiétude , mais grâce au périphérique , on passe sans encombre la capitale que dominent de nombreux ponts , sur lesquels trône l'effigie du président colonel Kadafi en pasteur , rassembleur de l'Afrique Maghrébine . Il porte beau et a fière allure .Il en faudrait peu pour qu'il soit tout à fait sympathique ...

A Surnam , on fait le plein de carburant et ainsi , dépensons 3 ou 4 dinars et comme d'habitude on parle de la coupe du monde de foot . C'est fou l'impact de cette manifestation sportive sur l'esprit des gens , nous pensons que , pour une fois , la France se fait une réclame incroyable et m ême la télé parle Français à ses heures et ça , on aime bien m ême si on ne connaît pas les 7/8 des joueurs , ni les règles du jeu .

A Sabrata , cherchant un hôtel on trouve le fondouk où les chambres sont dénuées de tout , mais on a trois lits ....Dommage qu'il n'y ait pas un minimum d'idée pour arranger , nettoyer , peindre proprement sans laisser la peinture couler et se répandre partout , jusque sur les meubles , le sol , les vitres etc... c'est ainsi dans tout le pays , que l'on va quitter , il n'est pas question de le dénigrer !....

Près des ruines romaines , on a découvert le restaurant du Sahara Jet qui nous sert un excellent repas , service et menu , impeccables . On apprécie pleinement cet intermède .

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Jeudi 28 Mai

Fonduk de Sabrata

Il va être 7 heures , on est pr êts à descendre de notre appartement " cour des miracles " . On dispose de deux balcons , quand m ême, d'où l'on voit les ruines , tout illuminées ce matin .
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Ce sera la dernière image de la Libye , sur laquelle on peut s'attarder , car elle est très belle . Ensuite il faut vaquer ,dans la réalité . Tenter de faire quelques achats , mais tout est fermé . On petit déjeune et le patron du fondouk me fait cadeau du journal sur lequel "Footix " parle en Arabe de la coupe du monde , en France
Salam Alekum ! ... On part !... Alekum Salam !

Une heure est nécessaire pour faire les formalités Libyennes . C'est un peu plus ardu en Tunisie , à cause de la caméra qui partout cause des problèmes ? je ne sais pourquoi ?...
On change nos derniers dinars sur le parking , avec les banquiers de la route , qui saisissent au vol toutes les occasions de gagner beaucoup d'argent . Nos 1OO dinars Libyens sont convertis en 35 dinars Tunisiens après un marchandage effréné . Nous pensons que c'est à peu près correct !...

Vent de sable durant toute cette première journée en Tunisie . Tout est saupoudré et les aliments sont immangeables , l'humeur s'en ressent ...

On atterrit au Continental , tout à côté du musée des Aglabides . à Kairouan , chic et sans doute cher , mais on a besoin d'un peu de confort après le dénuement des jours précédents .
On soupe le soir avec un groupe de Français du 3me âge , mais papi spécifie que nous faisons partie d'un groupe de deux . c'est ainsi que l'on a une table ronde t ête- à-t ête d'où l'on observe la salle . Comme à la cafétéria les plats sont disposés sur une grande table et l'on se sert comme l'on veut . Il y en a bien une vingtaine de ces plats , qui n'ont pas tous la m ême valeur gustative, mais venant d'où l'on vient , on apprécie et mangeons de bon cœur .

On dort comme des anges dans la chambre qui domine la piscine verte ... Tiens curieux cette couleur , on dirait qu'elle est pleine d 'algues !...
Au matin on va visiter les bassins des Aglabides et admirer le panorama sur la ville de Kairouan . .

Je n'ai pas aimé le geste du gardien réclamant la monnaie , comme si j'oubliais que tout se paie , ici, dans cette ville très religieuse , mais touristique aussi...

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Vendredi 29 Mai

Hôtel Continental à Kairouan

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Aujourd'hui , dernier parcours avant le port et le retour .

Le vent fou d'hier à cessé , il fait doux et la route redevient verdoyante , avec de jolis villages aux maisons décorées . Beaucoup de rose .... Vif , de jaune aussi , pétard ! .. avec des balustres , des arcades, des colonnes, des dessins, des fers forgés ... rien n'est simple et les architectes ne se cassent pas la t ête pour la perspective . Sur une pente , les constructions ne suivent jamais l'horizontale , mais sont perpendiculaires ... à la pente . n'est-ce pas la raison de tant de ruines ?

A partir d'El Fhas , on retrouve des montagnes et des plateaux herbus , genre Massif Central , du coup il y a quelques vaches .
On arrive à Tunis à 11heures 3O ( Tunès comme ils disent ) mais il est seulement 1Oh 3O en Tunisie

A la Goulette , l'agence SNCM est en pleine construction , on l'a découverte par une succession de hasards . On devra revenir Dimanche matin à 8 heures pour avancer notre retour , initialement prévu pour le 8 Juin .

Dîner sur la placette de la Goulette face à la plage , puis la série nomadismeétant close , on joint l'hôtel Amilcar à Sidi Bou Saïd où l'on se perd dans les dédales des couloirs . Il faut dire qu'on a la chambre 1214 , c'est fou ce que les Tunisiens savent exploiter le tourisme de masse .On a besoin de beaucoup de repos après le tintouin de ces quatre dernières semaines . Il va nous en falloir du temps pour nous en remettre ! ...

Je crois bien qu'on a dormi 24 heures d'affilée , donc on est déj à Samedi . Voir chapitre suivant . lybie 38

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Samedi 3O Mai

Hôtel Amilcar

Avec ce décalage d'une heure on est toujours en avance d'autant . Levés à l'heure habituelle , on est allés à Sidi Bou Saïd , ville blanche et bleue aux portes cloutées de dessins noirs. Peu de monde ce matin , donc visite calme et flânerie sans encombre , dans les rues fleuries de bougainvillées . Puis, on a poussé notre visite de la côte jusqu' à La Marsa , repaire de la haute bourgeoisie du pays , ainsi que la Pointe de Guemnarch .

On est vite rentrésécœurés par cetétalage de richesses , jouxtant le dénuement complet ; On repére à la terrasse d'un café de la Goulette Julio et Julia qui attendent leur départ demain , tout comme nous .

Donc , promenade a nouveau , à Sidi Bou qu'ils ont beaucoup aimé puis retour à Amilcar où ils se sont baignés . On a soupé ensemble et on les a raccompagnés à leur " caravan " comme ils disent , réglé notre note , pris nos passeports . Demain, on s'en va !...

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Dimanche 31 Mai

Hôtel Amilcar

Bon petit déjeuner avant le départ . Il est 7 heures donc 6 heures , ici . On n'a pas modifié nos montres pour si peu de temps , mais ça nous oblige à un calcul permanent .
On arrive une heure à l'avance au bureau de la SNCM et il est déj à plein de monde . La date de notre traversée est modifiée sans problèmes pour la modique somme de 1O dinars .

Julio qui nous a rejoints distribue ses bidons d'eau minérale vides ,une dizaine au moins . " Ils sont limpio " dit-il . Les acquéreurs sont ravis et lui aussi de débarrasser sa caravan
On rejoint le port à 9heures 15 . mais tout est fermé , seule une armada de vendeurs s'est installée sur les bas- côtés réduisant d'autant la place pour les véhicules .

Peine perdue d'ailleurs , pour cesétals et leurs réductions incroyables , ramenant les prix à leur plus simple expression , il ne me reste plus que quelques dinars , pour ma collection
Le soleil commence à chauffer , le thermostat s' est il déréglé ?

Devant nous , la silhouette du " Liberté " synonyme de retour ( mais de départ aussi , une fois sur deux ! ) et de répit pendant une journée entière .
Problème de Sony ? Décidément cette caméra nous cause bien des tracas . Bien que déclarée à l'entrée , elle n'a pasété inscrite sur le passeport , il faut donc encore pinailler pour la passer .

Embarquement sans autre ennui .

On retrouve Julio qui lui , a des problèmes de cabine , de dollars , et de carte visa perdue , mais son moral indestructible est quand m ême au beau fixe ...
11heures 4O , on largue les amarres , on est appelés à la salle à manger . Il y a plus de monde qu' à l ' aller , sans doute les croisiéristes ont-ils comblé les vides laissés par les voyageurs en non partance ?

Le dîner est si bon ! et le pain , le vin rouge ou rosé et le fromage ! ... quel pays délicieux que le nôtre ! Quelle douceur de vivre ! ...

On prend le café avec Julio et Julia puis on va siester . Depuis ce matin papi a mal digéré quelque chose , l'Intétrix que je lui ai administré aété inefficace . Heureusement tout se rétablit au souper , excellent et bien arrosé .

Longue conversation avec nos deux voisins de table , puis petit stage au salon bar . Julio nous y rejoint sans Julia qui souffre du mal de mer , alors que l'orchestre joue justement " viva Espagna " . mais on n'a pas de cavalier alors on se pieute a 1O h 3O car demain c'est le branle bas de départ .

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Lundi 1er juin 01

A bord du Liberté vers Marseille et le retour .

On ne s'est pas endormi facilement hier au soir , malgré notre fatigue , les flons flons de la f ête nous ont assaillis jusque ... tard dans la nuit . Il est vrai que l'on a le salon juste au- dessus de notre t ête et on n'en perd pas une bribe ; mais c'est le dernier jour , on est patients .

Copieux petit dèj et très longue conversation avec nos deux voisins de table qui vivent à Toulon . Froids et fiers au départ ils se sont révélés extr êmement sympathiques . Lui semble être un industriel excellent gestionnaire et ... voyageur .

Elle ? Je ne sais pas , mais elle est toute mignonne et a travaillé pendant 8 ans aux Etats Unis . L'éventail de la conversation est très large et très intéressant . De sorte qu'on est les derniers à la salle à manger et notre serveur qui dessert aussi s'impatiente gentiment .

On laisse donc la place libre et continuons de palabrer sur le palier puis , enfin on se sépare .
Au large , les îles Porquerolles , puis bien loin , on aperçoit les Roches Blanches qui surplombent Marseille et la Bonne Mère .

On vide notre cabine , on se dit " au revoir " puis on rejoint le garage pour le départ sur la terre ferme . On se suivra encore un peu avec Julio puis à 14 heures on s'arr ête sur une aire pour dîner

On retrouve Balma vers 18 heures . Cette fois c'est bien la fin du voyage , l'autre aventure va commencer ....

Salut la maison ! Qu'est ce qu'on peut t'aimer !...
Demain seulement le travail de remise enétat et ... la reprise des soucis laissés en attente au départ ....


Jean et Lucie. icone courrier

Autres récits de voyages de jean et lucie .

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