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Les récits de voyages de Jean et Lucie

Voyage en Lybie 1997

carte itinéraire lybie 1997

Jeudi 3 Avril 1997

Il n'est pas tout à fait 18 heures . On est en attente sur le port de la Joliette . Il y a déj à devant nous un gros camion décor" de dunes et de palmiers . C'est un couple d 'Allemands qui l'occupent , avec un petit garçon .

Il y a aussi une voiture immatriculée 59 pleine ras bord de choses hétéroclites , neuves pour la plupart . On aperçoit une poussette de bébé dans son enveloppe plastique et sur le toit , un gros objet qui ressemble à une baignoire .

Nous sommes donc en attente de départ demain à 12heures 3O pour Tunis , la Tunisieétant un passage obligé pour atteindre la Libye pays impénétrable autrement .
Nous terminons les restes de poulet et de patates sourire un peu mollettes . Vaisselle rapide ... Puis que faire ?

On prépare le lit , on s'endort . Réveil en fanfare par un vent type Cap Nord qui souffle comme un dingue .On est secoués comme dans un panier à salade et ça siffle de toutes parts .
Au tout petit matin on finit par fermer l'œil

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Vendredi 4 Avril

..... C'est alors , vers 6 heures que le gardien du port nous fait dégager cette place de stationnement qui n'est autre que l'entrée .

On se bat avec leséléments qui nous entourent , On range , on escalade , on se fait tout petits et malgré ça on n'y contient pas . Quelle vie !...

Enfin ça y est on passe à l'avant , on avance dans la ligne d'embarquement , on est loin d' être les premiers , nous quiétions l à hier au soir, pourtant !

On commence à remplir des fiches , on découvre un w c ouvert ....! On doit attendre jusqu' à 12 heures 3O , le départ ..lybie 1
lybie 2
Emotion ! Sur le quai d' embarquement on nous signale du liquide au sol venant de notre camion ... On tremble .... On vérifie et ... Bonheur ! Ce n'est que le trop plein de réservoir d' eau qui dans un virage s' est décanté . On respire ;

Le policier qui nous contrôle est de Muret , celui de l 'entrée nous trouve sympa... C'est sympa !...
Du quai d' attente , beau paysage ,que l' on admire à travers les piliers . La cathédrale aux coupoles byzantines , au loin Notre Dame de la Garde , dans la Méditerranée le Château d'If .

Le soleil se lève ,il va être 9 heures .

Départ retardé , on ne sait pourquoi !... Le sait-on jamais ?

Belle redécouverte du bateau Liberté restauré de neuf ou presque . Nous l'avions pris il y a 12 ans pour joindre l' Algérie , mais depuis quelque temps ,il a dû emprunter d' autres destinations, nous aussi !...

A la réception , on nous offre une carte postale représentant le bateau . L' accueil est toujours aussi chaleureux .

Notre cabine ,par contre, sans vasistas, nous fait souffrir de claustrophobie ,mais en laissant la loupiote du coin toilette allumée ça va !
On n'a pas de clé , mais un code inscrit sur notre ticket , on tape sur un cadran, on valide et la porte s'ouvre ... On n'arr ête pas le progrès !

Bons petits repas bien arrosés , sympathiques rencontres , traversée sans nuages . On a m ême reçu une gentille invitation en Tunisie , peut- être y répondrons-nous . Mais nous sommes déj à le

Samedi 5 Avril...

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Tunis , 13 heures 3O . Repas au lance pierres , dégagement de la cabine itou . Puis rendez-vous au garage ;; pagaille , attente à la frontière, soucis .
Puis tout se passe bien ; 2 heures d'attente c'est parait-il un minimum ! Finalement bon déroulement ! Solidarité des habitués , bienveillance des autorités , prise contact bon enfant En sortant on est assaillis par les petits laveurs de vitres , une nuée ... Il ne faut pas s' arr êter près du port ... Jamais !

Sortant de la Goulette on décide de visiter le Cap Bon , grand absent des dépliants touristiques ... Et pourquoi donc ? .

Bande de terre qui s'étire au Nord Est de la Tunisie le Cap Bon est composé de paysages de campagne paisible . Culture à la charrue , à la b êche et à la main avec quelques animaux d'élevage :Mulets ,chevaux , chameaux , moutons et chèvres . Chacun circule avec sa cape de bure marron et capuchon assorti rabattu sur les yeux à cause du vent marin , souvent frais ,aujourd'hui presque glacé . On se croirait dans un monastère ...

Jusqu' à Korbous , belles falaises ocres qui descendent sur la mer . La route passant à flanc , réserve de magnifiques panoramas sur les rochers rougesémergeant d'une mer bleue... bleue .

2 ou 3 jolis villages enrichis par les sources thermales que connaissaient déj à les romains , vivent désormais de tourisme local . Toutes les agglomérations rencontrées arborent fièrement des curiosités telles que : Architectures compliquées de colonnes ,de coupoles d' arches , de balustres le tout gaiement coloré , richement orné .

Les demeures sont magnifiques , avec devant un jardin de ruines , de cailloux , d ' herbes folles ,de taillis ou bien ... d' ordures .

lybie 3Peu de différence avec les 2 autres pays du Maghreb ,mais on s'attendait à trouver ici un peu plus d'ordre et de modération .
Flambant neuves , les mosquées faïencées de pied en cap sont couronnées de bulbes orientaux ... Les routes ne sont pas toutes seules , et la circulation pédestre est très dense. Quelques montures montées , regain de la Mobilette où l'on s'empile avec les provisions .

Un petit gosse dans un cageot sur le porte bagages est plus heureux qu'un roi ,alors que nous aurions eu peur de l'abîmer ou de le perdre , mais on aurait eu tort , il n'est pas blasé celui-l à et semble pleinement heureux .

En deux ou trois mots , de beaux paysages entrecoupés de campagnes cultivées à l'ancienne avec quelques hôtels de tourisme ,situés dans des sites sauvages , comme notre restaurant de la Daurade qu'on ne regrette pas d'avoir découvert tout au bout du Cap , et près duquel on a dormi tranquilles .

Il a un petit air de bout du monde et voisine avec les carrières romaines de Char el Kébir Mm! le délicieux poisson présenté sur son lit de légumes avec une tomateévidée ,qui fait un magnifique photophore ... Magique !

La patronne nous offre la soupe de poissons et le thé à la menthe . On s'endort comme des bienheureux face à la mer .
Le restaurant s'est vidé, mais on a un gardien .

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Dimanche 6 Avril

La Daurade au bout du Cap Bon
On va vers Kelibia où se dresse une forteresse byzantine du VI me siècle , bien conservée .

Avant la visite on petit déjeune sur le bas côté de la route et nous faisons l'attraction , mais on est habitués et on s'efforce d'ignorer le ralentissement des gens lorsqu'ils arrivent près de nous .

La visite de la forteresse nous absorbe ,le reste de la matinée ,puis on va faire le premier repas entre nous depuis le départ . On avise une route abandonnée où l'on se croit vraiment seuls , mais des enfants se sont rapprochés avec des ruses de Sioux . On a appris à être impassibles au cours de nos précédents séjours , au Maroc en particulier . C 'est ainsi ! C'est cruel peut- être , mais il ne faut pas se laisser fléchir .!

Le Cap Bon se termine à Nabeul , qui sera sans doute notre prochaine escale .
On projette , pourtant de camper à Hammamet , mais au dernier moment on se décide pour Nabeul ? c'est bien nous ça !
Et l'on cherche le camping des Jasmins mentionné dans notre guide ,mais absolument introuvable !
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On finit par trouver l'enseigne cachée sous des branches d'olivier , Beau bureau de réception aux murs de faïences à décors floraux , bancs et sols ,tout est en faïence de Nabeul ...Evidemment !

On s'installe sous les orangers en fleurs ; avec les oliviers qui couronnent le tout . C'est parfumé à souhait , on sort tables et chaises , onétire la toile de toit . Qu'est-ce qu'on va être bien !
J'ai fait des photos des portes cloutées de décors magiques surmontées d'auvents couverts de tuiles vernissées bleues ou vertes comme au Maroc .

Fleurs à profusion , géraniums , reines marguerites et pourpiers qui dévalent les talus cachent souvent des misères .<On va visiter la ville demain , il faudrait aussiécrire ou téléphoner... On va voir comment faire !

J'ai oublié de parler des premiers problèmes : Le moteur recommence de ne pas s'arr êter au stop et après avoir laissé les clés au contact , on a fermé les portières . Heureusement il y a les clés de secours .

On commence déj à à chercher les choses qu'on finit par découvrir dans des endroits inhabituels L'eau courante s'est brusquement arr êtée de courir , il a fallu réamorcer ... Ainsi de suite !.Rentrés au camping on réajuste les b êtises faites dans la journée . Nos aliments sont saupoudrés de pétales d'orangers si parfumés qu'on a l'impression de se nourrir de fleurs . Ce serait très romantique !

On aurait aussi, bien pu dormir si ce n'était les chiens qui ont aboyé toute la nuit , le muezzin qui n'a pas arr êté de harceler les honn êtes gens , le tam-tam de l'hôtel ou plutôt le disco dont on ne perçoit que la batterie et les lamentations de Khaled en mal d'amour pour la cruelle Aïcha ...

Vers 3 heures , tout se calme et on s'endort mais vers 5 heures les coqs prennent le relais .Alors on se lève en maugréant ,on se douche à l'eau froide , ça réchauffe incroyablement .

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Lundi 7 Avril

Les Jasmins à Nabeull
Hammamet nous procure une déception de taille ! Que voir dans cette ville , polluée par une faune touristique du plus mauvais effet .

Messieurs et dames d'âge certain en short et nu-pieds , avec ce vent glacé .Grands décolletés et chair blanche et débordante , rien ne manque à la panoplie . On a tenté de voir le souk ,mais on s'est fait harponner par tout le chemin ,hâte d' en sortir !

Rien à voir ici , sauf peut- être les remparts cernant la ville et sur lesquels s'est installé un café dont les parasols de paille fleurissent jusqu'au ras de la mer .Désormais ,on saura où ne plus aller !

bybie 5On a quand m ême insisté et pris le petit train qui parcourt la ville , mais il n'y a rien d'autre qu'un complexe d'hôtels genre Marbella faisantétalage de sculptures, de balustres ,d'architectures compliquées , fer forgé et faïences de tout poil ... On se sauve à toutes jambes .

Il est 2 heures , IL est temps de manger . Où s'arr êter , sinon sur un terre plein jonché d'ordures ? . Alors on se restaure dans le camion et l'on dévore de bon appétit le repas préparé aux Jasmins .

L'arrivée à Kairouan ne manque pas de piquant . Trouver le syndicat d'initiatives nous prend pas mal de temps de m ême que l'auberge de la jeunesse où nous campons pour la nuit .
C'est le seul endroit possible dans cette ville et pas le plus charmant !

Bon Dieu ! ça schlingue dur par ici ,dans ce quartier qui pourtant est neuf , pourra t 'on résister a une telle odeur , On a tout de m ême bien dormi , malgré le bruit des apprentis rappeurs qui s'en sont donné à cœur joie pendant deux heures au moins ;

Quelle ardeur pour ce genre d'exercice !...
On est stationnés sous les mimosas qui défleurissent et laissent tomber leurs pompons jaunes que l'on retrouve partout dans notre habitacle ,ils tempèrent l'odeur effroyable qui , de la rue parvient jusqu' à nous .

Comment peut-on vivre dans une pareille atmosphère ?
Etant donné les difficultés de tous ordres , j'ignore ce que nous allons faire aujourd'hui , nous composons au fil des heures... Comme un peu partout le tourisme individuel n 'a guère droit de cité , par contre, place aux tours opérateurs nombreux et qui drainent une clientèle exigeante . Les panneaux indicateurs rédigés en arabe ne nous facilitent pas la tâche, Heureusement il reste la gentillesse des gens toujours pr êts à rendre service .

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Mardi 8 Avril

Auberge de jeunesse de Kairouan

lybie 6Il pleut des cordes aujourd'hui , on ne peut quitter Kairouan sans voir la grande mosquée !
Un rabatteur voyant notre hésitation ,nous a déj à pris en charge et nous conduit nous parquer où il veut au centre de la ville ...

Juste devant un marchand de tapis qui pointe son nez ...
On barricade le Toy et partons visiter , sans pouvoir larguer le gars qui nous suit partout et veut nous guider . Après bien des palabres on réussit à le semer , mais on le retrouve au guichet de la mosquée où le droit d'entrée ( seulement dans la cour ) est de 42OO DTU , c'est prohibitif , mais on n'est pas tous les jours à Kairouan alors on se soumet .

Comme d'habitude au Maghreb on ne peut visiter que la cour . On la parcourt dans tous les sens en jetant un petit coup d'œil à l'intérieur pour apercevoir la for êt de colonnes protégées à leur base par des tapis enroulés autour Rien de très spécial à notre avis ! Belle cour à arcades en briques rouges , beau minaret carré , sol de marbre blanc et l ' impluvium, le cadran solaire .

C'est tout !
Il pleut ! IL faut palabrer à nouveau avec le marchand de tapis qui nous offre le thé et la visite de son atelier ... Mais on sait jusqu'où ça mène ! On décline poliment , et on s'en va vers Sousse .

Ici comme ailleurs il n'est possible de visiter que la cour intérieure de la grande mosquée . Les mursépais en pierre de taille et grosses tours rondes lui donnent un air de forteresse . La cour dallée de marbre blanc est cernée de portiques sur 3 côtés . Très belle harmonie architecturale . Les visiteurs jugés non correctement habillés doivent rev êtir une grande robe noire assez sinistre .

Face à la mosquée se dresse le Ribat quiétait une tour de guet servantégalement de refuge aux populations en cas d'attaque ennemie .


On a grimpé plein de marches pour atteindre le sommet d'où l'on a une vue superbe sur la ville et sur la grande mosquée .
Avec son incroyable Colisée ovale El Jem nous offre avec ce monument du 2 me siècle , l'un des plus beauxédifices romains , qui pouvaient contenir 3O OOO spectateurs .IL pleut toujours , et on reprend la route du sud , où l'on espère un peu de douceur .

Nous passons tout près de Salakta et devons répondre à une invitation qui nous a été faite sur le Liberté .
A Salakta, la maison d'Alaya et de Nelly est bâtie sur un promontoire , au bord de la Méditerranée . Toute ronde avec des arcades tout autour , on dirait un amphithéâtre . Ces gens modestes ont dû pour la construire y laisser toutes leurséconomies...

Malchance ! .. Il n'y a personne dans la maison et ne sachant où aller à cette heure tardive nous nous installons au bas de la côte où , seule la route nous sépare de la mer . Depuis notre entrée en Tunisie nous n'avons pas eu un seul jour de beau temps , mais aujourd'hui c'est le comble ! Un vent effroyable s'est levé qui soulève des tonnes de poussière . Temp ête sur la mer dont les vagues gigantesques font un bruit d'enfer .

Je ne dirais plus rien de la lutte contre le vent pour s'organiser et essayer de dormir au bas de ce chemin d 'accès , dans le fracas deséléments déchaînés;
A minuit Alaya rentre et veut à ,toute force nous faire intégrer sa maison . Mais bien calfeutrés , on reste l à , on verra demain !...

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Mercredi 9 Avril

Salakta

LYBIE 7Il est 8 heures ? nous sommes déj à levés ....Nous allons dès que nous serons pr êts rejoindre la maison au bout du chemin . La merétire vers nous des rouleaux d'écume , à la limite de la colère et l'horizon est bleu marine .

On déjeune chez Alaya et Nelly dans leur maison amphithéâtre en haut de la colline . Beau panorama sur la mer , de tous côtés ,sauf un ... enété ce doit être magnifique , mais on y trouve dedans tout un fatras d 'objets hétéroclites , envahissant l'espace vital . C'est à cause de leur court séjour , ils ne prennent pas la peine de ranger . Mais alors on doit dégager les chaises pour s'asseoir ...

enfin bon !...
Avec eux on visite les amis , les frères , beaux frères , neveux , cousins etc ...Ainsi que les maisons qu' ils restaurent pour loger durant leur retraite ... L'hiver , l 'été , à la fantaisie On visite Mahdia , Salakta et les fouilles archéologiques ,le musée des mosaïques , on fait les courses , on rentre .

On mange à n'importe quelle heure , on parle beaucoup , on laisse la vaisselle sale , puis on va à Monastir à quelques 5O kilomètres de l à chez des amis pour prendre le café
... On charge un neveu exubérant , on se serre à trois derrière . Nuit noire , vitesse exagérée , pourépater la galerie , à travers les vicissitudes de la route ... On n'en mène pas large , il faut en avoir envie de faire tout ce trajet dans la nuit .

A cette heure ci Monastir semble une ville moderne , en fait elle l'est . Belle esplanade du mausoléeérigé pour Bourguiba : Marbre et porphyre , c'est une belle demeure d'éternité, que " le père du peuple " n'a décidement aucune envie d'occuper .

On rentre chez nous après s' être empiffrés de gâteaux , de fruits ,d 'amandes et de café ... On parle encore ;
On se couche , dans une chambre qui suinte l'humidité de partout . La mer s'est un peu assagie , elle nous berce et on dort comme des bienheureux .

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Jeudi 1O Avril

Salakta , maison d'Alaya et de Nelly

1o heures du matin , toujours vent effroyable et pluie incessante .On se prépare pour le départ .Toilette , petit déjeuner , bises , remerciements , on reprend la route dans cette temp ête . Heureusement le chauffage est efficace , on n'a pas froid dans cet environnement pire qu'au Cap Nord . On traverse villes et villages quasiment noyés sous un long canal de boue où Il faut marcher très lentement pour limiter la hauteur des geysers . Pourquoi n'y a-t-il pas de caniveau ?

Quel désordre au centre des agglomérations :
Piétons et cyclistes contournent des flaques incontournables et manquent se faireécraser à chaque instant .
Trouver un endroit non boueux pour dîner, c'est ça qui est coton !...
Finalement on stationne devant la STEG ( Cie du gaz ) en pensant qu' au Maroc on auraitété assaillis 2OO fois . ... Mais on nous laisse tranquilles ;

Le patelin s'appelle Enfidaville , mais il est plus courant de dire Enfida , pour raccourcir peut- être , ou pour défranciser le nom , ce qui ne m'étonnerait pas ...
On atterrit assez tôt au camping de " La Petite Jarra " à Gabès , qui fait aussi auberge de jeunesse , ça rajeunit !...

Promenade à travers les souks de la médina où il faut se frayer un passage à travers lesétoffes et v êtements suspendus , qui ne laissent qu'un tout petit passage .
Senteurs d'épices de toutes les couleurs , dans de grands sacs de jute et juste à côté du camping un marché aux moutons jouxte le bord d'un oued , qui fait aussi dépôt d'ordures ...

lybie 8Sous les arcades , on a acheté de belles cartes postales du désert que nous n'avons pas encore aperçu , tout au moins pas celui-l à.
Lorsque l ' on sort des villes , s'étendent de vastes plaines à perte de vue où rien ne pousse , sinon quelques touffes d' herbes grisâtres d' aspect peu engageant .

Quelques troupeaux de moutons sont gardés par un berger en djellaba marron et capuchon pointu . Si le troupeau est petit 4 ou 5 moutons le gardien les tient en laisse comme des chiens , au bord de la route où ils broutent Dieu sait quoi !

A Gabès , il y a plusieurs mosquées , dont une en construction avec un minaret ressemblant à un immeuble , avec des fen êtres symétriques jusqu' en haut ... Salut l'architecte !...
Dans la nuit ,plusieurs appels à la prière se croisent en un beau désordre de sons qui n'en finissent pas .

On a noté pour la première fois 2 voix de femmes muezzines ... tiens ! semblant d'évolution dans une profession où ce privilège est jusque l à réservé au sexe fort .

Bien sûr on est réveillés chaque fois par tout ce tintouin , mais la prièreétant préférable au sommeil ( dixit le Coran ) on prend la chose avec calme , M ême les aboiements incessants des chiens , le bruit du vent qui souffle en rafale sous la tente de toit , n'entament pas notre bonne humeur, car sans doute nous en verrons d'autres !...

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Vendredi 11 Avril

Camping " La Petite Jarra " à Gabés

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Il est 1O heures 45 . Pour changer , il pleut mais on va quand m ême essayer d' aller à Matmata ..
On quitte donc " la Petite Jarra " et Gabès et vogue la galère !...

Les paysages changent radicalement , c'est le sud du pays , la région des djebels ravinés couleur d'ocre rouge , avec dans les bas fonds et lits d ' oueds asséchés des palmiers , des figuiers et des bouts de terrain travaillés , grands comme des mouchoirs de poche .

Ici croissent des oliviers en grand nombre , il en faut des tas pour être le premiers pays producteur d'huile d'olive ... au monde .
A perte de vue ce paysage magique où le soleil brille ... enfin ! .

Bien que timide il imprime sa couleur et change le caractère des gens : on s'en aperçoit nous m êmes
Beaucoup de piétons marchent de front sur ces routesétroites , enfants qui rentrent ou qui vont à l'école , groupes de gens qui stationnent jusqu'au milieu de la route , mais se rangent un peu au bruit autoritaire de notre avertisseur ..lybie 10

Matmata nous a semblé un peu surfait . On ne s'attendait pas à trouver autant de cars de tourisme et des 4X4 en mal de dunes .
Hôtels et restaurants qui occupent des sites qu'on aurait dû protéger sont pleins à craquer .
On a dû chercher les troglodytes a travers la colline , au gré de l'inspiration , jusqu' aux cratères dans lesquels se nichent des habitations , hôtels et cafés ...Il en reste quatre ou cinq à peine .

lybie 11Des constructions faites à tort et à travers abîment ce site qui aurait pu être fascinant s'il avaitété préservé .
Quittons Matmata et prenons la piste vers Toujane . Mauvaise , caillouteuse , cassante mais elle nous réserve un paysage superbe , et comme toujours ,il faut aller chercher les chemins les plus ardus , pour finalement être récompensés , il n'y a pas de joie sans peine A Toujane on a pris 2 cafés dans une gargote troglodyte !, tapissée de kilims que tissent les femmes .

On s'est assis au milieu des poteries en morceaux , jarres et cruches . Les deux cafés délicieux servis par notre hôte valent seulement 8OO millimes , j' arrondis bien sûr , à 1 DTU
Plus loin Métameur est un extraordinaire village de ghorfas quiétaient autrefois des greniers ou des granges .

Debout encore depuis le XIII me siècle et pourtant à peine; restauré . Témoin intact de sonépoque ce ksar est un enchantement .
A Médénine , on retrouve , tout un quartier de" ghorfas , mais celles-ci aménagées plus ou moins savamment sont Investies par des marchands quiétalent leurs trucs à touristes , on n'a pu les visiter ,qu'enétant harcelés , de toutes parts , avec une insistance telle qu'on est partis ailleurs !...

Notre traversée de la Tunisie touche à sa fin ... Faut-il le regretter ou bien s'en réjouir ?
Dernière halte avant cette " terra incognita " qui me remplit d'appréhension et qui se nomme " La Libye "

Après le plein du camion on campe sur le parking de la station Elf où je prépare des lentilles aux saucisses . On va avoir le bruit de la route , mais peut- être va-t-on bien dormir quand m ême ? On n'a pas le choix et c'est encore trop tôt pour dormir seuls dans la nature et bien qu' elle ne soit pas hostile , on ne s'y hasarde pas ... Pour le moment !

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Samedi 12 Avril

Station Elf après Médénine , route de Tripoli

Il est 8 heures O5 Le temps est gris , mais il ne pleut pas .Journée soucieuse . Lever sportif et quelque peu laissé aller côté toilette , on arrangera ça plus tard , avant la frontière .Le long de la route , les banquiers ambulants brandissent leurs liasses vertesépaisses comme des dictionnaires . Ils nous hèlent , et tentent de nous arr êter en occupant le milieu de la chaussée .

On change un peu ,une première fois , on s'enhardit la seconde et l'on se rend compte que l'on s'est fait avoir précédemment . Dans l' ensemble c'est bien, compte tenu du change officiel défavorable . La banque de la route est une institution quasi officielle , on reste sidérédevant une telle habileté à calculer et à convertir . C'est sûrement un métier lucratif et ouvert à tous , je crois bien .

A la frontière on a vraiment ramé , fait la queue avec des gens qui passent devant vous , bien qu'arrivés après . C'est tout à fait le style du Maghreb , cauchemar des frontières , le premier passe le dernier il n'y a rien à redire c'est comme ça !

lybie 12Un guichet , puis un autre ,dans des baraques en planchesérigées en bureaux ,devant lesquels on plante, on poireaute et on ne sait pas bien pourquoi !
Il y a le contrôle des passeports, l'assurance , le carnet de passage en douane , le change officiel et ... la fouille .
On a failli se faire chiper le reste de la bonbonne de vin ainsi que la bouteille du réfrigérateur . Mince alors !

L'alcool est un passager indésirable dans ce fichu pays . Sur le vu de notre nationalité ils nous permettent de rembarquer notre boisson . On n'a pas su interpréter ce geste , favorable ou non !... Mais qu'importe !

Dans l'habitacle , tout aété passé au peigne fin et j'ai tremblé pour les boîtes " carré de vignes " qui cachent bien leur jeu ,les coquines !
La découverte de la bouteille de vinaigre a déclenché une polémique , car c'est encore du vin ... et puis ça ressemble à du whisky ,tout comme la bouteille de Mir suspectée elle aussi . Zut alors !

Enfin partis nous pouvons casse croûter sur un chemin de traverse et faire le point , sous les mimosas en fleurs .
Il fait bon , on commence à oublier les rigueurs de la Tunisie .
Sur la route de Bir Ayad le premier village Libyen où nous avons fait le plein de carburant ,nous a laissés perplexes . Après la conversion je m'aperçois avoir payé le gazole 0?11 le litre . Me trompes-je, ?

Eh bien non ! C'est bien ça ! Un plein pour à peine quelques francs , c'est ça qui est chouette ,mais ça nous semble impossible Première visite aux ruines Gréco Romaines de Sabratha , que l'on découvre grâce à l'amabilité d'un charmant autochtone .

Beau théâtre antique , tout doré au soleil déclinant déj à. Vestiges superbes d'une ville immense dont les colonnades dévalent jusqu'au bord de la mer et qui nous fait penser à Ephèse .
Sabratha est la troisième ville de cette " Tripole " " 3 villes " antiques dont Tripoli et Leptis Magna forment peut- être la partie la plus prestigieuse .

La caméra est interdite sur le site , donc on fait des photos , mais alors des quantités !
Sortant de Sabratha , on cherche désespérément notre route que l'on trouve grâce à un libyen qui nous accompagne sur cette voie .

Qu'est-ce que c'est difficile ! Tout nous pose problème pour l'instant ! La signalisation , en caractères arabes nous plonge dans de cruels dilemmes ! Heureusement la gentillesse des gens est inépuisable .

La nuit commence à tomber , elle arrive tôt dans ce pays dès le coucher du soleil, il fait nuit noire , on se laisse surprendre et on ne sait où dormir .
Il n'y a pas d'hôtel, pas de camping , ne r êvons pas ! On n'a pas osé s'arr êter dans le désert intégral qui précède Yfren et maintenant dans la ville c'est impossible !

lybie 13Qu'est-ce qu'on est emb êtés ! C'est alors que 2 jeunes gens nous conduisent à l'auberge de jeunesse , qui est fermée .
Alors ils nous amènent chez eux où nous campons dans la cour de leur maison en cours de construction .On ne se comprend pas du tout ;,
ils parlent seulement le libyen et font des efforts désespérés pour qu'on puisse converser quand m ême .

On met au point notre langage de gestes , de dessins, d'éclats de rires , on désigne du doigt les objets dont on veut parler et on déploie les cartes , alors tout s'éclaire .
Ils sont vraiment très sympathiques .

On déplie la tente de toit , on laisse les soucis , on s'endort ; Réveil en fanfare dans la nuit . C'est sans doute un autre membre de la famille tout surpris de trouver sa cour occupée .
On croit comprendre qu'il nous demande ce qu'on fait l à et le mot Russian revient souvent . Mais non , on n'est pas Russes , seulement Français french , fransa , francia .... dans le tas , peut- être un mot l'éclairera ?

Au matin ,nous attend un copieux plateau : Café chaud , œufs frits ,tomates avec du pain chaud . On déguste le café avec nos hôtes ...

nos trois hôtes ; Les deux rencontrés puis le troisième rentré cette nuit , et on apprend leur nom ... Pas facile ! Mohammed ; Jamal aïssa auxquels viennent se joindre Chaban et Botni . Quelleéquipe !

Mais les soucis reprennent le dessus ; Hier au soir , pendant notre trajet vers la maison de Mohammed , un voyant rouge a fleuri sur le tableau de bord , indiquant le non fonctionnement d'un organe important . Papi déclare vouloir le changer impérativement .

Recherches a Yfren , infructueuses chez les nombreux mécaniciens du coin . Il ne faut pas oublier l' âge canonique de notre Toy qui va sur ses dix sept ans , je crois ! ... On commence à peine le voyage , est-ce qu'il ne faut pas rebrousser chemin sur Tripoli où se trouve le seul concessionnaire Toyota de tout le pays
Quelle déception !

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Dimanche 13 Avril

Chez Mohammed à Yfren

Mais on peut toujours compter sur l' ent êtement de papi ... et sur son talent aussi ! ...
Le voil à qui retrousse ses manches , qui dévisse , qui scrute , qui démonte encore des pièces du moteur Il y en a unétalage sur un muret du jardin , je ne te dis que ça !
J' ai une trouille carabinée , mais j' ai réussi en tirant des paquets à vaquer aux petites occupations quotidiennes .

Avec des gestes précis , papi dévisse toujours , nettoie, replace , sous les yeux admiratifs et pleins de respect de nos hôtes .

lybie 14Lentement sans se tromper jamais papi remonte pièce après pièce .
Au fil des heures , il s'est trouvé des affinités avec Mohammedélectricien comme lui . Le langage de cette science qu'est l'électricité est universel et les voil à qui parlent watts et Ampères avec la plus grandeéloquence . J'en reste baba !

Autour de nous vallonnent les collines du djebel Nafusah aux maisons cubiques blanches à volets bleus . C'est calme ici , seuls les aboiements incessants des chiens gardiens de troupeaux meublent le silence , mais on ne les entend plus , on a fini par s'habituer .

Il a plu , comme toutes les nuits , ce matin le soleil a montré le bout de son nez et à midi il chauffe ardemment .
Papi a fini son travail de Titan , on croise les doigts et je retiens mon souffle .Il met la clé de contact ... ça marche ! ça tourne bien ! On peut envisager la suite de notre itinéraire trop tôt interrompu .

On se prépare donc à partir . Photos parmi la pagaille ,échange de victuailles , bises , remerciements chaleureux ... On s'en va .
Magnifique Yfren que nous découvrons au jour , dressé sur les flancs du djebel Nafusah ,Belles montagnes ocres , ravinées, aux maisons de m ême couleur se confondant avec la montagne .

Petit à petit se dessine le Sahara avec quelques dunes et du sable sur la route , que les voitures prudentes contournent . A la première croisée des chemins Mohammed se gare près de nous . Il nous a suivis ... Il nous guide vers des ruines Romaines que nous n'aurions pas trouvées sans lui et nous oriente vers Mizda . Cette fois c'est la vraie séparation , et on se quitte à regret , de part et d'autre . On ne les oubliera jamais !...lybie 15

La route est bonne , mais la rareté des panneaux , ou leurs indications en caractères arabiques ,nous posent de vrais problèmes .
Papi me met au courant du maniement du GPS , c' est intéressent et efficace !;ça m'aide dans mon travail de coéquipière .
On n'a pas encore trouvé les ergs dorés dessinés par le vent . Il n'en reste pas moins vrai qu'un désert que traverse une belle route , c'est bien commode et tant pis pour les raiders qui aiment surfer dans les dunes .

. On ne perd rien pour attendre !...
Ce soir on dort à la belleétoile , le soleil s'en va , bien qu'il ne soit que 18 heures 3O et la nuit s'installe aussitôt .
La circulation des camions se fait rare et les mouches commencent à nous dévorer tout crus .Je prépare une omelette aux champignons agrémentée des oignons du jardin de Mohammed C' est délicieux ! On commence à boire beaucoup bien que la chaleur soit supportable !

On pense qu'en allant vers le sud ça va s'aggraver!
Solitude toute relative dans ce bivouac environné de sable jaune et de cailloux . Aux alentours quelques petits reliefs arrondis , de-ci de-l à une maigre touffe d'herbe sèche . Mais la route est à 1OO mètres et le ballet incessant des camions ne s'arr ête que tard dans la nuit . Un oiseau pousse un bizarre cri , c'est tout! Et l 'on se couche sous la tente de toit où l'on est si bien .

C' est alors que le vent se lève et souffle en temp ête ; il menace de tout casser . Le Toyota tangue , la tente bascule , on doit déménager en catastrophe au rez de chaussée . Transporter le couchage , se cramponner pour ne pas être jetés à terre , on s'y emploie de toutes nos forces et tenter de se rendormir dans ces bruits de rafales , ce n'est pas chose facile .

Au moment où l 'on se croit sauvés les sangles se mettent à flotter contre la carrosserie et font un tintamarre d'enfer . Papi doit sortir dans la temp ête et réamarrer Sans doute , il y a un Dieu , pour les voyageurs de l'impossible , car on finit par s 'endormir après toutes ces péripéties , jusqu'au petit matin .

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Lundi 14 Avril

Quelque part , dans le djebel , entre Mizda et Qaryat

Il est 9 heures , on n'a pas encore réussi à ranger le désordre de la nuit . Finalement il y a deux chambres et une pagaille invraisemblable dans chacune d'elle . Et il faut commencer à se laver dans très peu d'eau .

Déj à s'imposent les conditions sahariennes:économie voire parcimonie .
On a casé les provisions cadeaux , offertes par les garçons d'Yfren à qui nous avons laissé , je crois un impérissable souvenir ...

Oignons frais , amandes et un gros sac de figues sèches . A mon tour j' ai laissé deux grosses boîtes de sardines , un sac de bonbons , un demi paquet de pruneaux et papi un antiparasite pour la radio , je crois le plus apprécié des cadeaux . Ils ontété terriblementsympa avec nous quiétions dans l'embarras . On ne les oubliera pas .
Le soleil commence à chauffer , le ciel est pur, on peut espérer une journée ...d'été bien que nous ne soyons qu'en Avril .
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Les v êtements chauds sont remisés au fond du placard .
Le GPS indique la latitude de Qaryat et nous y voil à ! Mais il y a seulement 4 maisons sans ce patelin , un commerce d ' alimentation et peut- être restaurant " La Mangeria " comme ils disent en Italo Libyen , ou une cantine . En dehors du naphta " et du pain on n'a trouvé rien d'autre , heureusement monépicerie personnelle est bien garnie , on débute à peine le voyage .

Après Swarif le paysage est désertique , mais on y rencontre quelques troupeaux de dromadaires vraiment peu exigeantsétant donné l'extr ême rareté de la végétation .
On aperçoit les premiers forages qui cherchent l' eau fossile dans le sous sol pour la canaliser à l' aide d'énormes pipe-lines , jusque dans le nord du pays où est concentrée les 9/1O e de la population .

Travail gigantesque , La mise en service de cette " Grande Rivière " devrait permettre quelques zones de culture intensive , donc la richesse et l'autonomie du pays et l' approvisionnement en eau des villes du nord qui en sont démunies Quelques immeubles modernes et coquets semblent dérisoires dans cet environnement .

Ils sont occupés par des Coréens responsables des forages . Le parc automobile estéquipé de Hyundaï comme on peut le penser , qui roulent à vive allure ainsi que les camions transportant des légumes sous d'énormes bâches . L 'un d' eux s'est renversé dans le fossé avec toute sa cargaisonéparpillée au sol .

A dîner , on a choisi l ' ombre d' un tahla , que l'on aperçoit au loin au pied d'une dune ....Moquette en crottes de dromadaires , air conditionné frais , ce répit de la mi journée est nécessaire , il nous permet de goûter aux fruits secs de Mohammed , amandes et figues et de faire le point .

Le GPS se révèle un instrument indispensable , j' aime bien le consulter et nous diriger grâce à lui à travers le dédale des carrefours illisibles .
La très longue route qui mène à Brak est interminable , les paysages plats à perte de vue sont sans intér êt . Pas de sable du tout , enfin pas encore !...

Beaucoup de chantiers de la " Grande Rivière " ponctuent l ' environnement . Les véhicules de ces chantiers roulent sur des pistes parallèles à la route et balisées de vieux pneus . lybie 17Ainsi , ayant leur propre réseau de circulation , ils font leur transport sans g êner ni être g ênés . Belle organisation ! Au prix de quel travail de Titan ... Des panneaux annoncent " well field side " C'est à dire , je crois " domaine des puits " ;

On roule , on roule ... En France on aurait vu cinquante curiosités ... c'est sans doute ce qui fait leur valeur , leur extr ême rareté...

Tout à coup, on sait que l'on arrive à Brak .... Bientôt , les champs d'ordures signalent la proximité de l' agglomération . Il faut le voir pour le croire ! Des kilomètres de boites de conserveséventrées et de déchets de toutes sortes croupissent à l'entrée et à la sortie des villes dur les deux côtés de la route . Parfois ils ont tenté d'enfouir ,mais sans résultat et c'est pire !

Nous sommes sidérés ! Comment n'a t ' on pas trouvé une solution à ce problème des déchets , qui attirent les mouches et propagent des odeurs effrayantes ...
C'est la fin de la journée , on arrive à Brak que l'on traverse de part en part . La ville est grande pour une situation aussi ingrate , en plein désert . Il y a plein de petits commerces sur l'artère principale : Vendeurs de boissons orange ou jaune , non alcoolisées ,évidemment , dressées en pyramides et en plein soleil .

Cette rue s'ouvre sur l'effigie géante du " Général " levant haut sa main droite en signe de bienvenue . Toute neuve , la mosquée à deux minarets estéclatante de blancheur avec des décors vert islam .

On a commencé à voir des véhicules pour le Tour Akakus " qu 'ilsécrivent phonétiquement " Acacous " .
On finit la journée sur la station service de Brak, n 'osant pas nous aventurer vers Sebah où sévit une population paraît t ' il , mal famée . Etant nouveaux venus dans ce pays , nous obéissons a notre guide " Gandini " que nous suivons à la lettre .

Sur la station un indigène est venu souper près de notre camion . Bien installé par terre avec tout son attirail et sa théière . Il nous offre un thé que nous n'acceptons pas et une pomme rouge , que nous mangeons ensemble . Puis il fait ses très longues incantations à haute voix et ses suppliques à Allah , à n'en plus finir . Après son départ le calme s'est installé et on a dormi sans encombre .

Demain c'est Sebha ville que nous appréhendons à cause de la racaille qui l'habite ( dixit notre guide ) on est prévenus , On verra bien !...

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Mardi 15 Avril

Station de service de Brak vers Sebha .

Comme toutes les entrées de villes celle de Sebha n'est pas un jardin de fleurs . Ici sont regroupées toutes les familles de bédouins sédentarisés , sans doute , contre leur gré .
Ne pouvant se séparer de leurs animaux , ils les ont parqués dans d' innombrables cages de fil de fer rouillé , avec toits en carton , chiffons et autres matières non prévues pour cet usage , sur des kilomètres précédant la ville . Avec les ordures et les boîtes rouillées , on a ainsi une idée ....

vague ... de l'environnement . Faut il que les autorités gouvernementales soient dépassées pour laisser un pareil problème sans solution t...
Grâce au GPS on a trouvé sans mal l'agence de tourisme et nos formalités ontété faites en peu de temps .

Le timbre apposé nous a côté 15 dinars chacun tout de m ême .
Un gentil marocain rencontré nous conduit à la poste où je n'ai pas réussi à avoir les timbres pourécrire en France .
Du coup je n'ai pas envoyé mes cartes et l'avenir me confirmera la difficulté, pour le faire . Résultat elles dorment dans mon cahier , attendant un jour propice . Pour Sabha , c'est tout ! On s'en va vers ailleurs !...

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Mercredi 16 Avril

Camping de Fjielf

Le GPS nous conduit à l'auberge de jeunesse camping de fjielf où nous rejoignent plusieurs personnes , dont un motard Allemand sans vivres , que nous faisons dîner avec nous .
Il y a aussi 3 français retour des lacs qui nous fichent leur découragement en t ête . On a dîné sous la paillote puis on s'est couchés. Mais le vent dans la nuit a soufflé comme un dingue et fait brinquebaler des portes de l'auberge , que papi est allé caler avec des parpaings .

Le calme est revenu , on a pu bien dormir .
Au matin effluves de senteurs , qui nous rappellent Kairouan .. Il est 8 heures 3O , le soleil colore de roux les dunes qui encadrent le village de Fjielf , tandis que le camping est situé, au pied de montagnes rocheuses , qui le surplombent de quelques centaines demètres .lybie 18

Je ne connais pas encore le programme de la journée que l'on va planifier pendant le déjeuner ... Inch Allah !
Aux dernières nouvelles on décide de visiter les lacs et de commencer par celui de Mandarah ; Beau programme ! facile à réaliser grâce au GPS ,... Enfin., on le croit !

Quelques traces d'inquiétude m' envahissent , que je n'arrive pas à chasser . Bon ! nous sommes au pied de l ' erg , il s'agit maintenant de le franchir . Il est près de midi , le sable est chaud et mou à la limite du liquide . La première dune très abrupte , nous pose des problèmes , il faut en convenir , mais grâce à une marche arrière et un nouveau départ bien négocié le franchissement se fait bien .

Puis , on s'est plantés à nouveau , ça et l à , il faut alors sortir les plaques de désensablage dont lesécrous se sont rouillés depuis l' Algérie . A force de patience et d'efforts on a fini par passer , une, puis deux , puis trois dunes . Qu'est-ce que c'est chouette !

Autour de nous la mer de sable à l'infini . On a l 'air de deux enfants perdus dans cette immensité ! ...
Mais ça n'a pas duré ! Presque en haut d'une dune , un nouveau plantage sape net notre enthousiasme . Après plein de manœuvres , on ne peut plus avancer , ni reculer d ' ailleurs ,mais on s'enlise de plus en plus . notre travail désormais est le suivant : désensabler les roues avec les pelles , placer les plaques , avancer de quelques centimètres à peine et se planter à nouveau ... Quel boulot !

Il faut récupérer les plaques enfoncées au plus profond , et les pelles où sont elles passées ? C'est terrible ! On manœuvre dans l'espoir fou de s'en tirer jusqu'au bout de l'effort . On est lessivés , on n'en peux plus , le Toy est enfoncé à pleines roues jusqu'au ventre .

Alors que tous les moyens ontété employés on a perdu tout espoir de s'en tirer seuls . Il faut aller chercher du secours et refairele chemin à l'envers ,bien qu 'il n'y ait âme qui vive dans ce désert. Je laisse un mot en anglais sur le tableau du Toy , au cas où un passant très eventuel, le croirait abandonné . Papi le repère sur le GPS , pour ne pas le perdre de vue .
Le cœur gros nous laissons notre compagnon de voyage , qui contient toute notre survie : Provisions , remèdes etc ... Et bientôt en se retournant sur nos pas , on ne le verra plus , il disparaît dans le sable dont il a la couleur .

La mort dans l' âme , on attaque le trajet à faire dans le fech fech qui enfonce sous nos pas . Il y a bien dix kilomètres ! Le soleil est brûlant et le vent souffle à toute vitesse et nous renvoie le sable qui pique la peau comme autant d 'épingles . Dur dur !

On continue notre marche , pour repasser l'erg déj à franchi avec le Toy . On progresse lentement , on commence à avoir soif ... On mange une pomme . J'ai les lèvres comme du carton , les yeux pleins de poussière , on est tous les deux au bout du rouleau ....

On marche toujours ...Et la palmeraie apparaît , au pied des dunes et semble relativement proche . mais jamais on ne l'atteint !... Tel un mirage , plus on avance , plus elle s'éloigne , aurons nous la force d'arriver au port ?

Quand ,enfin les premiers dattiers sont à notre portée , il n' y a âme qui vive dans ce secteur ! Le sol est craquelé et forme des vagues de sel qui s'écrasent sous nos pas avec un bruit sec . Difficile ! On doit parfois enjamber des rocs et la fatigue s'accroît , la soif aussi ! Onépluche 2 oranges et on marche , on marche à l 'infini . On pense à tout , à toi notre Titou , à Fanou , à tout le monde , en espérant s'en sortir , mais sans en être sûr ...Le sable colle à la peau , les lèvres que la soifépaissit sont comme du bois .


Mince ! on est dans de beaux draps ! Au milieu du désespoir , on aperçoit une maison tout l à bas ... On va vers elle . Mais elle est fermée . Quel pays tout de m ême !

Un peu plus loin , en titubant on aperçoit un hangar sous lequel , une dizaine d'hommes se prélassent en buvant du thé . Tant bien que mal , on se fait comprendre et ils se marrent de notre mésaventure . Ils nous envoient un escogriffe qui nous amène on ne sait où !

Il nous ramène au camping où nous devons parlementer " gros sous " pour avoir du secours ...Il y a l à quatre ou cinq guides d'une agence de voyage de Ghat et leur Toyota . On convient de la somme de deux cents dinars soit quatre cents de nos francs , et on s'en va .

Rapidement on repère la piste de départ prise précédemment par nous m êmes . Mais notre guide juge bon , de couper au travers des jardins , pleins d'eau d'irrigation .
Enlisement de grande envergure ! Boue jusqu'au moyeu et plus encore . Ils n'ont pas de plaque de désensablage , ni pelle non plus , ne r êvons pas ...

Ils bricolent une bonne heure pour retirer la boue de dessous les roues , avec leurs mains comme seuls outils , pendant que l'on cherche des pierres ou de la végétation pour combler les trous faits par les pneus . Grâce à notre mémoire et notre GPS on retrouvera de loin le pauvre Toy abandonné . Minuscule dans cette immensité hostile , le sable l'a déj à en partie recouvert . On le rejoint et , grâce à la poussette des guides plus la mienne , avec le secours des plaques et le dégonflage des pneus , on décolle et franchissons les ergs avec une facilité déconcertante .

Nous rejoignons le camping de fjief , nous installons pour la nuit et savourons un repos que l 'on n'espérait plus ...

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lybie 19Jeudi 17 Avril

Camping de Fjiefj

Il est 9 heures , le soleil est déj à très chaud On a refusé de se joindre au groupe de français arrivés hier au soir et qui n'a pas daigné nous saluer . Un guide nous invite à aller aux lacs avec eux , ce qui auraitété bien, pour nous , après la déception d'hier . Mais ce groupe indiffèrent ne nous dit rien qui vaille et nous les laissons partir .

A Germa , on finit à force d'insistance par trouver un réparateur de pneus , qui accepte de nous les regonfler tous les quatre , malgré la f ête de l' Aîd et Kébir . Ensuite on est allés voir Garama la vieille capitale des Garamantes , dont il ne reste que des pans de murs , des tourelles à demi effondrées .

Quel charme , de circuler dans cette antique cité où vivait ce peuple méconnu , il y a ... combien de siècles au fait ?...
Route interminable vers Ghat , monotonie sans fin pendant une centaine de kilomètres au moins . Il fait chaud , il n'y a pas un poil d' ombre . On rejoint Ghat en fin de matinée . Il s'agit de chercher une agence et de régulariser notre passeport après 7 jours dans le pays .

Mais la police est fermée, pour quatre jours ... C'est l'Aïd et Kébir ne l'oublions pas .
On trouve facilement l' esplanade , juste devant l'agence de monsieur Osman et on convient de se joindre à un groupe de français . Cinq joyeux lurons , à peu près de notre âge qui veulent bien que l'on se joigne à eux .

lybie 20Trouver un guide aujourd'hui en pleine f ête ça demande plein de temps et de palabres , sans nul doute . Mohammed accepte . Il faut se répartir dans les trois voitures et on part . Il est déj à tard dans l'après midi , mais tous les papiers sont en règle . Départ un peu serré , j'ai pris ta place , au milieu Fanou , car Mohammed occupe mon siège . Désormais nous serons la voiture guide . ...

Puis on attaque les dunes .... Incontournable ! Personne ne peut passer sans le secours du reste de l'équipe . Je recommence à avoir l'estomac noué , mais apparemment tout le monde s'amuse bien ... Les gens sont fous !

Dans la bonne humeur et malgré le soleil de plomb , il faut pelleter , désensabler , mettre les plaques , pousser les véhicules .... Trois voitures , chacun son tour subit ce sort peu glorieux , quand l'obstacle est passé , c'est un " ouf " de soulagement ...

Puis , on rencontre la " grande dune " , haute comme une montagne ; On a l 'honneur d'essuyer les plâtres et de faire la mouche sur le grand mur !....
Un grand bon point pour le chauffeur , ... Moi je fais des prières ! ...

Alors que la nuit commence à tomber , on a perdu la Range Rover . Retour en arrière de l'équipe , sauf moi , le guide ; et le Toyota . Une pareilleéquipée , sans expérience ne se solde pas sans quelques agaceries . On se retrouve enfin , tous ensemble et on bivouaque entre deux dunes , pour se protéger du vent .

Mohammed fait du feu, du thé ,pendant que chacun vaque à ses occupations et prépare son petit repas lybie 21
D'ici , on aperçoit la comète de Hale- Bopp et le ciel clouté d'étoiles ,magnifique ciel de lit .

Au lever du jour , l'équipe est pr ête et lève le camp .
Zut! Notre boîte à vitesse hoquette deux ou trois fois .... Panique à bord ! Est-ce bien le moment de tomber en panne ? ... Peut- être est-ce mon pied qui a bougé le levier à mon insu ? Je surveille mes mouvements et désormais tout va bien .Je cale mes pieds où je peux et n'en bouge plus sous aucun prétexte .

Dunes sur dunes , puis passages à cailloux pointus genre Fadnoun , maintenant que nos pneus sont bien dégonflés est-ce qu'on ne va pas crever ?
On cherche à qui mieux mieux la piste , mais Mohammed innove ses passages à lui et nous fait planter. ... On râle , papi l'engueule , il riposte et je suis l à au milieu de la bagarre pour remettre un peu de calme . On transpire comme des b êtes ;;;

Des paysages insolites se déroulent sous nos yeux , mais on a peu de temps pour les admirer . Au grand dam des sportifs on s'arr ête pour faire des photos et du film .
Ces vastes plateaux cernés de montagnes basaltiques arborent des formes les plusétonnantes Des Wadis , lorsqu'ils coulent s'infiltrent dans le sol , ainsi un peu de végétation se débrouille de trouver de la survie .

Parfois deux ou trois tahlaséparpillés créent un semblant de vie d'une rudesse sans pareille . De plateaux noirs à perte de vue , en dunes oranges , pas un animal , pas un chameau , rien ! Pourtant , si ! Dans le plus lointain des paysages , au milieu des pierres et sous une chaleur d'enfer , on aperçoit quelques huttes isolées de touaregs que notre guide , touareg lui-m ême va saluer.

Quelle incroyable aberration de vivre ainsi, loin de tout !

lybie 22Un médecin dép êché par le gouvernement leur fait une visite mensuelle et leur apporte des médicaments ;

Entre temps , ils s'arrangent pour n' être pas malade ...

La deuxième journée Mohammed nous fait découvrir les abris sous roches , décorés de peintures rupestres , vaches et animaux indistincts que j'apprécie moyennement ;
C'est à la fin du parcours que l'on rencontrera plusieurs dessins avec notamment des chars garamantiques , témoins de la bougeotte de leur peuple .

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Vendredi 18 Avril

Encore des rocs noirs à profusion , des plateaux à wadis immenses et peu à peu le paysage se dilue . On a bien encore deux ou trois ensablements , histoire de ne pas perdre la main et Il a fallu encorder les véhicules pour les sortir des ornières de sable mou , puis on retrouve Serdélès , qui marque la fin du circuit et tout le monde se sépare .lybie 23

Echange d ' adresses , de bises , pourboire et bise à Mohammed et on rejoint notre camping des Zéribas que bientôt retrouve aussi la deuxième partie de l'équipe , qui n'a pu se résigner à partir déj à .

Ils louent a cinq une paillote qu'ils ne peuvent occuper à cause de la chaleur . On boit un thé ensemble et ... a demain !

Cetteéquipée de trois jours, dans ce somptueux massif de l'Akakus , on n'est pas près de l'oublier . C'est un Parc National , donc protégé et la présence d'un guide est obligatoire , ainsi que l'autorisation d' un organisme public : Préfecture , ou mairie , ou police .

L' agence de monsieur Osman a effectué toutes les formalités , puis s'est ingéniée à nous rendre le circuit le plus agréable possible .

Nous avons ainsi visité presque tous les sites , absolument fabuleux : Arches de pierre , montagnes aux formes humaines , sculptées , trouées , strates en draperies ,en colonnes , en gueltas , avec de l'eau , sans eau , avec des fleurs , des plantesétranges, des arbres rares etétonnants , des cailloux géodes , des fossiles , du bois pétrifié , des gravures et des dessins rupestres , racontant cette région avant qu'elle ne devienne un désert .

Nous avons marché sans fin dans le sable , escaladé des rocs pour atteindre les abris où vivaient les hommes du néolithique . Recrus de fatigue mais heureux !...

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Lundi 21 Avril

Camping " Les Zéribas " Serdélès

Je n'ai plus daté depuis le vendredi 18 Avril , le temps a passé comme une flèche .
Que de choses faites aujourd'hui ! On a fait regonfler les pneus dégonflés ces jours-ci pour rouler dans le sable . Trouver un atelier ? Quelle affaire ! Des gosses nous ont accompagnés , puis accablés de demandes genre : " Donne pen " , " chapeau " , " lunettes " etc ... Je leur ai donné des bonbons .. Ouf !

On a trouvé du pain , fait la queue à la boulangerie avec la marmaille et un jeune homme qui parle français depuis qu'il est monté à la tour Eiffel .

Des légumes sur le marché ? On en trouve " A la chance " , c'est le Sahara ! Alors aujourd'hui , il n'y a rien du tout . Le bureau de poste ? Quel poème ! Un carré de ciment , tous carreaux cassés , sans aucune indication .

lybie 24Le guichet est haut , à hauteur de menton et cradingue à souhait . La guichetière travaille debout , au téléphone rouge . Tout à côté il y a une autre employée mais comme elle est assise , on ne la voit pas .

Victoire ! Elle a un téléphone qui fut blanc , dans sa jeunesse , la communication est bonne , ainsi sera bonne la journée , c'est ça qui est bon !....
Mais il faut repartir sur Ghat , pour le contrôle du passeport après sept jours passés dans un paysétranger . Nous sommes gentillettement accueillis par la police qui appose le sceau de notre condition d'émigrés .... Provisoires !

Mais il n 'y a pas de timbre fiscal dans toute la région ... On devra donc se présenter dans un autre bureau de police , dans une autre ville , pour payer cette taxe et faire apposer ce fichu timbre . Bon ! Le policier signale le fait , par une ligne en caractère arabes afin que nous n'ayons pas de problèmes .

On va donc au marché , faire notre plein de légumes et fruits . On y retrouve Mohammed que l'on amène au bistrot boire un Pepsi-Cola , pendant que nous commandons une bière non alcoolic . On voudrait changer un peu d'argent , il nous dit avoir un " changeur " .

Finalement on change un peu avec monsieur Osman toujours très régulier , puis avec le copain touareg , mais celui-ci , très filou a glissé dans la liasse 2 billets de 5 dinars au lieu de 1O . Un autre manque . Papi préoccupé par le vent fou qui commence à souffler , ne relève qu'une erreur ... Voil à ! 1O dinars habilement subtilisés ... On râle , mais malgré ça le change est bon , par rapport à l'officiel de la frontière .

Ouvrir les deux yeux et m ême les quatre la prochaine fois !....

De ghat , point le pluséloigné de notre voyage , nous rebroussons chemin sur Serdélès et Oubari .

Plein de gazole , plein de sable aussi ! ...Vent violent soufflant en temp ête et soulevant des nuages opaques ... pire que le brouillard . On doit s'arr êter à tout moment et tout l' habitacle est saupoudré ... Souci pour le moteur ! L 'horizon est à deux pas , jaune safran ... un mur ! On espère qu'en face de nous ils seront prudents , sinon ! ...

On arrive à la nuit tombée à Germa , à l'heure où les boutiques illuminées accueillent les clients et où les rues s'animent jusqu'au beau milieu . Voitures sanséclairage, roulant en sens inverse , quand elles ne doublent pas sur la droite , groupes qui bavardent , enfants et animaux qui traversent à notre passage . C'est vraiment la conduite de tous les dangers !...On a hâte d' être arrivés !...

On avise le " resto house " de Mohammed qui, à l'aller nous avait orientés vers l' atelier de pneus pendant l'Aïd en Kébir . IL est de Colomb Béchar et tout heureux de parler des lieux qu'il aime ,et que nous connaissons , un peu .

On est morts de fatigue, de soif, et tout!... Eh bien , ne le crois pas si tu veux , mais le réfrigérateur du restau vient de claquer . Résultat, tout est chaud , il n'y a pas de douche et les waters sont inondés et infâmes. Quelle douleur que le Sahara !
On espère tout oublier dans notre paillote et qui vivra verra , demain après tout est un autre jour !...

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Mardi 22 Avril

lybie 25Camping Restaurant " les Zéribas " à Germa

Sans doute , allons-nous vers Fjiefj où nous allons nous renseigner pour faire la visite des lacs , avec voiture guidée . En gros nous avons un peu de temps , nous espérons seulement n'avoir pas les m êmes intempéries qu'hier .

Levés depuis 7 heures on n'a pas arr êté de nettoyer ce fichu sable qui s'est infiltré partout , dans le véhicule . Quelle poussière ! ... Mais on a de l'eau ce matin , alors on passe tout sous le robinet , y compris les légumes abondamment saupoudrés ainsi que les torchons et le linge , tout est raide , onéternue à tout moments .

Mohammed nous a enregistré un joli morceau de musique ,que nous avons aimé hier au soir . Papi , lui a laissé les 2 cassettes de Zamfir et d'Ushuaîa ,échange de bons procédés , qui se révélera n' être pas à notre avantage , car la cassette reçue en cadeau est inaudible ... ça nous apprendra ! ....

Vers 1O heures 3O après nos adieux à notre hôte si sympathique , nous prenons le large vers Fjiefj .

Il n'y a plus un seul touriste à fjiefj, c'est déj à la fin de la saison , et pourtant seulement en Avril . Le prix qui nous est demandé pour aller vers Gabraoun et la Rambla des Daouadas c' est à dire les lacs , nous semble prohibitif . Ils nous expliquent être obligés d'affréter un véhicule pour seulement nous deux . Du coup on renonce à ce projet si difficile à réaliser et je regrette encore aujourd'hui cette décision .

Nous gardons le camp pour ce soir, car nous avons besoin d'un peu de répit .

Nous reprenons donc notre table , sous les djérids de palmiers , recouverte de ma nappe en papier à fleurs roses , du plus bel effet . Peu à peu , le zeste d'ombre se retire , plein soleil sur le camion qui bout à grand feu .

Un grand bon point est décerné à notre minuscule réfrigérateur qui nous garde les boissons fraîches , ainsi que les tomates pour la salade .

lybie 26Papi a réinstallé la guerba de toile que nous avaient donné les Jay pour avoir en permanence de l'eau fraîche , en abondance . La toile longtemps inutilisée a coulé , puis, s'est peu à peu stabilisée . Sous le hangar, il fait bon , on yélit domicile bien qu ' il y ait toujours sous cet abri deux tables dégoûtantes et des chaises cassées , les 4 fers en l'air , mais aussi un beau panorama de dunes rousses , avec au pied le village de fjiefj dominé par son minaret conique vert clair .

Il y a toujours dans l'air un brouillard de sable , un ciel jaunâtre , bref ce n'est pas le meilleur temps possible . C 'est la fin de la saison touristique , c'est l'été où tout le désert cuit à des températures inimaginables .
On n'est pourtant que le 22 Avril !...

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Mercredi 23 Avril

Camping de Fjiefj vers le djebel Murzuk , pour rejoindre Sabha
Toujours des routes , au milieu de rien et à perte de vue , des terres jaunâtres que le vent balaie à grand coups .
Il est possible de traverser une centaine de kilomètres sans rencontrer un seul village , puis tout à coup surgissent deux ou trois maisons carrées à demi démolies . Est-ce un village ? Et lequel ? M ême avec l'aide du GPS on n'arrive pas toujours à savoir ?

Pour Traghan , par exemple on a eu un mal fou à se faire comprendre . Le flic qui ressemble au sergent Garcia , nous fait répéter et nous apprend qu'il y a " kamsin kilos " , ce qui signifie 5O kilomètres .

Après ce petit crochet dans l' idham Murzuk , nous retrouvons Sabha , on peut dire sebha si l'on préfère , moi j'opte pour Sabha , sans doute à cause de la reine , mais ça n'a rien à voir .

Je dérobe en roulant deux photos du Fort Leclerc , inaccessible et cerné par des bâtiments militaires , puis on rejoint le grand hôtel où nous mettons le Toy au parking gardé .

Notre chambre n'est pas des plus nettes ,mais on a une vue superbe sur la ville et sur de fort qui s'appelait Margherita à l'époque italienne . Après lesévénements de 1943 il prit le nom de Leclerc qui l' avait occupé dans sa progression Tchad- Koufra . Aujourd'hui , il s'appelle fort de Sabha , mais pour nous il restera fort Leclerc .

On a une clim qui marche mal , une télé dont les fils ontété arrachés , un réfrigérateur à la porte défoncée , un salle de bains dont leséléments stratifiés ontété hachés à coups de couteau .
Cet esprit de dégradation est vraiment impressionnant ! Malgré tous ces désagréments on est bien , le garde du parking est un tchadien , il parle français , celui de la nuit est algérien , c'est idem . Pour 25 dinars seulement , léquivalent de 5O francs français , on dort tranquilles . Demain matin on devra faire les formalités inachevées à Ghat : Apposer le timbre fiscal sur nos deux passeports . C'est réglementaire .

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Jeudi 24 Avril

Sabha, le Grand Hôtel

C'est fait ! le timbre fiscal est apposé ! Curieusement , la police où nous devions nous rendre , nous a accompagnés à l'agence de voyages . Donc celle-ci a prélevé le double de la taxe , pour ses frais personnels .

lybie 28Cette formule nous semble un peu cavalière , bien qu'au retour on nous affirmera que c'est l'usage , donc bel et bien réglementaire . On a rencontré le guide Mohammed Ahmed qui parle un bon françaisétant algérien . Il nous incite alors qu'on n'est pas du tout décidés à aller vers le Waw an Namous , la piste qui y conduit est correcte , voire , facile.....Dit ' il !

Waw est ,bien sûr un siteétrange ! C'est un volcanéteint qui présente un cratère plat , cerné de montagnes de lave , dans un environnement désertique . ....Bref c'est une curiosité !Alors on ne voudrait pas quitter le pays , sans avoir vu le volcan , puisque c'est à notre portée .

On traverse à nouveau le route et les champs bordés de pylônes jusqu' à Traghan , puis crochet vers Um Al Araneh , Zwayla et enfin Tmisah
A Tmisah ,un policier vérifie notre réserve d'eau, et nous fait payer notre droit de passage auprès d'une agence de voyage ! .... Encore !...

Mais bonne réception , avec le thé brûlent offert , accompagné de petits gâteaux à l'anis . Puis on s 'en va ;
C'est la fin de la journée , on roule un peu puis on avise un terrain plat dans une palmeraie . Il y a peu de sable au sol , ce sera parfait pour faire le graissage du Toy demain matin .

On dort sous la tente de toit , puis le vent se lève et souffle de plus en plus fort , il secoue la toile st les sangles qui font un bruit intenable . Papi se lève pour fixer le tout , je ne sais comment , mais c'est efficace .

Au dessus de nous , les palmes prennent le relais et s'agitent en tous sens . Finalement , tous les bruits de la nature se sont donnés rendez-vous dans ce bout de désert , au bout du monde .

Mais on est fourbus , on s'endort malgré tout ! Au lointain , on aperçoit encore les lumières de Tmisah que l'on a quittée depuis un bon bout de temps . Les images se fixent longtemps sur un terrain sans relief , l'horizon est sans fin ....
A demain !

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Vendredi 25 Avril

La Palmeraie , après Tmisah

Il va être 1O heures . Papi a graissé le dessous du camion et il a découvert un truc cassé , qu'il a réparé aussitôt avec un autre lybie 29truc . Pourvu que ça tienne ! Il n'a pas pris le temps de déjeuner , aussi bonjour la migraine !

Pas rasé , pas lavé , on s'appr ête à affronter la deuxième partie du parcours . Pour l'instant ,il fait encore frais , mais le soleil est l à et à midi, bonjour l'équateur ! ...J'ai cuit un verre de couscous et préparé une salade de tomates ... pas très varié le menu , pourtant c'est celui que l'on mange avec le plus d'appétit ! Et que dire de la pinte de vin " carré de vigne " ? Merveille de la nature ! Médicament idéal contre le stress ! Allez go !...

Le début de la piste est bon et l'on pense que ça va bien se passer , on a intér êt car on est tout seuls . Personne n'est passé depuis hier au soir , on dirait que le coin n'est pas si fréquenté que ça ....

Après quelques dizaines de kilomètres , le sable a envahi la piste , en couche peuépaisse et l'on passe bien . Peu à peu il est devenu plusépais , puis trèsépais et mou , genre fech-fech . On a commencé à avancer avec peine , puis on a essuyé les premiers plantages .

Dégonfler les pneus , descendre , pousser de toutes ses forces , puis rejoindre le Toy qui s'est arr êté sur une zone solide , c'est notre lot désormais . Peu à peu les plantages sont plus fréquents , il faut sortir les pelles et les plaques , dégager les roues , pousser encore une fois , deux fois , dix fois . On n'en peut plus . Puis nouvelle technique ! ...

Pousser à corps perdu et lorsque le Toy démarre se faire transporter sur le marchepieds arrière , comme si j'avais toujours fait ça !.... Papi pousse aussi à l'avant et conduit de l'autre main .

Du sport , je te dis ! Et quel sport ! Mais ici , c'est marche ou crève, si tu vois la différence ! Le soleil est brûlant ce qui n'arrange rien . On a des pensées assassines pour tous ces gens qui nous ont parlé de facilité , pour ce parcours diabolique ! ...On devrait toujours se méfier des gens !....

Tant et si bien , qu' après quelques mètres parcourus et des efforts gigantesques déployés , on décide carrément de retourner à la case " départ " ;

Mais voil à une autre difficulté ! Rebrousser chemin sur du sable mou , ce n'est pas de la tarte ! .... Pelletées sur pelletées ... centimètre par centimètre , plaque sur plaque , au bout de combien de manœuvres , on finit enfin , par retourner le Toy qui n'en revient pas de cette volte face . Il faut continuer de pousser , sinon le véhicule s 'enlise et lorsqu'il semble démarrer je grimpe sur le marche pieds , moi , la non sportive ! ... Au bout de combien de temps , l ' espoir renaît , ça a l'air de marcher ... enfin !

Dieu de ciel ! Je suis toujours sur le marche pieds , ça roule mou , mais ça roule ! ça oui ! Mais dans quelle direction ? ... Il ne manque plus que ça , on a perdu la piste et semblons tourner le dos à Tmisah vers quoi nous devons aller .

Après plusieurs recherches , on finit par retrouver la piste , il s'agit maintenant d'y accéder !
Banc de sable mou , sur dunette de fech- fech , on manœuvre désespérément , combien de temps ? je ne saurai le dire , mais on a enfoncé le Toy bien au del à du moyeu . La moindre manœuvre nous enfonce encore plus et les forces nous manquent ...

Le ventre du Toy racle le sol , on n'avance plus du tout , on est définitivement plantés . Mais on essaie quand m ême encore et encore de se dégager à coups de pelles , avec les mains , on se couche m ême à plat ventre pour essayer d 'enlever cette saleté de sable . On glisse des pierres trouvées dans des ornières , mais les roues tournent , envoient des geysers de sable que je reçois en pleine figure ... Rien ne bouge plus !... Plus du tout !lybie 30

Désespoir ! ... Que l'on se garde bien de montrer à l'autre , mais désespoir sans bornes ! On est sans doute à 3O kilomètres de la ville , ou plus peut- être ... Il n'y a personne nulle part ... Désert vraiment !

Papi se met à avoir faim ... ça alors c'est une performance ! alors que j'ai les tripes nouées à triples nœuds . On s'installe donc dans le Toy enlisé , pour essayer d'avaler quelque chose ? On a des vivres pour quelques jours et peut- être quelqu'un aura la bonne idée de passer dans le coin !...Il fait combien de degrés dans cette salle à manger de r êve ?...5O ou 52 peut- être Je sors la nourriture , on, boit comme des trous m ême du vin , pour se réconforter

Tout à coup , papi sort ... Il crie à tue-t ête, il est devenu fou, ma parole !...Je sors aussi, vaguement inquiète . Deux voitures passent au large , dans le lointain ... On les aperçoit à peine .. . peut- être sont-elles déj à passées ? . Grands gestes de papi , moi j'agite un torchon blanc , ils nous répondent ... Miracle ! ils viennent vers nous . Saint Ex voyant le petit prince ne pouvait pas être plus heureux !...

Ce sont deux couples d'Allemands , dont les jeunes femmes m'empoignent et m'embrassent . Je pleure à chaudes larmes , mais larmes de joie .
Ils ont de grandes plaques , de grandes pelles , ils sont jeunes et tout frais . En moins de temps qu'il ne m'en faut pour le dire , le Toy est dégagé . On rejoint l'équipe à travers le reg oh combien sableux !...

Tout marche , maintenant , comme sur des roulettes , notre camion roule bien et ne chauffe pas une miette ... Seuls sont à incriminer les pneus ,bons pour la route , ils ne vont pas bien sur le sable , ça non !lybie 31

L'un de nos sauveurs roule sur un grand camion Mercédès rouge avec à l'arrière 2 grands palmiers encadrés de dunes blanches ... Mince alors ! Ilsétaient devant nous , sur le port de Marseille . C'est curieux le destin !Il y a deux petits garçons dont l'un a 6 ans , comme toi , mon Titou , il s'appelle Patrick .

Kévin ,lui , n'a qu' un an et demi
Les parents sont Ralph et Christianne , l'autre couple Alexander et Jutta

On a donc roulé hors piste , tous ensemble sur des pentes à sable dur , puis on a rejoint une palmeraie et bien qu'il soit trop tôt , on bivouaque pour la fin de l ' après midi et la nuit .Onétire un barnum , sorte de vieux drap que l'on fixe avec des ficelles aux divers véhicules . On fait ainsi , une place publique ombragée , sous laquelle passe le vent . On boit du café , on mange sur le pouce n'importe quoi , puis on ne fait plus rien .

On essaie de se comprendre , en utilisant plusieurs langues . En français qu'ils parlent un peu , en anglais , juste quelques traces pour moi ... ça marche . !

Kévin est devenu mon copain , il se glisse vers moi , pour que je le prenne dans mes bras ; La soirée passe très vite . Puis on monte la tente de toit et , rompus , on se couche .. C'est alors que le vent se met à souffler et agite en tous sens les sangles qui font un bruit d'enfer .Papi se lève pour les attacher , mais il y en a toujours une qui se déroule et claque . Enfin on s'endort .

Papi s'est cassé le petit orteil en gesticulant dans le sable . Christiane le soigne bien : Pommade Voltarène et grand bandage sur tout le pied . Ma is il a tout de m ême mal .

Au petit matin Kévin franchit les quelques mètres qui séparent les deux camions , à quatre pattes et à toute vitesse , pour nous retrouver . Il ne marche pas encore , malgré ses dix huit mois . Patrick nous dit qu'il est en retard . Je les mange de bises tous les deux .
Le " docteur " Christiane s'affaire dans les cafetières matinales .

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Samedi 26 Avril

Palmeraie ... Je ne sais où !

Palmeraie bivouac ,avec Ralph et Christiane, Alexander et Jutta
Les deux familles et les enfants sont restés encore un jour pour se reposer de leuréquipée dans le sable . Retour du Waw An Namous , ils ont galéré , mais sont ravis de leur expédition . Partis depuis trois mois de leur pays , ils ont besoin de se ressourcer dans la nature ...C'est ce qu'ils vont faire . Alors on se sépare .... Echange d'adresses , grandes accolades ... puis départ . .. ça non !nous ne les oublierons jamais ! ... Ja...mais!...

Pourtant , au retour , malgré l' envoi de photos de cartes postales et nos chaleureux remerciements , nous n'aurons jamais de réponse .... Ain si vont les amitiés de vacances !....
On va vers Sabha pour la nième fois , car cette villeétant une plaque tournante , il est impossible de l'éviter , quel que soit l 'itinéraire choisi

Donc arr êt à Sabha pour:
1)Téléphoner etécrire des cartes postales
2)Se reposer
3)Etablir la route pour la remontée
Que de dégradations à cet hôtel 3étoiles ! On a dû changer de chambre , car la porte ne ferme pas . Dans la deuxième , panne de courant , qu'unélectricien est venu rétablir .
On a mis les victuailles au réfrigérateur et mis la clim en marche . Il fait bon et on a toujours le fort Leclerc face à notre chambre . Vue imprenable ! On se couche tôt dans une chambre fraîche et on oublie nos soucie ...

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Dimanche 27 Avril

Grand hôtel de Sabha

Papi souffre de son pied et marche avec les Addidas délacés ... En boitant . On a dû renoncer à téléphoner à la poste , tant il y a de monde , ... On le fera demain ..
Après bien des hésitations , on finit par retrouver la route de Brak puis celle de Hun que l'on prononce Houn . Mais sur les bornes , il y a un autre nom de ville que je n'arrive pas à déchiffrer . Il me semble que ce n'est pas Tripoli , la ville commence par un " a " Après je ne sais plus lire .

En tout cas c'est une autoroute bien lisse , on espère que c'est la bonne !...

Bon repas à midi , bien frais derrière une haie d'ethels à l'abri des vents de sable et à l'ombre . Le propriétaire de la petite ferme au bout du chemin est venu nous voir . On s'exprime ensemble par gestes et on comprend que notre court stationnement ne lui pose aucun problème . Son champ est bien vert dans un environnement sableux , car les arrosages intégrés y sont pour quelque chose . A ce propos un grand bravo à la "Grande rivière" qui fonctionne déj à dans le sud

Il y a donc du sainfoin mis en gerbes pour les animaux chèvres et moutons , un verger avec des orangers et plein d'autres arbres , un peu plus loin des céréales pr êtes à moissonner . Alentours c'est le désert ... L'eau est bien source de vie !...

Déserts sur déserts , de sable , de cailloux , d'herbes sèches , de rien du tout , il n'y a pas une maison sur des centaines de kilomètres ... La circulation est vraiment inexistante , c'est un peu lassant !On a essuyé encore un vent de sable , un de ces effroyables vents qui projettent des particules de minuscules grains , redoutables pour le moteur et la carrosserie . On ne peut pas ouvrir du tout sous peine d' être tout saupoudrés . On ne s'habitue jamais à cette calamité qui survient tout à coup , n'importe quand , la nuit , le jour , au milieu d'un repas pris dehors ,qu'on est obligés d'interrompre en catastrophe !...

Du coup , il y a peu de contrôles de police , ils restent à l'abri et nous font signe de passer .
Je ne sais où , il y en a eu un qui a vérifié le contenu de notre réservoir et décrété notre réserve insuffisante , pour joindre Hun .

Il nous verse d'office 2O litres de gazole et refuse tout paiement . Je m ' acquitte avec un paquet de petits beurres " Poult "
Au bout de je ne sais combien de kilomètres , sans que rien le laisse présager , le moteur se met à chauffer . Fumée à l'arrière , fumée noire à l'avant ; On s'arr ête , on ouvre le capot . Tout bout à gros bouillons . L'eau fuit en cascade ; Désespoir ! On est l à , au bord de la route , .au milieu de rien ... encore une fois . Dans deux heures la nuit sera l à , le moteur est sans doute fichu, on n'ose pas se regarder.

lybie 32Il faut laisser refroidir , pour pouvoir appréhender le désastre , mais avec la chaleur extérieure il va falloir beaucoup de patience .Que va t'on devenir ?
Au bout d'un grand moment ,au milieu d'une détresse sans bornes , se range devant nous... une belle Mèrcédès tour neuve . En descendent deux trèsélégants messieurs , qui compatissent et veulent nous remorquer jusqu' à Hun , soit une centaine de kilomètres .

L'un d'eux a l'air d' être le chauffeur et pour nous réconforter il nous distribue des pommes que l'on mange sans en trouver le goût . On n'ose accepter leur proposition de remorquage , car il faut penser que nous pesons au moins trois tonnes ... Ils insistent et décidément refusent de nous laisser en carafe , au milieu de ce désert .

Papi fixe donc des deux côtés la corde verte achetée à Casto et on se laisse traîner . ... On ne sait pas où!...
La conduite est extr êmement difficile , car nous n'avons plus de frein moteur . Il s'agit donc de rouler à la m ême vitesse que le véhicule précédent , ne pas le heurter etc ...
On passe un poste de police dont le gardien noir nous fait un sourire blanc , un rien moqueur en nous disant " cassata " ? Et nous rions jaune ....

Nos deux sauveurs nous conduisent à Hun devant l' hôtel Harooj où se trouvent des Marocains , qui peuvent nous comprendre et nous faire dépanner .

Le patron de la Mercédès nous propose de nous venir en aide , financièrement , ce que nous déclinons , ayant presque intact notre change de Ghat . Il nous donne ses numéros de téléphone à Syrte et à Tripoli , son adresse à Sabha et son nom que je n'ose comprendre . Family président nous dit-il pour nous rassurer ... C'est bien ça ! Nous avons eu affaire au frère du chef de l'état , le président colonnel Kadhafi . On remercie chaleureusement ce " very " important personnage " et son chauffeur que papi félicite pour son habileté et chacun suit son chemin , un instant détourné .

On n'en aura manqué aucune , durant ce séjour de tous les dangers , mais alors l à , c'est l'apothéose ! ...Heureusement la Providence veille sur nous !...

L'équipe Marocaine se compose des deux Idriss , tous les deux originaires de Fès . Ils sont barmans . Le troisième dont je n'ai pas retenu le nom est cuisinier . On va avoir sans cesse besoin d'eux durant cette attente des plus anxieuses . Ils déploient pour nous des trésors de gentillesse qui , peu à peu nous fontémerger .

Pendant ce temps , la nouvelle de notre infortune a fait le tour de la ville et le mécanicien est déj à l à , inconscient de la difficulté d'avoir les pièces nécessaires .
.On soupe avec rien , car rien ne passe , on dort peu et ce matin on est fourbus .

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Lundi 28 Avril

Hôtel Harooj à Hun

Mon petit Titou , ne crois pas que nous t'ayons oublié . Papi et mamie te souhaitent un très heureux anniversaire , pour tes six ans ... On pense très beaucoup à toi !...
Nous ,ici, on est en plein bled et ne savons pas encore comment nous allons terminer cette aventure , pleine de rebondissements de puis le départ .

Pour m'encourager , papi me dit qu'il faudra mettre le feu au Toyota , si on ne peut le réparer . Carnet de passage en douane , oblige , on n'est pas libre de son sort autrement ; Ni vendre, ni donner , il faut détruire . C'est ça qui met du baume au cœur et qui donne du courage !...

Papi accompagne les mécaniciens à leur atelier ... c'est à dire dans la rue .
Moi qui suis inutile , on me ramène à l'hôtel , dans une Peugeot de type charrette , quant à son aménagement ... Mais elle marche à merveille .

Idriss me prépare un capuccino , puis plus tard un thé à la menthe avec des amandes . Il m'oblige à manger et n'accepte aucune rétribution . On parle de Fès , que je connais bien et ses yeux brillent ... La Médina où il a grandi , lui colle à la peau et il ne vit ici que dans l'espoir d'y retourner , un jour . ... Mais quand ?

Je suis seule , le téléphone à sonné dans la chambre , mais il n'y a personne au bout du fil . Je lis en tous sens le guide de monsieur Gandini , ainsi que Géo , dont la lecture sur la Libye estépoustouflante .Il n'y a rien d'autre à faire maintenant et c'est ce que je fais avec espoir !...Toutes les prières oubliées me reviennent en t ête , les unes après les autres , je réapprends à les dire ., je m'aperçois que je n'en ai pas oublié un seul mot , elles me consolent de tous les soucis que nous sommes venus chercher ici !

Je pense à papi , qui travaille de concert avec le mécanicien , jusqu' à la fin des opérations ... Pourvu que ça aille ! ....
Il rentre tard , on mange n'importe quoi . Le chef mécano doit revenir le chercher vers 13heures 3O . On descend donc au salon , pour qu'il ne nous cherche pas . On a les yeux rivés sur la porte ... et que voit-on , tout à coup ?

Le museau du Toyota se pointe avec le chef mécano au volant ... On n'en revient pas !... C'est un des meilleurs jours de notre vie !...
Tout marche à nouveau à merveille ! Est-ce que ça va durer ?...

Notre note est vraiment toute petite : 5O dinars , soit 1OO de nos francs . Rien du tout en somme et tout pourboire est refusé ... Il semble tout heureux de notre joie et veut nous amener visiter le Médina . Mais toutes cesémotions , nous ont complètement vidés et on n'a plus qu'une envie , se reposer au frais , sans autre souci !...
On garde la chambre encore une nuit et allons au restaurant prendre des forces .

Auprès des grosses t êtes du coin , on mange la soupe Africaine trèsépicée puis des côtes d'agneau , frites et une pomme . C'est si bon qu'on n'en laisse pas une miette ...
Dans l 'après midi on remet un peu d'ordre dans le Toyota , brossé,épousseté , récuré . Il reprend figure acceptable . Fin pr êt pour la deuxième partie du voyage . Que nous réserve t' elle celle l à ?

C'est pour demain matin et demain est un autre jour !...

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Mardi 29 Avril

Hôtel Harooj , vers Syrte

Retrouver la route de waddan en sortant de Hun , n'est pas une mince affaire , bien que cette route soit directe .
Mais des travaux en barrent l'entrée et la déviation il faut se la trouver !...On tournicote donc , en tous sens , jusqu' à trouver une infâme piste qui a l'air de loin de longer la route . C'est le bon chemin .

Plein a Waddan , essai infructueux de téléphoner dans une agence pittoresque arborant un calendrier qui affiche l'année 1467 Ah bon ! ...
Le lit de sieste est juste à côté du téléphone rafistolé à la Dubout , avec des fils partout , où l'on se prend les pieds dedans . Le bureau est un wagon désaffecté , dont on franchit le seuil à l'aide de parpaings à l'équilibre incertain

lybie 33On traverse la Médina en torchis aux trois quarts effondrée , avec reste de minaret encore debout .
D'après notre carte ( approximative d'ailleurs , mais c'est la seule que nous ayons trouvée ) la route serait droite , directe et sans difficulté . Mais chaque carrefour est notre b ête noire . Sans indication , d'aucune sorte , on avance au jugé Heureusement la gentillesse' des gens est inépuisable .

Voici donc, la route de Syrte , longeant un reg tout plat parsemé de cailloux noirs . L'horizon se confond avec le ciel à l'infini . Seuls de rares wadi à sec accueillent une pauvre végétation à quelques centimètres du sol . Puis ... plus rien , sur des distances incroyables . Je me résigne à faire pipi derrière un caillou , mais ce n'est pas la peine , il n'y a personne . 98% de déserts dans ce pays grand comme 2 fois et demie la France c'est impressionnant .!...

On dîne en plein soleil , mais il y a un petit vent frais qui annonce déj à le nord ,la mer , et la douceur du golfe de Syrte chantée par les poètes .
Tôt dans l ' après midi on joint la ville capitale administrative du pays . Elle nous paraît moderne et immense , on cherche comme une petiteépingle , la poste ou le bureau des téléphones . De bonne grâce les autochtones nous l'indiquent en faisant des plans sur le sol .

Le central est tenu par un marocain heureux comme tout de parler français ... Il n'est pas le seul ! On discute beaucoup , de lui, de son pays . IL est originaire de Casablanca et s'appelle Abdelalli , ce qui veut dire " serviteur de Dieu " . C'est le nom qu'avait pris René Caillé lorsqu'il " voyageait " vers Tombouctou vers l' an de grâce 18OO et des poussières .
On parle beaucoup , puis la communication arrive grâce au satellite ... Celle-ci se dérobait depuis 2 jours , on est tranquillisés .

Dès lors , on abandonne l'idée d'aller vers Tripoli et de rentrer , mais au contraire de continuer le périple , comme on l'avait projeté . Témérité ou inconscience ? Appelons ça comme on veut , moi je n'ai pas de nom .

On va prendre la route qui longe le golfe de Syrte que j'avais idéalisé et qui me déçoit un peu . . Il n'y a aucun accès à la mer , bordée de dunes de sable blanc , de détritus , de tas de terre de toutes sortes . Elle est pourtant d'un bleu , si bleu cette mer sous cette latitude . L'apercevant de la route, on tente de l'approcher pour dormir sur la plage , mais peine perdue . On a laissé filer les estaminets près desquels on aurait pu se ranger pour la nuit , il ne nous reste plus que la campagne , que l'on finit par appréhender de guerre lasse .
Je cuis une bonne paella et l'on se couche , comme les poules , comme le soleil , à l'entrée de la nuit . ...

Les camions roulent toujours , chargés de cesénormes buses qui serviront à canaliser " La Grande Rivière " . Ils se succèdent à distance régulière et forment un long cordon qui n'en finit pas .
Terrassés par la fatigue , on s'endort quand m ême .

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lybie 34Mercredi 3O Avril

Piste des camions , entre Syrte et Al Bragah

Depuis ce matin 6 heures , s'est reformé le ballet de camions remontant la piste à vide , jalonnée de pneus tout le long . Ils rejoignent , l'usine de fabrication des tuyaux ( Coréenne ) reprennent un chargement qu'ils amènent à destination vers le sud , le Fezzan .

On a dormi sur une aire , entre la piste et la route , derrière une montagne de terre et de détritus . On lève l'ancre bien plus tôt que d'habitude , mais le court repos aété suffisamment réparateur .

La route vers Benghazi est vraiment monotone . On mesure ici , l'énorme place que prennent les déserts , dans ce pays à la rudesse extr ême, je crois 98% de terres incultes , stériles et inhabitées . Désertiques de toutes parts , avec des bouquets d'herbes grises toutes saupoudrées de sable , que broutent sans conviction quelques chameaux , chèvres et moutons . Cette route mène pourtant à la deuxième ville du pays et tout le long et des deux côtés gisent des cadavres d'animaux , squelettes d'os blancs cuits par le soleil , pelisses de poils tout aplatis etc...

lybie 35Sur cet itinéraire , quelques contrôles de police , mais seulement pour la forme , on n'a m ême pas sorti nos passeports .
Ce qui n'est pas banal , on ne sait pas exactement où l'on est et c'est enfin , en arrivant a Al Braygah que j'ai pu lire le panneau qui , par chance est l à.

Pétrole ! pétrole ! Dans cette région très industrielle . Raffineries , extractions et tutti quanti . Nombreux , lesémigrés du Maroc , de tout le Maghreb et d'Afrique noire gonflent le pourcentage de la population . Certains effectuent des travaux délicats comme l'hôtellerie et la restauration , les autres font ce que personne ne veut faire !... C'est comme ça sous toutes les latitudes !...

La vie doit être rude ici aussi , mais le climat tempéré par la proximité de la mer est plus doux que dans le fezzan .
On dîne bien avant midi , sur un terrain qui a dû être militaire , où les casernes dynamitées ontété laissées sur place . Deux bâtiments , enfin ce qu'il en reste ressemblent à des blockhaus

On dîne tranquilles à l'ombre de deux eucalyptus . Papi se rase , répare ses lunettes endommagées je ne sais plus où ! Met à jour le GPS . Moi , j'écris après avoir vaissellé , mis des légumes et des liquides au fridge . On va repartir bientôt sur Ajdalabya où nous prendrons la route transversale vers Tobruck .... Inch Allah !lybie 36

Pour prendre cette route , il faut emprunter une piste de 5OO mètres qui fait la jonction à la sortie de la ville . Mais , bon sang ! On n'en croit pas nos yeux ! ... Ce machin l à est-ce notre piste ?

En réalité , c'est un infâme passage longeant des bidonvilles faits de tôles rouillées , de bouts de carton , de chiffons , de fils de fer barbelés où croupissent des animaux dans le plus parfait désordre . Le chemin est pavé de cailloux et agrémenté de trousénormes remplis de détritus , de boîtes de conserves rouillées , amoncelées au beau milieu et sur les côtés en montagnes . On est atterrés , démoralisésécœurés et vaguement inquiets ...

Cette route , pourtant nous permet de joindre Tobruck en coupant à travers le djebel Akhdar et de trouver le piste de Bir Hackeim , dont la bataille lors de la dernière guerre avait stupéfié le monde entier !...

Les camions voulant joindre l'Egypte l' empruntent aussi .
D' ailleurs la voici cette route ! Bien bitumée , bornée de pneus balises bien numérotés . Il y a 4OO kilomètres jusqu' à Tobruck et jusqu' à 2OO la numérotation augmente , puis les panneaux jaunes , officiels prennent le relais et diminuent la distance jusqu'au kilomètre zéro ,terme du parcours ...

Le soleil décline et après une tentative d'arr êt près d'un bouge , on décide de pousser plus loin notre pause sommeil . Finalement , on stoppe sur un reg plat , près de rien du tout , sauf d'une borne redjem qui a la silhouette d'un homme et on dort tranquilles

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Jeudi 1 er Mai

Sur la route entre Ajdablya et Tobruck

A sept heures du matin, il fait presque froid 14 degrés à peine . Le ciel est un peu gris , avec plein de petits nuages blancs ... Surprenant !

Nous sommes dans la deuxième partie du parcours . Platitude absolue de ce reg monotone qui s'étire à n'en plus finir , sur des kilomètres qu'on ne compte plus . J ' arrive à lire Tobruck et aussi Al Addams qui précède de peu . En chemin , tr êve de désœuvrement on s'offre une borne , que l'on aplatit consciencieusement pour pouvoir la caser sous les coussins du véhicule . Ce n'est pas très malin , mais c'est un souvenir inédit de notre expédition .

Un peu plus loin , on trouve sur la gauche de notre route , la cabane de tôle , en face de laquelle devrait se trouver le début de la piste de Bir Hackeim . Mais de piste , point du tout !...Pas d'indication , bien sûr ! Pour la Libye , cette extraordinaire bataille , c'est quoi, au juste ?... Nul n'en a entendu parler ! Les Marocains seuls sont vaguement au courant .
Et les Français ? ...
Bien peu savent ce que fut cette formidableépopée , menée par le général Koenig ,épopée qui fit reculer Rommel et prépara la victoire des alliés .
Donc , il n'y a pas d'indication , pas de traces visibles , papi veut se diriger au GPS , dans cette immensité . Moi j'ai la trouille et qui ne l'aurait ? . Je trépigne pour ne pas aller plus avant dans cette aventure que je juge dangereuse . Mais papi , ne renonce pas ... Jamais ! et il me traîne de force ....

lybie 37Inexistante au début , la piste formée par quelques traces de pneus se précise un peu . J' arr ête de pleurer à chaudes larmes , je reprends mes prières oubliées depuis Hun , j'invoque st Christophe dont je ne quitte pas la médaille des yeux . Je suis bientôt absorbée par maintes préoccupations , terre à terre : surveiller le GPS, car notre sort dépend de lui .z'yeuter la flèche de direction , la croix qui indique le point recherché ,le kilométrage , la latitude , la température de l ' eau du moteur du Toyota si malade , avant hier encore . Puis la piste , les traces à suivre , les trous et les cailloux àéviter , car je les aperçoit un peu plus tôt que papi .Je ne manque pas d'ouvrage et j'oublie mes soucis !...

Le paysage n'existe pas ... Rien qu'uneétendue plate de terre ocre piquetée d'herbes vert foncé ... Par ci par l à deux ou trois chameaux ... D'où viennent ils ceux l à ?
On roule toujours . Quelques repères fragiles mentionnés par notre guide n'existent plus , telles les cabanes de bergersécroulées et perdues dans le lointain .

La distance paraît longue à n'en plus finir !... Et tout à coup , dans le lointain ... lointain , on aperçoit un rocher levé qui pourrait être une stèle . C'est bien ça ! ... On arrive sur le champ de bataille de Bir Hackeim " laissé en l'état " comme l'a demandé le gouvernement Français , après la guerre .

Une infinité de trous de bombes , tout parsemés de bidons noircis per le temps , rouleaux de barbelés , sacs de plâtre ou de ciment érigés en murailles , pour s'abriter derrière pendant les tirs et devenus blocs de pierre . Grenades désamorcées ( enfin, on l'espère ! ) Tout cela nous force à un retour en arrière de plus de 5O années et nous précise que cette incroyable bataille gagnée a décidé de l'issue de cette guerre , mondiale . lybie 38

Il y a des endroits àéviter à cause du danger toujours possible . La preuve en est , cette carcasse de camion qui a sauté , il y a quelques années à peine , sur l'explosion d'une mine ...
J'ai ramassé sur place deux restes d'objets bien rouillés , dont l'un fut une lampe temp ête et l'autre , je ne sais pas ! Souvenir trèsémouvant à n'en pas douter !...

La stèle surmontée d'une grande croix de lorraine domine le cimetière cerné d'un muret de pierres sèches . Pitoyable cet endroit !...Les croix ontété arrachées et pilées en petit morceaux . Quelques unes restent en place , d'autres ontété relevées et s'épaulent l'une , l'autre . Les débris des plaques de marbre oùétaient gravés les noms des soldats tués , jonchent le sol . Parmi les indications encore lisibles il y a beaucoup d'inconnus , venus sans doute de la légionétrangère .

Quels destins quand m ême ! ... Ont ils eu le temps d'avoir un idéal , ces jeunes soldats ! Et ont ils eu le temps d' être heureux, un tant soit peu ! ...
On apprendra , plus tard , que les croix furent détruites lors de la guerre d'Algérie par les autochtones , en signe de solidarité avec les musulmans . Les croix de Lorraine , bordant le site , prises pour des symboles religieux ont subi le m ême sort .

Il faut revenir sur nos pas , rejoindre la route , vers la cabane de tôle , qui nous abrite du soleil pour le dîner . Le vent s'est levé et secoue les plaques mal jointes qui brinquebalent dans un tintamarre assourdissant

Puis on atteint Tobruck, belle ville du bout du monde , bâtie à flanc de colline jusqu' à la mer .
On rencontre plein de cars venus d'Egypte , repartant avec leurs acquisitions de toutes sortes jusque sur l'impériale coiffée d'un nombre impressionnant de .... brouettes !
On renonce à habiter pour la nuit , le Grand Hôtel , qui nous avait semblé possible , pour notre budget . Il y règne une atmosphère feutrée , orientale , indéfinissable ... inquiétante .m ême !

Il n'y a que des hommes , c'est dire si j'ai eu l'air malin lorsque j'ai demandé une chambre et ... son prix ! Celui-ci déj à prohibitif , est à multiplier par deux , car nous sommes deux personnes . Ai-je bien compris ? Le réceptionniste ne parlant pas un mot d ' Anglais j'ai des doutes ! Un client me précise la réalité ;Alors on met les voiles .

On a auparavant visité le cimetière Français reconstitué de façon décente . M ême stèle à croix de lorraine , m êmes croix , mais entières , plus quelques chars d'assaut d'époque tout rouillés . C'est tout !
Un peu plus loin , on trouve le cimetière Anglais et le cimetière Allemand , à ce niveau l à, réunis par un m ême destin ...

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Vendredi 2 Mai

Après Tobruck , vers Al Gardabah

lybie 39On a dormi près d'une maison inachevée et deux gosses son venus nousépier derrière un pan de mur . On a tiré la tente de toit et dormi dessous , au son de la pluie qui tambourine sur la toile . Ce matin papi doit la plier , toute mouillée ; il fait un froid de canard 14 degrés seulement , heureusement le petit dej bien chaud détend l'atmosphère .
On va continuer la route vers Benghazi en espérant un temps meilleur , car il y a un wagon de kilomètres à avaler ....

Bon ! ;;; le beau temps revient , on se croit dans une ville , mais c'en est une autre et les contrôles de police ne nous renseignent pas toujours utilement ....lybie 40

La ville de Darnah se découvre de très haut , depuis une route qui s'enroule à flanc de falaise , on se croirait à Menton ... Eaux bleues , constructions blanches , avec en plus une quantité impressionnante de minaretsélancés . C'est vraiment une très belle ville !... On filme C'est alors qu'on est appréhendés par la police , qui nous parle d'interdiction , puisque c'est un port et l'un des plus importants du pays .

Palabres sur palabres , rien n'y fait , ils sont intraitables ...Il va donc falloir rapporter la pellicule , au bureau central de la police , qui va bien sûr nous la confisquer . Bon Dieu ! la cassette est perdue ! Elle contient les trois quarts de notre voyage ; On est désespérés ! ... Mais on ne renonce pas .

Je ne sais pas quel argument , nous avons fini par trouver , mais peu à peu , ils ontété moins sévères , on a m ême fini par rire ensemble , puis se serrer la main car on a tous les m êmes cheveux blancs et on ne fait pas d' espionnage . Compris pas compris ? Qui veut savoir ? Finalement , ils nous laissent partir et notre cassette est sauvée de justesse ....
On l'aéchappé belle . Du coup , on n'ose plus sortir cette fichue caméra , cause de tous ces soucis .

Pourtant à Appolonia , on ne peut faire autrement .Les vestiges somptueux de cette merveilleuse ville de la Grèce antique , escaladant le djebel , nous laissent pantois . Colonnes et temples s'alignent jusqu' à se perdre dans la mer . On estéblouis !
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Les bergers viennent faire pâturer chèvres et moutons parmi les vieilles pierres . Un car d' Italiens piquent niquent sur les colonnes alignées par terre . Au large deux rochers superbesémergés sont peut être des restes de quelque construction antique .

Le port abrite de vieux bateaux rouillés dont l'un pourrait bien être un sous marin .

En sortant du site , un guide Italien nous indique le chemin de Cyrène , c'est à dire Shabat en Arabe . Cyrène serait la deuxième ville de cette pentapole ( 5 villes ) qui comprend aussi Ptolémaïs , Appolonia , Leptis Magna et Sabrata ... On va essayer d'en voir quelques unes .
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On glane ainsi sur le tas ,quelques informations qui complètent un peu la sobriété de notre guide
On dîne sur un surplomb du djebel Akhdar qui fait belvédère sur les colonnes d'Appolonia
et la mer bleu d'azur .

On fait sécher la tente , qui a pris l'averse la nuit dernière , puis on repart
L'après midi on a visité Cyrène , qu'on a fini par trouver dans l'ancien port de Shabat . Le temple d'Apollon est impressionnant et toujours debout , ce qui n'est pas si courant que ça dans les cités Grecques .antiques .. Je ne sais pourquoi il futérigé loin de la grande cité qui a donné son nom à la province : la Cyrénaïque .

On entre dans la ville par le forum . Puis c'est la palestre ( gymnase ) l'agora , le théâtre . On marche , hélas ! sur des mosaïques très abîmées où croissent herbes et fleurs . Il y a l'allée aux statues posées sur les fûts de colonnes comme à Palmyre et les groupes de statues décapitées , expressives par leursélégantes attitudes .

Des tonnes de pierres et de marbres gisent l à , témoins de leur splendeur passée .... Et encombrent d'immenses espaces que l'on peut imaginer .
C'est bien trop tôt pour dormir ici , malgré l'invite du gardien et puis il fait un froid glacial .

Depuis qu'on longe la Méditerranée on a retrouvé des températures presque hivernales . J'ai remis la doudoune et papi le gros pull de camionneur .
On campe pour la nuit sur une aire derrière une buvette désaffectée , toute ornée de dessins floraux peints à la main et qui encadrent portes et fen êtres . Elle serait assez jolie, mais tout est cassé , les vitres , les portes , drôle de pays , quand m ême !...

Que faire d'autre que se coucher et dormir dès 8 heures ... Il fait nuit noire !....

Alors qu'on s'endort s'arr êtent 2 camions qui investissent le local et parlent jusqu' à une heure avancée de la nuit , tandis que les voitures et les camions qui roulent à quelques mètres de nous , font un bruit assourdissant . Quand tout s'arr ête , papi se met à ronfler ! Moi je veille sur la maisonnée

Au petit matin , pour changer, il pleut à verse , on a froid et tout est mouillé . Tant bien que mal on se prépare un petit dej bien chaud . Puis on range et sans se laver , on part. Il est seulement 7 heures .

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Samedi 3 Mai

Campement derrière la buvette

Comment résister à un pareil climat ? Pire qu' au Cap Nord on a notre ration quotidienne de pluie , de froid , de ciel gris ... Bon ! ...

A travers un réseau de routes , dont aucune ne signale la destination , on cherche la ville antique de Ptolémaïs . On a bien failli renoncer , tant la difficulté est grande , ... et pourquoi ?
Chaque cité porte deux noms : Grec et Arabe et celui l à seul est connu de la population , .... On finit par l'apprendre à nos dépends !
On a bien fini par trouver Ptolémaïs , noyée de vase et de trous d'eaux . Impossible de circuler au milieu des ruines comme à Appolonia , alors on les regarde de loin et on va finir notre visiteécourtée , au musée .

On trouve , ici de belles mosaïques , des statues de femmes aux belles silhouettes dont l'une a conservé sa t ête , chose exceptionnelle . Drapés de marbre somptueux , beaux chignons encadrant des traits fins , mains aux longs doigtsélégants et gracieux , ce musée nous comble et nous fait oublier le reste de la visite si décevant .
Le livre d'or que l'on nous tend est signé par les Arabes et les Italiens , exclusivement , tant le tourisme se fait en circuit fermé

Autour de nous , après les vestiges Grecs , ce sont les ruines modernes . Maisons carrées , abandonnées , sans portes , ni fen êtres et disparaissant sous les tonnes d'ordures , rues défoncées , pleines d'eau et de vase . On a bien fini par s'engueuler , tant est grande la déception , puis on a géré au mieux nos impressions pour ne pas pourrir une cohabitation ... nerveuse , parfois !

On reprend la route , on sèche la tente de toit pendant le temps de repos et on repart pour la deuxième partie de la journée . Ce voyage me laisse un peu comme ci , comme ça , pour ne pas dire autrement !... Peut- être qu'en triant nos souvenirs , mon opinion s'améliorera , c'est parfois ainsi ! ... parfois !

On décide de passer outre Benghazi , mais on est bien obligés de traverser la ville qu'on le veuille ou non ! Deuxième ville du pays , c'est une grande métropole et onéprouve les difficultés habituelles , heureusement surmontées . Il y aurait de beaux jardins publics dans cette ville natale du Président Colonel , mais ils disparaissent sous des montagnes de détritus : boîtes de conserves et sacs plastiques .
Ceux-ci à la faveur du vent décorent les arbres en une floraison foisonnante . Tout ça schlingue bien fort ! On estécœurés !
Carrefour sur carrefour , où en est-on au juste ? Un jeune homme nous met dans le droit chemin et comme c'est " alatoul" on marche tout droit , bien que le GPS , indique le chemin inverse .

Puis tout se redresse , la route a tourné , la flèche indique juste et on est rassurés .
Dans la proche banlieue , papi fait faire le graissage du Toy , dans un garage Mitsubishi qui nous conduit lui-m ême chez Toyota . Les ateliers de réparations ne manquent pas ,ni les pièces de voitures dans ce pays dénué de tout . On a pu constater ce fait dans bien des endroits : Il manque du pain et des médicaments mais pas de voitures , C'est ainsi ! Pareil pour les télévisions , c'est sans doute que l' être humain a besoin de superflu avant le nécessaire

Le graissage est fait par Ali un jeune Tchadien foncé , qui nous déclare , tout de go , vouloir venir travailler en France et si possible ,avec nous . D'ailleurs les nombreux papiers qu'il faut pourémigrer ?Pour lui, ce n'est pas un problème ... rien n' est problème pour eux ! C'est fou cet optimisme envers et contre tout ....
On roule ensuite de bon cœur , histoire d'avaler d'insignifiants kilomètres , ce qui permet au moins de penser... à tout et à rien ... De r êver en somme ....

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Dimanche 4 Mai

Entre Benghazi et Braygah . Allée vers les bergeries

Ce matin , beau soleil, ça change un peu . Il est vrai que l'on atteint à nouveau le golfe de Syrte et sa légendaire douceur . On a très bien dormi sur cette allée qui paraît ne mener nulle part , alors qu'il y a une bergerie tout au fond .lybie 43

Quantité de chameaux ont traversé le reg presque à côté de nous , sans s'émouvoir de notre présence . Le berger conduisant un Toyota moderne vient nous apporter deux petits pains tout chauds . Je lui ai donné mes petits pains Suédois qu'il a paru apprécier , ces gestes l à vont droit au cœur ...

La circulation sur la route , à 5OO mètres de nous a repris dare-dare dès 6 heures du matin . Maintenant , on se prépare avec lenteur , car il fait bon et qu'on a un peu de temps devant nous .

Autour de nous , de terres blanches , piquetées d'herbes dures que les animaux broutent n'ayant rien d'autre à se mettre sous la dent . Quelle terre stérile ! Et désertique ! Un seul habitant au kilomètre carré !... La vie est l à , pourtant , exploitant son pétrole , et cherchant son eau . Ah ! la Grande Rivière ! c'est ça qui sera chouette , quand ce sera fonctionnel ! Mais quand ? ....

On dîne sur une aire de camions qui fait panorama sur la Méditerranée . En bas , plein de cabanes en tôle où vivent les bédouins avec quelques animaux , dans des enclos de fil de fer .
On est à 14O kilomètres de Syrte et le paysage est si monotone , qu'on s'arr ête parfois histoire de ne pas s'endormir .Puis on découvre un lac tout blanc . Est-ce du sel ? Le sable de la berge est presque rouge , les dunes qui encadrent le tout sont blanches , avec des palmiers qui croissent dessus . Trèsétonnant paysage !

On retrouve à Syrte notre jeune ami Marocain Abdelalli , il nous aide à chercher un hôtel à la périphérie . C'est un hôtel de luxe fréquenté par les dignitaires gouvernementaux . Je crois bien qu'on va casquer !

On prend au bar un café avec Abdelalli et son copain Malien . Blanc ou noir , il n'y a pas de racisme ,ici . Unis par deux liens : leur condition d 'émigrés et la pratique de la langue Française .... Nous sommes provisoirement comme eux , on se comprend très bien !

On investit notre chambre avec délices . Se savonner à grande eau est un plaisir rare , tout notre hâle se dilue ? Mais le dîner aux tomates commence à me lasser , il faudrait changer de menu ... Mais ce n'est pas encore pour demain !

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lybie 44lybie46Lundi 5 Mai

Hôtel de Syrte

Lever à 9 heures , il fait beau soleil et 2o degrés

Ce matin , autre problème ! Je ne retrouve pas la trousse à médicaments , mais pas n'importe lesquels , ceux qui soignent notre hypertension et qu'il ne faut pas cesser de prendre . Sans doute les ai-je laissés tomber dans la tourmente , lors de la prise de possession de la chambre !

Oh l à l à ! Tous les jours un nouveau souci ;;; mais celui-l à comment le contourner ?

On retrouve Abdelalli que l'on appelle Dali familièrement . Grâce à lui on peut téléphoner à Montauban , par le satellite . On a entendu la jolie voix de Fanou , les nouvelles sont bonnes , c'est déj à ça ! On va continuer tranquilles le trajet de rentrée .

On quitte Syrte pour Tripoli et .... Je retrouve la trousse aux médicaments dans une poche inhabituelle du sac rouge . Je respire mieux !...lybie 46

En voyage il faut être routinier et surtout ne jamais changer de place les objets habituels , sinon , la mémoire faisant défaut , on ne les retrouve plus .
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Pour dîner ,on a dû renoncer à la belle ombre de 2 tahlas centenaires , tant cet endroit est envahi de mouches . Il faut décamper et s'arr êter en plein soleil . Le pain acheté ce matin est délicieux , ainsi que la salade de tomates .... Encore !

On cherche depuis un bout de temps le site de Leptis Magna que l'on a peur de manquer ;Mais celui-ciétant "Patrimoine Mondial " est bien indiqué ... Des dessins : arches et arcs de triomphe ainsi que colonnes ,nous permettent de nous diriger vers la zone monumentale .

On parque à l'ombre le Toy ,On prend nos entrées , on signe le livre d'or et hop! On commence notre visite ;

Superbe Leptis Magna ! On est vraimentéblouis , par cette prolifération de pierres admirablement sculptées . On marche à l'intérieur de la ville , tout est délimité grâce aux pans de mur encore debout , aux colonnes . etc..;;

Ici c'est la piscine et les bains romains , le gymnasium , l'église byzantine les rues pavées de marbre luisant , le forum , le théâtre . Cette ville est le chef-d'œuvre de l'empereur Septime Sévère qui avait voulu, qu'elle soit la plus belle du monde et ... avait réussi . lybie 48

Le clou de la visite est sans nul doute l' agora , aux dimensions impressionnantes . Les colonnes de marbres sont sculptées tout du long , de fleurs , d'animaux , de corps humains . Quelle harmonie parfaite ! ces visages sans nez qui nous regardent jusqu'au fond de nous m êmes nous bouleversent . lybie 49

Il y a plusieurs t êtes au sol , tombées de je ne sais quel corps qui s'enuie dans quelque musée ....

Les t êtes de méduses au dramatique regard absent ornent les arches de pierres et de briques restes d'une cathédrale dont les vestiges s'amoncellent au sol .La visite se termine par l'arc de triomphe en cours de restauration , mais saisissant de beauté .

On n'a pu résister ... papi filme , à tours de bras alors que c'est interdit , comme dans tous les musées . En sortant du site , on se fait apostropher sévèrement et je crois , alors notre cassette vraiment perdue .

Mais on en a vu d'autres ... papi est convaincant dans sa façon de mentir et je l'aide de mon mieux . On l'aéchappé belle et mon cœur bat à tout rompre . ... je suis lessivée ! Quel voyage àémotions ! Toutes sortes d'émotions !

Que nous réserve demain ?

On dort dans un hôtel de second ordre sur la route de Tripoli , bruyant et mal tenu , mais sympathique quand m ême . On dîne de bon appétit : Soupe arabe , spaghetti avec du poulet et on oublie nosémotions de la journée .

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Mardi 6 Mai

Hôtel route de Tripoli

lybie 50Au petit déjeuner , rencontre avec le docteur Murkad archéologue . Nous entendant parler Français , il nous souhaite " bon appétit " et engage la conversation .
Il a jadis préparé sa thèse d'archéologie à la Sorbonne et s'exprime dans un Français très pur .On apprend ainsi qu'il est Syrien , de Bosra , ce qui nous vaut une longue conversation sur la Syrie que nous connaissons bien . Onéchange nos adresses . Il paraît très fier de sonépisode Parisien , de ses visites archéologiques dans le sud de la France et de sa proche collaboration avec les archéologues Français , nombreux etécoutés nous dit-il dans de nombreux pays .

C'est ainsi que deux heures se sontécoulées àécouter le docteur Murkad que nous avons quitté avec regret .

Il nous aété impossible de visiter le palais Silin que nous avait recommandé notre ami . Il faut une autorisation que nous n'avons pas donc , nous rebroussons chemin en maugréant et décidons de joindre Tripoli au plus vite .

Afin de se donner du cœur au ventre , nous dînons sur une aire qui précède la capitale . Puis nous affrontons Tarabulus cette grande ville Arabe que nous appelons Tripoli . Une rocade contourne le gigantisme de l'intérieur et sur le viaduc qui enjambe la cité trône une grande affiche du Président Kadhafi rassembleur de tout le Maghreb , carte géographique à l'appui .

On passe ainsi ,les difficultés liées à la traversée des villes où il faut se résigner à se diriger ... au jugé .
Dès lors , rassurés , on file sur la frontière Ras Ajdir , franchie les 13 Avril , c'est à dite 18 jours à peine . Mais 18 jours bien remplis et qui valent leur pesant de problèmes !...
Qu'on oublie bien vite , décidés à ne se souvenir que des bons moments

Assez bon enfant , cette frontière ! ... Jusqu'au bureau où l'on doit rendre les plaques minéralogiques . Le préposé sieste et refuse de répondre , affalé sur son hamac , juste devant le guichet , qu'il doit ouvrir , il ne manque pas d 'air . On est plusieurs à attendre son bon vouloir , alors on frappe jusqu' à ce qu' il nous réponde ....

Mais alors de très mauvaise grâce .
Les plaques reprises , on récupère 5O dinars soit environ 1OO francs , que désormais on ne peut plus dépenser . C'est donc ici , le royaume des banquiers de la route qui nous attendent au tournant . On fait jouer la concurrence , forte en cet endroit , puis on change le reste de nos dinars en DTU les seuls valables dès à présent .

L'épisode de la caméra , non inscrite sur notre passeport à l'aller , nous fait batailler un moment . Elle est heureusement signalée , lors de nos voyages précédents et dès lors , bien que l'on croit tout perdu , tout va bien et l'on passe .

Adieu la Libye ! Désormais en sol Tunisien ça ne va guère mieux ... L'ordinateur en panne nous oblige à une longue patience , sous un soleil implacable . Nous sommes arrivés les premiers à ce guichet , mais les passeports des autres voyageurs se sont amoncelés sur les nôtres , de sorte qu' à sept heures du soir seulement on finit par tout récupérer en râlant , alors que tout le monde est parti . Quelle organisation !

Vingt kilomètres après la frontière , c'est la ville Tunisienne de Ben Gerdane . On prend une chambre à l'hôtel du Pavillon Vert , vraiment superbe en façade . Bon petit repas , arrosé ... de bière ! qu'on renouvelle une seconde fois ! A présent , tout va bien !
La chambre est chaude , car non climatisée , bruyante et pleine de moustiques . Mais bah ! on en a vu d'autres ! rien ne peut nous emp êcher de dormir

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Mercredi 7 Mai

Hôtel Pavillon Vert à Ben Gerdane

A huit heures , on croit petit déjeuner , mais celui-ci n'est servi qu' à ... huit heures ! On a complètement oublié le décalage horaire de la Tunisie . Il n'est donc que sept heures actuellement .
On compense , plus tard , à l'ombre d'un bel ethel et copieusement .

Des jeunes nous rejoignent , pensant nous vendre du poisson péché à la main , dans la mer toute proche . Ils ont aussi capturé des lézards , des salamandres et une cigogne à qui ils ont coupé les ailes . On a bien essayé de la sauver , mais la pauvre , sans possibilité de s'envoler son compte est bon définitivement ....
Que de voitures imprudentes sur la route ! Zut ! on se fait arr êter par les flics et recommander de rouler moins vite ... dans les agglomérations , et comme il y en a partout , ralenti en général !

On atterrit à nouveau à Nabeul , car la boucle est bouclée . Le camping des Jasmins est toujours aussi parfumé par les orangers en fleurs .
Après dîner , on va au marché à la faïence et l'on achète un soupière originale aux décors bleus pour Fanou . Il y a bien 2 ou 3 défauts , mais " ce n'est pas un problème " me dit le marchand . Je lui dis que pour moi c'en est un , mais j'ai quand m ême acheté la soupière couleur locale ...

Demain on doit partir tôt pour Tunis , où l'on doit avancer la date de notre retour .
On apprend que demain , banques et administrations seront fermées . Tiens ! pourquoi ça ? On pense à l' Ascension qui est aussi le 8 Mai ... Mais il faut chercher autre chose bien sûr !
Alors le 8 Mai 45 , j'ignorais que la Tunisie f êtait cet anniversaire !!! et moi qui l'avais oublié Quelle coïncidence ! En réalité c'est un anniversaire religieux du début des âges de l'Islam , mais on n'a pas très bien compris lequel ! Moyennement f êté , il semble que tout se perde ici aussi ; Il y a juste quelques rideaux tirés , c'est tout !!

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Jeudi 8 mai

Camping " les Jasmins " Nabeul

Route très encombrée ,évidemment , car elle va vers la capitale ... Mais bon déroulement !
Voici Tunis ! On roule un peu dans la ville , sans aucun plan ... Alors ! On avise un flic , zut il est en train de dresser un PV . On l'attend , c'est alors qu'un type se propose pour nous conduire à l'avenue Hacheb où se trouve la compagnie Ferryterranée . Il ne connaît que ça et en effet il nous dirige sans problèmes , nous fait garer , se fait payer et se tire . Ce chemin trouvé dans cette grande ville sans hésitation ça vaut bien les 3 dinars

On joint la rue d'Alger qui jouxte l'avenue Bourguiba ,où se trouve la S N C M , on avance la date de notre départ que l'on avait prévu pour le 17 Mai mais qui s'effectuera le Dimanche 11 Mai

On entre dans uneéglise , puis on achète un poulet des frites du pain , dans une gargote , pour à peine 6 DTU .
Repas à la Goulette , face à une mer d'un bleu de...ciel
On embarque donc , après demain et disposons d'un peu de temps à tuer? Donc après midi visite de Carthage .

Le théâtre est bien décevant ainsi que les villas romaines , plaisantes sans plus . Quant aux ports Puniques , ce ne sont que des mares ! Heureusement les thermes d'Antonin , nous réservent une surprise de taille . On fait plein de photos et de films pour ceténorme monument . Enorme , aussi la foule qui se presse sur les ruines . On s'efforce de visiter le côté où les gens n'ont pas l'idée d'aller . Mais ils arrivent bien vite , alors on rejoint le coin qu'ils viennent de vider .

On a acheté un joli caraco bleu turquoise avec broderies dorées pour notre Fanou . Pour Titou et Michel ,on n'a rien vu susceptible de leur plaire , on verra plus tard . ...
Maintes allées et venues entre La Goulette , Sidi Bou Saïd via Carthage . Recherches de sites mal signalés ou d'hôtels d'une rareté exceptionnelle , dans cette région , pourtant bien visitée .

S'étirant sur près d'un kilomètre , la résidence de Bourguiba , juste à la sortie de Carthage est un coin très protégé . Tout le long et m ême plus loin , surabondance de flics .Impossible de photographier bien sûr et de toutes façons les murs très hauts masquent le palais . Sur le trajet , maintes fois sillonné , un jeune flic remarque nos allées et venues . Zut ! il nous siffle ! Mais c'est juste pour nous dire " bonjour! " et nous demander ce que nous cherchons .

Il nous indique l'hôtel Amilcar , que nous découvrons en bord de mer . C'est un gros machin prétentieux et cher en diable tout rempli de tours opérateurs . Alors on s'enfuit bien vite pour atterrir à l'hôtel Reine Didon , encore plus cher , mais si beau que décidément nous ne regrettons pas notre choix .

On est vraiment fourbus ! "Alyssa Didon " c'est une reine qui aurait fondé Carthage , je ne sais plus à quel siècle ! ... C'était bien une reine cette femme l à ! et qui aimait vraiment le luxe ... Marbres et mosaïques bleues , du sol au plafond que l'on admire au plus profond de canapés moelleux . Notre chambre aussi est somptueuse ... La baie cadrant pleine façade les ports Puniques , la mer et la ville de Carthage nous offre le plus beau tableau du monde .
On dîne sur la terrasse en s'en mettant plein les yeux ... et un peu dans la lampe aussi !...

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Vendredi 9 mai

Hôtel Alyssa Didon à Carthage

Sidi Bou Saïd est une charmante petite ville blanche et bleue , avec plein de fer forgé , des portes cloutées de dessins , de balustres , des escaliers partout , de la vaisselle sur les trottoirs , de tout à vendre cher partout .
Après marchandage tout devient plus raisonnable , mais on n'est pas trop doués pour ça , alors on repousse les achats à plus tard . Pourtant aujourd'hui , il faut dépenser l'argent qui nous reste . J'ai racheté une soupière , plus belle que la précédente achetée pourtant à Nabeul et moins chère de moitié .
Fanou, tu choisiras celle que tu préféreras On vadrouille toute la journée entre la Goulette , Kram ,Sidi Bou , Carthage et Tunis où nous atterrissons à l'hôtel Baby . C'est notre dernier carat , on le claque ici .
Demain matin , c'est le départ On a vu le " Liberté " amarré dans le port Quel bonheur !.....

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Samedi 1O Mai

Hôtel Baby à Tunis

C'est le jour J du départ , celui ci avancé de 8 jours . Nous nomadisons depuis 5 semaines , il faut se sédentariser un peu .
On part tôt le matin pour joindre le port situé a 1O kilomètres de Tunis . On se range en ligne selon l'importance du véhicule . On a devant nous ... Qui donc ? ... Un camion rouge , avec lybie 51des palmiers et des dunes peints à l'arrière du véhicule . On n'en revient pas ! Ralph et Christiane sortent du camion et l'on recommence notre charabia .

Patrick 6 ans joue n'importe où , c'est un amour de gosse . Kevin m'a un peu oubliée , puis les souvenirs reviennent et il vient se câliner contre moi .
Juste à côté de nous stationne le Wolswagen de l' Allemand quiétait en panne à l'hôtel de Sabha . Décidément ! le monde est si petit que ça ?

Derrière nous , une voiture a rendu l'âme et se fait remorquer par un engin de secours d ' "Afrique Assistance " Ce pays est d'une dureté difficilement supportable , pour les humains , les véhicules ,eux ne résistent pas toujours ; surtout si on ne surveille pas leur santé au moins une fois par jour .

Sur le port je dépense mes tout derniers DTU Assiettes à soupe , pour aller avec la soupière , plus un vase de fleurs assorti . Le marchand m ' offre un cendrier , en terre cuite couleur naturel . ,
Formalités , attente raisonnable ; on embarque sur le " Liberté " et retrouvons une cabine tout à côté de celle que nous avions à l' aller . Toilette , repas .
On a une table à 4 personnes avec 2 dames Européennes mariées à des Tunisiens . On boit du vin ... Il y a de l'ambiance !
Tout fier , papi conduit son harem boire le café

Des croisiéristes se sont ajoutés aux passagers , nous avons donc en plus droit à un orchestre et des festivités diverses
On y assiste un peu puis vannés , on va dormir .

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Dimanche 11 Mai
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A bord du "Liberté "

Des passagers ont dansé une grande partie de la nuit . C'est le cas de notre voisine de table ex GO du club MED qui s 'en est donné à cœur joie .Nadia , l'autre dame seule et veuve , s'est couchée un peu après nous , vers minuit .

Voil à , bientôt la fin de notreéquipée et de mon récit . J'ai parlé de choses qui peuvent paraître insignifiantes , mais qui , pour nous et malgré notre âge , ont la valeur des commencements ... Notre parcours en Libye , en 1997 est le premier d'une série à tous points de vue extraordinaire . La découverte de ce pays méconnu nous a réservé beaucoup de joies et peut- être renouvellerons nous cette expérience ?

Aujourd'hui Dimanche , on doit arriver à Marseille à midi . Dans le Golfe du Lion , grosses perturbations atmosphériques , le bateau tangue et j'ai le mal de mer . C'est affreux ! J'apprends plus tard que je ne suis pas la seule dans ce cas ...

Heureusement le grand bol d'air pris sur la coursive ( vers le milieu du bateau qui est la région la plus stable ) remet peu à peu les choses en place et c'est en presque grande forme qu'on arrive au port de la Joliette

Bises à nos deux voisines , souhaits de réussite , puis départ chacun dans une direction différente , vers un destin , différent lui aussi .

Arrivée à Balma vers 18 heures , on téléphone à Fanou , on se voit demain à Foumezous .

Jean et Lucie. icone mail

Autres récits de voyages de jean et lucie .

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